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  2. // Lyon/Lille (3-1)

Un OL européen

Superbe match entre un Lyon à la fois enragé et édenté face à un Lille costaud et dominateur. C'est en puisant dans son ADN de Ligue des Champions que l'OL s'est imposé, grâce à un doublé de Lisandro et un but de Gourcuff. Lyon remonte à la 14ème place à 8 points maintenant du leader rennais. Lyon est enfin de retour ?

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Les anti-Puel ont eu l'occasion de voir leur tête de Turc gicler dès ce soir. A la 70ème, très précisément, quand Jérémy Pied s'est pris un rouge, suite à son deuxième carton jaune après une faute sur Hazard. Le Jérémy en avait déjà pris un premier à la 61ème et on voyait qu'il tirait déjà la langue : Claude Puel aurait dû le sortir. Or il est resté et il a causé une infériorité numérique périlleuse à vingt minutes de la fin alors que le LOSC dominait la partie... Heureusement pour Puel, les dix Lyonnais ont bien géré la fin. Ils l'ont gérée comme depuis la première minute : à l'Européenne. C'est là que Lyon reste le meilleur en France. Dans cette gestion, dans cette maîtrise psychologique globale que les autres clubs français ne possèdent pas encore. Parce que ce soir, Lyon était en mode Ligue des Champions : agressifs, hargneux, solidaires et gagneurs dans l'âme. Et ce Lyon-là est irrésistible en L1. Ce score de 3-1 ressemble comme une goutte d'eau au 3-1 de l'an passé en quart de finale aller de C1 contre Bordeaux : l'OL l'avait emporté en imposant sa domination sur le foot français face à un très bon Bordeaux. Et ce soir, c'était un très bon Lille. Mais pas assez fort pour trucider des Gones très méchants.

Alors, on a vu un OL excellent ? Pas du tout. Lyon balade encore des faiblesses tactiques d'organisation défensive. Lyon a encore beaucoup reculé. Lyon a encore été privé de ballon pendant de longues périodes. Lyon a encore subi de grosses occases qu'un Lloris a fait passer à l'as, parce que justement, c'est un as. Mais Lyon est au pied du mur, à trois jours d'un autre grand rendez-vous européen, contre un grand nom continental, Benfica. Alors Lyon se métamorphose quand il sent l'odeur de la poudre : il adore toujours autant ça. Incroyable ! Un début au bazooka avec une énorme pression dans le camp lillois. Pas de temps à perdre : à la 3ème minute, Lisandro en bélier défonce à la régulière Emerson et shoote instantanément des 25 mètres du gauche : but ! La frappe à 87 km/heure crucifie ce pauvre Landreau trop avancé... Quand c'est « Licha » qui défonce la porte d'entrée, c'est tout Lyon qui rugit. Aucune faiblesse et gros temps fort de 25 minutes, comme en C1. Frappe du gauche instantanée de Toulalan du gauche sur le poteau (13ème) : Lille à la ramasse vient de frôler le KO. Gervinho, bien lancé par Frau, rate un duel contre Super Lloris à la 13ème, mais c'est toujours Lyon le boss. Vient la demi-heure de jeu où l'OL accuse le coup, et se met à reculer en subissant dangereusement : Debuchy centre de la droite sur Cabaye seul aux 16 mètres qui tire au-dessus (37ème) puis Rami explose la barre de Lloris d'une tête sur corner de Rozenhal (39ème).

Une autre équipe que Lyon aurait craqué. Pas l'OL. C'est pendant ce temps faible que les Rhodaniens vont doubler la mise par Gourcuff à la 44ème d'une reprise canon à bout portant sur un renvoi de pupille de Rami : 2-0 et KO juste avant la pause. Comme en Coupe d'Europe, ce Lyon sait faire la différence dans les moments cruciaux. En seconde mi-temps, gros temps fort lillois qui permet aux Dogues de revenir à 2-1 sur un magnifique retourné de Sow aux six mètres (52ème). Lille pousse et domine nettement. On sent les Lyonnais au bord de la rupture. Sauf que ce sont eux qui vont marquer à nouveau sur un péno de Lisandro, suite à une charge un peu idiote de Balmont sur Kallström. La suite verra Lyon gérer comme contre Bordeaux en quart retour à Chaban, mais sans encaisser de but, à 10 contre 11. Puel pourra même faire sortir Lisandro puis Gourcuff (remplacés par Gomis et Pjanic) pour les préserver en vue du match de mercredi contre Benfica. Match curieux, bizarre. Du pur Lyon, en fait avec un super Lloris, un très bon retour de Cris, plutôt bien à l'aise avec Diakhité (même si les automatismes sont à travailler encore), un énorme Réveillère, un bon Cissokho, un Gourcuff qui revient étape après étape et un Lisandro affûté, plus leader charismatique que jamais. Un bon Kallström, qui devrait jouer plus souvent maintenant. Bémol : le milieu. Déjà mis à mal par la blessure de Toul, remplacé par Gonalons à la 37ème, le midfield lyonnais n'est pas encore assez stabilisé en phase défensive au point que la défense lyonnaise s'est trop souvent pris de plein fouet la redoutable phalange offensive lilloise.


Lyon n'est pas guéri, assurément. Mais Lyon va mieux. On reste confondu par cette équipe au double visage, à la fois inquiétant et conquérant, au bord de la rupture et quasi irrésistible, friable et très fort psychologiquement. Cette équipe est un mystère. Un mystère qui dépasse la responsabilité personnelle de Claude Puel. C'est aussi pourquoi Jean-Michel Aulas hésite autant quant à sa décision de maintenir ou non son coach. Peut-être que les jeux sont déjà faits et que Claude Puel sera démissionné d'ici quinze jours. Mais on sent que ce Lyon-là ne changera pas de sitôt et que déclic ou pas déclic, il continuera d'offrir ce double visage d'équipe capable du meilleur et du médiocre. C'est peut-être aussi l'après-Puel qui fait douter Aulas : qu'a-t-il à gagner et à perdre avec le départ de son coach actuel ? En attendant, Lyon remonte en L1 et se dirige posément vers les 8èmes en C1.

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