1. // Ligue des champions – Groupe B – J4 – Bâle/Ludogorets

Un drôle de Gashi

Il aurait pu jouer pour la Suisse mais a choisi une autre sélection. Il aurait pu quitter la Suisse mais a décidé d'y rester. Ce paradoxe sur pattes, c'est Shkëlzen Gashi, révélation la saison dernière avec les Grasshoppers, aujourd'hui tête de gondole d'un FC Bâle qui compte sur sa recrue albano-helvétique pour continuer à jouer les poils à gratter de la Ligue des champions.

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Shkëlzen Gashi a les cheveux parfois mi-longs, parfois courts, et même décolorés en blond à une époque. Certaines fois, il porte la barbe, d'autres non. Formé au FC Zurich, c'est chez les rivaux des Grasshoppers qu'il s'est affirmé. Il évolue en milieu de terrain, mais a fait mieux que tous les attaquants du championnat suisse la saison dernière en terminant largement en tête du classement des buteurs. Il a brillé pour la Suisse chez les jeunes au point que la A le voulait, mais il a pourtant choisi de représenter l'Albanie de ses origines. Plusieurs gros clubs allemands et italiens le draguaient, mais il a finalement préféré rester dans la confidentielle Raiffeisen Super League et son suspense très relatif (le FC Bâle a enlevé les cinq derniers titres et pointe actuellement déjà seul en tête). Gashi est décidément un bien drôle de loustic, tantôt caméléon, tantôt anguille, renard opportuniste face au but et oiseau discret face aux micros. Un insaisissable qui trace sa route. Au passage, elle pourrait croiser celle des Bleus de Deschamps le 14 novembre à Rennes lors du match amical entre la France et l'Albanie.

Décisif en championnat, sur le banc en C1


En attendant, il devrait être ce soir l'atout offensif numéro un du FC Bâle en l'absence de son capitaine, l'emblématique Marco Streller, victime d'une hernie discale. Encore un paradoxe : Gashi se distingue depuis le début de saison en championnat (6 buts, 3 passes dé'), mais il est resté sur le banc durant les trois premiers matchs de Ligue des champions. Les expérimentations tactiques de Paulo Sousa sont parfois difficiles à comprendre… L'entraîneur portugais de Bâle devrait néanmoins finir par accorder sa pleine confiance à cette recrue arrachée de haute lutte cet été, contre une indemnité de 3 millions d'euros (et 1 million de salaire annuel), après une dernière saison sous forme de révélation. Gashi avait bien montré un peu de son talent auparavant, notamment du côté d'Aarau, mais c'est vraiment avec les Sauterelles de Zurich qu'il a définitivement pris son envol. Son bilan perso pour l'exercice 2013/2014 est éloquent : 19 buts et 7 passes décisives en 32 rencontres de championnat. Il a véritablement porté son équipe à la deuxième place du classement du dernier championnat suisse. Une stat traduit son importance : il a marqué lors de 13 rencontres avec le GZ la saison passée, pour un bilan de 12 victoires et 1 nul. Gaucher endurant et polyvalent pouvant aussi bien jouer sur l'aile que dans l'axe, Gashi s'avère être un joueur sacrément inspiré, comme en témoigne son but inscrit d'une talonnade en février dernier contre Lucerne, ou plus tard son triplé contre Sion et même son quadruplé face aux Young Boys de Berne.

À Bâle pour continuer à grandir


En juin, il a donc eu le choix : partir en Allemagne, où Mönchengladbach notamment le voulait, ou en Italie, par exemple du côté de la Lazio de Rome. Comme un an plus tôt lorsqu'il a choisi de représenter l'Albanie plutôt que la Suisse, il a surpris son monde en décidant de rester au pays et de signer au FC Bâle. Manque d'ambition ? Peut-être. Au moins là a-t-il la possibilité d'évoluer au-dessus de la mêlée en championnat et de se forger un palmarès sans fournir un effort démesuré, tout en ayant quasi l'assurance chaque saison de disputer la Ligue des champions. Qui plus est, dans une formation poil à gratter qui peut dans les bons jours chatouiller les meilleurs. Comment ? Grâce à un subtil assemblage de bons joueurs formés au club, des meilleurs éléments de Suisse chipés à la concurrence et de jolis coups réussis sur le marché des transferts (une filière égyptienne à succès notamment). Shkëlzen Gashi est donc à ranger dans cette deuxième catégorie : celle des bons joueurs du championnat suisse que seul le FC Bâle peut se payer pour empêcher l'exil. Après tout, s'agissant de l'Albano-Suisse, rien ne presse : il n'a encore que 26 ans et va disputer ce soir ses première minutes en phase de groupes de la Ligue des champions. À lui d'en profiter.

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Par Régis Delanoë
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Tout le monde s'en bat de Gashi je crois...
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