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Un derby d’Istanbul explosif

Fenerbahçe-Galatasaray, le match le plus attendu de l’année en Turquie. Le dernier match de la saison, celui qui va décider du champion. Celui qui va peut-être également décider de la direction que va prendre le football turc.

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Les rues d’Istanbul, habituellement animées, pourraient être silencieuses en ce samedi 12 mai. Il n’y aura personne pour s’aventurer dehors à partir de 18h (heure de Paris). Seul le vent soufflera, et des virevoltants (mais si, les boules d’herbe dans les westerns, là) iront se cogner contre les portes. Sauf que personne ne viendra ouvrir. De part et d’autre du Bosphore, on n’aura d’yeux que pour ce qui se passe au stade Sükrü Sarçoglu, à savoir le match de l’année : Fenerbahçe contre Galatasaray, le Kitalar Arasi Derbi (derby intercontinental), LA rencontre qui décidera qui des deux ennemis intimes remportera le championnat cette saison.
On peut parler d’ironie du sort. A cause des troubles de l’an passé (affaires de corruption...), il a été décidé de la création de play-offs à la fin du championnat « régulier » *. Comme le hasard fait bien les choses (quoique…), au bout de cinq journées, un petit point sépare Fenerbahçe (46) de son meilleur ennemi Galatasaray (47). Ce qui promet un match bien tendu entre deux équipes qui se détestent.

Des coups et des drapeaux

Pourtant, la haine n’a pas toujours été le sentiment dominant dans cette « relation » . Il y a bien longtemps, dans l’entre-deux guerres, l’entente était plus cordiale entre les Sari Kanaryalar (les Canaris Jaunes) et les Aslanlar (les Lions). « Il arrivait que les joueurs des deux équipes soient réunis pour jouer contre des clubs étrangers. Ali Sami Yen [fondateur du Galatasaray, ndlr] et Hüsnü Kayacan, anciens présidents de Galata et de Fener, avaient même jeté les bases d’une union entre les deux entités » , raconte Metin Gülmen, rédacteur en chef de gazetefutbol.de, le portail référence du football turc en langue allemande. Seulement voilà, tout est parti en fumée le 23 février 1934. « Ce jour-là, les deux équipes s’affrontaient en amical. Un joueur de Galata et un joueur du Fener avaient des problèmes en privé. L’histoire a éclaté sur le terrain, ils se sont mis sur la figure, les autres joueurs sont arrivés, tout le monde s’est battu, et la vague de violence s’est diffusée dans les gradins » , Gülmen toujours. Et voilà comment est née l’une des rivalités les plus intenses d’Europe, voire du monde.

Depuis, les deux équipes ne cessent de se tirer la bourre, en mode sévère. Tu gagnes des championnats ? Ah bah moi aussi. Une histoire sans fin. Et le plus rigolo dans tout ça, c’est quand les étrangers s’en mêlent. Ainsi Graeme Souness a-t-il brièvement entraîné Galatasaray, en 95/96. L’Écossais, particulièrement dans son élément en Turquie, s’est pris au jeu de la taquinade. Après avoir remporté la Coupe de Turquie sur la pelouse de Fenerbahçe, Souness n’a rien trouvé de mieux que de planter un drapeau de Galatasaray dans le rond central du Sükrü Saraçoglu. Autant dire que les supporters des Canaris ont peu goûté cette blague ; par contre, Souness est devenu un héros pour les Lions.

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Ça, c’est la partie de l’histoire que tout le monde connaît. L’autre partie, moins médiatisée, vaut également son pesant de cacahuètes: «  La saison d’après, quelques jours avant la réception de Fenerbahçe par Galatasaray, un fan de Fener est entré par effraction au stade Ali Sami Yen. Le lendemain, des employés du stade ont trouvé le type endormi au milieu du terrain, avec un drapeau de Fenerbahçe planté en plein sur le rond central, un drapeau encore plus grand que celui de Souness. Les cris des employés ont réveillé le supporter, qui était armé d’une machette, prêt à mutiler quiconque voudrait s’approcher de son drapeau. Il a fallu l’intervention de la police pour le désarmer et le sortir de là » , raconte Gülmen. Pas mal.

