Un pur moment de rock'n'OL

Trois matchs, c'est ce qu'il reste à l'OL pour maintenir ce point d'avance sur le PSG qui l'enverrait en tour préliminaire de Ligue des Champions. C'est aussi ce qu'il reste pour résister à une fin de saison franchement rock'n'roll. Premier acte ce soir du côté de Francis-Le-Blé à Brest.

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C'était il y a dix ans. Les années 2000 venaient tout juste de commencer et l'OL remportait son premier titre. Un titre mineur certes – une Coupe de la Ligue –, mais un titre qui venait accréditer l'idée qu'on s'était faite de ce club, quelque chose comme le futur du foot français. Du moins, une certaine idée de la domination du foot français qui reprenait le flambeau là où le voisin stéphanois l'avait laissé à la fin des 70's, cette pointe de morgue et de distance en plus pour figurer une sorte de Bayern à la franche touche.


Fin de saison en apnée


Dix ans, ceux qui ont été élevés aux théories de la rock critic sur l'histoire de la musique et sur la vie par extension vous le diront, c'est en général ce qu'il faut à un groupe possédant une poignée de titres capables de sécher la concurrence pour incarner le futur du rock'n'roll, devenir les nouveaux maîtres du monde en trois albums parfaits et se séparer avant qu'il ne soit trop tard. On ne sait si les Lyonnais connaissent eux aussi cette théorie selon laquelle « le meilleur choix de carrière qu'un musicien puisse faire est d'arrêter de respirer » . En attendant, depuis ce dernier match disputé la tête sous l'eau à l'Abbé-Deschamps (défaite 4-0), on a cru repérer ces quelques signes qui annoncent en général un split de fin de règne.


Pour le moment, comme s'est efforcé de le rappeler Jean-Michel Aulas toute la semaine, l'OL bouge encore. Avec leur point d'avance sur le Paris Saint-Germain, dernier rival dans la lutte pour une place en tour préliminaire de Ligue des Champions, les Lyonnais sont encore maîtres de leur destin. Problème, ils s'emploient à prouver exactement le contraire à chaque fois qu'on les retrouve sur un terrain de Ligue 1. Pour s'en convaincre, il suffit de dresser l'inventaire de tous ces signes de nervosité aperçus lors de leurs deux derniers déplacements : six buts encaissés, trois exclusions, six changements de joueurs pour autant de changements tactiques en plein match et un malaise présidentiel. Un rapide état des lieux qui confirme l'impression que l'OL pourrait bien traverser en apnée ces trois matchs qui le séparent de la fin de saison, entre effondrement mental et épuisement physique.


Equipe et malaise


A ce titre, le match de ce lundi face à Brest présente la même configuration que celles rencontrées à Toulouse et à Auxerre : un déplacement chez un adversaire qui joue toujours sa peau en L1, des leaders ou supposés comme tels qui manquent à l'appel (Lisandro, Gourcuff), une défense centrale à bout de souffle qu'il faut une fois de plus remanier en rappelant les deux frères ennemis un temps bannis pour leurs errements coupables (Cris et Diakhaté). Comme à un groupe de rock qu'on sait en sursis, on a donc demandé à la troupe lyonnaise d'aller prendre ses quartiers au grand air et à l'abri des regards, du côté de Dinard, station bretonne au charme désuet. Le genre de fuite qui doit permettre dans l'immédiat de recoller les morceaux, histoire d'éviter que la superproduction lyonnaise (140 millions d'euros, budget record de l'histoire en L1) n'échoue sur un monument d'incompréhension. Les espoirs de rédemption express des Lyonnais reposeront cette fois sur les retours de blessure d'Ederson, sans doute à la place de Briand en perdition lors de ses dernières apparitions, et de Toulalan qui devra ramener un peu d'équilibre et de souffle dans un milieu qui en a sacrément manqué ces derniers temps.


Suffisant pour évacuer la perspective du split de fin de saison qui semble s'annoncer en coulisses ? Les premières manœuvres ont vu le départ «  en vacances » du directeur général, Philippe Sauze. Arrivé en début de saison pour prendre la place laissée par Marino Faccioli, son profil de dirigeant venu de l'industrie de l'entertainment apparaissait comme le symbole d'une nouvelle orientation stratégique du club. Un premier retrait qui, s'il se confirme, pourrait résonner comme un retour à une organisation plus traditionnelle, notamment du côté de la politique sportive. Le maintien en pointillés de Claude Puel pour la fin de saison tel que l'a présenté Jean-Michel Aulas, le départ attendu de quelques titulaires (Bastos, Cissokho, Lloris) ou les confidences de Bernard Lacombe annonçant la promotion des jeunes pousses issues de la formation (Grenier, Lacazette, Kolodziejczak) constituent à leur manière le teaser de l'intersaison qui se prépare. Façon de confirmer au passage que le futur immédiat du club paraît à ce point incertain qu'un détour par le passé pourrait être aujourd'hui la chose la mieux partagée au sein de l'Olympique Lyonnais.

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