« Un pétard a atterri sur mon pied et ça a explosé ! »

Sa soif insatiable d’aventure l’a jusqu’ici mené en Europe de l’Est. Après l’Ukraine et la Russie, Damien Le Tallec a ajouté une nouvelle destination à sa carrière : la Serbie. Premier Français à représenter l’Étoile rouge de Belgrade, le frère cadet d’Anthony continue de dessiner une trajectoire singulière après avoir été formé à Rennes et connu le Borussia Dortmund. Entretien sans filtre avec un expatrié enfin épanoui.

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En janvier dernier, tu as rejoint l’Étoile rouge de Belgrade et es devenu par la même occasion le premier Français dans l’histoire du club. Comment as-tu vécu ça ?
Pour moi, ce n’est pas exceptionnel parce que partout où je vais, je suis le premier Français (sourire). Donc j’ai un peu l’habitude de ça. Mais ce qui est le plus important pour moi, c’est que je suis le premier joueur tricolore à jouer ce fameux derby contre le Partizan Belgrade. C’est ce qui me rend heureux. Il n’y a que moi qui ai eu les couilles d’aller là-bas pour aller disputer ce derby !

Tu évoques justement le célèbre « derby éternel » que tu as disputé à deux reprises cette saison, dont le dernier récemment (16 avril, 1-1). L’ambiance était-elle aussi survoltée qu’on le dit ?
C’est complètement dingue. De toute façon, quand on regarde le match à la télévision, tout le monde le voit. La rencontre est arrêtée à cinq reprises à cause des pétards et des fumigènes sur la pelouse. On ne voit plus rien sur le terrain ! Mais je trouve ça bien, j’aime bien la tension. C’est excitant. Ce que j’ai surtout aimé, c’était de jouer au Partizan (27 février, 1-2). À l’échauffement, dès qu’on est sortis du tunnel, les supporters adverses nous jetaient des balles de golf, des pétards. J’ai d’ailleurs un pétard qui a atterri sur mon pied et « boum » , ça a explosé ! À la fin du match, on ne pouvait même plus rentrer par le tunnel. On devait rester sur la pelouse et on a ensuite dû taper un sprint pour aller jusqu’aux vestiaires. Comme je disais dans une précédente interview, c’est la jungle ici. En France, on ne voit pas beaucoup de fumigènes. Mais quand je dis que c’est la jungle, c’est dans un sens positif. Ce n’est pas n’importe quoi non plus. Les supporters ne viennent pas nous attaquer sur le terrain. C’est une ferveur que j’aime.

Tu habites seulement à quelques minutes du stade Rajko-Mitić, plus connu sous le nom de « Marakana » . En dehors des terrains, est-ce que tu as pu également ressentir cette rivalité exacerbée entre les deux équipes ?
Oui, partout. Dans toute la ville. Et pas seulement quand il y a le derby. De toute façon, ici en Serbie, les gens sont soit pour le Partizan, soit pour le Red Star. Ils ne te diront jamais qu’ils ne connaissent pas le football. Même si tu vas dans un magasin, on t’en parlera toujours : « Moi je suis fan du Partizan, moi je suis fan du Red Star. » Partout ! Je n’ai jamais vu ça. Ils aiment trop le foot, ce sont des fanatiques. Mais cela ne se limite pas qu’au football. Au basket aussi, par exemple. Je suis allé à tous les matchs du Red Star en Euroleague et c’est incroyable. En Europe, c’est impossible de voir ça dans un stade. Il y avait 25 000 personnes debout, aucune n’était assise. Je n’ai vraiment jamais vu ça. Ils ont une telle ferveur, une telle passion pour leur pays… Du plus petit au plus grand, ils chantent tout le temps. Ils sont à fond derrière leur club.

« En fait, on est comme le PSG en France. C’est un peu comme ça qu’on est perçu ici. On est la grosse équipe, l’équipe à battre. Les autres formations jouent très regroupées et cherchent à nous avoir en contre-attaque. Très honnêtement, ça joue bien au ballon. »

Comme vous êtes en passe de devenir champions, j’imagine que ça doit pas mal chambrer dans les rues de Belgrade…
Les supporters entre eux surtout. En janvier, on était leaders du championnat avec vingt-cinq points d’avance sur eux. Mais les points ne comptent plus autant maintenant, car ils ont instauré les play-offs. Les points sont désormais divisés par deux. On a commencé les play-offs il y a deux journées, et c’est pourquoi l’écart s’est réduit depuis. Désormais, on a quatorze points d’avance sur le Partizan. Si on gagne ce mercredi (l’interview a été réalisée lundi 25 avril, ndlr) contre Čukarički, c’est fini. On sera quasiment champions.

