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Trou normand pour l'OM

Ce soir, à 20h45, Marseille se déplace au stade Michel d’Ornano pour défier le Stade Malherbe en quart de finale de la Coupe de la Ligue. En théorie, une promenade de santé pour les Olympiens face à une équipe qui n’a remporté qu’un seul de ses dix derniers matchs en championnat.

Marseille va beaucoup mieux. Le début de saison calamiteux des hommes de Didier Deschamps n’est déjà plus qu’un mauvais souvenir, qui les prive encore de se mêler à la course au titre, mais qui n’a finalement laissé que peu de traces sur le moral des troupes. Les querelles intestines qui opposaient Deschamps à Anigo par voie de presse interposée semblent appartenir au passé, et on a même entendu le bon José tendre la main vers l’entraîneur, la semaine dernière, sans nier l’existence d’un problème qui perdure : « Nous ne sommes pas des enfants. […] On ne sera jamais les meilleurs amis au monde, rien ne nous empêche de parler  » . L’opération de com’ lancée par Anigo pour redorer son blason et offrir un peu de stabilité au club en interne a porté ses fruits (on l’a notamment vu dans le Journal du Dimanche tenter de mettre en avant ses qualités d’homme droit dans ses bottes).

Défibrillation

Mais si la crise qui secouait la cité phocéenne jusqu’au mois d’octobre a pris fin, c’est avant tout parce que les résultats ont mis tout le monde d’accord : six victoires lors des sept derniers matchs, une seule défaite depuis la 7e journée, une qualification héroïque en Ligue des Champions, une remontée de la 20e à la 6e place en championnat (l’OM pointe à neuf points du leader parisien) et une humiliation dans les règles infligée au Paris Saint-Germain. Le Vélodrome a repris des couleurs. Dans le jeu, les Phocéens sont encore irréguliers, mais les bonnes performances de Loïc Remy et de Morgan Amalfitano, l’enthousiasme et la hargne des frères Ayew et le retour fracassant de Mathieu Valbuena à son meilleur niveau ont semble-t-il éclipsé les prestations en dents de scie du milieu de terrain olympien, Lucho en tête.

L’équipe de Deschamps, si lente et si empruntée, et son schéma tactique, qui semblait complètement anachronique au mois de septembre (trop porté sur l’engagement physique et pas assez sur la circulation de balle dans les trente derniers mètres, comme si DD pensait que ce qui lui avait permis d’arracher un titre il y a deux ans pouvait encore fonctionner), se sont soudain trouvés rafraîchis par quelques coups d’éclat, qui eurent l’effet d’une séance de défibrillation. La période des fêtes n’y a rien changé : l’OM est encore dans l’élan de sa fin de première partie de saison canon, et a étrillé le Red Star en coupe de France sans trembler (0-5). Aucun nuage à l’horizon, donc, pour l’Olympique de Marseille, au moment de négocier le quart de finale d’une épreuve dont il a remporté les deux dernières éditions.

Caen cherche ses cadres

En face, le Stade Malherbe, après une poignée de premiers matchs prometteurs en août-septembre, étrenne la célèbre coutume du trou normand : tous les hivers, le SMC s’effondre pendant deux ou trois mois. La dernière victoire des ouailles de Franck Dumas remonte à début novembre… Depuis, plus rien ne tourne rond en Normandie, le temps de passer du confort de la première moitié de tableau aux tréfonds du classement, à deux points du premier relégable. Et comme tous les ans, les Caennais devront lutter jusqu’à la dernière journée pour sauver leur place dans l’élite. Difficile de se consacrer sereinement à la Coupe de la Ligue quand on n’arrive plus à mettre un pied devant l’autre en championnat.

Et sur ce plan, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre dans les rangs de Malherbe. Frau est très loin d’avoir répondu aux attentes placées en lui, Romain Hamouma, révélation de l’année passée aux côtés de Youssef El Arabi, ne parvient pas à retrouver son niveau et n’a inscrit qu’un pauvre petit but en L1, et le jeune prodige Mbaye Niang est relégué sur le banc après une entame de saison délicate. Pire que tout, l’équipe de Franck Dumas ne dispose d’aucun attaquant capable d’empiler les buts. Le meilleur scoreur s’appelle Benjamin Nivet, et il a inscrit 4 de ses 5 buts sur penalty. Pas très glorieux. Seuls le gardien de but, Alexis Thébaux, et quelques éléments défensifs, tels le prometteur Thomas Heurtaux, tirent encore leur épingle du jeu, sans pouvoir relever véritablement le niveau de l’effectif.


Le sens des priorités

Comment une équipe dans une telle impasse, qui vient de se faire sortir de la Coupe de France (défaite 2-4 contre Troyes, après prolongation) pourrait-elle faire de l’ombre, même le temps d’un match, à une machine marseillaise qui tourne de nouveau à plein régime ? Difficile à dire. Les plus nostalgiques des supporteurs caennais se rappelleront de cette demi-finale de Coupe de la Ligue en 2005 quand le Stade Malherbe avait vaincu le grand Monaco, déjà entraîné par Didier Deshamps (3-1). Caen s’en est toujours plutôt bien sorti au moment d’affronter les grosses cylindrées et peut hausser son niveau de jeu, le temps d’un match, pour retrouver goût à la victoire. Parce que Franck Dumas le sait : si la Coupe de la Ligue n’est certainement pas une priorité pour le club, une victoire face à l’Olympique de Marseille et une petite épopée en coupe pourraient transcender ses joueurs et les remettre sur les bons rails. Sans réelle garantie toutefois : en 2005, quand le SM Caen avait atteint la finale de la Coupe de la Ligue, il avait été relégué en seconde division.


Par Julien Mahieu
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