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Un Mou'squetaire pour l'Histoire

Par-delà une place en finale de la Champion's, José Mourinho et Pep Guardiola joueront chacun pour leur place dans l'histoire. Le Barça voudrait être la première équipe à réussir le « back to back » depuis le Milan de Sacchi il y a pile vingt ans. L'Inter voudrait gagner de nouveau la Champions, quarante-cinq ans après son dernier sacre. De son côté, Mourinho voudrait disputer une nouvelle finale, six ans après le titre de Porto.

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Dans un palmarès aussi épais que le bottin de la Lombardie, la statistique passe inaperçue. José Mourinho est le premier entraîneur à atteindre les demi-finales de la Champions avec trois clubs différents (Porto, Chelsea, Inter). Le Mou s'en fout. Même ses récents démêlés avec Ancelotti ou Guardiola, ou ceux avec Wenger ou Ferguson dans un passé plus lointain, ne l'intéressent plus. Seule la postérité trouve grâce à ses yeux. Si l'entraîneur des Nerazzurri venait à réussir le doublé (scudetto-C1), nul doute qu'il quitterait la capitale de l'italian-fashion pour de nouvelles aventures. Son plan de carrière prévoit un détour par l'Espagne (le Real, what else ?) pour commencer, un retour par la perfide Albion ensuite (pour remplacer Fergie à United ?) et un séjour à la tête de la Selecçao lusitanienne en guise de plan-retraite. A croire que l'ancien traducteur-assistant de Bobby Robson à Porto et à Barcelone avait tout planifié depuis plus d'une décennie. Ce printemps repasse les plats. Comme si l'existence du Mou défilait derechef devant ses yeux en moins d'un trimestre. Après le double affrontement avec Chelsea en 1/8èmes de finale (et l'inévitable retour à Stamford Bridge), le José revient ce soir sur les lieux de ses premières exactions, au Camp Nou. Quand il causait tactique des heures durant avec Popescu, Blanc et même Guardiola, le capitaine des Blaugranas. Si L'Inter revient en finale de la Ligue des Champions pour la première fois depuis 1972 (et une défaite épique contre l'Ajax de Cruyff (0/2), Mourinho vivra un dernier épisode de ce drôle de revival. Après le départ de Robson du Barça au bout d'une saison, Louis van Gaal décide de conserver ce drôle de gringalet polyglotte. Mieux : il lui enseigne tous les rudiments façonnés aux Pays-Bas, à Alkmaar et à l'Ajax. Finalement, il se pourrait qu'à la mi-mai, à Bernabeu, le Mou' rencontre son père spirituel et unique mentor. Comment dit-on parricide en néerlandais ?José Mário dos Santos Mourinho Félix (ouf !) jouera ce soir sa quatrième demi-finale en six saisons. Le “Special One” veut entrer dans l'histoire et glaner des titres avec différents clubs dans plusieurs pays. Partout sa méthode est la même. Ironie de l'histoire, c'est à Porto, avec des joueurs méconnus et aucune star consacrée, qu'il a marché sur le toit de l'Europe. Comme un Benitez ou un Goethals, le Mou' s'emploie avant tout à faire déjouer l'adversaire. Le Porto de 2004 s'appuyait sur un milieu dense où personne ne rechignait à la tâche. Pedro Mendes et Costinha s'acquittaient des basses besognes tandis que Maniche (alors au sommet de son art) et Deco se démultipliaient dans toutes les zones du terrain. Jorge Costa et Ricardo Carvalho ne dépassaient jamais le rond central sauf sur les coups de pied arrêtés. Le rôle des latéraux était moins monocorde : en fonction des faiblesses pointées chez l'adversaire, Paulo Ferreira ou Nuno Valente optaient pour des montées plus ou moins systématiques. En attaque, Derlei (comme plus tard Drogba, ‘Ibra' et aujourd'hui Milito) servait de point de fixation pour gagner du temps et permettre à ses coéquipiers de monter à sa hauteur, tandis que Carlos Alberto (ou McCarthy) tournait autour. A Chelsea, Mourinho emmena avec lui Paulo Ferreira et Ricardo Carvalho (faute de Deco transféré au Barça et de Maniche expédié à Moscou). Lampard endosserait le rôle de ce dernier, Cole serait plus systématiquement offensif que Valente et Terry remplacerait avantageusement Jorge Costa. Seule nouveauté, Essien imposerait sa masse physique au milieu comme plus tard (mais en moins efficace) Muntari à l'Inter. Partout, les principes de base resteraient intangibles : à la perte du ballon, tout le monde, les stars comme les porteurs d'eau, ferraillent pour le récupérer ; chaque fois qu'un latéral monte, le milieu concerné le remplace ; pareil dès qu'un central dépasse la ligne médiane. Pour avoir transigé avec certains de ses principes (mais aussi parce que l'équipe n'était pas assez d'essence mourinhesque), l'Inter de l'an dernier –qui s'en remettait trop à 'Ibra'– n'a pas dépassé les 1/8èmes de finale de la C1. Avec l'apport du trio Eto'o-Milito-Sneijder (en phase avec son entraîneur, cf. les crampes de Milito au bout d'une heure de jeu contre le Barça la semaine dernière), la formation nerazzurra peut rêver décrocher la lune. L'affrontement de ce soir entre le Mou' et le capitaine de la Dream Team de Cruyff ressemble au clash titanesque entre Bobby Fischer et Boris Spassky aux championnats du monde d'échecs de 1972 à Reykjavik. Un match pour griffer l'histoire... Angelo Quilicchini


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