1. // Décès de Raymond Kopa
  2. //

Tu sais que tu n’as jamais vu jouer Raymond Kopa quand...

Aujourd’hui, papi est mort. Tu n’es peut-être pas Albert Camus, mais toi, tu as l’impression d’avoir perdu quelqu’un ce vendredi. Quelqu’un dont on t’a toujours parlé, mais que tu ne connais pas vraiment. Toi, tu penses que le Stade de Reims est le club de Mickaël Tacalfred. Toi, tu n’as jamais vu jouer Raymond Kopa.

Modififié
... pour toi, la Copa Mundial est une chaussure, pas Raymond qui joue la Coupe du monde 1958.

... pour toi, les Franco-Polonais, c’est Damien Perquis et Ludovic Obraniak.

... tu te dis que Raymond Kopaszewski, ça aurait quand même eu de la gueule au Borussia Dortmund.

... Barry est le seul Copa que tu as vu sur un terrain de foot.

... le seul artiste que tu as vu en noir et blanc, c’est Jean Dujardin.

... tu penses que Mickaël Tacalfred est le plus grand joueur de l’histoire du Stade de Reims.

... tu es jeune et ton père te faisait déjà assez chier quand il te disait : « Tu connais Zidane, mais ce n’est rien comparé à Platini. »

... tu es quadra et ton père te disait : « Tu vois Platini ? Eh bien Kopa, c’était encore autre chose. »

... tu ne te sens pas vieux à l’écoute de Hier encore de Charles Aznavour.

Vidéo

... pour toi, un joueur de football n’est pas censé fumer.

... le seul noir et blanc que tu connaisses dans le foot, c’est le maillot de la Juve, celui du SCO et les tresses de Bacary Sagna.

... tu penses que Napoléon est juste un empereur né à Ajaccio.

... pour toi, Raymond et football ne font pas franchement bon ménage.

... tu es persuadé que Koppita, son surnom donné par les supporters du Real Madrid, est une chanson de JUL.

... tu entends Kopa et tu penses à Nguette.

... tu as l’impression que ton grand-père vient de mourir.

... du coup, tu es triste pour ton père.


... pour toi, 1958, ce n’est pas un Ballon d’or, mais la naissance de Prince, Madonna et Michael Jackson. Ta musique, quoi.

... tu penses que Mathieu Valbuena a fait une belle carrière au vu de sa petite taille.

... les personnes l’ayant connu dans ta famille ne cessent de te chanter ses louanges. Mais tu ne sais pas si c’est parce qu’il était fort ou si c’est à cause d’Alzheimer.

... tu as appris son transfert vers le Real Madrid dans OSS 118, nid d’espions.

... pour toi, Raymond Kopa, c’est un copilote auto. Oui, tu l’as vu lors du Dakar 1985 dans sa Mitsubishi Pajero.


... tu penses que Just Fontaine a été élu meilleur joueur de la Coupe du monde 1958. Avec 13 buts dans la compétition, en même temps...

... tu crois que Karim Benzema mérite le respect avec ses deux Ligues des champions gagnées avec le Real Madrid.

... tu crois que Zinédine Zidane est le plus grand joueur français à avoir porté les couleurs du Real Madrid.

... tu as déjà tapé « Raymond Kopa highlights & skills » sur YouTube.

... tu n’as pas trouvé grand-chose, du coup tu ne sais pas qu’il est l’un des plus grands dribbleurs de tous les temps.

... pour toi, Angers, c’est Nicolas Mahut, Valérie Trierweiler et Stéphane Moulin.

... tu penses que la cathédrale Notre-Dame de Reims est le plus grand monument de la ville. Et tu as tort.

... tu ne sais pas pourquoi on dit « football champagne » .

... tu viens de réaliser que dans cinquante ans, après le décès de Zizou, il y aura des gamins pour te dire : « Il était fort ? Je l’ai jamais vu jouer. »

... tu te dis que c’est peut-être ça, un homme qui a marqué son sport : un homme que tu n’as jamais vu jouer, mais à qui tu sais que tu dois un respect éternel.

Par Swann Borsellino
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Modifié

Ce commentaire a été modifié.
Note : 7
Bel hommage. le dernier point est particulièrement vrai.

Pour ceux qui veulent des images (pas beaucoup il est vrai), je recommande ce site : http://footballia.net/players/raymond-kopa

Une putain de mine d'or, soit dit en passant.
Mattnirrep Niveau : CFA2
Ah c'est marrant à 27:17 du match FR BR ils ont le droit de faire des passes au gardien qui peux récupérer le ballon à la main
Oui. La règle qui interdit au gardien de se saisir du ballon avec les mains après une passe en retrait volontaire a été mise en place par la FIFA en 1992 seulement. C'est fréquent de voir ce genre d'actions sur les matchs des années 70 ou 80 par exemple.
Ailier Gauche Niveau : DHR
Et la systématisation de cette règle a pris quelques années. Au milieu des 1990s, il me semble qu'on voyait encore des passes au gardien en retrait.
Cissé un joueur Niveau : District
Merci d'avoir partagé le lien. Cela fait deux ans que je le fréquente et c'est devenu un rituel avec mon père à Noël de se mater un grand match. C'est un vrai plaisir. Le premier qu'on a regardé c'était la demi de 58. Les mecs qui ont fait ce site méritent des louanges.
6 réponses à ce commentaire.
J'avais jamais fait le lien entre le grand Reims et "football champagne".
Comment je vais frimer dans les dîners mondains...
Note : 9
" tu viens de réaliser que dans cinquante ans, après le décès de Zizou, il y aura des gamins pour te dire : « il était fort ? Je l’ai jamais vu jouer " .
J'ai littéralement été pris de vertige.
Pas besoin d'attendre si longtemps..

J'ai entendu des gamins en parler en se demandant s'il était plus fort que Riyad Mahrez

J'ai failli les gifler, ces sales gosses
TheDoctor Niveau : CFA2
T'inquiète, aucun gamins ne te demandera ça car ils s'abreuvent tous de vidéo YouTube pour évaluer un joueur. Et au vu de la flopée de contenu sur Zizou nous sommes tranquilles de ce côté là.

Là où j'aurai les boules, c'est de limiter Zizou à ses roulettes et contrôle en extension en mode super glue... Mais c'est bien plus que cela et ça les highlights ne le montrent pas.
dizzymusictv Niveau : CFA
Malheureusement,
ils te demanderont "est ce qu'il avait 58 buts/saison ?

Et tu oses dire qu'il est comparable à Gareth Bale ? tu ne connais vraiment rien au foot"
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
Tu mets le doigt sur un point crucial : l'orchestration.

Un chef-d'orchestre ne prend jamais la lumière, il tourne même le dos au public.

Cette logique des highlights appartient clairement au règne de l'onanisme. La branlette footballistique.

Pour cerner l'apport d'un joueur à une équipe, il faut apercevoir la qualité de ses replacements, son jeu sans le ballon, sa disponibilité (essentiel ça, putain !), et ensuite ce qu'il fait de la gonfle.

Une passe vertigineuse qui éventre le rideau adverse est plus risquée, plus spectaculaire, surtout plus précieuse pour le jeu que n'importe quelle esbroufe égotique qui ne mène à rien.

Ça m'emmerde par exemple qu'on se paluche sur les passes décisives comme si elles étaient LE mouvement essentiel d'une action. Non non, y'a pléthore de buts qui ont été permis par une passe capitale qui n'avait l'air de rien, derrière laquelle y'a eu plusieurs touches de balle -mais c'est CETTE passe là qui était essentielle, et risqué - et diablement juste, et qui a permis le but.
TheDoctor Niveau : CFA2
Oui pour sûr, ce que tu dis est essentiel.

Il y aussi le paramètre du temps qui est difficilement voir impossible à déceler dans les highlights. La maîtrise du temps, du tempo, la gestion des événements dans différents moments du match sont impossible à décrire si l'on a pas été contemporains du footballeur. Le sentiment que le temps est suspendu lorsqu'un joueur à le ballon dans le pied est quelque chose de rare.
5 réponses à ce commentaire.
Mince alors, le football champagne ça vient vraiment de là ?
Désolé pour la redite. (Je ne suis pas le seul ignorant, rassurant !)
panbagnat Niveau : DHR
Non ça ne vient pas de la
"Corner à la rémoise" aussi date de cette époque. Aucun joueur de plus de 1.70 m dans cette équipe et tous nuls de la tête, donc...
3 réponses à ce commentaire.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Les archives vidéos sont malheureusement rares et lacunaires, mais on peut quand même se faire une idée précise du talent dingue de Kopa en matant les finales du Stade de Reims contre le Real, sa copa 58 ou ses grands matchs madrilènes (merci à Bosgy pour le lien footballia).

