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Un concentré d'Amérique du Sud

Même si la plupart des favoris attendus sont tombés dès les huitièmes, les quarts de finale de la Libertadores ont accouché d'un dernier carré alléchant, avec des représentants de quatre pays différents.

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Brésil, Paraguay, Uruguay et Argentine... Avec des affiches Santos / Cerro Porteño et Peñarol / Velez Sarsfield, les demi-finales de la Copa Libertadores offrent un beau panaché de ce qui se fait de mieux dans le continent sud-américain. Certes, l'hécatombe brésilienne du 4 mai dernier est passée par là. Lors de cette «  nuit tragique » , comme l'ont appelée les médias locaux, le tentant du titre (Internacional Porto Alegre), la meilleure équipe des matchs de poule (Cruzeiro) et le champion du Brésil en titre (Fluminense) ont mordu la poussière en quelques heures, alors qu'ils faisaient partie des grands favoris à la victoire finale. Sans compter que le lendemain, un autre cador, les Estudiantes de La Plata du toujours brillant Veron, sont tombés à leur tour. Du coup, le nombre de représentants du Brésil et de l'Argentine se retrouve réduit à leur plus simple expression à l'issue des huitièmes.

Mais avec Santos et le Velez Sarsfield, les deux places fortes de l'Amérique du Sud sont bien servies. Mercredi, ces deux formations se sont débarrassées du Once Caldas et de Libertad lors des quarts de finale retour et tout le monde les voit déjà ces formations en finale. Pourtant, il faudra aussi se méfier des Paraguayens du Cerro Porteño et des Uruguayens de Peñarol, qualifiées hier soir à l'issue de rencontres haletantes et très disputées contre les Mexicains de Jaguares et les Chiliens de l'Universidad Catolica. Au final, ce dernier carré regroupe quatre clubs chargés d'histoire, emblématiques dans leurs pays, qui pèsent huit titres dans la compétition (cinq rien que pour Peñarol, deux pour Santos et un pour le Velez).

Neymar, comme un grand

Cela fait un peu plus d'un an que le petit prodige de Santos affole les compteurs et agace avec ses caprices de starlettes. Mais là, depuis une semaine, on dirait que Neymar est en train de prendre une autre dimension. Comme si le fait de savoir qu'il sera bientôt papa le poussait à prendre ses responsabilités. Son pote Ganso s'étant blessé à la cuisse lors de la finale aller du championnat paulista, l'homme à la crête s'est chargé de faire basculer les rencontres à lui tout seul. Au match aller des quarts de finale contre le Once Caldas en Colombie, il offre le but de la victoire sur un plateau à Alan Patrick d'un amour d'ouverture de l'exter' du droit. Et au retour à la Vila Belmiro mercredi dernier, il ouvre le score d'une frappe sèche à l'entrée de la surface. Les Colombiens vont bien égaliser quelques minutes plus tard par l'intermédiaire de l'ancien Strasbourgeois Renteria, mais Santos tient le coup. Depuis l'arrivée du coach Muricy Ramalho il y a un peu plus d'un mois en provenance de Fluminense, les « Meninos da Vila » semblent enfin avoir appris à défendre. Juan Carlos Osorio, l'entraîneur adverse, a tout essayé. Y compris une méthode peu académique : il s'est mis à distribuer ses consignes aux joueurs par l'intermédiaire de petits messages griffonnées sur des bouts de papiers ! Mais en face, Neymar continue de planter des banderilles et se paie même le luxe de foirer un péno, son péché mignon.

Velez fait le spectacle

En Amérique du sud comme en Europe, certains supporters de grandes équipes de tissent des liens d'amitié. C'est le cas de ceux du Velez et de Fluminense. A défaut de rencontrer leurs potes brésiliens en quarts, les Argentins les ont vengés en massacrant Libertad (3-0 à l'aller à domicile et 4-2 au retour à Asuncion). Surtout, ils ont appris à ne pas reproduire les mêmes erreurs que les « tricolores » . Vainqueurs 3-1 à domicile, ils se sont recroquevillés en défense au retour, ont paniqué et se sont pris un cinglant 3-0. L'histoire aurait pu se répéter mercredi dernier, quand Rojas a ouvert le score pour les Paraguayens à la 44e. Mais les supporters ont à peine eu le temps de célébrer ce but que Moralez leur a fermé le clapet à peine une minute plus tard en égalisant juste avant la pause. Libertad reprend l'avantage cinq minutes après le retour des vestiaires, mais les Argentins ont compris que le meilleur moyen de conserver leur avantage du match aller, c'était de continuer d'attaquer à tout va. Un quart d'heure plus tard, Moralez s'offre le doublé en égalisant à nouveau au terme d'une action de toute beauté. Il sème la panique sur le côté gauche, s'infiltre dans la surface, s'appuie sur Emiliano Papa qui lui remet d'une subtile talonnade et allume le gardien paraguayen des six mètres. Le Velez déroule et inscrit deux pions en deux minutes à la 86 et 87e par Franco, sur péno et Fernandez. Que les supporters Bordelais se rassurent : on peut porter un maillot bleu marine avec un grand V blanc au niveau de la poitrine et proposer un football léché et spectaculaire.

Le double hold-up du Peñarol

Cela dit, il ne suffit pas de bien jouer pour l'emporter. Les Chiliens de l'Universidad Catolica l'ont appris à leurs dépens. A l'aller, ils ont perdu 2-0 au stade Centenario de Montevideo suite à deux bourdes monumentales du gardien Garcés alors qu'ils avaient dominé toute la rencontre. Et au retour à Santiago, il remet ça à cinq minutes de la fin, alors que son équipe avait réussi à remonter les deux buts d'écart. Il part à la pêche sur un centre d'Aguiar et Estoyanoff reprend la gonfle au second poteau pour réduire le score à 2-1 et offrir la qualification aux siens.


Le dernier match de ces quarts de finales retour fut aussi le moins spectaculaire. Le Cerro Porteño, qui avait obtenu un bon mach nul 1-1 au Mexique contre les Jaguares, s'est imposé 1-0 à domicile, sur un but de raccroc de Pedro Benitez, qui profite d'un gros cafouillage dans la surface sur corner. Le show était plutôt en tribunes : le stade General Pablo Rojas, plus connu sous le surnom de « olla azulgrana » (chaudron bleu et grenat), était plein à craquer et les supporters ont poussé leur équipe en faisant un boucan d'enfer non-stop pendant 90 minutes. Les joueurs paraguayens comptent bien s'appuyer sur leur « 12e homme » quand ils accueilleront Santos en demies. Avec, pourquoi pas, un match dans le match entre Neymar, et le « nouveau Messi » . Même s'il a rongé son frein sur le banc de touche hier soir, le petit prodige Argentin Iturbe, né de parents paraguayens et tout juste âgé de 17 ans, aimerait bien faire un beau cadeau d'adieu à ses supporters avant de partir à Porto la saison prochaine.



Louis Génot, à Rio de Janeiro

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