Tout ce folklore propre au football serbe, c’est quelque chose qui doit rendre cette expérience encore plus passionnante…
C’est vraiment une superbe expérience. Surtout en ce qui concerne le football pour moi. Je suis dans une bonne équipe après avoir pas mal galéré ces trois dernières années. Je jouais davantage défensif et c’est pourquoi mes stats n’étaient pas énormes. Je défendais la plupart des matchs. Là, en quelques mois, j’ai déjà marqué deux fois et donné deux passes décisives. On parle beaucoup de moi ici, notamment les journalistes, c’est juste incroyable. Enfin mon football est reconnu. J’ai aujourd’hui plus de liberté et je peux monter sur le terrain. Et j’ai enfin des joueurs qui comprennent le football, qui comprennent mes passes. Même si je suis milieu défensif, j’ai aussi des bons ballons pour marquer. C’est pourquoi je suis venu ici, je savais que c’était une bonne équipe.

Après quelques mois passés en Serbie, quelles sont tes premières impressions sur le niveau de la Jelen SuperLiga ?
C’est un championnat plutôt technique. Ce n’est pas trop porté sur la tactique. En plus, je suis dans la meilleure équipe du championnat. C’est forcément plus facile pour moi. On a souvent la possession du ballon. En fait, on est comme le PSG en France. C’est un peu comme ça qu’on est perçu ici. On est la grosse équipe, l’équipe à battre. Les autres formations jouent très regroupées et cherchent à nous avoir en contre-attaque. Très honnêtement, ça joue bien au ballon.

On a la sensation que tu as succombé aux charmes de l’Europe de l’Est depuis plusieurs années. En 2012, tu faisais le choix de partir pour le club ukrainien d’Hoverla. Ça reste un bon souvenir pour toi ?
Là-bas, c’était difficile. Si tu n’es pas fort mentalement, tu peux rentrer chez toi au bout de deux jours. Parce que la ville déjà… C’est un village. Il n’y avait pas de centre d’entraînement, un seul terrain. C’était catastrophique. Pfiouuuu… Dans la tête, il faut être très très costaud. Moi, quand je suis parti là-bas, c’était quitte ou double. C’était soit j’arrive à jouer et à m’en sortir, ou je rentrais chez moi et j’arrêtais le foot. Après, j’ai fait tous mes matchs. Lorsque la guerre a débuté en Ukraine, beaucoup de clubs ont fait faillite. Des clubs sont partis de Donetsk, car ils ne pouvaient plus jouer là-bas. C’était un beau bordel. Maintenant, le niveau du championnat a beaucoup baissé.

C’est d’ailleurs là-bas que tu as été reconverti milieu défensif après avoir joué jusqu’alors en tant qu’attaquant…
Lors de ma seconde année, le coach m’a mis comme milieu défensif. C’était une bonne chose pour moi. Quand tu joues dans des équipes comme ça en tant qu’attaquant, c’est difficile. Tu ne touches pas beaucoup de ballons, tu galères tout le match. J’ai mis sept buts en Ukraine, mais voilà, j’ai galéré. Pour avoir un ballon, il faut vraiment galérer. Alors pour avoir un bon ballon, c’est encore pire… Donc c’était mieux pour moi qu’il me mette au milieu, un poste où j’avais un peu joué à Dortmund. Ça a tout changé pour moi, car je faisais le jeu.


Ton ancien coéquipier là-bas, Serge Akakpo, nous confiait récemment que le championnat ukrainien était d’un niveau intéressant, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Tu partages cet avis ?
Il était d’un niveau intéressant. La dernière année où j’y étais, la guerre a commencé (en référence à la crise de Crimée survenue en février 2014, ndlr). Tous les joueurs sont partis. Mais quand je suis arrivé, c’était d’un très bon niveau. Les clubs payaient, il n’y avait pas de problème. Il y avait aussi de grands joueurs. Lorsque la guerre a débuté, beaucoup de clubs ont fait faillite. Des clubs sont partis de Donetsk, car ils ne pouvaient plus jouer là-bas. C’était un beau bordel. Maintenant, le niveau du championnat a beaucoup baissé. Hormis le Dynamo Kiev qui a fini champion cette saison et le Shakhtar Donetsk (demi-finaliste de Ligue Europa, ndlr), il n’y a plus personne. Le Metalist, ils sont finis. Odessa, c’est pareil. Il n’y a plus grand monde.