Pour ceux qui aiment la lecture, son autobio (Kopa par Raymond Kopa) aux éditions Jacob-Duvernet m'a beaucoup plu. A la fois humble et intransigeante, comme le bonhomme.
Beefheart Niveau : DHR
Putain cette vidéo d'Aznavour vous avez pas le droit. Le mec meurt sur scène et y a personne pour lui dire d'arrêter. On dirait les types qui font des reprises et qui ruinent à jamais des chansons mythiques. Sauf que lui il s'enterre tout seul. https://www.youtube.com/watch?v=bHokx2L1wi4
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Tu peux pas cracher sur Charlaz. Sérieusement.

C'est pas sa faute s'il est resté en vie. S'il doit régurgiter ses dents de lait. Il t'apprends à mourir ce mec là.

Par rapport à tous ceux qui sont partis avec force tambours et trompettes, lui il se minimalise, à l'image de sa vision, son audition, son corps.

Cracher sur Aznavour aujourd'hui, c'est cracher sur la vieillesse, l'antichambre de la mort. Sauf que la vieillesse, c'est la seule façon naturelle de t'apprendre à mourir.

Le reste n'est que violence et traumatisme.

Laisse-le partir tranquillement.
1 réponse à ce commentaire.
... tu as déjà tapé « Raymond Kopa highlights & skills » sur YouTube. Ahah!
Strapontin21 Niveau : CFA2
Il va rejoindre Cruyff. Ça va taper le cuir.
Allah Babar Niveau : Loisir
Le Onze du Ciel commence à avoir de la gueule avec Sócrates, Cruyf, Di Stefano, Garrincha et Kopa.

Dieu va se regaler!
touchefresh Niveau : Ligue 1
vivement les matches de foot du futur avec des robots ayant l'ia footballistique d'une ancienne légende !!
il y a Carlos Alberto aussi et je crois que le gardien de Bresil 1958 est aussi là bas ....
Tu as oublié Just Fontaine...
Attends..
GLOBULES ROUGES ET BLANCS Niveau : DHR
J'ajouterai Eusebio aussi dans ta liste
Ce commentaire a été modifié.
TheDoctor Niveau : CFA2
Et Georges Best il coupe les citrons le bougre ??

Non je déconne, il doit bien être trop occupé à chafouiner les Elizabeth Taylor ou Lauren Bacall
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Tu peux aussi rajouter Eusebio, Carlos Alberto (mort en 2016) et les deux légendaires latéraux brésiliens Nilton Santos et Djalma Santos, tous deux décédés ces dernières années.
6 réponses à ce commentaire.
"... tu as appris son transfert vers le Real Madrid dans OSS 118, nid d’espions. "

Hazanavicius avait raté sa fausse Une de journal d'époque recréé en écrivant "FC Reims" au lieu de Stade de Reims. Le diable se niche dans les détails.
Throat-Tackle Niveau : District
Et du coup c'est OSS 117, le caire nid d'espions.

Borsellino a donc loupé sa référence. Le diable se niche dans les détails...

(A moins que j'ai loupé une vanne avec le OSS 118 mais je vois pas)
1 réponse à ce commentaire.
Joseph Marx Niveau : Loisir
Sur son lit de mort, il aurait dit "Je vais enfin pouvoir m'en aller en paix, Pastore est guéri, il rejoue !"
"... pour toi, Angers, c’est Nicolas Mahut, Valérie Trierweiler et Stéphane Moulin."

Roselyne Bachelot eu été mieux que V. Trierweiler.

Et merde, j'ai vu joué Raymond (en vétéran) et je ne suis pas vieux.
abistodenas Niveau : CFA2
" j'ai vu joué Raymond (...) et je ne suis pas vieux"

ça c'est ce que tu crois , mais la vérité est ailleurs
1 réponse à ce commentaire.
pierrot92 Niveau : CFA2
Je m'étais jamais posé la question de ui avait été meilleur joueur du mondial 58. J'aurais tout de suite pensé à Pelé ou Fontaine...j'ai appris quelque chose aujourd'hui.
C'était plutôt Didi je crois.
Le meilleur joueur de la Coupe du Monde 58 c'était Didi.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Ce qui veut dire que, selon les critères actuels, Didi eût pu être le véritable Ballon d'or 1958 ?
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Tout à fait !
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Salut Alain, on en avait déjà parlé mais j'ai posté avant que tu n'arrives.
Il paraît que France Football avait fait une simulation de tous les ballons d'or d'avant les critères actuels, mais je ne sais pas quand.
Tout ce que je sais, par la bouche de Thiérry Marchand, à l'Equipe du soir, c'est qu'ils en attribuaient 6 ou 7 à Pelé, vu qu'il mettait près de 100 buts par an, et 3 ou 4 à Maradona, ce qui avait fait doucement sourire (c'est un euphémisme) notre Didier Roustan national.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 2
Une liste finale des 30 nominés au Ballon d'Or 58 aurait pu ressembler à un truc comme ça (à peu près dans l'ordre) :
Didi, Kopa, Pelé, Fontaine, Garrincha, Liedholm, Nilton Santos, Di Stefano, Hamrin, Vava, Gento, Santamaria, Schiaffino, Grillo, Piantoni, Gilmar, Rahn, Rial, Zito, Gren, Bellini, Corbatta, Schafer, Altafini, Sivori, Charles, Simonsson, Djalma Santos, Gregg, Maldini
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Salut Fred, oui ça me dit quelque chose.

Il y a aussi un autre site ou blog (hispanophone) qui a fait des simulations pour le Ballon d'Or et le meilleur joueur de l'année depuis les années 1910/1920.

Il donne les podiums avec les critères actuels (donc ouvert à tous les joueurs), du coup ça donne par exemple Andrade en 24, Nasazzi en 30, Moreno au début des années 40, Zizinho ou Pedernera en 44/45, Didi en 58, Garrincha en 62, Pelé en 61/63/64, Kempes en 78, Zico en 81, Falcao en 83, Maradona en 79/86/87, Romario en 94, etc...
Je me souviens pas de tous mais tu vois l'idée.

Je vais essayer de te retrouver les liens tout à l'heure.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Belle brochette de Stars !
France Football a tout revisité de 1956 à 1994. Il faut refaire toutes les listes des nommés: à toi de jouer.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Oui, ça m'intéresse.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Je suis encore au taf mais je t'envoie ça en début de soirée au plus tard, dès que j'ai retrouvé le lien (oublié de le mettre en favori mais je devrais réussir à retomber dessus). ;)
A le coup du palmarès a posteriori du Ballon d'Or, j'avais essayé de le faire moi aussi une fois où je m'emmerdais, en rajoutant la contrainte "Goncourt" (un joueur lauréat ne peut pas remporter le trophée une deuxième fois). J'avais réussi à remonter jusqu'aux années 30, et je préférais ma liste à celle de France-Football et de la FIFA.

Ce serait vraiment top que tu retrouves ce lien, Alain !
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
J'ai retrouvé les liens, il y a deux listes faites par deux personnes différentes :

Simulation du Ballon d'Or (sur les critères actuels), de 1920 à 1994, avec la liste finale des 23 et le podium :
http://glavisted.blogspot.fr/2016/05/wo … -1920.html

Le meilleur joueur de l'année, de 1911 à 2012, et le podium (cette liste-là est faite par l'auteur du blog) :
http://glavisted.blogspot.fr/2011/09/me … l-ano.html

Bon évidemment, c'est subjectif et je ne suis pas forcément toujours d'accord avec tout mais globalement c'est assez cohérent et on sent que les deux mecs connaissent bien le foot !
Ce commentaire a été modifié.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Pelusa,
On aurait du instaurer une contrainte "Goncourt" en limitant à 3 par exemple le nombre de BO, pour éviter cette mascarade Messi-Christiano.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Géniales ces deux listes ! surtout l'hispanophone (me reste plus qu'à trouver une fiche wikipedia pour la traduction).
Mais oublier Pelé en 70 et Beckenbauer en 74 ça paraît assez incongru.
Aucun français nommé avant Kopa, c'est peu flatteur (si on met à part le cas Ben Barek).
J'avais lu que Ben Barek avait été désigné meilleur joueur du monde en 1947, mais j'ignore par qui.
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Oui quand je disais que je n'étais pas d'accord avec tout, je pensais essentiellement à 1970 : pour moi, c'est soit Pelé soit Jairzinho à la limite, mais aucune des deux listes ne met Pelé BO en 1970, assez curieux...

L'autre truc sur lequel je ne suis vraiment pas d'accord, c'est de zapper les Uruguayens pour le podium 1950, notamment Schiaffino que j'aurais peut-être même mis premier ! Globalement, pour 1950, j'aurais choisi un podium, voire un top 5, 100 % Uruguay/Brésil (Schiaffino, Varela, Ghiggia, Miguez d'un côté, Zizinho, Ademir, Jair de l'autre)...

Enfin bref, il y a quelques incohérences comme celles-ci mais globalement c'est plutôt intéressant.

