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  1. // Serie A – Juventus

Un problème nommé Blanc

Le premier match de Zaccheroni sur le banc de la Juve ce soir, à l'occasion de la réception de la Lazio à Turin, sera particulièrement observé. Quel que soit le résultat, le problème de la Juve restera néanmoins entier : les soucis du club viennent d'en haut, de la présidence.

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Comme d'habitude, c'est José Mourinho qu'il faut écouter : « En tant qu'entraîneurs, nous savons qu'un jour ou l'autre, on peut s'entendre dire: “Nous ne sommes pas contents de ton travail”. C'est normal. Mais pas de cette façon. Des semaines entières à laisser les journalistes écrire n'importe quoi, et Blanc qui cherche un successeur pendant que Ferrara est en train de travailler. La façon dont a été traité Ciro est une honte » . Voilà, le Special One a tout dit : la Juventus a très mal traité Ferrara, et Jean-Claude Blanc en est le premier responsable. Jean-Claude Blanc ? Un type arrivé en 2006 en tant que directeur général, après le calciopoli, la Serie B et le départ de la Triade Moggi-Giraudo-Bettega. Une époque où la Juve voulait se refaire une virginité et laver ses péchés plus blanc que blanc. Une époque où il fallait mettre un gentil en tête de vitrine ; par exemple, un type avec les mêmes initiales que Jésus-Christ, et un nom de famille de lessive. Bon, va pour Jean-Claude Blanc.

Sauf que la Juventus a toujours été blanche et noire. D'un côté, les sourires. De l'autre, les dents carnassières. D'un côté, le gant de velours. De l'autre, la main de fer. Le style Juventus est à ce prix-là. Trappatoni, Boniperti, Agnelli, Lippi, Bettega, Platini : tous les grands hommes de la Juve ont cette double casquette. Un Face/off qui leur permet de plaire quand il le faut, mais, surtout, qui les empêche de paniquer. Blanc, lui (passé président du club le 12 octobre 2009), est un dirigeant pour club normal : quand ça ne va pas, il panique. En trois ans et demi de règne, il a déjà usé trois entraîneurs : Deschamps, Ranieri, Ferrara. Le nouveau Zaccheroni (un entraîneur qui s'est fait virer du Torino, rappelons-le) est annoncé comme intérimaire, en attendant Benitez, l'été prochain. Pour un aussi grand club, avouons que cela fait désordre.

En vérité, Jean-Claude Blanc est peut-être poli, il est surtout maladroit. Et à ce niveau de responsabilités, maladresse rime avec faiblesse. Quand Blanc déjeune avec Lippi au printemps dernier pour préparer la présente saison, il ne parvient pas à garder le secret. Quand il consulte les entraîneurs capables de remplacer Ferrara, toute la presse est au courant. Quand il apparaît que Hiddink refuse pour des questions d'argent –humiliation suprême–, les chiffres sortent dans les journaux. Imagine-t-on Agnelli se faire piéger de la sorte ? Non, évidemment. Depuis que Jean-Claude Blanc est aux commandes de la Juventus, il faut le dire, ce club a un petit air de PSG –deux crises en deux ans, un changement d'entraîneur à deux journées de la fin la saison dernière, et maintenant cette gestion calamiteuse du cas Ciro.

Ferrara était insuffisant ? C'est possible. Certes, en une demi-saison, l'ancien défenseur totem n'a pas réussi à trouver de schéma tactique qui tienne la route, n'a pas su utiliser Diego –qui est grand, ça se verra un jour– comme il l'aurait fallu, n'est pas parvenu à donner confiance à son équipe. Mais il aurait fallu le remercier de manière nette et précise dès les premiers signes, ou alors le confirmer contre vents et marées, afin de lui permettre d'asseoir son autorité –ce qu'a fait, en grand club, le Milan AC avec Leonardo en début de saison. Bref, prendre une décision et s'y tenir ; trancher dans le vif, sans écouter la presse ; donner le cap. Agir en tant que dirigeant.


Traduction Stéphane Régy, source Il Resto Del Carlino

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