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Un Napoli en harmonie

Un mercato sans vague, une intersaison limpide et une préparation estivale réussie : pas franchement réputée pour être la formation la plus calme d'Italie, le Napoli vient de passer un été tranquille. Et pourrait bien faire de la stabilité de son effectif l'une de ses forces majeures cette saison. Nice a le droit de trembler.

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Fin juillet 2016. Gonzalo Higuaín annonce rejoindre officiellement la Juventus. Soudainement, Naples tout entier entre en éruption, dans un concert assourdissant de colère et d'indignation. Pas forcément le plus serein des environnements pour Maurizio Sarri et ses ouailles. Un an plus tard, le contraste est presque saisissant. Naples n'a transféré aucun de ses joueurs majeurs et n'a quasiment pas recruté. Et vise simplement à inscrire la saison à venir dans la parfaite continuité de la précédente.

Mercato atone


Il faut dire que l'exercice 2016-2017 des Partenopei avait été pleinement satisfaisant. Troisièmes de Serie A avec 86 points (record dans l'histoire du club), les Napolitains ont aussi passé l'obstacle des phases de groupes en C1, ne tombant logiquement qu'en huitièmes de finale face au Real Madrid. Surtout, au-delà des résultats, le Napoli est désormais considéré par beaucoup comme l'équipe la plus séduisante d'Italie, y compris par des observateurs de renommée comme Arrigo Sacchi : « Naples et Sarri sont des exemples pour toute l'Italie et on ne peut que leur dire merci. Avec ces gamins, ils font quelque chose d'extraordinaire, car la façon dont ils jouent est aussi appréciée par leurs adversaires.  » Des résultats suffisamment bons pour décider le président napolitain Aurelio de Laurentiis à ne pas déployer des efforts monstres sur le marché. La Gazzetta dello Sport annonce ainsi mi-juin que les Azzurri ne consacreront qu'un budget modeste de 20 millions d'euros au mercato estival, dont dix ont déjà été dépensés pour acheter le milieu offensif bordelais Adam Ounas. Cette politique d'achat bien sage pourrait être aussi liée aux revalorisations de contrat de certains cadres du vestiaire napolitain, alors que la masse salariale des Partenopei n'a cessé de croître ces dernières années. Lorenzo Insigne et Dries Mertens, qui ont prolongé en cours de saison dernière, ont notamment vu une augmentation importante de leurs émoluments. Reste que les tifosi napolitains sont perplexes lorsqu'ils considèrent le mercato atone de leur club, surtout au regard des mouvements constatés chez la concurrence.

Rivalité exacerbée


De fait, à des années-lumière de l'immobilisme napolitain, le Milan s'est offert un mercato de nabab en dépensant aux alentours de 150 millions d'euros, la Juve a accueilli dans ses rangs des joueurs de la trempe de Douglas Costa et Bernardeschi, la Roma a largement renouvelé son effectif et l'Inter a signé Borja Valero, Vecino et Dalbert. Préoccupant selon Sarri, mais rien de définitivement accablant. Face à la puissance économique retrouvée des clubs de Milan et à la suprématie de la Juve, les Partenopei feront jouer l'argument de la stabilité. Notamment en tentant de continuer à perfectionner leur enthousiasmant projet de jeu, que Sarri affine depuis 2015, là où le Milan new look de Montella devra chercher son style, tandis que Spalletti et Di Francesco viennent à peine de débarquer sur les bancs de l'Inter et de la Roma. « Notre mercato n'a absolument pas bouleversé l'équipe, c'est aussi un avantage, relève Sarri. L'argent aide dans le football, mais il ne fait pas tout. Et franchement, ce serait magnifique de voir que nos idées puissent l'emporter face aux ressources économiques de nos concurrents. »

Le changement, c'est pas maintenant


Sans compter que si le Napoli n'a pas beaucoup dépensé, il n'a aussi que très peu vendu. C'est donc une équipe type strictement identique à celle de la saison dernière qui devrait être alignée lors de l'exercice en cours, avec, en fer de lance, les habituels Koulibaly, Hamšík, Insigne et Mertens. Sarri pourra aussi toujours s'appuyer sur son banc de touche plutôt sexy, où l'on devrait entre autres retrouver Arkadiusz Milik, Amadou Diawara et Marko Rog. Soit une flopée de joueurs talentueux, dont certains auraient pu succomber aux sirènes des plus grandes écuries européennes, mais ont préféré continuer l'aventure du côté de Naples. Signe définitif qu'à défaut de pouvoir grandir à toute vitesse, ce Napoli-là sait toujours solidifier ses bases. En tout cas, au moins en attendant qu'Aurelio de Laurentiis ne se décide peut-être à flamber en achetant un joueur en fin de mercato, en profitant des millions qui accompagnent une qualification définitive pour la C1. Mais pour ce faire, les Partenopei devront écarter l'obstacle niçois. En débutant par un succès ce mercredi soir, au San Paolo.

Par Adrien Candau
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