1. // Audition Domenech/Escalettes

Twists et tweets

Roselyne Bachelot était passée sur le dancefloor hier soir. La Commission des Affaires Culturelles de l'Assemblée évaluait ce matin le duo Domenech/Escalettes, cette fois-ci à huis clos. Nouvelle danse pour un plan de communication de plus en plus pathétique.

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Premier twist. Mardi 29 juin, 23 heures : la commission de l'Assemblée décide de répondre favorablement aux demandes de la FFF. Pétochée après avoir vu le nombre de journalistes présents pour suivre Roselyne le soir même, la fédé souhaite le huis-clos total et l'avancement de la séance de 11 heures à 10 heures. On n'est pas à un coup de bunker près.


Deuxième twist. Mercredi 30, à peine 10 heures. À la cannoise, une séance “photo-call” est lâchée à la presse avant l'ouverture des “débats” : JP Escalettes, Ray Domenech et Michèle Tabarot, la présidente de la commission, peuvent parader devant les flashs.

Troisième twist. 10 heures et des brouettes. Toute la presse boulée de la salle Lamartine attend la sortie des protagonistes, mais un malin réveille une nouvelle danse dans le hall. Lionel Tardy, député de Haute-Savoie, fait le coup de com' de la journée : il tweete en direct le best-of des déclarations des deux compères interrogés et nourrit donc les exclus de la matinée. La danse des iPhone peut se lancer. Le journaleux de France 24 met en boîte son sujet, le smartphone à la main, sorte de prompteur 2.0, tandis que d'autres toujours coincés au Nokia 3210 se ruent sur une dame faisant profiter son écran plein de tweets.


Côté contenu, forcément, la danse est toujours la même et le refrain bien connu : Escalettes a fait face à « un mur » dans le « bus de la honte » et Domenech accuse la presse, « la Une de l'Equipe a tout déclenché » . A 11 h 30, Tardy se met à la danse du paon, « je suis le traître qui tweete... et je l'assume » . Quelques minutes plus tard, la taupe est démasquée au sein de la salle Lamartine. Dernier twitt : « J'ai pris un carton rouge... fin des tweets » . Au moins, les députés savent trouver les taupes. Et Tardy a réussi son coup, se faire un nom.


Quatrième twist. Mercredi 30 juin, de 12 à 13 heures. Deux mondes se rencontrent : les journalistes sportifs et les députés. Concours de « C'est qui lui ? Jean-François Copé ? Ah bon. Et lui ? Renaud Muselier ? Connaît pas » . Tant pis. On fait quand même les interviews. À celui qui parlera le plus fort pour poser les questions qui fâchent : « Vous trouvez normal que cela tourne à l'affaire d'Etat ? Vous les avez sentis comment Escalettes et Domenech : ils fuient ou assument leurs responsabilités ? » . Et de finir easy : « Au fait, vous vous appelez comment ? » . Eh oui, mis à part Copé, Muselier et Debré, les têtes inconnues se succèdent et traînent sans se faire prier dans le hall autour des journalistes. C'est leur moment de gloire. Le huis-clos les rend forcément plus importants. « Votre présence en nombre aujourd'hui montre qu'on n'est pas dans une affaire banale » parade le député Eric Ciotti, tandis qu'un autre dénonce les compositions d'équipe de Ray. « On ne pouvait pas sélectionner des joueurs frais à Grenoble, Lorient ou Lyon » s'interroge le spécialiste Jacques Remiller, député-maire UMP de Vienne, et sosie non-assumé de Jean-Pierre Marielle. Marie-George Buffet, elle, n'est pas apparue. Elle a préféré sécher l'audition, lassée de participer au cirque médiatique de cette équipe de France.


Finalement, Escalettes n'a rien raconté de neuf, Domenech a juste fait acte de présence, certains députés étaient juste heureux de montrer leurs trognes à la presse, d'autres juste agacés - « vous n'avez pas autre choses à foutre ? » -, et les journalistes sont repartis la queue entre les jambes, juste sauvés par les tweets de Tardy. Pendant ce temps-là, à deux rues de l'Assemblée, la Confédération Paysanne avait dégainé les stands merguez-muscadet-tracts pour protester contre la loi de modernisation agricole (LMA). « L comme libéral, M comme marché, A comme actionnaire, L.M.A on n'en veut pas » scande le meneur dans le mégaphone. Les suiveurs répondent en soufflant dans les vuvuzelas. « Moi, entendre parler de l'équipe de France, j'en ai ras-le-bol, rien à carrer, on n'est pas là pour ça. Hey, tu m'en remets une goutte ? » lance à la volée Michel, sur le chemin des coups de soleil. La plus belle danse de cette matinée à bien y réfléchir...

Par Ronan Boscher, à l'Assemblée Nationale

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