Si jamais j'ai le courage, une fois mon top des absents sud-américains fini, j'essaierai de me lancer dans une simulation des podiums du Ballon d'Or depuis l'après-guerre (en gros de 1946 à 2016) - pour les années 20 et 30, je connais surtout le foot sudam, voire italien à un degré moindre, mais j'ai trop de lacunes pour le reste, du coup j'aurais trop peur d'oublier des joueurs incontournables.
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Parmi les candidats brésiliens au podium d'un BO 1950, j'ai bien sûr oublié Danilo Alvim, l'immense milieu du Vasco de Gama.
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
@ Fred, pour Ben Barek en 1947 je t'avoue que je n'en sais rien.
En tout cas, dans l'après-guerre, une grande partie des meilleurs joueurs du monde sont argentins : t'as déjà les cinq attaquants de la Maquina Moreno, Pedernera, Labruna, Loustau et Muñoz, leur coéquipier Nestor Rossi, le génial Norberto Mendez d'Huracan (puis du Racing), les deux stars de San Lorenzo Rinaldo Martino et René Pontoni, Mario Boyé et Carlos Sosa de Boca...

Franchement, si je devais faire un top 5 mondial sur la période 45-47/48 par exemple, je mettrais bien trois Argentins : Moreno, Pedernera et Tucho Mendez, sans doute avec Zizinho et Mazzola.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Pareil, pour moi Cubillas aurait dû être sur le podium au moins une fois, en 72 ou en 75 !

Enfin bref, de toute façon ce genre de classement est forcément hyper subjectif. On ferait le test ici, on n'aurait pas deux résultats identiques non plus...
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Non c'était Didi.
Le_Hollandais_Violent Niveau : District
Pelé ne joue quasiment pas lors de la coupe du monde 1958 jusqu'à la demie finale. Avant cela, au Brésil, en pleine époque de lutte des classes et de domination blanche, on ne le considère pas vraiment.
C'est un attaquant blanc qui joue en attaque (dsl je ne me rappelle plus le long - à consonnance italienne je crois mais pas sûr).
Il se blesse et est diminué pour la suite de la compétition. C'est pour cela que Pelé va jouer la demie, et mettre à lui tout seul une grosse rouste aux français puis aux Suédois en finale.
Voir le film "Pelé naissance d'un champion", qui raconte ses débuts jusqu'à 1958 - plutôt pas mal foutu.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Tu as raison, l'attaquant titulaire au début était Altafini.
Il fera après les beaux jours de l'AC Milan (la C1 63).
Il sera même international italien, en tant qu' oriundi.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Oui c'est José Altafini (également surnommé Mazzola) qui était titulaire au début du Mondial.
En fait Pelé, comme Garrincha et Djalma Santos ont gagné leur place dans le onze brésilien durant le tournoi.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Par contre, ce n'est pas à partir de la demi-finale, Pelé et Garrincha deviennent titulaires à partir du 3e match de poule contre l'URSS, ils sont sur le banc simplement pour les deux premiers matchs (ce sont Altafini et Joel, l'ancien attaquant de Flamengo, qui débutent).
D'ailleurs en quart de finale, c'est Pelé qui qualifie le Brésil face au Pays de Galles.
"Voir le film "Pelé naissance d'un champion", qui raconte ses débuts jusqu'à 1958 - plutôt pas mal foutu"

Je dirais plutôt qu'il est très mal foutu ce "biopic", trop d'arrangements avec la réalité, non respect de faits historiques et de clichés bateaux pour être crédible.

Le film évoque un antagonisme entre Pelé et Altafini (le pauvre vs le riche, ça devait sûrement être trop tentant), ce qui n'est pas le cas: Altafini ne connaissait pas Pelé pendant l'enfance et il est plutôt issu d'une classe moyenne.
Altafini n'est pas blessé en 58 comme le montre le film, et ce n'est pas la place d'Altafini que prend Pelé en réalité puisqu' Altafini est avant centre et sera substitué par Vava car l'équipe alignait des perfs moyennes quand il était titulaire. Pelé, lui, remplace Dida (une légende du Flamengo) en tant que 2e attaquant dans le 4-2-4 du Brésil.
Les 4 changements qui donnent une autre dimension à l'équipe sont les suivants: Zito pour Dino Sani, Garrincha pour Joel, Pelé pour Dida et Vava pour Altafini "Mazzola".
En début de compétition Pelé et Garrincha sont sur le banc pour une sombre histoire de test psychologique (ou de QI, je ne sais plus) où ils ont eu les résultats parmi les moins bons de l'équipe.
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Oui c'est vrai Dip, ce n'était pas du poste pour poste puisque Pelé n'était pas un pur avant-centre au même titre qu'Altafini et Vava.
Sinon dans les changements effectués par Feola, je rajouterais Djalma Santos à la place de Nilton de Sordi, au poste de latéral droit, mais c'est vrai que celui-là n'a été fait qu'en demie ou en finale, je sais plus...
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Par contre, j'avais complètement zappé que Dino Sani était le milieu défensif titulaire en début de Mondial, dans ma tête Zito était dans le onze dès le début.
Celui-ci s'est fait aussi contre l'URSS, après le nul face à l'Angleterre ?
Dino sort de l'équipe après les 2 premiers matchs (il est donc remplacé par Zito à partir du match contre l'URSS), ce qui n'est pas difficile à comprendre puisque Zito était un vrai milieu def "destructeur" qui avait beaucoup de coffre alors que Dino au niveau capacité athlétiques ce n'était pas trop ça, et il était plus un meneur de jeu reculé ayant une très bonne vision et une très bonne capacité de passe (courte et longue) mais pour ça il y avait déjà Didi. Zito apportera un réel équilibre à l'équipe.

Quant à De Sordi, aussi incroyable à ce que cela puisse paraître, il était le titulaire et a joué tous les matchs sauf la finale car il s'est blessé en demi-finale. Sauf qu'historiquement tout le monde l'a zappé et on pense que Djalma était titulaire de bout en bout (ce sera le cas en 62), hé bien non! Un peu de justice pour ce pauvre Nilton qui est champion du monde à part entière (et qui nous a quitté il n'y a pas très longtemps non plus).
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
D'ailleurs, petite question à ce sujet Dip (ou Fred), toi qui connais bien le foot brésilien des 50's :
Dino Sani avait exactement le même rôle que Zito dans le 4-2-4 de Feola ? Parce qu'à partir du 3e match de poule, la répartition des tâches au milieu était assez claire : Zito s'occupait de la récupération et Didi de la création.
Je te demande ça car il me semble que Dino Sani était un milieu plutôt créatif et offensif à Sao Paulo ou avec le Milan de Rocco (le vrai meneur de jeu était Rivera mais ce sont plutôt le Trap et le Péruvien Benitez qui étaient chargés des tâches défensives)...
Ceci dit, la réponse me semble assez évidente puisque dans le milieu à deux, il fallait forcément un récupérateur pour laisser Didi mener le jeu.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Ahah tu as devancé ma question Dip (voir mon com ci-dessus) ! ;)
Ce commentaire a été modifié.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Dans tous les cas, coaching génial ! faut dire qu'avec un tel matos, c'est plus simple.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Hypothèse d'école: avec un seul récupérateur, Ngolo Kante ? que faites-vous de Pogba, Rabiot et Matuidi ?
Sûr qu'avec un tel matos c'est plus simple! On s'extasie souvent devant le Brésil 70 mais y'a débat avec celui de 58 qui à mon sens est beaucoup plus équilibré (Bellini - Orlando c'était autre chose que Brito - Piazza, qui en plus était milieu def), dans cette équipe Mauro Ramos et Zozimo (la paire de 62) étaient quand même remplaçants! Bon, en fait il ne leur manquait qu'un Rivelino :)

Quant à Dino, oui, il avait commencé comme inter à Sao Paulo, il n'a cessé de reculer depuis. Grosso modo il pouvait jouer milieu offensif ou défensif mais toujours avec le même rôle de meneur de jeu qui défendait un minimum et organisait tout dès que l'équipe avait la balle, ce qui faisait clairement doublon avec Didi en 58. A Milan, Dino était déjà en déclin physiquement et il était assez intelligent pour s'en rendre compte de lui même, d'où son retour aux Corinthians (je crois) par la suite.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
En tout cas, on parle souvent davantage des Seleçao 70 et 82 mais le Brésil 58, quelle équipe !
A l'époque, le Brésil avait vraiment un réservoir offensif hallucinant quand tu vois que Feola s'est permis le luxe de laisser à la maison des joueurs du calibre de Julinho, Canhoteiro, Quarentinha ou Evaristo ! Pourtant, ces quatre-là auraient été titulaires dans 90 % des sélections...
Ce commentaire a été modifié 2 fois.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Oui c'est pas faux, il ne leur manquait qu'un grand ailier gauche (je ne suis pas un grand fan de Zagallo, je l'avoue) pour faire le pendant de Garrincha.
Pourtant, le Brésil disposait pourtant à l'époque de deux superbes ailiers gauches : Pepe de Santos, et Canhoteiro, le virtuose de Sao Paulo. Pour moi, ces deux-là étaient supérieurs à Zagallo mais je pense que Feola avait privilégié un profil plus travailleur et plus apte au replacement défensif...

