Serie A - 15e journée - Juventus/Torino

Eric Maggiori

Turin retrouve son derby

Après trois ans et demi d’abstinence, la ville de Turin retrouve enfin son derby entre la Juventus et le Torino. Un match toujours particulier, d’autant que la Juve n’est plus aussi souveraine et sereine qu’il y a quelques semaines.

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Derby turinois d'un autre temps, septembre 2007, avec Pavel et David
Derby turinois d'un autre temps, septembre 2007, avec Pavel et David
Quatre points en quatre journées. Hormis en mars dernier, lorsqu’elle avait enchaîné quatre matchs nuls consécutifs, jamais la Juve n’avait connu une telle série sous l’ère Conte. Mais cette fois-ci, la situation est plus complexe. Les Turinois ont perdu deux fois, alors qu’ils ne s’étaient pas inclinés pendant 49 tours. Logique, en soi. On ne peut pas rester invaincu éternellement. Mais les deux défaites contre les deux équipes de Milan ont permis de tirer la sonnette d’alarme : quelque chose fonctionne moins bien dans la maison bianconera. C’est dans ce contexte un peu particulier qu’intervient le derby turinois. Le premier derby depuis le 7 mars 2009. Un derby disputé au stadio Communale de Turin, et résolu à dix minutes du terme par un but de Giorgio Chiellini. Cette défaite avait enfoncé un peu plus le Toro dans les méandres du classement, avant une inévitable relégation au terme du championnat. Après trois longuissimes saisons à l’étage inférieur, les Granata sont de retour parmi l’élite, et ont bien l’intention de venir jouer un tour à leur meilleur ennemi. D’autant que leur dernier succès dans un derby turinois remonte à un lointain et obscur 9 avril 1995. 17 années de disette. Oui, c’est beaucoup.

La der’ d’Alessio

Il n’est finalement pas si facile d’analyser le moment que sont en train de vivre les joueurs de la Juventus. L’an passé, n’ayant pas de Coupe d’Europe à disputer, ils ont pu se concentrer essentiellement sur le championnat. Concentrer les esprits, mais aussi les énergies pour être à 100%, chaque week-end. Stratégie efficace, puisque la Vieille Dame a terminé la saison invaincue, un Scudetto en poche. Cette saison, c’est évidemment plus compliqué. La Ligue des champions vient mettre du piment dans la routine. Le tirage n’a, de plus, pas franchement été clément, puisque la Juve a dû se coltiner le champion d’Europe en titre, Chelsea, et l’épouvantail Shakhtar Donetsk. Forcément, avec des matchs à disputer tous les trois ou quatre jours, les coachs (d’abord Massimo Carrera, puis Angelo Alessio, tout cela chapeauté par Antonio Conte) ont dû faire des sacrifices. Et du turn-over. Or, même avec du turn-over, les organismes ont du mal à se reprendre. L’exemple de ce qui s’est passé la semaine dernière est certainement le plus frappant. Face à Chelsea, la Juve dispute un match d’une intensité folle, avec des joueurs sur-motivés, et triomphe, en toute logique, 3-0. Quelques jours plus tard, c’est une équipe visiblement éprouvée qui s’est déplacée à San Siro pour y affronter le Milan AC.

Résultat : une défaite 1-0, contestée à cause du pénalty inexistant, mais incontestable sur ce que la Juve a montré (ou plutôt n’a pas montré) sur le terrain. Conte a tapé du poing sur la table après la rencontre, histoire que ses joueurs se remotivent. La défaite, grâce aux contre-performances de l’Inter et de la Fiorentina, n’a pas eu d’influence au classement. La Juve reste en tête, mais ne va pas toujours pouvoir laisser autant de points en route. Problèmes de fatigue, mais aussi un certain mécontentement ambiant. Remplacé en cours de match face au Milan AC, Quagliarella a eu des mots envers son entraîneur en quittant la pelouse. Une attitude immédiatement réprimandée par le club. Quant à Lúcio, le défenseur arrivé de l’Inter cet été, il vient de faire part de son envie de partir, parce que pas assez utilisé. De mauvais poil, les Turinois ? Peut-être. Peut-être aussi que l’absence de Conte, sur le banc, pénalise la Juve. Mais que tout le monde se rassure. Le derby contre le Torino sera le dernier match de Serie A sans l’entraîneur pugliese. Sa suspension se termine le 4 décembre. Il sera donc sur le banc la semaine prochaine, à Palerme. Une raison de plus pour Angelo Alessio de gagner ce derby : finir en beauté.

Mister Libido

Giampiero Ventura, lui, est encore loin de parler de fin. Voilà désormais 18 mois qu’il est à la tête du Torino. Un Torino qu’il a repris au fond du trou, dans une situation sociétaire très compliquée, et qu’il a réussi à reporter en Serie A en l’espace de quelques mois. Sa méthode ? La même qu’avec ses anciens clubs. « Entraîner par libido », comme il l’avait affirmé en 2009, lors de sa conférence de presse de présentation à Bari, où il venait remplacer un certain… Antonio Conte. Cette sortie lui vaut désormais le surnom de « Mister Libido ». Plutôt flatteur pour celui qui, à 64 ans, est actuellement le deuxième coach le plus ancien de Serie A, derrière Zdeněk Zeman et ses 65 printemps. Alors, autant dire que ce premier derby turinois risque bien de faire exploser sa libido, tant l’excitation sera au sommet au Juventus Stadium. Le Toro réalise pour le moment un début de saison convenable : ni transcendant, ni déprimant. L’équipe granata pointe à la 14e place, à quatre points de la zone de relégation, mais se sort plutôt bien d’un mois de novembre incroyable, où elle a dû affronter la Lazio, le Napoli, la Roma et la Fiorentina, soit quatre des six premiers du classement.

Arrive désormais le leader. Or, Ventura préfère la jouer franco : il craint cette Juventus. « J’étais dans les gradins pour assister à Juventus-Chelsea. Sincèrement, j’ai dû perdre des cheveux pendant le match. Mais nous préparerons tout de même ce match au mieux » a-t-il affirmé. Pour ne pas forcément se mettre dans les meilleures dispositions, le Toro s’est fait éliminer cette semaine de la Coupe d’Italie. Avec une équipe réserve, certes. Contre l’ennemi bianconero, l’entraîneur a bien l’intention d’aligner sa meilleure équipe, avec évidemment Rolando Bianchi en pointe. Le buteur maison du Toro, 70 buts avec le maillot grenat, se souvient qu’il a déjà marqué contre la Juve. Pas avec le Torino, mais avec la Lazio, il y a de cela quatre ans et demi. Une éternité. La même éternité qui sépare le présent de la dernière victoire du Toro lors du derby. Un doublé de Ruggiero Rizzitelli qui avait éteint le stadio Delle Apli. Depuis, le Torino rumine, en attendant son heure. Ce soir, le club turinois entrera pour la première dans l’antre du Juventus Stadium. Gare à ne pas se laisser prendre par l’émotion. Car la Juve, malgré sa petite baisse de forme en championnat, sait toujours être cynique. D’autant qu’elle rate rarement deux matchs de suite.


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Eric Maggiori

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