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Uli Hoeneß, le come-back

Sorti de prison ce lundi, Uli Hoeneß devrait retrouver dès ce soir une place de choix dans les loges de l'Allianz Arena. En attendant de décider en juillet s'il briguera un nouveau mandat de président, Hoeneß a déjà une pile de dossiers qui l'attend sur son bureau.

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637 jours après sa première nuit passée en prison, Uli Hoeneß est désormais un homme libre. Bénéficiant d'une remise en liberté anticipée, l'ancien président du Bayern peut maintenant retourner à son occupation favorite. Non pas vendre des saucisses – quoi qu'il continuera sans aucun doute à le faire –, mais s'occuper de son club. Car il ne faut pas se méprendre : si ce bon Uli a passé ses deux dernières années à dormir en taule, le Bayern est toujours son club. Sans lui, le Rekordmeister a continué à ramasser des titres et de l'argent, mais la méthode n'a pas vraiment enchanté les supporters. Bien qu’extrêmement compétent dans certains domaines, Karl-Heinz Rummenigge n'a pas convaincu sur le plan humain, notamment lors de l'affaire Schweinsteiger. Il serait donc tout naturel qu'Uli Hoeneß, ayant payé sa dette à la société, revienne dans le game. Lorsque le magazine Kicker lui a demandé jeudi dernier ce qu'il comptait faire ces prochains mois, Uli Hoeneß a quelque peu botté en touche et offert une réponse bien politicienne : « J'aimerais aller au stade, voir du beau football et redevenir le simple fan que j'ai toujours été. » En réalité, Hoeneß ne sera évidemment pas un fan comme les autres. La question sur toutes les lèvres depuis lundi est d'ailleurs de savoir où va s'asseoir l'ancien président dans la loge présidentielle. Selon Bild, il pourrait avoir le choix entre son ancienne place - c’est-à-dire à l'avant-dernier rang de la box près des escaliers - et celle située entre Karl-Heinz Rummenigge et Jan-Christian Dreesen, le directeur financier, normalement occupée par le président actuel Karl Hopfner. Si cette question paraît bien inutile de prime abord, elle montre en fait toute l'étrangeté de la situation. Uli Hoeneß est libre, mais officiellement, il n'occupe aucun poste à responsabilité au sein du Bayern Munich. Et ne devrait donc pas à s'asseoir au même endroit que les dirigeants.


À la tête de la formation


Pour l'instant, une chose est sûre : Uli Hoeneß supervisera la construction d'un nouveau centre d'entraînement dédié à la formation. Proche de l'Allianz Arena, ce nouveau lieu de plus de 30ha au budget colossal (entre 50 et 60 millions d'euros selon la Süddeutsche Zeitung) dont l'ouverture est prévue pour la saison 2017/2018, a pour but de désengorger le centre d'entraînement de la Säbener Strasse et surtout d'offrir les meilleures infrastructures possibles aux jeunes Bavarois. Ce projet, pour lequel Hoeneß a travaillé depuis sa cellule, possède une importance capitale pour le club. En effet, la formation bavaroise bat de l'aile depuis de nombreuses années maintenant. Sous Pep Guardiola, moins de 10 joueurs issus des équipes de jeunes ont fait leurs débuts en équipe première, et aucun n'a réussi à intégrer le groupe pour de bon. Michael Tarnat, responsable des équipes de jeunes, a lui démissionné le mois dernier. Cette situation embarrasse la direction qui a toujours compté sur la formation pour limiter les coûts liés aux transferts. Depuis quelques saisons, de nombreux clubs, le FC Schalke 04 en tête, sont devenus plus compétents dans ce domaine que le Bayern. Uli Hoeneß a donc pour rôle de replacer la formation au cœur du projet sportif bavarois, comme ce fut le cas durant de nombreuses années. Et si, dans les prochains mois, il risque de ne plus dépendre directement de la formation, il assure dans les colonnes de Kicker qu'il continuera de venir une fois par semaine pour assister à des réunions et superviser le projet. « Je connais le dossier par cœur et je resterai au courant de tout ce qu'il se passe autour des projets liés aux équipes de jeunes » , a-t-il assuré la semaine passée.


De nouveau président ?


Mais la vraie interrogation est de savoir si Hoeneß vise plus haut qu'un poste de directeur de la formation. En juin, il profitera de sa liberté retrouvée pour prendre un mois en vacances avec sa famille. « Pour l'instant, je veux oublier cette période difficile de ma vie et avoir un peu d'intimité avec ceux que j'aime » , a-t-il expliqué dans un entretien paru ce mercredi dans Bild. Après cette période de repos, il devrait annoncer le 1er juillet lors d'une conférence de presse s'il souhaite postuler à la présidence du club. L'actuel président, Karl Hopfner, a déjà annoncé que si Hoeneß devait se porter candidat, lui ne le ferait pas. Pour rappel, les élections sont prévues pour novembre prochain. Tout est donc bien en place pour qu'Hoeneß redevienne rapidement le capitaine du navire. La question pour le board est juste de savoir si replacer un ancien condamné pour fraude fiscale à la tête du club est une bonne idée pour son image, devenue très lisse avec le temps. Doté d'une base de supporters assez conservatrice, le FC Bayern n'est pas le club le plus évident pour rebondir après un séjour de deux ans en prison. Cependant, Uli Hoeneß jouit d'une telle popularité qu'il pourrait aisément faire oublier cette ligne sur son CV. Boris Becker a été une des nombreuses personnalités allemandes à saluer sa sortie de prison. Sa relation étroite avec certains joueurs comme Franck Ribéry ou Thomas Müller joue aussi en sa faveur. En deux ans, « Kalle » n'aura pas réussi à faire oublier Uli. Aujourd'hui, il semble ne même plus vouloir essayer. Le 13 mars prochain, l'ancien président du Bayern doit donner un discours en l'honneur de Jupp Heynckes à la mairie de Mönchengladbach. Il en profitera sans doute pour donner quelques informations sur son futur. Après tout, Uli Hoeneß n'a jamais vu un auditoire qu'il n'a pas eu envie de charmer.


Par Sophie Serbini
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