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Une journée dans Lanús

L’Argentine tient son champion. En écrasant une triste équipe de San Lorenzo (0-4), Lanús remporte un titre national attendu depuis 2007. On y était.

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Ce n’est plus vraiment un stade neutre. Le public de San Lorenzo a déserté le Monumental depuis quarante-cinq minutes. Au coup de sifflet final, les 36 000 supporters de l’équipe du pape ont laissé leurs voix dans les travées du stade de River Plate, choisi pour accueillir la finale du tournoi de transition argentin. Et ce, malgré la gifle quatre à zéro infligée par Lanús. Un dernier chant, un dernier hommage à une équipe prometteuse emmenée par Pablo Guede, sorte de révolutionnaire tactique dans un football argentin aseptisé, qui a explosé en vol lors de cette finale.



Le stade est désormais grenat. Lanús, club du sud de Buenos Aires, vient de conquérir un titre national attendu depuis 2007. Bloqués par les policiers, les 26 000 supporters présents doivent fêter le titre sous la pluie. Sécurité oblige, le public de San Lorenzo doit d’abord quitter les alentours du Monumental. L’Argentine n’a plus vraiment l’habitude d’organiser ça, puisque depuis 2013, les rencontres du championnat se jouent sans public visiteur. Alors que les joueurs ont paradé avec le trophée, gueulé quelques chants insultants contre le rival de Banfield, le cordon policier libère enfin la foule. Direction Lanús, pour un voyage au bout de la nuit.

« On va le leur casser »


L’Avenida del Libertador qui mène au Monumental est séparée en deux immenses couloirs. La finale du championnat argentin débute dans deux heures, et les supporters des deux équipes ont déjà envahi le quartier de Nuñez. La première charge est pour les supporters de San Lorenzo : « De quel quartier vous venez ? Vous en avez tellement, on se perd » , gueule un supporter de Lanús, en référence aux nombreux stades où San Lorenzo a évolué au cours de son histoire. Son taux d’alcool l’empêchera certainement de voir le match avec clairvoyance, mais il n’en a rien à faire. « Les gens ne cessent de répéter qu’il y a cinq grands clubs en Argentine (San Lorenzo, River Plate, Boca Juniors, Racing et Independiente sont appelés ainsi, ndlr). Mais c’est de la merde. On va leur prouver aujourd’hui qu’il va falloir nous inclure là-dedans » , poursuit-il, sans répondre à la question originale qui consistait simplement à connaître son prénom. Si ses potes échangent sur les scénarios rêvés de la rencontre, Juan, qui a enfin daigné se présenter, refuse de faire un pronostic : « Je suis naze en pronostic, je sais juste qu’on va remporter ce putain de titre. San Lorenzo, le pape, Tinelli, c’est bien joli tout ça. Mais ils vont couler ce soir. » Alors qu’il découvre la signification de Lanús en français, Juan s’emporte : « Bah c’est parfait. Ce soir, on va le leur casser. Tu peux écrire ça ?! » Les bus remplis de supporters du club du sud de Buenos Aires arrivent enfin sur l’avenue qui mène au stade. Il est temps d’abandonner les litres de Quilmes, et de se faufiler pour passer au plus vite les nombreux contrôles de sécurité.


