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Un Oscar pour l’Atlético et le Sporting

Même s’ils ne sont pas les clubs les plus titrés d’Espagne, Atlético de Madrid et Sporting Gijón se partagent un trophée unique dans le football d’outre-Pyrénées : un Oscar. Une récompense qu’ils doivent à José Luis Garci, mythe du cinéma espagnol et admirateur du ballon rond.

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Le 13 juillet dernier, l’Atlético se la joue vengeance dans la peau. Et pour cause, en tournée promotionnelle pour le dernier épisode de la saga Jason Bourne, Matt Damon, entouré d’Enrique Cerezo et de Filipe Luís, pose fièrement avec le maillot rojiblanco. Avant lui, Samuel L. Jackson, Harrison Ford et Will Smith reçoivent tous une liquette rouge et blanc, symbole des liens qui unissent les Colchoneros et le grand écran. Mais plus encore que le passé de producteur cinématographique de l’actuel président Cerezo, ou les publicités temporelles à l’effigie de Spiderman ou de Bad Boys 2, l’Atlético de Madrid reste, en compagnie du Sporting Gijón, le seul club espagnol à afficher à son palmarès un Oscar. Une récompense qui remonte à l’année 1983 et qui, aujourd’hui encore, fait la fierté des deux aficiones madrilène et asturienne. Cette fois, pas d’entraîneur à auréoler, mais un réalisateur, José Luis Garci, à remercier pour son film Volver a empezar qui, le temps d’une séquence passée à la postérité outre-Pyrénées, fait d’une rencontre de Liga entre ses deux équipes de cœur un monument d’Hollywood.

Garci : «  Le football est une métaphore de la vie  »


Malgré les travaux qui plombent sa capacité en prévision du Mondial 1982, le stade du Molinon affiche presque complet en ce 29 mars 1981. Mais l’important est ailleurs. Sur le bord de touche, au grand étonnement des aficionados locaux, des dizaines de caméras entourent le rectangle vert. Derrière tout ce remue-ménage, un homme, José Luis Garci, s’apprête à immortaliser cette rencontre entre les deux équipes « de (s)on âme » . « Plus par causalité que par hasard » , il fait de cette rencontre une séquence clé de son film intitulé Volver a empezar, et permet aux deux fanions rojiblancos de devenir acteurs de l’un des plus grands moments du cinéma espagnol. Si l’antre du Sporting tient un rôle si important dans le déroulement de l’histoire, c’est que cette dernière se déroule à Gijón, la ville natale de Garci. Une capitale des Asturies que le personnage principal, Antonio Miguel Albajara, professeur de littérature à l’université huppée de Berkeley et ancien milieu sportinguista, décide de retrouver sitôt son prix Nobel de littérature reçu. Sa motivation n’est autre que de retrouver les bras de son amour d’enfance, Elena, alors qu’une maladie irréversible le frappe.


Dans ce récit qui mêle la nostalgie d’une jeunesse abimée par le pouvoir franquiste à l’optimisme quant à un avenir qui reste à écrire, les allusions au Sporting Gijón sont légion. Une volonté propre à José Luis Garci qu’il explique par le rôle prépondérant du ballon rond dans la société espagnole, mais aussi dans sa vie : «  J’ai commencé à aller au stade avec mon père qui était un supporter du Sporting qui n’a jamais crié ni insulté quelqu’un. De lui, j’ai appris que les matchs se gagnent et se perdent, mais que les meilleurs l’emportent souvent. Une fois, enfant, je suis devenu triste, car l’Atlético avait perdu un match à cause d’un but de l’épaule de Di Stéfano dans les dernières minutes. À la sortie du stade, mon père m’a dit : "Au moins, console-toi avec l’idée qu’aujourd’hui, tu as vu un joueur légendaire." C’est ainsi que je vois le sport, il faut savoir tendre la main quand on perd. En quelque sorte, le football est une métaphore de la vie, car c’est impossible de toujours gagner, surtout quand tu supportes l’Atlético et le Sporting.  » Pour sûr : lors du tournage au Molinon, les Matelassiers s’inclinent 3-0 et disent adieu à une Liga qui leur était promise.

Commentateur, chroniqueur et écrivain


Plus de deux ans après cette dite rencontre, José Luis Garci revient au Molinon en héros. Le premier réalisateur oscarisé du cinéma espagnol, récompense qu’il reçoit quelques semaines plus tôt à Hollywood, devient l’attraction de l’avant-match entre le Sporting et l’Atlético. Entre le coup d’envoi fictif et des photos avec les deux onze, il est même décoré des insignes d’or des deux clubs. Dès lors, il entame une nouvelle vie de chroniqueur sportif, comme il le raconte au magasine Jot Down : «  En 1994, j’ai été envoyé aux États-Unis pour couvrir le Mondial de football comme commentateur de la télévision espagnole et rédacteur pour le quotidien ABC. Ce voyage m’a également donné l’idée d’écrire un livre mêlant le football aux autres sports. » Cet ouvrage nommé Foot-ball Days demeure aujourd’hui l’une des références de la littérature espagnole sur le ballon rond. Aujourd’hui invité par des peñas de supporters aux quatre coins de l’Espagne, il dispense des conférences sur le monde du ballon rond et le cinéma qu’il conclut toujours par la même phrase : « Le football, comme le cinéma, est une vie de substitution. »

Par Robin Delorme
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Dans cet article

Punaise j'ai vu Balkany sur la photo xD
Pouretcontre Niveau : District
Message posté par Veesla
Punaise j'ai vu Balkany sur la photo xD


Impossible. J'ai vérifié, ce jour là il était dans son Riad au Maroc.

Ha, pardon, je viens de recevoir une lettre de son avocat qui m'informe que je suis attaqué en justice et que le riad au Maroc n'était pas le sien mais celui de son jardinier.

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