EDIT : Je répondais à ton dernier com Dip (sur le fait qu'il leur manquait un Rivelino), mais j'ai l'impression que la citation n'a pas marché...
didier gomis Niveau : CFA
Note : 3
Les gars vous vendez du rêve comme à chaque fois sur ce site ! Merci !
Zagallo n'avait pas un style folichon certes mais était un maillon clé dans cette équipe pour tout l'abattage qu'il effectuait au milieu et en attaque à gauche. Et techniquement il était très fort aussi, il avait simplement un style plus sobre, à l'européenne et puis c'est l'un des premier a avoir eu ce profil d'ailier reculé à l'époque. En terme de style, comparé à Garrincha à droite, c'était effectivement le jour et la nuit.
Garrincha ne défendait pas du tout et donc tactiquement c'était Zito qui compensait sur son côté droit, tandis que Zagallo faisait de même à gauche avec Didi et Nilton Santos qui, tous les 2, n'hésitaient pas à participer à l'attaque. Au final ces différents profils de joueurs équilibraient l'équipe. Pepe ou Canhoteiro à gauche, ça ne l'aurait pas fait tactiquement, c'est sans doute pour cela que Pepe a fait banquette pendant les 2 coupes du monde et que Canhoteiro n'a pas été pris. A Santos par exemple, Pepe ne défendait jamais non plus. Et puis comme tu le dis, le réservoir était tel que Feola pouvait se permettre de tels choix.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Vu qu'on parle de foot brésilien, je me permets à nouveau un petit coup d'autopromo en postant quelques portraits de joueurs cités plus haut, copés-collés depuis mon top des absents sudam. Je sais que ça intéressera certains. ;)

-ZITO
Étonnamment, Zito est rarement cité lorsqu'on évoque les grands joueurs brésiliens de la fin des 50's et de la première moitié des 60's. Pourtant, il fut de tous les succès des deux équipes de sa vie : double champion du monde (1958 et 1962) avec la Seleçao, inscrivant même un but en finale du Mondial chilien ; multiple champion du Brésil, double vainqueur de la Libertadores et de la Coupe Intercontinentale (1962 et 1963) avec Santos. Remplaçant au début du Mondial 1958, Zito va prendre la place du milieu de Sao Paulo Dino Sani à partir du troisième match de poule face à l'URSS – après un nul décevant contre l'Angleterre – pour ne plus jamais quitter le onze brésilien. Son relatif déficit de notoriété est sans doute dû en partie à son profil tranchant avec les éternels clichés du joga bonito associés au foot auriverde : un récupérateur infatigable, capable de mettre le pied quand il le fallait, mais également doté d'une très bonne qualité de passe et d'une technique aussi sobre que complète (on pourrait le comparer à Dunga ou Deschamps). En sélection, il était l'unique milieu défensif du 4-2-4 brésilien, chargé des tâches de l'ombre pour permettre à Didi, son partenaire inamovible du milieu, de dicter le jeu et l'animation offensive. Mais qu'on ne s'y trompe pas : les succès du Brésil et de Santos lui doivent beaucoup !

-JULINHO
Avant l'émergence de Pelé et Garrincha, Julinho a été l'un des plus grands joueurs brésiliens des 50's. Ce fantastique ailier droit, aussi vif et créatif (il était connu pour ses feintes imprévisibles et ses dribbles déroutants) que buteur, a malheureusement manqué le train de la victoire en sélection. Il ne participa en effet qu'à la Coupe du monde 1954 avec la Seleçao – dont il fut l'incontestable leader sur les terrains suisses – et à la Copa America 1953, battu en finale par le Paraguay malgré cinq buts inscrits durant le tournoi. Pour le Mondial 1958, il s'était mis de lui-même hors-jeu, ayant rejoint la Fiorentina trois ans plus tôt : grand seigneur, Julinho avait refusé de prendre la place de joueurs évoluant au Brésil, estimant que c'était à eux de représenter la Canarinha. Il laissa ainsi la place à son successeur, un certain Garrincha. Mais Julinho fut surtout le premier Brésilien à devenir une star en Europe, s'imposant comme l'idole des tifosi de la Viola qu'il mena au Scudetto 1956 puis en finale de la C1 1957, victime d'un arbitrage pour le moins partial face au Real. Aujourd'hui encore, il est reconnu comme l'un des deux ou trois meilleurs joueurs de l'histoire de la Fiorentina. Il retourna ensuite terminer sa carrière à Palmeiras. Aux côtés de Djalma Santos, Zequinha et Chinezinho entre autres, il s'affirme comme le moteur offensif du Verdao, qu'il guide vers un premier titre de champion du Brésil en 1960, avant l'épopée en Copa Libertadores 1961, seulement stoppée en finale par le grand Peñarol.

-PEPE
En parlant de foudre, voici un autre grand canonnier brésilien : Pepe, dont la frappe de balle en fit le digne prédécesseur des Rivelino, Nelinho, Eder, Branco, Roberto Carlos et autres Adriano. Le légendaire ailier gauche de Santos était réputé pour pouvoir marquer avec son pied gauche dans tous les angles possibles et avec toutes les surfaces : coup de pied, intérieur, extérieur... Mais son arme de prédilection restait la frappe en force. Ses coups-francs surpuissants faisaient si peur aux joueurs placés dans le mur adverse que ces derniers se protégeaient quasi systématiquement la tête et l'estomac. En sélection, Pepe a la particularité d'être double champion du monde (1958 et 1962) sans avoir disputé la moindre minute de jeu, en Suède comme au Chili. Sur l'aile gauche, Vicente Feola puis Aymoré Moreira lui préféraient Zagallo, au profil plus défensif et travailleur, tandis que l'axe de l'attaque était alors la chasse gardée de Pelé et Vava, voire Amarildo en 1962. Qu'à cela ne tienne, Pepe eut son heure de gloire avec le mythique Santos des 60's, formant avec Pelé, Coutinho, Mengalvio et Dorval un inoubliable quintet offensif qui terrorisa les défenses du monde entier. Il s'y forgea un palmarès monumental, en étant notamment un acteur majeur du fameux double doublé Libertadores-Coupe Intercontinentale en 1962 et 1963 (il inscrivit le dernier but du mémorable succès 5-2 du Peixe à Benfica, ainsi qu'un doublé face à l'AC Milan l'année suivante).

-HIDERALDO BELLINI
Décédé en 2014, Hideraldo Luis Bellini restera pour toujours dans les livres d'histoire du football : premier capitaine brésilien champion du monde, en 1958 – huit ans après le Maracanaço –, il fut aussi le premier capitaine à brandir le trophée Jules Rimet vers le ciel, après sa remise. Défenseur central emblématique du Vasco de Gama dans les 50's, il remporte aux côtés de son pote Vava trois championnats d'Etat ainsi que le tournoi Rio-Sao Paulo, ancêtre du championnat national, en 1958. Lorsque débute le Mondial suédois de 1958, Bellini est capitaine depuis un an de la Seleçao. Il dispute tous les matchs comme titulaire, au sein d'un fabuleux Brésil, resté à jamais dans les mémoires. Il sera de nouveau champion du monde en 1962 mais sans jouer une minute, ayant perdu sa place et son brassard au bénéfice de Mauro Ramos, son éternel concurrent en sélection qu'il remplace justement au Sao Paulo FC, cette année-là. Il tirera sa révérence avec la Canarinha après une troisième et dernière Coupe du monde disputée en 1966. Bellini est représenté par une statue de lui levant le mythique trophée, devant le non moins mythique Maracanã.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 4
La suite (toujours des Brésiliens des 50's/début 60's) :

-CANHOTEIRO
Le « Garrincha de l'aile gauche », comme on le surnommait au Brésil. Quasiment oublié aujourd'hui en-dehors de son pays, Canhoteiro fut pourtant l'une des stars du football brésilien des années 50 et l'un des plus grands dribbleurs de son histoire. Première curiosité, son surnom de « Canhoteiro » que l'on pourrait traduire par « petit gaucher ». Pourtant, il est aujourd'hui admis que José Ribamar de Oliveira, de son vrai nom, était en réalité droitier. Pour mieux comprendre ce sobriquet, il faut remonter à son enfance, dans une petite ville de l'Etat du Maranhão (Nordeste). Selon la légende, son père, qui rêvait de le voir devenir médecin, n'avait rien trouvé de mieux que de lui attacher le pied droit pour l'empêcher de jouer au foot dans la rue. Peine perdue car le petit José se mit alors à utiliser son pied gauche ! Après quelques années dans les divisions inférieures, les exploits de Canhoteiro attirent les recruteurs du Sao Paulo FC. A 21 ans, l'ailier gauche virtuose rejoint le Tricolor dont il devient une idole, humiliant les défenseurs à coups de dribbles et de feintes, associé à la légende Zizinho. Les deux artistes mènent Sao Paulo au titre de champion d'Etat 1957. Indiscutable lors des qualifications, l'ailier gauche paulista, reconnu comme le meilleur du pays avec son homologue de Santos Pepe, semble promis à disputer la Coupe du monde 1958. Pourtant, il n'est pas retenu à la surprise générale, le sélectionneur Vicente Feola lui préférant Zagallo, moins talentueux mais plus apte au replacement défensif. Outre le choix tactique, la presse de l'époque évoque le style de vie jugé trop bohème de Canhoteiro et son goût pour la fête et les boites de nuit. Une vraie blessure pour le joueur qui, après le Mondial suédois, ne sera plus convoqué qu'épisodiquement et décédera en 1974, fauché et alcoolique comme Garrincha...

