Un vendredi soir, à Niort
Un vendredi soir, à Niort
Peu importe quand, peu importe où. Il suffit d’aller au stade pour être heureux. L’adage s’est encore vérifié vendredi soir. Match au sommet de Ligue 2. Niort affronte Montpellier au stade René Gaillard. Belle affluence, le stade n’est pas clairsemé, loin de là. 4 436 spectateurs pour une capacité de 10 000. Pas mal.
A l’entrée des joueurs sur le terrain, l’hymne de la ligue des champions retentit sur la sono limitée du stade. C’est un peu ridicule mais ça fout quand même pas mal de frissons, et c’est bien ça qui compte. Pendant un instant on a l’impression d’avoir à portée de main quelque chose de grand, de bien plus conséquent qu’une maigrelette rencontre de L2 du vendredi. Et puis le match commence et nos espoirs s’envolent bien vite.
Le duel du terrain n’est pas bien glorieux, les approximations techniques s’enchainent et de rares bonnes actions de Gonzales ou de Gagnier peinent à faire oublier la pauvreté du jeu.
Le combat a plutôt lieu en tribunes. Dans les populaires, c’est 2,5 euros la place ; autour de nous les supporters des Chamois s’en donnent à Coeur joie. C’est Coach Courbis, "la boulette" qui recueille les faveurs de nos ultras niortais. Un phénomène, typé idiot du village, va passer l’intégralité des 90 minutes à vociférer des "Courbis va t’asseoir dans ta cahute", "Courbis retourne dans la radio" ( ??) ou "Courbis t’es gros, t’es un sac à patates." Fabuleux.
A la mi temps, c’est la buvette qui rassemble. On hésite entre le panaché et la Tourtel avant de se rabattre sur un simple verre de Perrier. Tout coûte 1 euro 50, tout parait modèle réduit. Quelques supporters se laissent tenter par une barquette de frites tartinée de mayonnaise. Beaucoup de familles sont là, des jeunes filles en goguette paradent, sac à main sur l’avant bras. Manifestement, à Niort, le match du vendredi soir est un prélude à l’amour. Nos coquettes se baladent dans les travées, toutes endimanchées, elles feraient de bonnes WAGS, accessoirisées et maquillées qu’elles sont. C’est l’apprentissage de la vie d’épouse qu’elles font en accéléré. A l’entrée du stade des hôtesses distribuent des flyers pour une soirée After Foot à "La Suite" LA boite qu’il faut visiter à Niort.
Une poignée de jeunes du centre de formation, les "sport étude" friment dans leurs survétements flambant neufs. Arnaud Régnier, jeune gardien prometteur, explique qu’à Niort, pour s’en sortir, c’est le football ou la tecktonic.
Sur la pelouse d’entraînement, quelques gamins sortent des crampons taille 36 de leur sac à dos Inesis et vont taper la balle pendant les 15 trop courtes minutes de la mi-temps.
Le match se joue soleil couchant. Les tribunes, peu imposantes, laissent paraitre l’horizon. Du dernier rang, la vue degagée sur la banlieue niortaise est à couper le souffle. La vie est douce à Niort, sans heurt. Ce soir nos gaillards s’endormiront le sourire aux lèvres, encore heureux de cette courte victoire. Trois points qui les rapprochent un peu plus du maitien. Demain, pour fêter ça, on ira se balader sur les marais poitevins, en barque.
Au final, Niort et les Chamois l’emportent 1 à 0 but d’Arnaud Gonzales dès la 11e minute. Montpellier a fait pâle figure, d’eux on ne retiendra que le sourire de Geoffrey Jourdren, beau comme un dieu. Lamine Sakho a décu, pourtant ce soir, c’était lui la star.
Sur le chemin pour regagner les voitures, des habitants de la zone pavillonaire qui borde le stade demandent le score. On leur annonce la bonne nouvelle. La victoire de Niort est accueillie avec soulagement parce qu’ ici aussi on a brulé des voitures.
Des papis fument des gauloises en tribune, une famille vient pique-niquer au stade : Pom’potes et Prince, Candy Up en brique. C’est la France et c’est déja la fin de l’été. Le kop entame un "Comme un ouragan" remixé plutôt convainquant. Bientôt le stade désemplira, les luttes se feront de plus en plus âpres, la boue aura remplacé les paquerettes.
Adieu triste amour.
BCM, envoyé spécial un vendredi soir.
NB. Le fils de Bernard Lacombe, Grégory Lacombe est petit comme un enfant. L’arbitre, Falcone, a fait un sale match.






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