Une leçon de football


Une heure avant le coup d’envoi, et le Monumental prend des couleurs. « On est bien moins nombreux, mais tu vas voir, on va faire plus de bruit que San Lorenzo » , avance un supporter déjà torse nu malgré la fine pluie. Dario Herrera, arbitre de la rencontre, siffle le début de cette finale. Rapidement, Lanús domine une équipe de San Lorenzo, où l’absence de Nestor Ortigoza se fait vite ressentir. Torrico, gardien des Cuervos souvent héroïque dans les matchs importants, sort une énorme parade sur la première action des Granates. Football argentin oblige, un énorme tacle de Vélazquez, capitaine de Lanús, qui mérite le rouge n’est sanctionné que d’un carton jaune. Au quart d’heure de jeu, toute la tribune granate scande « Diego, Diego » . Et ce n’est pas pour Maradona, né à Lanús. « On rend hommage à Diego Barisone. C’est un joueur de Lanús qui est décédé l’année dernière dans un accident de voiture. Il est né un 29 mai, et on va aller chercher ce titre pour lui » , explique un supporter. La meilleure équipe de ce tournoi de transition va vite justifier son statut. Sur un corner à deux parfaitement joué (oui, ça existe), Benítez ouvre le score de la tête. Le début de la fête dans les tribunes réservées aux supporters de Lanús. Totalement dominé au milieu de terrain, San Lorenzo regarde Román Martínez dicter le tempo de cette finale. Gustavo Gómez, latéral paraguayen de Lanús et sans aucun doute l’un des meilleurs joueurs de la saison rend fou Emmanuel Mas, un temps international argentin. L’équipe entraînée par Pablo Guede tient le coup jusqu’à la mi-temps. L’occasion pour deux supporters de Lanús de donner un petit cours d’histoire : « Vous savez qu’on a un lien avec les Français ? Notre ville a été fondée par un Français qui s’appelait Lanusse. Le nom a été sud-américanisé, et c’est devenu Lanús. » Au retour des vestiaires, les hommes de Jorge Almirón vont vite enfoncer San Lorenzo. Miguel Almirón, milieu paraguayen de 22 ans qui ne devrait pas faire long feu en Argentine, double la mise d’une superbe frappe enroulée.


En face, Mercier est totalement perdu sans son compère du milieu. Marcos Angeleri, ancien défenseur central de Málaga est totalement dominé par Pepe Sand, l’idole de Lanús et ses 35 piges. Qui s’offre le troisième but, et une célébration folle dans le stade qui l’a vu naître.


Cette fois-ci, c’est certain, l’Argentine tient son champion. Emmenés par un entraîneur viré d’Independiente, quelques briscards du championnat d’Argentine et des jeunes pleins d’avenir, Lanús est récompensé. « Les gens pensent que c’est impossible de jouer au football ici, de gagner en jouant bien. On l’a fait, bordel, et c’est l’ADN de notre club » , balance Juan, qui a perdu ses potes, mais pas l’amour pour ses couleurs. Lautaro Acosta, international argentin, conclut le festival après une énorme erreur d’Angeleri. Les joueurs exultent, le public balance quelques piques à son rival de Banfield, et tout le groupe de San Lorenzo doit cruellement regarder la remise du trophée au champion d’Argentine. Bloqués à l’intérieur du Monumental, quelques supporters de Lanús tentent un tour de force pour sortir et commencer la fête aux alentours du stade de River. Avant de la poursuivre dans les rues de Lanús et dans la Fortaleza, stade du champion. Et Juan, de conclure : « Je t’avais dit, on leur a bien cassé. »
Par Ruben Curiel, au Monumental
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Peñarol mi Amor Niveau : National
Édition qui n'aura pas passioné les foules en Argentine, loin s'en faut. On attend les élèctions de l'AFA le 30 juin prochain pour voir quel gueule aura la prochaine édition, sa risque d'être encore une fois assez drole...
Alala, ce titre.. Un peu d'égard, que diable, pour cette municipalité qui a donné au monde Maradona, et inspiré à Borges l'une ou l'autre de ses nouvelles..
clement6628 Niveau : CFA2
Je ne comprends rien au système argentin...
Et j'ai l'impression que les équipes de tête changent chaque année...
Zamorano Gastrique Niveau : District
Est-ce que Kjetil Rekdal a joué à Lanús ?
Marcos Angeleri bordel ...
Avec Estudiantes il avait été phénoménal, avait gagné sa place dans la sélection (une des rares bonne trouvaille de Maradona), et au final il c'était fait une sale blessure style ligament et je l'ai jamais revu à son meilleur niveau ... quel dommage.

Et sinon comme dit plus haut, en effet Lanus est le barrio qui a vu naitre Diego, il a d'ailleurs posté un petit message de félicitation au club dans la journée.
Je ne le dirai jamais assez, il est des noms difficiles a porter.

Madame Zizi; la concierge.
Vivement un championnat et un calendrier cohérent, ce bordel monstre en Argentine.
Almiron il à l'air d'en avoir plein les pieds, juste qu'il épure un peu son jeu peut être !

https://www.youtube.com/watch?v=sRjEZHDs9sI
ZizouGabor Niveau : CFA
Nous Français sommes de sacrés plaisantins, mais saviez-vous que cette ville tient son nom d'Anacarsis Lanús (1820-1888), un commerçant argentin fils d'immigré d'origine ... française !
d equateur Niveau : DHR
Message posté par strover
Vivement un championnat et un calendrier cohérent, ce bordel monstre en Argentine.