-MAURO RAMOS
Capitaine du Brésil 62, Mauro Ramos fut peut-être le premier défenseur central brésilien à s'approcher du légendaire Domingos da Guia, grâce à son style élégant, son port altier et son toucher de balle. Pourtant, si ses qualités ont été très tôt décelées, sa carrière a véritablement pris son envol sur le tard, à la trentaine passée. Dans les années 50, le défenseur central du Sao Paulo FC (avec qui il remporte quatre championnats paulistas) est ainsi le remplaçant en sélection des Bellini, Pinheiro et Orlando. Convoqué pour les Coupes du monde 1954 et 1958, il décroche son premier titre de champion du monde sans entrer en jeu. Mais Mauro Ramos va connaître son heure de gloire dans les 60's. Au Mondial 1962, il prend le brassard et la place de titulaire à son éternel rival Bellini et devient le deuxième capitaine brésilien à brandir le trophée Jules Rimet. À 32 ans, Mauro Ramos est alors au sommet de sa carrière. Transféré à Santos en 1960, il s'impose dans l'axe central de la meilleure équipe au monde, menée par son fameux trio Pelé-Pepe-Coutinho. Le Peixe est intouchable : cinq championnats du Brésil consécutifs de 1961 à 1965 et surtout deux fabuleux doublés Libertadores-Coupe Intercontinentale en 1962 et 1963. Santos met d'abord fin au règne de Peñarol, double tenant du titre, en Libertadores, avant de terrasser le Benfica d'Eusebio puis remet le couvert l'année suivante en dominant successivement Boca Juniors et l'AC Milan. Mauro Ramos finira sa carrière à Toluca en 1968, remportant un dernier titre, le championnat du Mexique.

-QUARENTINHA
Sans conteste l'un des grands goleadores brésiliens des années 50 et 60, malgré une carrière au léger goût d'inachevé. D'un côté, Quarentinha reste une icône éternelle de Botafogo, dont il est encore aujourd'hui le meilleur buteur avec 313 buts. Avant-centre du club alvinegro entre 1956 et 1965, il vit la période dorée de Botafogo, aux côtés notamment de Manga, Nilton Santos, Didi, Garrincha, Zagallo, Amarildo puis Gerson. Une équipe fantastique, qui compte alors parmi les meilleures du Brésil et d'Amérique du Sud. Quarentinha finit trois fois consécutivement meilleur buteur du championnat carioca, de 1958 à 1960, et remporte trois championnats de Rio et deux tournois Rio-Sao Paulo. Un palmarès qui aurait pu être enrichi sans la concurrence de Santos, grand rival brésilien du Glorioso à l'époque. Le Peixe se trouve ainsi souvent sur sa route, comme lors de la Copa Libertadores 1963 où un Botafogo alors invaincu doit plier en demie face au club de Pelé. Outre son terrible pied gauche, Quarentinha était connu pour ne jamais célébrer ses buts, chose qu'il justifiait en expliquant qu'il était payé pour cela ! Il finira sa carrière en Colombie, gagnant dans ses trois clubs de l'America Cali, Deportivo Cali et Junior Barranquilla le surnom d'« El Maestro ». Mais de l'autre côté, son expérience avec le maillot auriverde s'avéra terriblement frustrante. Avec 17 buts en 17 sélections, Quarentinha possède l'un des meilleurs ratios de l'histoire de la Seleçao. Pourtant, il n'a jamais pris part à une Coupe du monde, non retenu en 1958 et 1962. Son absence du Mondial chilien reste d'ailleurs son plus grand regret : pressenti pour être sélectionné, il est victime de l'énorme concurrence à son poste mais surtout d'une blessure au genou droit qui le privera d'un titre de champion du monde. Quarentinha est mort d'insuffisance cardiaque en 1996, à 62 ans.