D’ailleurs, pour toi aussi ça s’est mal fini, puisque tu as quitté Hoverla en raison de problèmes financiers et de salaires impayés…
À partir du mois de janvier, je n’étais plus payé. Je suis donc parti pendant trois mois et je ne voulais pas revenir au club. Le coach m’appelait tous les jours, le président m’a promis de l’argent et je suis revenu au mois d’avril. J’ai fini la saison en espérant que je retrouverais mon argent. Mais je n’ai pas été payé… J’arrivais à la fin de mon contrat et je n’ai pas souhaité prolonger. C’est désormais la FIFA qui s’occupe de ça depuis un an et demi. Je n’ai toujours pas eu l’argent, mais bon… Vu qu’ils ne payent pas les joueurs là-bas, comment vont-ils nous payer nous ? Même si j’ai gagné le procès, c’est un problème. On verra bien. Le président essaie de trouver des accords avec nous.

En 2014, tu pars donc de l’Ukraine pour t’envoler en direction de la Russie et du club de Mordovia Saransk. Là encore, tu es le premier joueur tricolore à évoluer pour cette équipe…
C’était un championnat d’un super niveau. Avec de très gros joueurs dans plusieurs équipes. C’est un championnat qui a beaucoup d’argent. Même si là, il y a une petite crise à cause de la valeur du rouble qui est descendue et que pas mal d’étrangers sont partis. Mais à mon arrivée, c’était des équipes avec de gros moyens. Ils avaient la capacité de ramener de bons joueurs.

« Quand je suis arrivé à Dortmund, j’avais une prof. J’ai fait trois cours, puis j’ai abandonné. Ça ressemblait à l’école et je n’aimais pas ça. Pourtant, après un an, je parlais allemand couramment. »

Et la vie sur place au quotidien, comment c’était ?
Pour moi, c’était comme en Ukraine. J’étais déjà habitué. Je trouvais quand même la ville mieux que celle où j’étais en Ukraine. Ce n’est toutefois pas une ville exceptionnelle, une petite ville de Russie. Ce n’était pas un truc de fou. Mais si un Français était venu dans ma ville, il aurait pété les plombs. Il faisait froid, -25°C. On s’entraînait sur le synthétique. Faut être fort dans la tête.

En février dernier, tu confiais à L’Équipe que « personne ne s’aventure là où je vais » . Cette envie de découvrir d’autres horizons et des cultures peu familières aux Français a toujours été naturelle chez toi ou cela s’est développé au fil du temps ?
C’est depuis tout petit. À l’âge de quinze ans, je voulais déjà me barrer en Angleterre. Je devais aller à Chelsea. Le président du Havre (Jean-Pierre Louvel, ndlr) peut d’ailleurs te le confirmer. C’est lui qui a refusé parce qu’il ne voulait pas que je parte à l’étranger. Donc, déjà petit, j’avais cette envie de partir à l’étranger. Peut-être que ça me convient, je ne sais pas… J’ai une mentalité qui fait que j’aime bien l’aventure. C’est naturel. J’arrive à me démerder à l’étranger. Aujourd’hui, en Serbie, je suis dans une superbe ville. Belgrade, c’est le top. Les gens sont très sympas, et le groupe dans lequel je suis, je n’ai jamais connu ça après Dortmund.

