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Turin : un derby, deux origines, deux enjeux

Un derby par semaine, c'est désormais la règle en Italie. Après ceux de Rome, de Gênes et de Sicile, place au derby turinois entre le Torino et la Juventus. Un derby qui pourrait permettre à la Juve de se rapprocher un peu plus du titre, et au Torino du maintien.

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La haine n'est peut-être pas aussi viscérale qu'entre les supporters de la Lazio et de la Roma. Mais que l'on ne s'y méprenne pas : le derby de Turin est un rendez-vous extrêmement important pour les tifosi des deux clubs. À vrai dire, il est même plus important, de nos jours, pour le Torino que pour la Juve. Une histoire de suprématie. Si le Torino a été, un temps, la plus grande équipe d'Italie, il a dû se résigner depuis bien longtemps à laisser cette étiquette à son rival blanc et noir. Et forcément, qui dit suprématie de l'un, dit envie d'en découdre de l'autre. Depuis 18 ans, le Torino a été incapable de battre l'ennemi bianconero. Un bilan famélique de 9 défaites et 4 nuls, pour un club qui a passé une grande partie de son temps en Serie B lors des dernières années. Pire encore : le Toro n'a plus goûté à la joie de marquer un but lors du derby depuis le 24 février 2002, et un pion de ce bon vieux Benoît Cauet, lors d'un nul 2-2. Voilà donc comment l'équipe granata en est arrivée à 640 minutes de disette lors de cette confrontation face à la Vieille Dame. Une Vieille Dame qui, pour les supporters du Torino, a de plus en plus des allures de Dame Blanche. Celle qui vous fait faire des cauchemars la nuit.

Bourgeoisie et prolétariat

Comme dans la plupart des villes où deux équipes se partagent le territoire, la rivalité entre le Torino et la Juventus remonte au début du XXe siècle. La Juventus est fondée en 1897 par un groupe d'étudiants, tandis que le Torino apparaît quelques années plus tard, en 1906, des suites de la fusion entre le FC Torinese (1894) et l'Internazionale Torino (1891). Surtout, le Torino voit le jour sous l'impulsion d'anciens membres de la Juventus, parmi lesquels l'ancien président de la Juve, Alfredo Dick. Une anecdote raconte que, lors du tout premier derby turinois, le même Dick avait été enfermé à clef dans les vestiaires par certains joueurs de la Juve, qui avaient ainsi tenté de se venger de la trahison de leur ancien partenaire. À Turin, les deux équipes trouvent immédiatement leur public. La Juventus représente la bourgeoisie, tandis que le Torino porte l'image du prolétariat, comme le raconte Mario Soldati dans son livre Le Due Città. « Les deux hommes traversèrent Piazza Vittorio et parlaient déjà de football. Emilio, naturellement, était pour la Juve, l'équipe des gentlemen, des pionniers de l'industrie, des Jésuites, des bien-pensants, de ceux qui avaient fait des études : bref, des bourgeois riches. Giraudo, tout aussi naturellement, était pour le Toro, l'équipe des ouvriers, des immigrés des régions voisines, ou des provinces de Cuneo et d'Alessandria, de ceux qui avaient fait le lycée technique : bref, des petits bourgeois et des pauvres » écrivait-il, déjà, en 1964.

D'un côté, les riches, de l'autre, les pauvres. Réducteur ? Un peu. Mais force est de constater qu'à l'époque, les clans de supporters se sont formés de cette manière. Un ouvrier n'aurait pas pu être tifoso de la Juve, tandis qu'un bourgeois « de la haute » n'aurait jamais supporter le Toro. Au fil des années, les mœurs évoluent. Dans les années 60-70, de nombreux tifosi de la Juve émigrent du Sud de l'Italie vers Turin. Les tifosi du Toro profitent de cette immigration pour revendiquer encore un peu plus que leur club est véritablement le club de la ville de Turin, tandis que la Juve est le club de l'Italie. L'éloge de la « torinesità  » , comme on dit là-bas (la turinoisité, si on veut tenter une traduction foireuse).

Cinq Scudetti d'affilée


Aujourd'hui encore, cette rivalité sociale existe entre les deux formations. Et c'est bien là tout le paradoxe : la Juventus est le club qui compte le plus de supporters à travers l'Italie, mais dans la ville-même de Turin, on recense plus de tifosi du Torino que de la Vecchia Signora. Les fans sont restés fidèles, et ce, malgré l'inexorable chute de leur club. Oui, car avant de faire le yoyo entre la Serie A et la Serie B, et de prier Padre Pio pour espérer marquer un but lors du derby, le Torino a été, de loin, le plus grand club d'Italie. Juste après la Deuxième Guerre mondiale, à la fin des années 40, le Grande Torino a dominé la Botte, alignant cinq Scudetti consécutifs. Cette période dorée prend fin avec la tragédie de Superga, un accident d'avion qui décime l'intégralité de l'équipe. Après cela, le Torino retrouvera un haut niveau dans les années 70, avec notamment un nouveau Scudetto en 1976, mais, à partir des années 80, va laisser le devant de la scène à la cousine turinoise, à la Roma, au Napoli et, plus tard, au Grande Milan de Sacchi.

Mais malgré cela, les statistiques sont encore là pour prouver que la Juve n'a pas toujours été souveraine dans le Piémont. 161 derbys turinois ont eu lieu avant celui de ce soir, pour un bilan de 66 victoires de la Juve, 49 du Torino et 46 matchs nuls. Un rapport de force loin d'être démesuré. Loin de ces stats du passé, le Torino va devoir, ce soir, prendre en compte la triste réalité : si l'ennemi bianconero s'impose, il pourra caresser des doigts son 29e Scudetto. Les joueurs de Giampiero Ventura n'aimeraient pas leur laisser ce plaisir, et préfèreraient plutôt s'imposer pour rompre le tabou et s'assurer un maintien mérité en Serie A. C'est vrai, ça : fêter le maintien face au tout-puissant rival, quoi de mieux, avec les moyens actuels du club ?

Eric Maggiori
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