-EVARISTO
Immense attaquant brésilien des années 50 et 60 – sûrement l'un des meilleurs qu'ait connu le Brésil - mais pas vraiment reconnu à la hauteur de son énorme talent. La faute en partie à la faible couverture télévisuelle de l'époque ainsi qu'à son palmarès vierge en sélection. Pourtant, Evaristo de Macedo était un précurseur à plus d'un titre : parmi les premiers footballeurs auriverde à s'imposer en Europe (avec Julinho et José Altafini), il fut aussi la première star brésilienne du Barça, ouvrant la voie aux Romario, Ronaldo, Rivaldo, Ronaldinho, Dani Alves et Neymar. Révélé sous le maillot de Flamengo, avec qui il empoche trois championnats d’État, ce Carioca d'origine explose avec la Seleçao lors de la Copa America 1957. Auteur de huit buts, dont un mémorable quintuplé face à la Colombie, Evaristo plane sur le tournoi dont il termine deuxième meilleur buteur. Paradoxalement, cette performance lui ouvre les portes de la Liga et du Barça, à l'été 1957, mais marque également la fin de sa carrière internationale – à cause de l'éloignement géographique – à un an du Mondial 1958. A Barcelone, Evaristo débarque dans un effectif XXL coaché par Helenio Herrera, aux côtés de Luis Suarez, Kubala, Kokcis et Czibor. Titulaire indiscutable, l'attaquant brésilien enfile les buts et les titres : deux Ligas et deux Coupes des villes de foire. Il brille également en C1, en particulier lors de la campagne 1960-1961 : il marque six buts et permet notamment au Barça de sortir le Real en 8e, puis inscrit le but décisif face à Hambourg en demie. Mais le Barça subira la loi de Benfica en finale. Transféré au Real à l'été 1962, Evaristo s'y montre moins à l'aise mais ajoute néanmoins deux autres Ligas à son palmarès. Une carrière en club monumentale, qui laisse tout de même quelques regrets pour la Seleçao : Evaristo n'aurait sûrement pas dépareillé avec les Pelé, Garrincha et Vava...
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Un seul mot: magnifique !!
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Quitte à titiller les idolâtres de la MSN, est-ce qu'on peut faire mieux que la triplette Pelé-Pepe-Countinho ? au Real, les hongrois ? à débattre.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Il faut voir et revoir (le manque de replays c'est frustant) la finale Barça-Benfica de 61 pour comprendre ce que le mot poisse signifie.
Dire qu'après cette finale, ils ont du attendre 30 ans pour enfin gagner cette C1; le Real en avait déjà 6 dans sa besace.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Complètement débile: je n'ai droit qu'à 1+ par jour; sinon je te collerais +50.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Une ITW de Bernard Morlino (né en 1952) supporter de MU et de l'OGC Nice.
Dimanche 6 février 2011, j’ai passé un bon moment avec Kopa, dans les locaux de France-Télévisions. Les interviews improvisées sont mes préférées. Evocation de Maradona, Anquetil, Messi, Iniesta, Puskas, dopage, sa suspension, son combat pour la liberté de travail des joueurs…
Avant le tirage au sort -l’OGCNice m’avait demandé de représenter le club- j’ai parlé 30 minutes avec Raymond Kopa. Je suis arrivé à l’avance à France 2 car je savais qu’il était invité. Il est arrivé lui aussi avant le début de l’émission (Stade 2)…
Raymond Kopa est venu avec sa femme, l’une de ses filles et une forte délégation rémoise (7 me semble-t-il). J’ai pu parler à battons rompus avec le Ballon d’Or 1958. J’ai été frappé d’emblée par sa petite taille. Petites jambes aussi.
-C’est un grand moment de rester avec vous… (je lui dis ça tout en observant son fameaux doigt sectionné par un wagon dans la mine.)
-Vous êtes gentil… Vous êtes Niçois ?
-Oui!
-Alors dites moi qui a marqué lorsque vous avez gagné contre le Real Madrid ?
-Un triplé de Vic Nurenberg!
-Ah! vous êtes un vrai niçois!
-Je suis impressionné de voir votre doigt: la mine…
-Je m’en suis bien tiré. J’aurais pu y laisser la main.
-Comment allez-vous ? Votre genou…
-Pourquoi me parlez-vous du genou ?
-J’ai lu qu’une opération était prévue…
-Non, non. J’ai eu une opération à la hanche. Ca va maintenant..(Kopa parle vite, très vite. Les yeux très perçants.)
-Enfant, j’ai été marqué par la mort de votre fils. A l’époque on parlait moins de football qu’aujourd’hui, mais je n’ai jamais oublié la mort de votre fils. Je me disais que cela pourrait être moi. J’avais quasi le même âge que lui… Je me souviens aussi que la FFF vous a suspendu à ce moment-là… Le sélectionneur vous avez allumé dans les médias alors que vous me parliez pas de la très grave maladie de votre fils…
-Puisque vous me parlez de ces moments tragiques, sachez que je me m’entendais pas avec le sélectionneur [Georges Verriest] qui me critiqua dans les journaux alors que mon fils était en train de mourir… Ils m’ont suspendu 6 mois…
-Et votre combat pour que les joueurs cessent d’être des “esclaves” afin de pouvoir quitter leur club d’origine… A ce propos qui a amorcé ce combat, vous ou Fontaine et N’Jo Léa ?
-C’est moi… Et aujourd’hui, je le regrette presque parfois ! Avant, le joueur appartenait à vie à son club et aujourd’hui les contrats ne veulent plus rien dire.
-Je vous donne ma liste des dix plus grands joueurs: Pelé, Di Stefano, Puskas, Cruyff, Maradona, Beckenbauer…
-(Il me coupe) Enlevez le dopé. D’accord sur le début de la liste mais enlevez-moi vite le dopé…
-Vous parlez de Beckenbauer car il y a pas de mal de suspicion autour de la sélection allemande: 1954, 1982… ?
-Non pas lui, l’autre ?
-Maradona… Vous n’aimez pas Maradona!
-L’homme… L’homme est un minable. Tout ce qu’il a fait, c’est honteux. Pour être un grand joueur, la qualité de l’homme compte aussi.
-Et son talent vous laisse indifférent ?
-Son fameux but de 1986 quand il dribble tout le monde…. Au départ de l’action, il avait deux possibilités de passes sur des partenaires. Au lieu de les servir, il n’a pensé qu’à lui et il est parti tout seul..
-Vous ne pouvez pas dissocier le joueur de l’homme et vice-versa ?
-Non, c’est pour cela que mon joueur préféré c’est Ferenc Puskas…
-Moi aussi je le place au sommet.
-Quand il a signé au Real Madrid la presse espagnole l’appelait “le major bedonnant” et non plus le “major galopant". J’ai averti les journalistes qu’un joueur de classe ne perd jamais sa classe. Ses deux premières années au Real, il a fini deux fois meilleurs buteurs! Vous savez Ferenc faisait peur aux défenses quand il avait le ballon à 35 mètres de la cage. Au plan humain, il accueillait chez lui les réfugiés politiques. Son appartement étaient toujours plein de réfugiés! A sa mort, je n’ai pas pu aller à son enterrement: je suis tombé soudainement malade… Impossible de bouger. Rétabli, je suis allé me recueillir sur sa tombe. Puskas était mon idole et j’ai joué avec lui. Vous pouvez imaginer ce que cela représente pour moi…
-Oh oui, très bien…
-Pour vous c’est quoi un grand joueur ? me dit-il du tac ou tac. (Comme je vous l’ai dit, Kopa est d’une vivacité inouie…)
-D’abord, il faut qu’il gagne. Le fait de participer, comme l’a dit Coubertin, me m’intéresse pas.
(Là, il me tend la main pour me la serrer…)
-… disons qu’il faut la classe + le palmarès + les qualités humaines…
-Ah! vous pensez comme moi! Donc le Ballon d’or 2010 vous l’auriez donné à qui?
-Pas à Messi, ah! ça non…
(Il me ressert la main)
-Moi, non plus car il n’a rien gagné d’important vu son niveau.
-Je l’aurais donné à Iniesta ou Xavi.
-Moi aussi, me dit-il. A Iniesata en priorité. Lui a les trois qualités alors qu’en 2010, Messi n’a pas le palmarès réclamé. Il y a eu plus performant que lui…
-Vous parliez du dopage… les deux héros de mon enfance furent Anquetil et vous-même. Anquetil a dit qu’il se dopait, cela n’enlève rien à l’admiration que j’ai pour lui… Chez moi on était pour Anquetil et non pas pour Poulidor… La presse a tué le cyclisme ! Blondin, lui, n’a jamais parlé du dopage d’Anquetil.
-Anquetil était mon ami. On était très proche. Je sais tout de lui. Dans le cyclisme vous savez comment cela se passe. Alors Jacques… mais les courses, il les gagnait !
-Avez-vous conscience d’avoir eu un parcours exceptionnel même s’il vous manque la Coupe du monde?
-J’ai joué dans la meilleure équipe du monde de mon temps. Le Real Madrid était au sommet et j’ai participé à la maintenir au sommet.
-Pour parler d’aujourd’hui, êtes-vous pour ou contre le retour d’Evra en équipe de France?
-Ce qu’ils ont fait l’été dernier est vraiment minable. On ne peut pas faire ça!
-Oui, mais comment peut-on frapper d’interdiction Evra alors que d’autres ont été réintégrés ? Ce n’est pas juste. Les responsables furent le staff, tous les dirigeants. Avec Ferguson, Evra n’aurait pas bougé le petit doigt. Il est impossible de fermer les yeux sur Lloris et cie tout en punissant à vie Evra…
-Vu comme ça, vous avez raison…
-Je voudrais vous parler de Jean Snella et d’Albert Batteux… Mekhloufi a dit qu’il préférait Snella car il parlait plus directement de football alors que Batteux parlait beaucoup de tableau noir…
-Ah bon, il a dit ça…
-Oui, oui…
-Vous savez mes liens avec Batteux…
-Mekhloufi… Ce fut un grand joueur…Vous êtes d’accord ?
-(Kopa opine du chef, sans rien dire d’autre)
-Et Joseph Ujlaki, que j’aime aussi ?
-Oui… mais bon il était spécial….
La conversation s’interrompt, je n’ai plus le temps de lui parler de la rivalité au même poste entre Mekhloufi, Ujlaki et lui-même…
(A ce moment-là, arrive le président de Reims. Celui-ci offre une bouteille de champagne à “Tchouki” Djorkaeff qui est le responsable de la Coupe de France à la FFF).
Kopa intercepte la bouteille et rapproche ses yeux de l’étiquette avant de la rendre à Djorkaeff, en disant:
-"Tu peux être tranquille, c’est une bonne bouteille! “
Sacré Kopa! On sent sa propension à diriger. Un chef naturel. Djorkaeff, lui dit:
-"Tu sais on a joué ensemble une fois…”
Kopa l’arrête:
-"Tu veux dire l’un contre l’autre!".
Djorkaeff: “Oui, oui, bien sûr".
Et alors Kopa, magnanime: “Tu te rappelles du score…”
Djorkaeff: “On a perdu…”
Kopa, du tac au tac: “Je ne te le fais pas dire!”
Raymond Kopa reste un gagneur dans l’âme même plus d’un demi-siècle après ce match.
Un Reims-Lyon a coup sûr.
Djorkaeff a interrompu notre discussion.
C’était l’instant d’aller sur le plateau de Stade 2, en direct.
Après le tirage, Kopa a dit qu’il était satisfait de l’affiche Reims-Nice. Un peu trop satisfait.
C’était en fin d’émission.
D’habitude on interroge les représentants du club après chaque tirage, cette fois c’était une façon d’opérer très anarchiste.
Pendant l’interruption entre les sujets, j’ai bien surveillé que personne ne touche les boules. Personne ne les a touchées quand il n’en restait plus que 4.
Voyant que le temps filait et que le présentateur allait zapper ou moins trois réprésentants de clubs, j’ai demandé a avoir la parole (je sais comment ça marche), surtout que Kopa a expliqué avoir plus peur de Chambéry que de Nice:
-"Bien sûr je respecte Monsieur Kopa mais attention Reims-Nice, affiche rétro au parfum nostalgique, comprend l’OGCNice qui est aussi un grand club. Si Reims à Kopa, nous avons Antoine Bonifaci. Croyez-moi, nous serons présents !” Estimant avoir dit l’essentiel, j’ai passé le micro aux autres représentants qui n’avaient pas osé réclamer leur temps de parole… Je voulais être équitable car je sentais qu’ils étaient aussi contrariés de n’avoir pas été invité à s’exprimer.
Hors caméra, Kopa m’a alors fait signe, en levant son pouce et m’a dit:
-"On vous attend…”
Je lui ai dit tout sourire: “On sera là, croyez-moi…”
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
Les amis, vous êtes formidables, Freddy, Dip (quel plaisir de te recroiser !) et MONSIEUR Alain Proviste !

Zito, comment oublier ce piston essentiel du dispositif auriverde ? Et Pepe !
Je ne connaissais pas l'anecdote sur le père de Canhoteiro, c'est tellement génial que j'ai envie d'y croire !