Quid de l’apprentissage des langues, tu n’as pas trop galéré ?
En Ukraine, ils parlaient déjà russe. Le coach le parlait. Quand je découvre de nouvelles langues, je n’apprends pas avec un professeur, ça vient direct. Comme en Allemagne, par exemple, je n’ai jamais ouvert un bouquin, mais j'ai appris la langue à force de la parler dans la rue, dans le vestiaire. J’entends, j’entends et j’emmagasine. Ça vient comme ça. Je n’arrive pas à ouvrir les bouquins et faire un cours d’une heure. Quand je suis arrivé à Dortmund, j’avais une prof. J’ai fait trois cours, puis j’ai abandonné. Ça ressemblait à l’école et je n’aimais pas ça. Pourtant, après un an, je parlais allemand couramment. Même en Russie, à la fin de mon passage, j’arrivais à discuter un peu avec le coach. Après, dans tout ça, il y a les filles hein, ça aide beaucoup… (rires) Ça aide à parler, c’est plus facile et plus motivant de parler à des filles plutôt qu’à une prof. D’ailleurs, à ce sujet, en Russie, c’est du très haut niveau. Je suis avec une Russe désormais. Mais la Serbie, c’est très bien aussi. Et si tu es plus blonde, c’est clairement Belgrade là où il faut aller…

Ton début de carrière s’avère pourtant commun. D’abord au Havre, tu rejoins ensuite le centre de formation de Rennes où tu remportes la Coupe Gambardella aux côtés de M’Vila, Brahimi ou encore Abdoul Camara. Ça reste de belles années selon toi ?
Pas forcément, car c’était dur. À quinze ans, je suis parti de ma ville où j’avais tous mes potes. Peut-être que j’ai fait une erreur à ce moment-là, de partir du Havre. J’étais super bien là-bas. À Rennes, on a tout gagné et j’ai beaucoup progressé. C’était un super centre de formation, le numéro un en France à l’époque. C’est pour ça que je suis parti là-bas. J’étais dans une superbe génération, on était la meilleure équipe en France. On avait gagné le championnat des U18, la Gambardella. Puis on est presque tous montés en pro. Là, ça s’est un peu gâté pour moi…

« J’avais fait quatre bonnes années avec Rennes, tout était magnifique. Lacombe est arrivé et il m’a tué, sans aucune raison. Il m’a totalement freiné. »

Justement, tu n’as eu jamais la chance de pouvoir faire tes débuts en professionnel, et Guy Lacombe n’aurait pas été étranger à cela…
C’est lui le responsable. Avant son arrivée, cela faisait un an que Yann M’Vila et moi, on s’entraînait avec les professionnels. On commençait, et j’avais fait quelques bancs, même si je n’avais pas joué. Puis après, le coach Lacombe est arrivé. Il nous a pris dans le bureau et nous a dit que c’était fini, que l’on ne s’entraînait plus avec les pros. Je me souviens qu’il nous avait lâché : « Je ne veux pas que vous preniez l’escalator, je veux que vous preniez l’escalier. » Mais dans quel sens ? Pourquoi, alors que ça fait un an qu’on est avec les pros et que tous nos potes en équipe de France jouent avec les pros aussi ? On allait jouer en sélection en sachant qu’on était les meilleurs joueurs, mais on n’avait jamais joué en professionnel ! C’était frustrant. On ne comprenait plus rien. Après, on m’a remis en réserve, mais je n’avais plus envie. C’est devenu n’importe quoi. J’avais fait quatre bonnes années avec Rennes, tout était magnifique. Lui est arrivé et il m’a tué, sans aucune raison. Il m’a totalement freiné. S’il m’avait fait jouer, je serais resté très longtemps à Rennes. Je ne serais jamais parti, car j’aimais le club. Le directeur de la formation, Monsieur Rampillon, faisait tout pour moi. C’était comme un deuxième père, il était tout le temps derrière moi.

C’est pourquoi tu as saisi l’opportunité de signer pour le Borussia Dortmund en 2009 ?
Oui, car en même temps, j’avais tous les clubs d’Europe qui me voulaient. Mais je ne jouais pas à Rennes, je ne comprenais rien. Il me restait un an de contrat, donc Rennes était obligé de me vendre. Je sortais de l’Euro avec les Bleus. Au départ, je m’étais mis d’accord avec Valence, mais le club a eu des problèmes financiers. J’ai attendu, ça ne s’est pas fait. Comme j’en avais marre d’attendre, des clubs allemands sont arrivés. J’ai choisi Dortmund pour le projet et parce qu’il faisait jouer beaucoup de jeunes.

