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Un nouvel entraîneur pour quel mercato ?

Lille, Dortmund, Naples, Benfica, Milan AC, Newcastle, Fiorentina ou encore Real Madrid. Beaucoup de clubs ont changé ou vont changer d'entraîneur durant le mercato d'été. Pour quelles influences tangibles dans la politique de transferts ?

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Dans les clubs les plus riches du continent, changement d'entraîneur rime souvent avec « mercato agité » , surtout quand le nouveau patron du secteur sportif arrive avec l'aura du sauveur. Dernier exemple en date : Louis van Gaal à Manchester United. Arrivé à l'été 2014 dans la peau d'un troisième de Coupe du monde avec une jeune équipe des Pays-Bas, alors que les Red Devils sortaient d'une saison cauchemardesque, l'ancien coach du Bayern Munich et de l'Ajax a eu les coudées franches et un budget XXL pour reconstruire une équipe. Exit la vieille garde (Ferdinand, Vidić, Évra...), les joueurs qui ne se sont pas imposés (Welbeck, Kagawa, Javier Hernández...), le Batave s'est offert six joueurs, dont des stars (Di María, Falcao) et surtout un compatriote en la personne de Blind, qu'il avait emmené au Mondial quelques mois plus tôt.

Carte blanche pour les cotés


Un an plus tôt, le Bayern Munich avait consenti des efforts similaires, mais beaucoup plus contrôlés avec Pep Guardiola, alors étiqueté « meilleur entraîneur du monde » : un refus poli pour Neymar, la direction bavaroise préférant miser sur Götze, mais un cadeau nommé Thiago Alcántara à 30 millions d'euros pour faire plaisir au technicien espagnol. L'histoire se répète régulièrement dans les clubs qui s'offrent un entraîneur sur la pente ascendante et qui ont des sous à claquer pour le plaisir. La France a connu cela à l'arrivée de Claude Puel à Lyon en 2008 (arrivée de Lloris, Pjanić, Makoun et Mensah), puis à celle de Didier Deschamps à l'OM en 2009. Alors pressenti comme un possible sélectionneur des Bleus et considéré comme le meilleur technicien français, DD bénéficie de la générosité de Robert Louis-Dreyfus avec onze recrues dont les très chers Heinze, M'Bia et Lucho González, alors que les années précédentes avaient été celles de la prudence sur la Canebière. Éric Gerets en aurait même eu les larmes aux yeux de jalousie.

Quand l'entraîneur doit faire avec les moyens du bord


Ces situations luxueuses ne sont pour autant pas la norme. En 2015, la plupart des clubs doivent maîtriser leurs dépenses et la majorité des entraîneurs sont déjà heureux de trouver un banc où poser leurs fesses en début d'exercice. D'où une tendance pour de nombreux techniciens à subir le mercato comme Rémi Garde en 2011. Alors qu'il succède à Claude Puel, l'homme de l'Olympique lyonnais doit affronter une véritable cure d'austérité avec les départs de Toulalan (Málaga), Pjanić (Roma) et Delgado (Monterrey), et ne voir arriver que Koné (Guingamp), Dabo (Séville) et Fofana (Le Havre). Trois ans plus tard, Hubert Fournier vit le même combat avec les départs de Gomis (Swansea), Briand (Hanovre) ou encore Vercoutre (Caen) et les seuls renforts Jallet et Rose... Une histoire bien connue d'Élie Baup à Marseille en 2012, René Girard à Lille en 2013, ou encore plus récemment et de manière encore plus spectaculaire Leonardo Jardim à Monaco l'été dernier. Mais que sa marge de manœuvre soit réduite par les contraintes économiques ou qu'au contraire, il dispose de la carte bancaire du club, l'entraîneur de football qui se respecte a toujours le même réflexe : apporter à la première opportunité un joueur qu'il connaît pour façonner l'équipe à son image.

Entraîneur cherche « lieutenants »


À l'image de Willy Sagnol avec Diego Contento l'été passé à Bordeaux ou Hervé Renard avec Sunzu et Sinkala à l'hiver 2014 avec Sochaux, un technicien qui cherche à imposer sa patte dans un nouveau club procède souvent de la manière la plus rapide : en recrutant un élément qu'il a côtoyé par le passé - Sunzu et Sinkala ont remporté la CAN sous les ordres de Renard - ou qui partage sa culture footballistique, Diego Contento étant un latéral au format Bayern Munich, comme le fut Sagnol joueur. Quel que soit le niveau du technicien, la méthode a fait ses preuves : en 1996, Arsène Wenger a initié sa révolution à Arsenal en préparant en amont de sa signature les recrutements de Patrick Vieira et Rémi Garde, avant d'enclencher une véritable colonisation francophone du vestiaire des Gunners (Anelka, Henry, Pires, Gallas, Grimandi...). Plus proche dans le temps, José Mourinho avait à l'été 2004 profité de sa cote au plus haut et des largesses de Roman Abramovitch pour installer à Chelsea des joueurs qu'il connaissait soit pour les avoir déjà coachés (Paulo Ferreira, Ricardo Carvalho) ou affrontés (Tiago, Drogba), tout en éradiquant une partie de la vieille garde du club (Crespo, Veron, Desailly, Zenden...) pour faire de la place. Une stratégie réutilisée six ans plus tard à son arrivée au Real Madrid, quand il a de nouveau recruté Ricardo Carvalho et poussé vers la sortie des cadres trop imposants dans le vestiaire comme Raúl et Guti...

Recruter ses joueurs dans un nouveau club pour un entraîneur, c'est comme emmener l'un de ses jouets avec soi quand on dort à l'extérieur pour un enfant : cela rassure et donne des repères. D'où quelques situations atypiques comme le recrutement à l'hiver 2003 des Sud-Coréens Lee Young-Po et Park Ji-Sung par Guus Hiddink au PSV Eindhoven : le coach néerlandais avait dirigé les deux hommes au Mondial 2002, où ils avaient vécu ensemble une épopée jusqu'en demi-finales. Lors de son séjour au Guangzhou Evergrande de 2012 à 2014, Marcello Lippi, tout champion du monde 2006 qu'il était, a ressenti le besoin de recruter tout un staff technique italien avant de s'offrir quelques joueurs estampillés Calcio comme Gilardino et Diamanti. À Lille, Hervé Renard n'est pas là depuis un mois qu'il a déjà mis les choses au clair. Nolan Roux peut se trouver un nouveau challenge sportif et si le président Seydoux a 7 millions à claquer, le vainqueur de la dernière CAN a déjà coché le nom d'un joueur : celui de Jordan Ayew.

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Quelle erreur de la part de Florentino de prendre Bénitez. Antonetti était sur le marché
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