Content que tu évoques aussi Quarentinha, l'homme qui ne célébrait jamais ses buts ! Une authentique légende alvinegra. Avec Garrincha et Amarildo, ils formaient l'attaque rêvée de l'esquadrao imortal.
Des belles images décontractées de cette formidable équipe, ils n'y font rien d'exceptionnel, ils s'amusent en bord de plage, mais certains ralentis merveilleux permettent d'apprécier la majesté des extérieurs de Didi ou la conduite de balle de Mané :

https://m.youtube.com/watch?v=9qqVhlGHU6o
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Freddy,

mille mercis pour cette interview qui m'a collé des frissons. Quel superbe entretien. Il n'y dit rien de fondamental, mais la tension et l'exigence qu'on sent dans son attitude offrent un portrait merveilleux de l'homme.
Super interview, merci!
Salut Alegria! Le plaisir est partagé ;)
Ce commentaire a été modifié.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Une suite pour vous.

L’affichette, une simple photocopie A4, annonçait:
Raymond Kopa fera une séance de dédicaces à Auchan (Soisy-sous-Montmorency, Val d’Oise) pour présenter son livre LE KOPA, entre 10 h et 19 h.”
J’y suis allé, à 10 h 45.
Il était là, assis, habillé avec une veste. Simple et élégant.
J’ai attendu qu’il signe deux livres et je me suis présenté:
-"Bonjour. On s’est vu au tirage de la Coupe de France. Je représentais l’OGCNice…”
Lui: “Ah! c’était vous… Comment allez-vous ?”
On commence à parler et il me demande de m’asseoir à côté de lui.
Des gens arrivent:
-"C’est vous Kopa ?”
Lui: “Non je suis son frère…”
L’humour aiguisé, il a l’oeil bien brillant, pétillant même.
Une monsieur lui dit:
-"Le football conserve bien…”
Lui: “C’est ce que dit ma femme…” Et v’lan encore un trait d’esprit.
Entre plusieurs visiteurs, on arrive à un peu parler.
Quand il signe d’une belle écriture avec un feutre noir, il demande aux gens d’attendre 10 secondes avant de refermer le livre.
Je me propose de souffler. Il ne rate pas l’occasion de dire:
-"Vous avez vu. Auchan a mis un souffleur à ma disposition. Comme au théâtre…”
J’ai l’impression d’être Piantoni et de former un milieu de terrain avec lui.
Il m’offre un beau cadeau de Noël.
Des gens passent sans le regarder, comme quand je me promenais dans Paris avec Philippe Soupault.
Je vous livre en vrac quelques instants qui me reviennent:
Lui: “Le meilleur Français actuel ? Nasri…”
Moi: “Il n’est pas constant… A Manchester City, il n’est pas titulaire… Le plus constant c’est Lloris. Un gardien. De trois grands joueurs de champ - Vous, Platini et Zidane- on a reculé au gardien…”
Lui: “Quand en 1953, j’ai assisté à Wembley à Angleterre-Hongrie (8-3), Puskas est devenu mon idole.”
Lui: “La génération de 1998 nous a balayé complétement des médias…”
Lui: “En 1998, il vaut mieux que la France n’ait battu le Brésil que 3-1: un score fleuve aurait fait jazzer…”
Lui: “J’aimais dribbler mais dribbler cela est impuissant. Vous en faîtes un pour effacer un adversaire, puis un autre où vous résistez à une charge, au troisième vous êtes très essouffé… C’est pour cela qu’il faut des bons joueurs devant vous pour qu’ils se démarquent bien et ne gaspillent pas votre énergie. Un caviar perdu n’est pas retenu dans la mémoire. Avec Fontaine c’était bien, je savais qu’il ferait les bons appels…”
Lui: “J’ai horreur du grand n’importe quoi. Aussi ne me parlez pas du comportement des joueurs français en Afrique du Sud en 2010…”
Lui: “Antoine Bonifaci aurait dû faire la Coupe du monde 1958 si ses dirigeants italiens l’avaient laissé venir en Suède. Moi aussi j’ai failli ne pas la faire car je ne croyais pas que le Real Madrid allait me laisser prendre le risque d’une blessure…”
Lui: “Je m’attendais à mieux du Real Madrid lors du dernier clasico mais bon… Barcelone c’est la qualité supérieure. Un jeu de passes haut de gamme. Xavi et Iniesta sont aussi fantastiques que Messi. Iniesta méritait le Ballon d’or en 2010. Il fait gagner l’Espagne en finale de la Coupe du monde… Les petits, ils ne sont pas mauvais, hein [clin d’oeil, car il mesure 1 m 69].”
Une dame est venue a un moment donné pour dire:
-"Bonjour Monsieur Kopa. Je suis la petite-fille de Maurine Cottenet, l’ancien gardien de but de l’équipe de France des années 1920…”
Moi: “Ah! oui, votre grand-père à joué 18 fois en sélection mais pardonnez-moi d’être direct: il a encaissé 79 buts lors de ses matchs internationaux…”
Raymond Kopa n’a pas entendu ce que je disais tout occupé à signer des autographes à tour de bras.
Un homme d’origine congolaise, très poli, lui a demandé d’écrire:
-"A PCA qui a connu les trois plus grands 10 de l’équipe de France…”
Ce demandeur d’autographe a confié en partant:
-"Monsieur Kopa, je sais mesurer votre dimension dans le football. Je sais très bien qui vous êtes…”
Kopa souriait quand on lui disait ce qu’il fallait écrire.
Il aime terminer sa dédicace avec cette formule: “En souvenir de la belle époque.”
Lui: “J’ai combattu pour que cesse l’esclavage dans le football. Jadis les dirigeants nous faisaient signer à 17 ans et nous gardaient jusqu’à 35 ans. J’exagère à peine. Aujourd’hui, c’est le contraire: nous voici dans la liberté sans contrainte. On est passé d’une exagération à un autre comportement extrême.”
Quand des gens voulaient une photo avec lui c’est moi qui devenait photographe.
Kopa n’a pas voulu faire une pause déjeuner pour ne pas casser le rythme.
Il voulait signer 150 livres. Il a atteint l’objectif.
A 14h, je suis allé lui offrir un sandwich Paul au jambon parce que ceux d’Auchan “ont trop de mie".
Il voulait de la baguette et un jus d’orange.
Beaucoup de dames se sont arrêtées pour acheter l’un des livres qu’elle faisait signer.
Des jeunes sont venus aussi.
Je l’ai tenu au courant du score des deux matchs de L2 qui se jouaient:
Clermont 1-2 Boulogne-sur-Mer et Le Havre 2-2 Monaco.
Supporter de Reims, il conserve intacte sa passion. Il était hyper content de la défaite de Clermont qui permet à Reims d’être deuxième à trois points du leader, Clermont.
Un monsieur lui a demandé: “Quel est votre équipe préférée ?”
Le cri du coeur de Kopa: “REIMS ! REIMS !”
Une jeune homme, tout timide:
-"C’est vrai que vous avez eu le Ballon d’Or ?”
Kopa sourit et lui montre la photo de son Ballon d’Or 1958…
Le jeune homme poursuit:
-"Vous jouiez dans quelle équipe ?”
Kopa: “Au Real Madrid ! Tu es bien le seul à me le demander…”
Le jeune homme fit deux pas en arrière:
-"QUOI ! Au Real ! Comme Zidane !”
Dès qu’un enfant s’approchait de lui, il redoublait d’attention et de gentillesse.
Il leur demandait aussi de ne pas froisser les pages de l’album consulté
Lui à moi, en douce: “Il faut éduquer les jeunes. Rien n’est plus important.”
Kopa me confia que Zidane était toujours très gentil avec lui quand il le voyait.
J’ai demandé à Kopa s’il était chef dans les vestiaires, à Reims ou en Suède:
-"Pas besoin, il y avait Albert Batteux… Sur le terrain, c’était autre chose. On était seul. Là il fallait bien décider qui fait quoi dans le match… Au Real, on eut pour entraîneur Carniglia mais ensuite avec Di Stefano et mes partenaires vous savez on savait très bien ce qu’il fallait faire pour gagner. En trois ans, je n’ai perdu qu’un match: le derby contre l’Atlético !”
Moi: “Et Piantoni, c’était un sacré joueur tout près de vous…”
Kopa: “Quel pied gauche! Magnifique joueur. Quel buteur ! Comme j’ai déclaré un joueur qu’il était parfois inconstant, il m’en a voulu… Cela me chagrine mais aux entraînements, il se livrait moins que moi. Il m’arrivait de le chercher alors que j’étais devant. Si on ne peut plus rien dire sur ses amis alors…”
Moi: “Et Platini, dirigeant de l’UEFA ?”
Kopa: “Ce n’est pas mon truc ça. Platini est toujours attentif à mon égard. Je n’ai pas à me plaindre de lui. Quel tireur de coup franc ! Il a beaucoup apporté au football. En 1982-1986, ils avaient un belle équipe. Giresse c’était quelqu’un aussi.”
Tout à coup, il me dit:
-"Je ne suis pas sûr de rester dans le souvenir des gens… Fontaine, oui, grâce à son record de 13 buts lors d’une seule Coupe du Monde, celle de 1958…”
Moi: “Vous rigolez ! Vous êtes historique comme Platini, Zidane. Vous êtes un des plus grands sportifs français en compagnie d’Anquetil, Bobet, Hinault, Killy, Jazy, Mimoun, Cerdan, Carpentier…”
Lui: “Français de Pologne…” dit-il avec un large sourire.
Moi: “Oui, oui, comme Bruno Rodzik…”
Concernant la commercialisation de son nom- domaine où il a été pionnier- il m’a confiée:
-"Pour faire plaisir, j’allais parfois faire acte de présence dans un magasin d’une ville en France. J’ai dû stopper. J’ai été taxé de favoritisme. Je ne pouvais pas aller dans tous les magasins. Je choisissais sans but délibéré. C’est ainsi que j’ai dû renoncer au contact avec le public. J’ai dû me contenter de l’après-match. Vous avez vu comme les gens sont gentils avec moi ? J’ai arrêté de jouer pro il y a quasi 50 ans. Il achète l’album, à presque 25 €. C’est une somme. Ce n’est pas rien. Il faut les donner en temps de crise…”
Et là je regarde la main de Kopa, celle avec le doigt coupé, suite à une blessure quand il travaillait au fond de la mine.
Une dame est venue, juste pour lui dire:
-"Vous êtes autre chose qu’Anelka et Ribéry ! Bravo Monsieur Kopa !”
Lui: “Heureusement que ma femme n’est pas là, sinon elle penserait qu’il s’agit d’une de mes anciennes amies…” (rires)
A 17 h 30, il m’a dit:
-"Bon, allez-y si vous voulez. Vous m’avez donné un sacré coup de main, en plaçant les livres, en parlant aux gens. Tous les gens croient que nous sommes venus ensemble tant on s’entend bien.”
Voilà pour vous faire un peu profiter de ce que je viens de vivre avec l’un de mes héros.
A 10 ans, je lisais des articles sur Kopa dans L’Espoir, l’édition du soir de Nice Matin.
Quasi un demi-siècle plus tard, je passe une journée avec Kopa.
Un homme s’est avancé et a dit:
-"Je suis très étonné de vous voir là à Auchan… Quand même, vous êtes un si grand personnage de la vie française…”
Lui: “Vous trouvez humiliant ce que je fais ou pensez-vous que je viens faire de l’argent ? Sachez que la modeste part qui me revient je la reverse pour la recherche contre le cancer…”
Raymond Kopa et sa femme ont perdu leur fils Denis, mort très jeune, frappé par le cancer.
En partant, il me dit:
-"Plus tard vous pourrez dire qu
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Voilà pour vous faire un peu profiter de ce que je viens de vivre avec l’un de mes héros.
A 10 ans, je lisais des articles sur Kopa dans L’Espoir, l’édition du soir de Nice Matin.
Quasi un demi-siècle plus tard, je passe une journée avec Kopa.
Un homme s’est avancé et a dit:
-"Je suis très étonné de vous voir là à Auchan… Quand même, vous êtes un si grand personnage de la vie française…”
Lui: “Vous trouvez humiliant ce que je fais ou pensez-vous que je viens faire de l’argent ? Sachez que la modeste part qui me revient je la reverse pour la recherche contre le cancer…”
Raymond Kopa et sa femme ont perdu leur fils Denis, mort très jeune, frappé par le cancer.
En partant, il me dit:
-"Plus tard vous pourrez dire que vous m’avez payé un bon gueuleton!” (rires)
A un moment, dans l’après-midi, je ne sais plus quand, il a dit à un visiteur qui l’interrogeait sur ma présence:
-"Non, il ne travaille pas à Auchan mais je sais que cela lui fait plaisir de rester avec moi".
Cette année, mon Père Noël s’appelle Raymond Kopa.
Raymond Kopaszewski dit Kopa
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
@ Alegria, oui ce Botafogo fin 50's/début 60's, la fameuse "esquadrão imortal", était vraiment une équipe fabuleuse !

