1. // Europa League – Lille/Liverpool

Un modèle à croquer

Ce soir (19h), le LOSC donne rendez-vous à Liverpool pour régler, face to face, un choc d'Europa League bien plus excitant que certains huitièmes de Champions'. Un défi d'autant plus essentiel que les Reds ont largement inspiré l'escouade nordiste bâtie par Rudi Garcia, grand admirateur de Rafael Benitez. Alors l'élève peut-il, le temps d'une double confrontation, surpasser le maître ?

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« Un match étalon » . Rudy Garcia touche juste quand il s'agit de définir le choc auquel se prépare Lille en huitième de finale de l'Europa Ligue face à Liverpool. Ni affiche de gala (pas assez paillettes les Reds), ni défi du siècle, non juste un formidable challenge face à un des cadors de la scène européenne en perte de vitesse actuellement. C'est vrai, dans l'absolu, Lille et Liverpool ne boxent pas dans la même catégorie mais justement la confrontation porte en elle-même le resserrement ponctuel de leurs valeurs respectives. Le club nordiste évolue de nouveau à un niveau européen tandis que la simple présence du club de la Mersey dans cette compétition et non en Ligue des Champions, son terrain de jeu traditionnel, dit tout de l'affaissement des standards de la Maison Rouge. Et l'opposition entre ces deux dynamiques est chargée de promesses. Surtout côté lillois pour tout dire...

Gerrard n'a jamais été aussi mauvais

Autant le duel entre Marseille et Benfica fera la part belle aux inspirations offensives et à l'audace, autant ce Lille-Liverpool devrait avant tout figurer un clash majuscule entre deux formations avant tout guidées par l'idée d'un bloc. Avant cette saison, Liverpool était la référence continentale absolue de cette philosophie. Mais depuis plusieurs mois, ledit bloc se fissure à l'envi. Lundi soir, en déplacement à Wigan, les Reds ont même carrément touché le fond, battus (0-1) sans qu'il n'y ait rien à redire. Collectivement, les hommes de Rafael Benitez sont à l'ouest, entre lignes desserrées et absence totale de jambes et d'idées. Pour quiconque a suivi Liverpool ces dernières saisons et notamment l'an dernier, pareil délitement semble quasi inexplicable... même si les raisons existent. La clé de voûte du problème rouge porte un nom : Xabi Alonso, envolé au Real Madrid. Aux côtés de l'exceptionnel gratteur de ballons qu'est Javier Mascherano, le Basque était le parfait compromis entre discipline tactique (toujours en place devant la défense) et courroie technique grâce à sa qualité de passe longue sans beaucoup d'équivalents sur la planète. Le genre de joueur indispensable, le Real, privé de ses services lors du retour face à Lyon, l'a appris à ses dépens.

L'autre raison essentielle de ce recul de Liverpool tient dans l'incroyable nombre de blessures qui ont poussé Benitez aux bricolages les plus improbables (Mascherano latéral droit dernièrement) et plongé les stars de l'équipe dans une nuit dont ils peinent à s'extirper. A ce titre, il fallait presque enregistrer le naufrage à Wigan car on n'avait jamais vu Gerrard, pas épargné par les pépins à répétition, aussi faible, mou et maladroit, y compris dans les transmissions les plus simples. De son côté, Fernando Torres, de retour après plus de deux mois d'absence, est encore loin de la grande forme. Logique mais embêtant. D'autant que face à l'agonie collective, chacun tente de sauver la baraque à coups d'initiatives individuelles (un des péchés mignons d'El Nino). Ou quand les fondements même de la maison Benitez tombent en ruines...

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Le talent d'Hazard enfin aux yeux de l'Europe ?

Évidemment, il n'en faut pas beaucoup plus pour sentir que Lille a un coup à jouer. Le plus beau de son histoire. Certes le Losc, qui n'a pas gagné depuis trois matches toutes compétitions confondues, n'est plus tout à fait dans les mêmes dispositions qu'à la fin de l'année 2009 quand il collait quatre pions au tout-venant. Il faut dire que sans Gervinho (blessé depuis février à la cheville), l'escouade nordiste a perdu celui qui est peut-être le joueur le plus perforant de la Ligue 1. Mais il reste suffisamment de talents en magasin pour faire perdre la tête à une arrière-garde des Reds minée par les blessures et l'usure, d'une nullité à faire peur. Entre la lenteur de l'improbable charnière Carragher-Kyrgiakos, dont pourrait profiter Frau, et la faiblesse des latéraux face auxquels le talent insolent d'Hazard, bien connu en L1, peut frapper son premier grand coup européen, les possibilités existent réellement. Mais tout cela ne prendra forme que si les Lillois gagnent la bataille du milieu de terrain. Leur point fort mais aussi celui, en temps normal, de Liverpool. Bien qu'organisée différemment (4-3-3 du Losc face à un 4-2-3-1 côté anglais), la triplette Balmont-Mavuba-Cabaye se prépare à une rude bataille face au trio Gerrard-Aquilani-Mascherano. Un duel aussi essentiel pour l'issue de la rencontre que révélateur pour Rudi Garcia, grand admirateur du bloc-équipe de Benitez, depuis un stage à Valence en 2001 où le technicien français avait observé chez le maître espagnol toute la science du détail, façonnée à la vidéo à très hautes doses, sur l'animation, la distance entre les lignes, le jeu sans ballon et les phases arrêtées, bizarrement une des faiblesses chez les deux équipes.

C'est donc un vrai combat européen qui se prépare entre deux équipes au prestige sans commune mesure, à la dynamique inversée et au profil si semblable. Intriguant, excitant : faut bien l'avouer, ça fait un bail que cette C3 ne nous avait pas autant titillé l'imaginaire.

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