L’heure du changement?

Voilà donc près de quatre-vingts ans que cette haine dure, que la même question revient dans les rues d’Istanbul, pour chaque homme, chaque femme, quelque soit son âge: «  T’es pour Galatasaray ou Fenerbahçe?  » . Le genre de truc qui peut créer des embrouilles au sein d’une famille, d’un groupe de potes, de collègues. Le genre de truc qui fait raconter au cinéma l’histoire de ce type, fan de Fener, qui vire précipitamment les parents de sa future femme venus lui rendre visite pour la première fois, tout ça pour pouvoir se rendre au stade pour le derby. Le genre de match, qui, demain, pourrait changer la face du football turc.

Le contexte est le suivant: Galatasaray est le club le plus titré de Turquie. Galatasaray a gagné la C3 en 2000 (ainsi que la Supercoupe d’Europe face au Real Madrid). Seulement, Galatasaray n’a plus gagné le championnat depuis 2008. En parallèle, depuis une dizaine d’années, Fenerbahçe revient sur le devant de la scène, et a même doublé son meilleur ennemi en terme de titres remportés en Süper Lig (18 contre 17). Si l’on ajoute à ça que Fenerbahçe écrase littéralement la compétition dans toutes les autres principales disciplines sportives (basketball et volleyball, masculin et féminin) avec 22 titres cumulés en dix ans (contre 3 à…Galatasaray), on comprend mieux pourquoi les dirigeants de « Cimbombom » ont fait revenir Fatih Terim sur le banc et ont recruté du lourd (Elmander, Eboué, Muslera, Felipe Melo) quand le Fener a dû vendre ses joueurs (Lugano, André Santos, Niang…). « Une victoire de Galatasaray les conforterait encore un peu dans leur place de numéro un du football turc. Si Fenerbahçe venait à s’imposer, on pourrait en effet assister à un changement de pouvoir » , confirme Gülmen. Demain, les 50 509 supporters du Sükrü Saraçoglu vont s’en donner à cœur joie. Le changement, c’est maintenant, paraît-il. Sur le terrain, ça va être Byzance.

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*Deux poules de quatre, six matchs par équipe, les points divisés par deux, c’est parti ; les équipes classées du 1er au 4e dans la première, de la 5e à la 8e place dans la seconde. Le vainqueur de cette dernière poule doit affronter le dernier de la poule « pour le titre » sur terrain neutre en vue de se qualifier pour le 2e tour préliminaire de la C3. Le 3e de la poule intéressante se qualifie pour le dernier tour préliminaire de la C3, le 2e se qualifie pour le dernier tour préliminaire de la C1, et enfin le champion se qualifie directement pour la phase de poule de la Ligue des Champions. Un bordel.

Ce soir, Fenerbahçe-Galatasaray, 18h00



Par Ali Farhat
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Pour info le dernier titre de Gala remonte à 2008. Et les canaris peuvent gagner autant de titres qu'ils veulent ils resteront à jamais la risée de la Turquie (cf. saison 2009/2010, célébration du "titre" lors de la dernière journée alors qu'ils sont en réalité deuxièmes...).
Super article !
perso je trouve que remettre le couvert après que le championat soit terminer avec des poules pour determiner le champion alors qu'il est deja etablit est bidon !
m'enfin c'est la télé qui doit etre heureux ..
balez larticle sa fait chaud au coeur de voir que quelqun sinteresse au championnat Turc, surtout pour se derby qui doit etre lun voir le plus chaud du monde.
jaimerais bien voir " tu sais que tu supporte Galatasaray/ fenerbahce" comme vous le fait bien.
merci bonne continuation

Et joublier GALATASARAY SAMPIYONNNNNNNNNNNNNNN
SAMPIYON CIMBOM !! yarami ye Fenerrrr
Scotch_OMsoccer Niveau : Loisir
t'es pour Galatasaray ou Fener?

Ah bin moi j'en men cogne, je suis pour Besiktas ^^

sinon, gros gros derby
ma préférence va à Galatasaray
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