S'il existait un "coefficient joga bonito", elle n'aurait été pas loin du maximum... Manga dans les buts, Nilton Santos en latéral gauche, le maestro Didi en meneur de jeu (l'incarnation parfaite du n°10 pour moi), et les quatre monstres devant : Garrincha sur l'aile droite, Zagallo à gauche, et les deux goleadores Amarildo et Quarentinha... sans compter Paulo Valentim (qui deviendra ensuite l'idole de Boca Juniors) jusqu'au début des années 60.

Mine de rien, Botafogo disposait quand même de trois joueurs reconnus unanimement comme les références mondiales à leur poste : Nilton Santos, Didi et Garrincha !

Le Glorioso a juste eu la malchance de tomber à la même période que le Santos de Pelé, qui l'a privé de plusieurs titres potentiels, que ce soit en championnat ou en Libertadores - même si les Alvinegros seront tout de même sacrés champions du Brésil en 1968 avec leur génération suivante, celle des Gerson, Jairzinho, Paulo Cesar et Roberto Miranda.

Au Brésil, j'avoue avoir toujours eu un petit faible pour club, sans doute en partie pour ce petit côté loser romantique qui me rappelle mes Fiorentina et Roma chéries... :)
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Fred, un grand merci pour cette interview !

Et tant que j'y suis, un grand merci à vous tous, les amis : ces discussions sont formidables, quel plaisir de deviser avec d'authentiques passionnés et connaisseurs du ballon rond !

C'est encore pour ça (entre autres) que j'aime venir sur ce site, pas sûr qu'on pourrait avoir les mêmes conversations sur d'autres sites concurrents que je ne nommerai pas (je suis certain qu'on en trouverait quelques-uns pour venir nous dire que Didi est un parfait inconnu)...
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Génial, merci encore Freddy.

Quelle vivacité chez ce bonhomme. Incroyable qu'il connaisse les stats de Cottenet ! Quelle exigence. Cette transcription traduit bien plus l'homme que fut Kopa que tous les portraits qu'on pourra jamais dresser de lui.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Alain, c'est drôle, je m'étais persuadé que tu étais fan du Santos (et franchement, comment te donner tort ?)

Ce commentaire a été modifié.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Alain,
Tu ne crois pas si bien dire. Sur les plateaux de l'Equipe TV, les interventions et hommages des "spécialistes" hormis ceux de quelques anciens comme Duluc et Roustan, viraient au naufrage.
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Alegria, non j'ai beaucoup de respect pour Santos (notamment pour l'équipe sublime des 60's) mais je ne suis pas spécialement un fan.

En fait, je ne suis pas vraiment supporter d'un club en particulier au Brésil. J'ai juste un petit faible pour Botafogo et Flamengo (et j'aime bien les Corinthians période Socrates-Wladimir-Casagrande, pour d'autres raisons, ainsi que l'Internacional des 70's).
Ca prouve bien d'ailleurs que je ne peux pas me considérer comme supporter vu la rivalité existant entre les deux clubs cariocas (même si celle-ci n'atteint pas la dimension d'un Fla-Flu).

Pour tout te dire, mon attrait pour ces deux clubs vient de deux équipes/générations que j'admire : le Botafogo des 60's que je mentionne plus haut et le Flamengo du début des 80's, la superbe équipe des Zico, Junior, Leandro, Mozer, Adilio, Andrade, Nunes, Tita, etc...
Le Flamengo-Liverpool (3-0) de la Coupe Intercontinentale 81 est l'un de mes matchs-fétiches !
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Ceci dit, ça n'empêche pas que j'ai une énorme admiration et estime pour Santos qui fut, avec Peñarol et l'Inter, le plus grand club des années 60 et même davantage : pour moi, le Santos des 60's est tout simplement l'une des plus grandes équipes de l'histoire du football (si on faisait un classement de ce genre, je le mettrais dans le top 5) !
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Quand on pense aux sélectionneurs de l'époque, les Henri Guérin, Georges Verriest, et plus tard Georges Boulogne, on se dit: quelle bande de vieux cons!les fossoyeurs du football français. Que de joueurs au talent gâché ou inexploité, tel Théo, qui faisait partie du carré magique avec Biancheri-Douis et Hidalgo du Monaco de Lucien Leduc: 2 malheureuses petites sélection et puis s'en va.
Il a fallu attendre Kovacs et surtout Hidalgo pour retrouver enfin une Equipe de France digne de ce nom.
56 réponses à ce commentaire.
"OSS 118, nid d’espions" ?? personne ??
.........Ah oui, Raymond !
dizzymusictv Niveau : CFA
Note : 1
rien sur Kopa Tropa ?
Kit Fisteur Niveau : Loisir
Purée le pire c'est que y a rien à dire sur les derniers points... une légende de plus marche sur les pelouses du Valhalla du football aujourd'hui, Garrincha et Cruyff n'ont qu'à bien se tenir !
Bolek03
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:)
 //  06:22  //  Amoureux du Liberia
Les Européens ont découvert, en 58, grâce aux Brésiliens, la frappe avec l'extérieur de la chaussure...
LeMagicienOz Niveau : CFA2
La dernière phrase résume tous.
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