Avec la fédé pourrie, les menaces de retrait de l'Argentine de la Copa America, et la mainmise des barras bravas (ultra mafieux) c'est pas gagné.

Globalement, le foot sudam est bien gangréné par tout ce qui tue et génère du fric. C'est moche et bien dommage car c'est des putains de passionnés.

Le championnat équatoriens est une merde sans nom où les salaires impayés succédent aux scandales coke/putes, mais les supporters sont fous de leur club. Chapeau les gars.
Si j'ai bien compris, dès septembre, le championnat argentin reprend sur le modèle européen. a savoir : saison de septembre à mai avec équipes s'affrontant en matchs aller-retour. Seul resterait cet incongruité de relégation via Promedio (moyenne des trois derniers championnats).
Des fois les mecs, on dirait que vous faites les articles en fonction d'un jeu de mort trouvé pendant une partie de babyfoot. C'est tellement vicieux que vos articles sont censés en plus donc on plonge dedans. J'aime bravo les mecs.
wallotexas Niveau : CFA
Lanùs sent journée.
Tu parles des élections qui seront peut-être reportées suite aux multi-scandales qui secouent l'AFA en ce moment (Olé se régale, on le serait à moins)?. On traite souvent nos dirigeants d'amateurs, mais au contraire...ce sont des professionnels de l'anarchie et du bordel organisé (sans parler de la corruption et du siphonage d'argent sous toutes les formes possibles et imaginables). On ne connait pas encore à coup sûr la formule du prochain championnat qui devrait commencer à la fin de l'été et l'on est au mois de juin...tout va bien.

Au final , j'en souhaiterais presque un coup de force des présidents qui veulent absolument la création d'une 'Superliga'...cela risquerait d'être assez drôle comme tu le dis si bien. Pour l'instant on se retrouve toujours avec trente clubs (Argentinos en moins et la T en plus aux dernières nouvelles) et aucune avancée depuis le premier janvier. Un format dit à l'européenne (et l'abandon des trop fameux promedios en plus) serait mille fois mieux, mais comment écarter dix clubs d'un simple coup de plume?...Viamonte 1366 doit vraiment être un endroit très 'spécial'.

Pour en revenir au match, Lanús a simplement massacré San Descenso de Amargo (j'avoue que Olé a été bon là dessus)...à partir du moment où cette équipe marque en premier, elle est très difficile à jouer du fait de la rapidité et de l'efficacité de ses contres...aurai bien voulu voir la tête de Tinelli à la fin des 90 minutes.
Peñarol mi Amor Niveau : National
Message posté par LBDT14
Tu parles des élections qui seront peut-être reportées suite aux multi-scandales qui secouent l'AFA en ce moment (Olé se régale, on le serait à moins)?. On traite souvent nos dirigeants d'amateurs, mais au contraire...ce sont des professionnels de l'anarchie et du bordel organisé (sans parler de la corruption et du siphonage d'argent sous toutes les formes possibles et imaginables). On ne connait pas encore à coup sûr la formule du prochain championnat qui devrait commencer à la fin de l'été et l'on est au mois de juin...tout va bien.

Au final , j'en souhaiterais presque un coup de force des présidents qui veulent absolument la création d'une 'Superliga'...cela risquerait d'être assez drôle comme tu le dis si bien. Pour l'instant on se retrouve toujours avec trente clubs (Argentinos en moins et la T en plus aux dernières nouvelles) et aucune avancée depuis le premier janvier. Un format dit à l'européenne (et l'abandon des trop fameux promedios en plus) serait mille fois mieux, mais comment écarter dix clubs d'un simple coup de plume?...Viamonte 1366 doit vraiment être un endroit très 'spécial'.

Pour en revenir au match, Lanús a simplement massacré San Descenso de Amargo (j'avoue que Olé a été bon là dessus)...à partir du moment où cette équipe marque en premier, elle est très difficile à jouer du fait de la rapidité et de l'efficacité de ses contres...aurai bien voulu voir la tête de Tinelli à la fin des 90 minutes.


Exact, c'est bien de cette éléction que je parle...

Sa fait des années que je ne lis plus Olé!, ce journal était une référance dans ma jeunesse, mais aujourd'hui, c'est presque devenu un vulgaire Marca...

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