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Trésor Mputu, le fils prodigue

Après sa rupture de contrat avec Kabuscorp, l'inénarrable Trésor Mputu devrait bientôt s'engager à nouveau avec le TP Mazembe, son club de toujours. Un retour espéré par tout une ville et célébré par tout un pays.

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Il est revenu, après quinze mois d'exil ! Comme dans la Bible. « Je ne peux pas dire que je suis de retour à Mazembe, mais ce club a toujours été ma maison » a-t-il expliqué. Attendu par une flopée de fanatiques, Trésor Mputu est soudain réapparu à Lubumbashi au détour d'un tournant, après avoir roulé sa bosse, dilapidé son argent, découvert le continent. Le retour du fils prodigue, célébré par la foule. Pour ceux qui ne connaissent pas la parabole, l'histoire est celle de trois personnages : un père aimant et ses deux fils très différents. Curieux de voir le monde, le cadet l'abandonne, tandis que l'aîné reste l'aider. La suite appartient à l'évangile : « Le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche. Lorsqu'il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin » . C'est peu ou prou l'histoire qu'on va raconter. Dans le rôle du père, on retrouve Moïse Katumbi Chapwe, le président du Tout Puissant Mazembe. Pour que l'illusion soit totale, les deux fils seront Robert Kidiaba et Trésor Mputu.

Voyage en terre inconnue


Après avoir passé plus de onze années dans son club de cœur, Trésor Mputu a voulu connaître quelque chose de différent en janvier 2014. En l'occurrence l'Angola et sa capitale Luanda, où est basé le richissime Kabuscorp Sport Clube do Palanca, qui a un jour recruté Rivaldo à plus de quarante piges. « Il a passé dix ans à Mazembe, tu comprends bien qu'au bout d'un moment, quand tu es resté aussi longtemps et que tu as tout gagné dans un club, l'implication baisse » décrypte Patrice Carteron, l'actuel entraîneur du Tout-Puissant : « On sentait chez lui plus de motivation sur les gros matchs que sur les oppositions secondaires » . Lassé de collectionner les trophées, le joueur est parti à l'aventure. Mais ce dernier a vite déchanté, comme le veut le conte. « J'ai eu un problème avec mon contrat » a expliqué l'ancienne idole à Radio Okapi : « En 2014, on m'avait avancé l'acompte à Kinshasa et le reste était donné en Angola. Mais en 2015, on ne m'a rien donné. Ils avaient promis de m'envoyer de l'argent ici en République démocratique du Congo, mais cela n'a pas été fait. Depuis, on ne m'a pas payé. Je n'ai joué que quatre matchs du championnat angolais sur les sept parce que je réclamais l'argent » .


Brutal, ce raté n'en était pas moins prévisible. Très attaché à son club, le joueur a longtemps repoussé l'heure du grand voyage. « Il y a quelques années, il est allé faire des essais à Arsenal et à Lille. À chaque fois ça s'est bien passé, mais il n'a jamais réussi à avoir le petit truc supplémentaire pour se détacher de ses racines » estime Patrice Carteron, qui l'a côtoyé pendant six mois : « C'est dommage, car pour moi, il avait vraiment le talent pour jouer dans les plus grands clubs européens. Cela serait sans doute arrivé s'il n'avait pas été dans le contexte du TP Mazembe, où il était capitaine et où on va dire qu'il était souvent protégé par le président Moïse. C'est son chouchou » . Couvé par son « père » , adulé par les supporters, Trésor a tout laissé derrière lui pour ne trouver qu'une terre brûlée au bout de l'aventure. « On me faisait attendre et j'ai fini par comprendre que le président de Kabuscorp n'avait plus de moyens comme auparavant. J'ai continué avec l'idée qu'on allait finir par signer le contrat, mais même mes primes n'étaient pas payées régulièrement. J'étais dans l'impossibilité de faire vivre ma famille, mon foyer et scolariser mes enfants en Europe. Dans une telle situation, comment puis-je vivre dans un pays étranger ? »

Retour au bercail


Certains imputent l'échec de cette expérience au caractère du joueur, réputé ingérable, et à une prétendue embrouille avec son coach. « Trésor, il ne faut pas le pousser, surtout pour courir ou faire des abdominaux  » explique le dévoué Robert Kidiaba, l'autre idole du club, qui est resté auprès des siens : « Mais bon, quand quelqu'un le surveille, c'est un bon travailleur » . Patrice Carteron se veut moins direct : « Il a parfois des attitudes un peu infantiles, mais n'est pas un mauvais mec dans le groupe. Il a une personnalité très particulière, mais c'est quelqu'un d'intelligent, un grand charmeur également. Même s'il va parfois rater une séance, il a une façon de revenir à l'entraînement qui est telle que tu ne peux pas l'engueuler » . Il faut dire que le principal intéressé sait se faire pardonner, à base de dribbles chaloupés. « Trésor, c'est un grand joueur » affirme Kidiaba, heureux de voir son frère exilé revenu à de meilleures dispositions : « J'aime son style de jeu porté vers l'avant. Lorsqu'il est sur la pelouse, toujours, je suis confiant » .


Ce retour espéré tombe à pic pour les Corbeaux, qui peinent depuis de longs mois à compenser le départ du milieu offensif. «  L'ombre de Trésor plane toujours, y compris dans le petit manque de confiance que peuvent avoir certains attaquants. Il portait tellement de responsabilités sur ses épaules qu'il en enlevait aux autres » , explique le coach Carteron, avant d'étayer : « Il les protégeait par sa présence et son charisme. Du coup cette saison on sent qu'on a des joueurs offensifs un peu moins en confiance, qui se créent beaucoup d'occasions, mais qui ont du mal à concrétiser  » . Son arrivée prochaine devrait permettre d'améliorer le rendement, même si rien n'est encore signé. Ces derniers jours, de nombreuses offres ont été formulées, notamment de la part de son ancien entraîneur Diego Garzitto, qui travaille au Soudan. « C'est vrai que j'ai été sollicité pour signer à El Merreikh » a reconnu Trésor, avant d'avouer l'intérêt d'autres clubs prestigieux, comme l'AS Vita et le FC Renaissance : « Je ne peux pas dire jamais parce que je ne connais pas l'avenir. Mais je suis d'abord de Mazembe » .


Fort de son expérience, Mputu est revenu changé. Et pénitent. « Je ne déciderai rien avant que mon président ne dise quelque chose. Tout ce qu'il dira, je vais le faire. » De quoi étrangement rappeler la parole biblique du fils prodigue, échoué en terre inconnue : « Je me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ; traite-moi comme l'un de tes mercenaires » . La fin de l'histoire est connue. « Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa » . Avant d'expliquer au fils aîné, jaloux de voir sa fidélité sans faille si peu récompensée, la raison profonde de cet accueil chaleureux : « Il faut festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est vivant, il était perdu et il est revenu » . De prodigue exilé à prodige retrouvé, il ne reste maintenant que quelques buts à marquer.

Par Christophe Gleizes
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