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Udinese presque parfait

Milan AC ? Inter ? AS Roma ? Non, cherchez ailleurs. Au terme de la 8ème journée, le leader solitaire de la Serie A se nomme Udinese. Et ce soir, la capolista se déplace à Naples, pour un match qui vaut bien plus que trois points.

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Un vieux diction dit que « les hommes sont comme le vin, ils se bonifient avec les années » . On ne sait pas si Francesco Guidolin est un fin œnologue. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que son Udinese applique les mêmes principes. Plus douée, plus solide, plus mature, l’équipe frioulane est en train d’enivrer la Serie A, avec une première place solitaire (même si, hier soir, la Juve est repassée provisoirement en tête) que bien peu auraient prédit cet été. Retour en arrière. Pendant que le soleil cogne sur la Botte, les dirigeants de l’Udinese enlèvent le haut (Alexis Sanchez), le bas (Zapata) et même les chaussettes (Inler). Résultat : ils se font rhabiller pour l’hiver par leurs tifosi, qui n’hésitent pas à critiquer vivement les choix sociétaires. A vrai dire, à ce moment-là, même Francesco Guidolin est dubitatif. Il croit en la qualité de son effectif, mais a du mal à imaginer que sans ces trois acteurs, son équipe puisse rééditer les exploits de l’année précédente. Et les déclarations d’Antonio Di Natale, à quelques heures du barrage de Ligue des Champions face à Arsenal, ne font que le confirmer. « C'est certainement la dernière fois que je vais disputer cette compétition, alors je ne veux pas la laisser filer » assure-t-il. Comprendre : cette saison, nous n’allons pas terminer dans les trois premiers. Et pourtant, le président, Giampaolo Pozzo, fait le dos rond. Et croit dur comme en fer au caractère de ses vignes. « Aux tifosi, je dis de nous faire confiance. Cela fait 25 ans que l'on gère ce club avec la même philosophie et les résultats sont sous les yeux de tous » martèle-t-il. Alors, bonne récolte ?

Toto superstar

Une seule réponse : oui. La récolte est bonne et, très rapidement, les secrets de fabrication sautent aux yeux de tous. Malgré l’élimination au tour préliminaire de la C1, qui aurait pu flinguer le moral des troupes, l’Udinese débute parfaitement sa saison, par une victoire sur la pelouse de Lecce (0-2). Rebelote la semaine suivante face à la Fiorentina. Même prestation. Même score. La mécanique est bien huilée. Bien alcoolisée, serait-on tenté de dire. Guidolin ne s’emballe pas, mais a visiblement bien retenu les leçons de la saison passée.

En septembre 2010, son équipe avait collectionné quatre défaites lors des quatre premières journées de championnat. Une sorte de « pénalisation » qu’elle a ensuite dû se traîner toute la saison. Et l’entraîneur de répéter, inlassablement : « Si nous n’avions pas perdu ces premiers matches… » Alors, pour ne pas revivre une telle situation, les Frioulans démarrent en fanfare. Di Natale, fidèle à lui-même, claque un but à chaque match, et pose d'emblée comme objectif de s’offrir un troisième titre de capocannoniere consécutif. Seuls huit joueurs, dans l’histoire, y sont parvenus : Giuseppe Meazza, Aldo Boffi, Gunnar Nordhal (cinq fois), Gigi Riva, Paolo Pulici, Michel Platini, Roberto Pruzzo et Beppe Signori. Et le bougre est bien parti : six buts lors des sept premières journées, le voilà déjà en tête du classement des buteurs. Normal.

Un mercato low-cost

Mais la première place de Di Natale n’est pas la seule primauté dont peuvent se vanter les Bianconeri. En plus d’être premiers du classement, ils comptent aujourd’hui la meilleure défense d’Europe (et donc d’Italie) avec un seul but encaissé en championnat. C’était le 21 septembre dernier, le Milanais El Sharaawy trompait Samir Handanovic. La seule fois où le géant portier slovène est allé chercher le cuir au fond de ses filets en Serie A. Un hasard ? Pas du tout. Cet été, l’Udinese est allée chercher à Palmeiras le jeune Danilo, positionné au centre de la défense, en lieu et place de Zapata. Et le Brésilien, aux côtés d’un toujours plus solide Benatia, n’a pas mis longtemps à s’adapter au Calcio.

Guidolin a évidemment ajouté sa touche, en misant sur le Serbe Dusan Basta, qui, en deux années à Udine, n’avait disputé que 16 matches, à cause d’une grave blessure. Le joueur se range sur la ligne des défenseurs, mais est capable, à l’image d’un Isla, d’apporter beaucoup en phase offensive. Enfin, cette arrière-garde est protégée par le Ghanéen Badu, énième trouvaille des recruteurs de l’Udinese, qui ont toujours le chic pour aller dénicher de nouvelles pépites à petits prix. Arrivé en Italie en janvier 2010, le natif de Berekum a bien appris le métier aux côtés d’Inler et, selon la politique menée par le club frioulan, récupère aujourd’hui l’héritage laissé par le Suisse. Résultat de cette addition à plusieurs chiffres : du solide, du solide et encore du solide.

2012 : grand cru ?

L’idée n’est pas de dire qu’avec tant de qualités, l’Udinese va remporter le Scudetto. Mais pour l’une des premières fois de son histoire, elle fait réellement peur à tous ses adversaires. Guidolin a réussi à donner une véritable consistance à son équipe, et les derniers résultats obtenus en Europa League (victoire 2-0 contre l’Atletico Madrid) ne font qu’étendre cette crédibilité au-delà des frontières transalpines. Le match face au Napoli, ce soir, est donc plus qu’un véritable test. L’an passé, l’Udinese était allée s’imposer au San Paolo (1-2), détruisant définitivement les rêves de Scudetto de la formation de Mazzarri. Une nouvelle victoire en terre napolitaine serait un signal fort envoyé à tous les poursuivants. Mais aussi l’énième preuve de maturité d’une équipe qui a su séduire tout le monde par son humilité et sa simplicité. Oui, l’Udinese guidolinienne est un cru de qualité. Et elle pourrait bien faire tourner la tête de tous ceux qui y goûteront.


Eric Maggiori
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Certes ils sont forts, mais ils ne sont pas du tout impressionnants, comme peut l'être Milan par exemple. Ça me rappelle beaucoup le début de saison de Valence l'année dernière...
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