Mais en Allemagne, tu as peu eu l’opportunité de faire tes preuves, notamment à cause de blessures qui t’ont tenu éloigné des terrains assez longtemps…
J’ai eu deux grosses blessures, en fait. Au début, je commençais à jouer, mais en Coupe d’Allemagne, je tombe sur le terrain et je me brise le ligament de l’épaule. C’est arrivé au moment où je rentrais dans le groupe. Directement trois, quatre mois out. Je reviens et je rejoue au mois de janvier, le coach me refait confiance. Mais au bout de deux semaines, j’ai une grosse pubalgie et une inflammation. Je suis out un mois et je pars en France pour me faire soigner. Je reviens donc une troisième fois, au mois d’avril. La veille d’un match où je devais être retenu dans le groupe, je saute sur un corner à l’entraînement et un mec me prend le bras. L’épaule ressaute. Je suis obligé de refaire la deuxième opération, une grosse opération avec la vis à l’intérieur. Et là, c’était huit mois out… Je ne suis revenu qu’en fin d’année. L’équipe était première, ne faisait que de gagner. Ce n’était plus une question d’être dans les onze, mais dans les dix-huit ! C’était devenu trop compliqué pour moi.


Tu as tout de même découvert la Südtribüne du Westfalenstadion, avec le fameux « mur jaune » …
Elle est folle. En plus, la première fois que je suis dans le groupe, il me fait entrer à la mi-temps (18 octobre 2009, 2-0 contre Bochum), alors que je ne m’étais pas échauffé. À domicile. J'entre en face du « mur jaune » . C’était incroyable. Tout comme le titre que j’ai vécu avec eux (en 2010-2011, ndlr). C’était exceptionnel, magnifique. Lors de la fête du titre, il y avait 500 000 personnes dans les rues. Une magnifique expérience.

« Tous les clubs d’Europe viennent voir les matchs à Belgrade. Lors de la dernière rencontre, il y avait soixante-trois recruteurs de clubs différents. »

Et Jürgen Klopp, il est aussi exalté, passionné et fou qu’il n’y paraît ?
Je vais toujours bien parler de lui. Parce que c’est le premier coach qui m’a fait jouer en professionnel. Il y a une semaine encore, j’ai parlé avec lui par message parce qu’il vient de recruter un joueur de notre équipe, Marko Grujić. Il est venu prendre de mes nouvelles par la même occasion. Pour moi, c’était un deuxième père à Dortmund. Il a tout fait pour moi, il m’avait donné confiance. Après, il ne pouvait pas faire plus vu que j’étais blessé. Il sourit tout le temps, c’est agréable. L’entraînement avec lui, c’est le top niveau. Ses deux adjoints qui sont partis avec lui à Liverpool sont très costauds. Ils connaissent vraiment le ballon.

À l’instar de ton frère aîné Anthony qui n’est pas parvenu à s’imposer à Liverpool, on a le sentiment que ce rendez-vous manqué avec le BvB a constitué un tournant dans ta carrière. Tu le regrettes ?
Bien sûr que ça a été un tournant. Quand je commençais à jouer, je devais retourner en équipe de France Espoirs. Si j’avais joué au Borussia, l’équipe A aurait pu arriver très vite aussi. Bien sûr que je repense à ça… Mais si tu y penses tout le temps, tu prends un flingue et tu te suicides. Quand j’étais en Ukraine, dans un village, si je pensais à ça tous les jours, j’arrêtais le foot. Parfois, je comprends les joueurs qui ont été dans des grands clubs et qui n’arrivent plus à jouer après. C’est compliqué, encore plus quand tu joues avec des mecs qui ne comprennent même pas le foot. Tu as évolué avec des joueurs de haut niveau, tu essaies de leur mettre des passes, mais ils ne les comprennent pas. Puis quand c’est eux qui te disent en plus que tu ne sais pas jouer… Mais j’ai gardé le côté positif de cette expérience. Même si j’ai par la suite joué pour un club de seconde zone, j’y allais avec la même envie. Et ça commence à payer aujourd’hui avec le Red Star. Je n’ai pas fait ça pour rien.

Dans ton parcours, il y a aussi eu les Bleus que tu as fréquentés des U16 jusqu’aux U20. Avoir eu la chance de représenter son pays si jeune, ça doit rester un souvenir à jamais gravé pour toi ?
Évidemment, c’est le top niveau de pouvoir représenter la France. En plus, on avait une génération exceptionnelle, j’étais titulaire pendant cinq ans. Comme c’était bizarre à Rennes avec les pros, aller en sélection, c’était une bouffée d’air frais. Je reprenais beaucoup de force et on faisait des gros matchs. Il n’y a rien de meilleur que de porter le maillot de l’équipe de France. C’est impossible de faire mieux.

