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Un 4x4 de tourisme

Malgré une équipé bien tunée, la Selecção est sortie de route vendredi soir contre Chypre (4-4). Alors que le pilote Queiroz a été contraint de lâcher le volant, le Portugal prie pour que ce soit un simple accident...

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Les Portugais n'ont pas ri longtemps, vendredi soir, après la déroute française contre les Biélorusses. A Guimarães, la Selecção devait cartonner Chypre. Avec un doigt sur le volant. Mais à l'arrivée, la jolie tire s'est faite tirer puis désosser par une bande de onze chypriotes en chien. Un 4 – 4 complètement fou mais qui fait flipper tout le pays. Dès le premier match, la Selecção est déjà en warning.

1-2 après onze minutes de jeu. Le coup classique du diesel, pense-t-on, dans les travées du stade D. Afonso Henriques. Plus on avance, plus le chemin des filets devient évident. Mais ce soir-là, la défense est en panne. Le gardien Eduardo offre le quatrième, Bruno Alves est bien loin de son Zénith depuis son départ à Saint-Pétersbourg, Miguel tracte la caravane... Les pistons Meireles – Fernandes manquent encore d'huile dans le moteur, en ce début de saison. Quaresma, le revenant, est toujours aussi talentueusement compliqué. En fin de match, Hugo Almeida rate le but du break sur une talonnade carrée et dans la foulée, Chypre déroule la capote.

«  En pilote automatique »

Au-delà du compteur, ce mauvais démarrage fait tâche. Jamais en match officiel, le Portugal n'avait encaissé quatre buts à domicile. En une seule rencontre, l'équipe des Quinas a pris autant de pions que sur l'ensemble des rencontres de l'année en court et de celle de 2009 (soit 20 matches) !
Un point du nul qui porte bien son nom. Une sorte de prime à la casse pour une berline transformée en voiture-balai. Car au Portugal, c'est l'heure du grand ménage. Suspendu six mois pour avoir gêné un contrôle anti-dopage, le sélectionneur Carlos Queiroz est hors piste. Vendredi, le Mister a décliné le billet en présidentielle offert par ses capitaines et s'est payé une tranquillité à 970€ dans les loge. Pris même à parti par les politiques, Queiroz refuse de jeter l'éponge. «  J'ai toutes les conditions, la volonté et l'honneur pour y arriver » , lâche-t-il. La Fédé préfère surtout éviter un licenciement à 3M€. Avant le match, son président, Gilberto Madail, la jouait carrément confiant : «  Les joueurs ont la capacité de jouer en pilote automatique » . Le crash n'était pas loin, vendredi soir. Et si Queiroz la joue comme Domenech, c'est parce qu'il aimerait qu'on le respecte, enfin.

Queiroz, le Domenech portugais ?

Un peu comme Raymond, Carlos n'a pas laissé un énorme souvenir en tant que joueur. Il est un formateur, un dénicheur de talents qui a emmené la fameuse génération dorée sur le toit du monde en 1989 et 1991. Quand Artur Jorge quitte le poste de sélectionneur pour le PSG au début des années 90, la Fédé met (déjà) Queiroz dans la panade. João Rodrigues, le patron de l'époque, convoque le jeune Mister et lui propose le poste. Carlos refuse. Le FC Porto l'a approché et forcément il cogite. Rodrigues s'absente quelques minutes de son cabinet pour laisser CQ réfléchir. A son retour, il lui balance : « Je viens de dire aux journalistes que vous êtes le nouveau sélectionneur. Si vous n'êtes pas d'accord, allez leur dire ! » . Malgré ses réserves, Queiroz fait face à la presse et plus tard, à ses critiques. Aujourd'hui, l'homme est mûr, affirmé, connu et reconnu et il refuse que son nom « soit sali » . En attendant, sur le banc, c'est Agostinho Oliveira son « ami de 25 ans » qui a pris le volant. Vendredi, après la rencontre, il résume : « On a un manque de compétences, dans une équipe compétente » . Le voyage en Norvège s'annonce déjà très chaud. Pourvu que la boîte auto tienne la route...

Nicolas Vilas

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match de rue y a pas dire et puis "y a pas de petites équipes" c'est clair les vacances sont pas finies
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