Une famille en or

Une première saison surprenante, une deuxième décevante. Si, au fil des journées, le Montpellier de René Girard s'est affirmé comme un club stable du milieu de tableau français, la jolie famille de Louis Nicollin espère mieux cette saison. Pourquoi pas ?

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Le Larousse est une source intarissable de savoir. Quand on lui demande un éclaircissement sur le terme « surprise » , il évoque l'état de quelqu'un, qui est frappé par quelque chose d'inattendu. Comme la folie qui s'est emparée des supporteurs montpelliérains, après le retour plus que flamboyant de leur club en Ligue 1, après cinq ans de disette. En tournant la page, on peut y lire que la surprise qualifie également un événement inattendu. Comme la qualification du club de Louis Nicollin en Europa League à l'issue de cette même saison. Pour conclure, l'ennemi juré du Robert évoque une action qui se produit de manière impromptue. Comme la deuxième saison des Montpelliérains, celle de la confirmation. La confirmation que le club de Louis Nicollin, s'il n'est pas une machine à gagner, s'affirme, année après année, comme une équipe stable du milieu de tableau français. Ce que les dictionnaires du monde entier ne précisent pas, c'est ce que devient la surprise quand elle n'en est plus une. Bien que loin de la crise d'identité, les Héraultais ne savent plus trop où se situer. Après deux saisons passées à s'affirmer comme une des valeurs sûres de la Ligue 1, le MHSC ne peut pas se cacher derrière des ambitions farfelues. Exit le maintien, les 43 points et les galères. L'objectif de la petite famille du président « Loulou » est ambitieux sans trop l'être, pour laisser une petite place à l'onirisme : « Le président souhaite qu'on accroche la septième place, mais si on peut faire mieux, on se gênera pas » . Les mots sont signés Benjamin Stambouli et ils sont clairs. Patriarche dévoué, souvent décrié, Louis Nicollin sème l'amour dans son club autant qu'il sème sa douce poésie les soirs de désillusions. Fier, Loulou peut l'être. Cette année, sa smala risque d'en faire trembler plus d'un.

La recette Girard

«  La stabilité du club est un facteur essentiel de notre réussite. C'est un club familial, où le président couve ses joueurs, mais leur tire les oreilles quand cela est nécessaire. Ici, tout le monde se connaît, on est tous là depuis longtemps déjà. Ca aide » . Le constat est dressé par Benjamin Stamboulin, un des benjamins de la famille montpelliéraine. Clairvoyant, le fils de Henri met le doigt sur un des fondements de la réussite du MHSC : la stabilité, qu'elle soit sportive, ou non. Assis sur le banc de touche depuis la remontée du club dans l'élite, René Girard maîtrise et anime un groupe qu'il connaît sur le bout des doigts. Devenu, journée après journée, le deuxième paratonnerre du club, après son président, le meilleur ennemi des arbitres de Ligue 1 est devenu un entraîneur respecté.

La recette Girard ? Un savant mélange entre jeunesse pétillante et expérience tranchante, et entre panache offensif et rigueur défensive. Une bonne alchimie donc, cocktail parfait au sein d'une Ligue 1 qui s'est beaucoup cherché ces dernières années. Cinquième lors de la saison de la remontée, les Montpelliérains se sont heurtés à la lourde réalité de l'élite l'année dernière. Candidats avérés aux cinquième et sixième places à mi-saison, les joueurs de René Girard ont échoué à une triste quatorzième place, avec seulement trois points d'avance sur l'AS Monaco, premier relégué. C'est là le paradoxe montpelliérain. Intéressants dans le jeu, les Héraultais, ont subi de plein fouet la défaite en finale de Coupe de la Ligue face à l'OM, avant de finir la saison tant bien que mal avec sept défaites en neuf matches. Concentrés contre les gros, les Montpelliérains pêchent parfois contre les équipes jugées plus faibles. « Perdre deux fois de suite contre l'OM nous a fait beaucoup de mal la saison passée. Ça explique l'intensité du match amical de juillet » explique Stambouli. Apprendre de ses erreurs ? Le jeune effectif héraultais essaye, saison après saison à le faire. Et au vu du mercato réalisé par le club, ils n'ont pas vraiment le choix.

« Garde noire »

«  L'équipe est bien comme ça. Je pense que c'est très important qu'un groupe ne change pas trop. C'est la seule façon pour nous de s'inscrire dans la durée. On a eu peu de départs, nous les avons compensé » poursuit Stambouli. Celui de Spahic, parti donner des coups de coudes du côté de Séville, apparaît comme le plus notable. Mais le centre de formation Montpelliérain peut répondre assez aisément à ce départ. Stambouli frappe à la porte, qui a été enfoncée par Abdelhamid El-Kaoutari et surtout Mapou Yanga-Mbiwa. Celui dont Nicollin aime dire «  qu'il est moins fort que Sakho » , mais qu'ils les voit bien former «  la nouvelle garde noire de l'équipe de France » va attaquer sa cinquième saison chez les pros, à seulement 22 ans. Avec eux, Garry Bocaly et Cyril Jeunechamp forment une défense hermétique et cohérente. Devant, Belhanda, Cabella, Martin, Ait-Fana ou encore Giroud, 24 ans, le plus âgé, semble promettre aux supporters de la Paillade la stabilité évoquée par Stambouli. Cette jeunesse, la clé de la « bonne santé du football montpelliérain » selon Bocaly. L'insouciance de cette équipe et le fait que la plupart des éléments de cette génération a gagné la Gambardella expliquent et justifient affinités, coups de gueule, rires et larmes au sein de l'effectif de René Girard. L'un des plus chaud de Ligue 1.



« Parfois, ça chauffe. Il y a quelques excès d'agressivité, car nous avons des sales caractères. Nous haïssons la défaite, du coup, on ne lâche jamais le morceau et parfois, ça pète » explique Stambouli. La dernière fois que « ça a pété » , c'était donc contre l'OM, dans un match qui n'avait d'amical que le nom. Le défenseur montpelliérain s'en est d'ailleurs sorti avec quinze jours d'indisponibilité, pendant que son compère de la défense, El-Kaoutari, se chauffait avec le reste de l'attaque marseillais. El Kaoutari, exclu contre Bordeaux, qui a failli manquer le match d'ouverture à La Mosson, contre l'AJ Auxerre. Un match crucial, puisqu'après celui-ci, les Héraultais iront à Lille, avant de recevoir Rennes et de se déplacer à Lyon. Autant dire qu'il ne va pas falloir se rater si la famille montpelliéraine veut goûter à nouveau à l'Europe. L'Europe, l'Eldorado montpelliérain, qui, sur le modèle du Sochaux 2011, avouent, à demi-mot, en rêver un peu : «  l'Europe, on en a tous envie. Que ce soit par une Coupe ou par le Championnat, ça serait chouette » conclut Stambouli. Ca, ce serait une bonne surprise.



Swann Borsellino

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En France, il y a Paris et le reste. Et depuis que les Qataris sont venus fourrer leur nez du côté du PSG, la formule de Jef Gravier peut désormais s'appliquer à la Ligue 1. Alors même si balancer des millions en transferts n'a jamais garanti un titre de champion, Lille, Lyon, l'OM et Bordeaux devront lâcher les chameaux pour ne pas être dévorés tout cru. Notre championnat deviendrait-il soudainement intéressant ?

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