Enfin, à vingt-six ans, à quoi aspires-tu désormais pour le reste de ta carrière ?
Le deal était clair quand je suis venu au Red Star. Si je suis venu ici, c’est pour l’exposition. On parle plus de moi maintenant alors que je faisais les mêmes matchs en Ukraine ou en Russie. Tous les clubs d’Europe viennent voir les matchs à Belgrade. Lors de la dernière rencontre, il y avait soixante-trois recruteurs de clubs différents. À chaque match, il y a des recruteurs. Je suis aussi venu pour essayer de qualifier le club en Ligue des champions au mois de juillet. Et après, l’idée est de trouver un club de plus haut standing. C’est le deal avec eux. J’aimerais rejoindre un grand championnat européen. Sauf si c’est pour aller dans une équipe pourrie, ça ne sert à rien. J’ai assez galéré là-dedans, j’ai assez donné. Mais je ne ferme aucune porte. Si un gros contrat arrive d’un pays exotique, notamment de la Chine, ça me plairait bien… (rires) Je suis arrivé à vingt-six ans, ce n’est plus très jeune non plus dans le foot. Je suis dans ma meilleure période, on verra bien.

Propos recueillis par Romain Duchâteau
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gwynplaine76 Niveau : CFA2
Bon je sais qu'une interview est toujours à prendre avec des pincettes, la retranscription peut être plus ou moins fidèle, etc... mais là, comme ça, il donne un peu l'impression de ne pas se prendre pour de la merde, le gars. Entre le fait qu'il est le seul à avoir eu les couilles de jouer à Belgrade, celui qu'il est content d'enfin jouer avec des coéquipiers qui comprennent le football (sous-entendu: le sien... Après, il a persévéré et s'éclate enfin, tant mieux pour lui.

Mais sur le fait qu'il vaut mieux apprendre une langue avec une fille qu'avec une prof... je dirais que ça dépend de la prof. (spéciale dédicace à ma prof d'anglais de 1ère)
"Il n’y a que moi qui ai eu les couilles d’aller là-bas pour aller disputer ce derby !"

Non, les autres n'ont juste pas enterré leur carrière à 18 ans comme toi et ton idiot de frère, à se croire plus beau que tout le monde pour se retrouver à 25 ans à vadrouiller dans l'Est de l'Europe.
Mais c'est bien, essaye de nous faire croire que c'est de la faute des autres si tu n'as pas percé.
Bouafiacoeurcoeur Niveau : DHR
Jean-Michel boulard...
Le mec est passé par d'obscur clubs Russe et Ukrainien a joué 4 matchs à Dortmund et selon lui ca serait les autres qui comprendraient pas son football... J'espère que c'est la retranscription de l'interview qui donne cet air légèrement puant au mec (encore que c'est pas flatteur pour le journaleux du coup...)C 'est con parce qu'a la base tu te dis que le mec a pu se servir du foot comme tremplin pour découvrir le monde, d'autres cultures, d'autres langues...mais en fait non!!C'est donc un footballeur moyen sans doute handicapé par la grosseur de ses boules...
Bouafiacoeurcoeur Niveau : DHR
Etant donné que mon premier post n'est pas passé je la refais...
Article intéressant mais clairement roller coaster. Le mec commence par t'expliquer qu'il a une énorme paire puisque c'est le seul Français à avoir le derby de Belgrade. On se dit ok encore un prix nobel puis il nous parle des matchs d'Euroleague, le mec remonte un peu dans mon estime puisqu'il est vrai qu'un match de basket à Belgrade, Istanbul ou Athènes est je pense, un truc à faire une fois dans sa vie. Après il nous rebalance de l'auto-fellation, "il faut vraiment être très très très fort dans la tête" pour rester ou il était, que l'équipe de France c'était un bon bol d'air puisqu'il jouait pas en club...T'es donc tiraillé entre, le mec est pas si con puisqu'il a profité du foot pour voir d'autres choses et le mec est quand même un peu con puisqu'il se prend quand même un peu pour Zizou tout en jouant dans d'obscur clubs russes et ukrainiens... Malheureusement il termine sur un "Si un gros contrat arrive d'un pays exotique, genre la Chine ca me plairait bien", alors qu'il a que 26 piges...
Voila, il est vendredi 17h55, fin de la retransmission
Message posté par jacadi
"Il n’y a que moi qui ai eu les couilles d’aller là-bas pour aller disputer ce derby !"

