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Un géant dans la tourmente

A l'instar de son éternel rival River Plate, Boca Juniors s'embourbe chaque jour un peu plus dans une crise sans précédent. Gros plan sur le début d'année mouvementée d'un club qui, à ce jour, détient toujours le record du plus grand nombre de titres internationaux (18), ex-æquo avec le Milan AC.

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Les coups fusèrent en juillet dernier entre les Girondins de Bordeaux et l'Olympique de Marseille, le champion et son dauphin, à Dax, lors d'une partie qui n'eut d'amical que le nom, tant elle ressembla par moments davantage à une rencontre du Top 14 qu'à un match de préparation, à une poignée de jours de la reprise de la Ligue 1. Après la défaite (2-1), Didier Deschamps reconnut honnêtement la supériorité de Bordelais au collectif bien rôdé. A l'époque ni Jean-Claude Dassier, ni les supporters olympiens ni la presse n'évoquèrent l'idée saugrenue d'une démission de l'ex-capitaine des Bleus. Car en France, un match de préparation, fusse entre deux prétendants au titre, reste un match amical.

En Argentine, les matches amicaux n'existent pas dans les faits. Encore moins entre River Plate et Boca Juniors, les deux géants du football gaucho. Le 22 janvier, à l'issue du premier Superclasico de l'année lors de la Copa Desafio, le ciel est tombé sur la tête des Xeneizes. Vaincus 3-1 par les Millionarios, dépassés par la vivacité et l'audace d'une paire d'attaquants qui découvraient pourtant le haut niveau (Daniel Villalba, 17 ans, et Rogelio Funes Mori, 18 ans, tous deux buteurs), Boca sombra collectivement.

Une défaite en amical qui fait des ravages

Alfio Basile, l'entraineur xeneize, se trouva fragilisé par cette déroute face à l'ennemi de toujours. Au cœur d'une spirale négative depuis un an (aucun titre national ou continental et pas de participation à la Copa Libertadores pour la seconde fois seulement en dix ans), le club s'enfonça un peu plus dans la crise. Basile, revenu au chevet du club en juillet 2009, préféra jeter l'éponge. Les regards se tournèrent alors de nouveau vers Carlos Bianchi, l'homme qui ramena le club sur le toit du monde (deux Copa Libertadores en 2000 et 2003). Le Virrey choisit contre toute attente de s'éclipser, abandonnant son siège de directeur sportif.

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Aujourd'hui, c'est l'inexpérimenté Abel Alves, ancien responsable de l'équipe réserve et pompier de service depuis plusieurs saisons, qui a pris Boca en main. Il est chargé de ramener le club au premier plan, car en Argentine, dans un club de cette renommée, il n'est jamais question de période de transition. Supporters, sponsors et dirigeants ne veulent qu'une chose : voir Boca retrouver les sommets. Seulement voilà, aucune recrue de poids n'est arrivée chez les Bosteros lors du mercato, si ce n'est le costaud milieu relayeur Jésus Mendez (ex Rosario Central).

Un groupe dans l'impasse

Palermo, qui traversa une longue période de disette en fin d'année dernière, reste trop souvent, à 36 ans, la bouée de sauvetage d'une équipe à l'agonie. L'inconstance de Gaitan, l'espoir suscité par le retour au bercail de “Pocho” Insua, les blessures à répétition de Riquelme, la lente confirmation de Mouche, la lésion de Sebastian Battaglia et le déclin d'Abbondanzieri sont autant de facteurs qui nourrissent le sentiment de gâchis d'une formation qui, sur le papier, suscite pourtant les convoitises. Dans la presse, l'ancien Monégasque Ibarra, écarté, s'en est pris à Palermo, qui avait lui-même pointé du doigt un manque de soutien aux avant-postes.

Des clans se sont formés entre les historiques du club et l'équipe, malgré l'électrochoc causé par les départs combinés de Basile et Bianchi, est toujours à la recherche d'un second souffle. Les talents, même vieillissants, sont là, mais les éclairs qui traversent parfois la Bombonera le week-end restent sans lendemain. Au grand dam des hinchas (supporters) bleus et or.

Par Alejandro Carbone, à Buenos Aires

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