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Un été Euro pour l'Irlande ?

Deuxième de son groupe derrière la Russie, la sélection irlandaise affrontera à nouveau l’épreuve des barrages. Si le traumatisme subi face à la France reste bien présent, cette nouvelle étape est surtout la dernière occase pour les Given, Duff et autres Keane de se qualifier pour un Euro. Et de réaliser le baptême de l’Eire dans une compétition à laquelle cette génération n’a jamais participé.

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Y’aurait-il une justice dans les fautes d’arbitrage? Mardi, dans l’enceinte moderne de l’Aviva Stadium, les Irlandais se sont qualifiés pour les barrages de l’Euro face à l’Arménie. Le tout grâce à une main – imaginaire ? – sanctionnée d’un carton rouge. Explications : à la 26e minute, le gardien arménien, Roman Berezovsky sort de sa surface de réparation pour contrer un lob de l’attaquant Simon Cox. La suite, c’est Emmet Malone, journaliste de l’Irish Times, qui la raconte : «  Roman Berezovsky avait l’air horrifié quand l’arbitre espagnol lui montra directement un carton rouge, parce qu’il n’était pas tout à fait clair qu’il l’avait touché avec les mains » . En réalité, la gonfle semble avoir rebondi sur la poitrine du gardien plutôt que sur ses bras levés. Mais ce n’est pas tout. Car le jeune Simon Cox ne semble pas totalement innocent dans l’affaire à en croire les images et l’envoyé spécial du quotidien : « l’attaquant n’était pas malheureux parce qu’il semblait bien qu’il avait contrôlé la balle avec son bras avant d’essayer de lober le gardien » . Shocking. Ou pas : au final, les hommes de Trapattoni l’ont emporté 2-1 quand un nul aurait suffi. Et puis les Arméniens n’avaient qu’à pas perdre chez eux à domicile contre les Boys in green au match aller.

Club des trentenaires

Bref, l’Irlande a désormais le droit de croire en une première qualification à une phase finale depuis 2002. Un bon cru puisqu’en Asie les coéquipiers de Robbie Keane sortirent invaincus, seulement éliminés par l’Espagne aux tirs au but. Malheureusement, depuis dix ans, la punchline de Jean-Michel Aulas a trouvé sa traduction outre-Manche : « les grandes compétitions, les Verts les disputent sur Playstation » . Une incongruité pour une génération pas dénuée de talents, mais qui semble pâtir de la retraite de l’aboyeur Roy Keane ? Pas vraiment pour ceux qui suivent l’équipe depuis longtemps et la décrivent d’abord comme un bloc dur à bouger. « La qualité individuelle des joueurs n’est pas très élevée, estime Emmet Malone. Oui, il y a quelques bons joueurs : Shay Given, Richard Dunne - pas tout le temps -, Robbie Keane, Damien Duff… Mais c’est l’une des premières fois que nous n’avons pas de titulaires dans les plus grands clubs d’Angleterre  » . Et le rubricard foot de conclure sur des considérations tactiques peu flatteuses : « Trapattoni a apporté de la consistance et un système rigide en 442. Bon, ce n’est pas du football spectacle. Il est convaincu des limites de ses joueurs : il sait qu’ils ne sont pas assez bons pour jouer d’une autre manière  » . Et alors que la fin de carrière semble s’approcher pour le club des trentenaires - les Shay Given, Richard Dunne, John O’Shea, Damien Duff et Robbie Keane -, la relève peine à percer derrière Kevin Doyle.

Les deux matchs de novembre sont donc l’occasion de ne pas prolonger une longue période de disette. D’autant plus que l'Irlande sera tête de série lors des tirages au sort demain/aujourd’hui. Ce qui lui permettra d’éviter le Portugal, la Croatie et la République tchèque, pour se coltiner, au choix, la Bosnie, la Turquie, l’Estonie ou le Monténégro. Des rencontres abordables. Un privilège permis par le nul de la France face aux hommes de Safet Susic. Les Bleus, s’ils avaient terminé deuxièmes de leur groupe, auraient pris cette place. Douce ironie : après avoir voué Henry aux gémonies, les Irlandais remercient Nasri et son penalty.

Point Godwin

Plus qu’une façon d’épicer l’été au pays de la Guinness, un ticket pour la Pologne et l’Ukraine permettrait d’effacer des souvenirs encore brûlants. Car comme la France n’a pas oublié son 17 novembre 1993, l’Eire garde en tête son 18 novembre 2009. Mais la désillusion du Stade de France peut aussi servir de leçon : l’Irlande sait qu’elle ne devra surtout pas négliger l’aller. L’équipe pourra s’appuyer sur sa solidité défensive, elle qui n’avait encaissé aucun but en huit matchs jusqu’à mardi. Enfin, une qualification serait aussi un moyen de se rappeler de bons vieux souvenirs. La dernière participation de l’Eire à un Euro remonte à 1988. Avec à la clé une élimination en poules mais une savoureuse victoire contre les voisins anglais. Une époque où les Celtes, emmenés par Franck Stapleton, Nial Quinn, Tony Cascarino, puis Roy Keane, passaient souvent avec succès l’épreuve des éliminatoires.

Les joueurs du Trap’ vont donc se mettre sérieusement au boulot en vue de ce crucial mois de novembre. Tous sauf un, pour le moment. Robbie Keane l’a mauvaise. Mardi soir, il a suivi en simple spectateur le match contre l’Arménie. La faute à des adducteurs douloureux. Pire, la blessure de l’attaquant des Los Angeles Galaxies risque de lui faire louper les barrages. Un voyage en Pologne et en Ukraine est donc pour lui le meilleur moyen d’enrichir sa collection de buts en sélection. Un compteur pour l’instant bloqué à 51, soit le même total qu’un certain Thierry Henry. Oui, dès que l’on parle de l’Irlande, l’attaquant des Bleus finit toujours par arriver, comme un point Godwin sportif. Au pays du football gaélique et du rugby, les conversations risquent donc ces jours-ci de tourner autour du ballon rond. En priant pour que la personne qui tire les boules pour l’Uefa ait la main heureuse…

Yann Bouchez
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