Non, les autres n'ont juste pas enterré leur carrière à 18 ans comme toi et ton idiot de frère, à se croire plus beau que tout le monde pour se retrouver à 25 ans à vadrouiller dans l'Est de l'Europe.
Mais c'est bien, essaye de nous faire croire que c'est de la faute des autres si tu n'as pas percé.


c'est pas faux...
D'habitude j'adore cette rubrique, l'occasion de découvrir des personnalités différentes et surtout des mecs humbles qui profitent de leur expériences et voyages. Mais là! Tu sens que le frère Le Tallec il ne se prend pas pour de la merde ("je veux revenir dans un grand championnat européen mais pas un club pourri", ben désolé de te dire qu'il va falloir être très patient pour le Real et Manchester) et un peu mytho sur les bords (qui apprend une langue aussi dure que l'allemand sans prendre de cours juste en allant draguer 3 poufs en boîte?) il doit juste savoir dire un truc du genre "ton père est un voleur, il a pris toutes les étoiles..." et il se croit bilingue. Bref, pour la première fois, dans cette rubrique, une itw qui respire l'intelligence et l'humilité...
pierrot92 Niveau : CFA2
Ouais enfin sur 3 ans au borussia, il est blessé plus de 18 mois d'après son témoignage...et quand il revient l'équipe a clairement changé de niveau. Dnc y'a aussi un manque de chance. Et même si parfois il paraît un peu pénible, partir dans une toute petite ville d'Ukraine et en sortir par le haut, faut quand même ^tre costaud.
Magnifique reactions les gars... Le mec doit saigner du nez sans comprendre pourquoi... Les Le Tallec, en matiere de carriere ratee ils sont balezes qd meme
boghossian disco fever Niveau : Loisir
"On parle beaucoup de moi ici"..."Enfin mon football est reconnu"... "j’ai enfin des joueurs qui comprennent le football, qui comprennent mes passes"

La vache ! Là faut oser quand même.
Pour avoir joué contre et avec lui en equipe de bretagne à l'epoque, je peux vous dire que c'etait un monstre. Il se placait mieux que tout le monde, sautait plus haut, avait le geste juste.le mec a fait toutes les equipes de france jeunes... il a clairement été mal conseille,mais son niveau c'est pas du pipo, c'est un vrai joueur de foot. Sa place a belgrade est largement méritée
Caribou West Niveau : DHR
Certes, il ne se prend pas pour de la merde, mais vu son parcours je doute du fait qu'il aurait pu rebondir sans cette confiance en lui.
Après oui il y a des passages vraiment nazes dans l'itw comme les "je suis le seul à avoir des couilles, mes coéquipiers étaient des chèvres"...
C'est marrant, c'est pas le premier à avoir ce discours sur Guy Lacombe, coïncidence ?
On ne va pas refaire l'histoire, mais les deux sont partis (sensiblement) en même temps, et M'Vila a profité de l'arrivée d'Antonetti pour être lancé (et même pré-sélectionné en EdF à la fin de l'année). Qui sait comment aurait tourné sa carrière à lui aussi si il était resté ?
Dur de savoir si c'est un crétin, un malchanceux ou un mytho après avoir lu ça.

Mais c'est vrai que rennes puis dortmund c'était théoriquement le meilleur choix de carrière pour un jeune à l'époque.
Le keltois Niveau : CFA2
Pour l'avoir tour sa jeunesse jusqu'à son départ à Rennes. J'ai 8 ans de plus donc j'ai connu des deux frères et je peux dire que ce morpion était mega mega fort. Sur le city avec lui heureusement que l'on était plus costaud pour lui piquer le ballon car techniquement c'était phénoménal. Et il avait toujours un ballon dans les mains, il ne sortait pas sans un ballon.perso je l'aimais beaucoup comme morpion et je peux dire que c'est mérité et j'espère le revoir dans un club plus médiatisé.
Je vous trouve quand même durs les gars. S'il est clair que le mec ne se prend pas pour de la merde, je veux bien le croire lorsqu'il dit que ses équipiers n'avaient pas son niveau lorsqu'il jouait à Saransk et Hoverla. Il a quand même été formé à Rennes, et a joué chez les jeunes en EDF et à Dormund...

