1. // Turquie – Süper Lig

Turquie truquée ?

En Turquie, après un été perturbé par des scandales multiples, la nouvelle saison débute dans la tourmente...

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Alors qu'il était prévu que la nouvelle saison débute le 7 août en Turquie, la première journée de Süper Lig ne s'est finalement déroulée que le 9 septembre dernier. Plus d'un moins de retard, donc, le temps de se remettre d'une vaste affaire qui a touché l'ensemble du foot professionnel turc. Le scandale va même au-delà, puisque le puissant championnat de basket local a également été montré du doigt par les enquêteurs. Mais rien qu'au niveau du football, l'affaire est déjà suffisamment vaste. Pas moins de 16 clubs de D1 et D2 et plus de 50 personnalités du ballon rond (joueurs et dirigeants) sont en effet accusés d'être plus ou moins impliqués dans le scandale de corruption mis à jour début juillet. Il avait déjà été question de soupçons portant sur le bon déroulement des championnats professionnels turcs à l'été 2010, mais c'est finalement l'adoption au printemps dernier d'une nouvelle loi relative au crime organisé qui a permis d'accélérer les choses. Au total, 19 matchs de D1 et D2 de la saison dernière seraient considérés comme truqués par les enquêteurs, qui ont également pointé du doigt diverses malversations qui auraient eu lieu en cours de saison : exercice illégal de la fonction de manager, irrégularités comptables, menaces à l'encontre de joueurs, etc.

18 matchs, 17 victoires

Dans toute cette sale histoire, un club sort bien malgré lui du lot, puisqu'il s'agit du Fenerbahçe, champion en titre et un des plus populaires au pays. Son président, le puissant Aziz Yildirim, a été mis en examen et est soupçonné d'avoir fait en sorte que son écurie emporte le 18e titre national de son histoire, quitte à verser dans l'illégalité. Et il faut bien reconnaître qu'il y a matière à s'interroger sur la deuxième partie de saison au plus-que-parfait réalisée par ses poulains, qui ont terminé au printemps avec une impressionnante série de dix-sept victoires et un match nul sur les dix-huit dernières journées de Süper Lig. L'équipe était certes costaude, avec Alex, Niang, André Santos ou encore Lugano, mais tout de même, une telle série semble vite louche. De leur côté, les dirigeants du club stambouliote crient à la manipulation politique et refusent de payer pour les autres.

Il n'empêche qu'au bout du compte, c'est bien le Fener seul qui a finalement été sanctionné, puisque la Fédération turque de foot, sous la pression de l'UEFA, a empêché au champion sortant de s'aligner en C1 (son dauphin Trabzonspor récupérant la place vacante). Cette exclusion est un sale coup sportif et financier pour l'ex-club de Mamadou Niang, lequel a été prié, comme d'autres gros salaires de l'effectif, de plier bagages. Direction le Qatar pour le Sénégalais, Arsenal pour André Santos, le PSG pour Diego Lugano ou encore le retour en Espagne pour Daniel Güiza. Plus marquant encore, l'attaquant nigérian Emmanuel Emenike, acheté 9 millions d'euros en mai en provenance de Karabükspor, a été revendu dans la précipitation en juillet au Spartak Moscou sans avoir joué un seul match officiel avec le club stambouliote. Interrogé en cours d'été par les enquêteurs turcs, le joueur serait soupçonné d'être partie prenante dans le scandale, du temps où il évoluait sur le front de l'attaque de Karabükspor. Il a donc préféré s'exiler en douce, direction la Russie...

Un surprenant leader

Et le football, dans tout ça ? Depuis début septembre, quatre journées ont été disputées, avec pour l'instant un surprenant leader : Istanbul BB. De son nom complet Istanbul Büyüksehir Belediyesi Spor Kulübü, il s'agit du quatrième club stambouliote du championnat (avec Fener, Galatasaray et Beşiktaş) et de très, très loin le moins populaire. Il évolue pourtant dans le prestigieux stade olympique Atatürk, une enceinte de 80 000 places qui sonne creux la plupart du temps ou qui résonne des chants des supporters adverses... Finaliste de la Coupe de Turquie au printemps, Istanbul BB est pourtant un club qui semble s'être installé durablement en Süper Lig depuis son accession en 2007. Son atout numéro un est l'attaquant camerounais Pierre Webo, auteur de trois buts depuis son arrivée cet été en provenance de Majorque. Le club s'est positionné en tête grâce à deux belles victoires obtenues d'entrée, contre Galatasaray et sur la pelouse de Trabzonspor. Un nouveau déplacement ce weekend face à Fenerbahçe devrait permettre de voir ce que ce surprenant leader a vraiment dans le ventre. Fener, justement, est actuellement deuxième, dans le même nombre de points mais avec une moins bonne différence de buts. Respectivement troisième et cinquième, Beşiktaş et Galatasaray sont également dans le coup, contrairement à Bursaspor et Trabzonspor, à la traîne en milieu de tableau.

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Le Fener ne s'était pas auto-relégué en D2 turque ?

je n'y comprend plus rien...
tiens oui, qu'est-ce que fout le Fener en D1?!

Bon, allez Besiktas!
Cette année c'est la bonne ^^
Le Fener avait proposé de s'auto-releguer en D2 pour attirer la clémence de la fédération, le club risque bien plus grave qu'une simple rétrogradation en deuxième division.

Le Parquet continue son enquête pour l'instant, pas mal d'autres clubs sont dans le collimateur de la justice et même l'équipe nationale turque risque d'être sanctionnée par les instances européennes et mondiales, ce qui est plus étonnant.
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