Sinon son itw est très spéciale :
- il force le respect quand on va sur google images et qu'on voit qu'il a résisté à ces endroits fantomatiques sortis de nulle part.
- il donne envie de lui casser la gueule quand il croit qu'être le premier Français à jouer à Saransk, Hoverla et au Red Star fait de lui quelqu'un d'important.
- il progresse petit à petit au niveau des clubs dans lesquels il évolue depuis 4-5 ans et son club est très surveillé par les recruteurs, et puis il fini par te dire qu'un transfert en Chine ne le gênerait pas. Logique !

Si Guy Lacaombe a prouvé à plusieurs reprises qu'il était un piètre entraîneur, c'est quand-même dommage pour ce joueur de ne pas avoir été plus patient à Rennes et d'attendre que le moustachu se fasse évincé.
MacchiaGobbo Niveau : CFA2
C'est bien le seul gars qui est pris le melon en jouant en Moldavie --"
Je vois pas en quoi c'est avoir le melon de dire que certains comprenaient rien au foot.

C'est comme dans la musique : ceux qui sont mauvais font des erreurs et accusent les autres de mal jouer, sont déconcentrés s'il y en a un qui joue une infime variante, et ils te tirent vers le bas parce que tout ce qui est nouveau demande un effort; s'ils sont mauvais c'est parce qu'ils n'en font pas.

Le mec a un égo c'est certain. Mais arrêtez de confondre égo et melon.
Il a fumé un pétard, a pris son pied, et a explosé.
Je ne relèverais pas une énième fois toutes les conneries qu'il a dit dans l'interview, mais ce que je retiens c'est que quand tu réussis pas à Rennes, qu'est ce que tu vas foutre à Dortmund... M'Vila a pu exploser tranquillement l'année d'après et ça aurait pu être la même chose pour lui. Et puis vouloir partir à Chelsea à 15 ans c'est complètement con, ce club c'est une usine à jeunes joueurs, la plupart finiront dans des clubs en bois de ligue en carton qui sont partenaires avec eux, l'endroit propice à gacher son talent. Mais bon comme ça doit bien payer...
Message posté par Niko Bellic
Je vous trouve quand même durs les gars. S'il est clair que le mec ne se prend pas pour de la merde, je veux bien le croire lorsqu'il dit que ses équipiers n'avaient pas son niveau lorsqu'il jouait à Saransk et Hoverla. Il a quand même été formé à Rennes, et a joué chez les jeunes en EDF et à Dormund...

Sinon son itw est très spéciale :
- il force le respect quand on va sur google images et qu'on voit qu'il a résisté à ces endroits fantomatiques sortis de nulle part.
- il donne envie de lui casser la gueule quand il croit qu'être le premier Français à jouer à Saransk, Hoverla et au Red Star fait de lui quelqu'un d'important.
- il progresse petit à petit au niveau des clubs dans lesquels il évolue depuis 4-5 ans et son club est très surveillé par les recruteurs, et puis il fini par te dire qu'un transfert en Chine ne le gênerait pas. Logique !

Si Guy Lacaombe a prouvé à plusieurs reprises qu'il était un piètre entraîneur, c'est quand-même dommage pour ce joueur de ne pas avoir été plus patient à Rennes et d'attendre que le moustachu se fasse évincé.


Pas faux mais le nom complet d'Hoverla, c'est Hoverla Oujgorod. Oujgorod, c'est une ville de 200.000 habitants, c'est pas non plus le trou du cul du monde (il parait que c'est quand même bien paumé d'après des potes qui y ont été mais 'village' c'est très exagéré)
Après, si t'as googlisé Hoverla, effectivement tu vas avoir peur mais c'est juste la montagne du coin.
C'est marrant tous ces joueurs qui adorent ces matchs tendus, avec insultes des supporters, jets de projectiles sur la pelouse lorsque ça se passe à l'étranger, et t'explique que Bastia est injouable chez lui et que ce n'est pas notlal
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