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  2. // 20e journée

Traquenard Tardini pour la Juve

La semaine dernière, les Turinois se sont fait surprendre à domicile par la Sampdoria. Requinqués par leur succès en Coupe contre le Milan, ils veulent reprendre leur course en tête de la Serie A, cet après-midi, sur la pelouse de Parme.

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La défaite contre la Sampdoria est déjà oubliée. La Juve s’est remise dans le bon sens, en s’imposant cette semaine contre le Milan AC, en quarts de finale de la Coupe d’Italie. Un succès compliqué, certes, contre des Rossoneri vaillants, qui ont tout donné jusqu’à la 120e minute pour chercher la qualification. Mais la Vieille Dame a fini par triompher. Et c’était important, trois jours après un revers insensé face à la Sampdoria. Un revers concédé à domicile, alors que la formation de Conte était en supériorité numérique, et qui a permis à la Lazio et au Napoli de revenir respectivement à cinq et sept longueurs. Conte avait tapé du poing sur la table (il s’agissait là de sa première défaite en championnat depuis qu’il est sur le banc de la Juve), en affirmant que cette défaite devait servir de claque pour réagir immédiatement. Le coach a été entendu, et son équipe a réagi en éliminant Milan de la Coupe d’Italie. À présent, les Turinois doivent enchaîner, en reprenant leur cavalier seul en tête de la Serie A. Mais pour ce premier match de la phase retour, les Bianconeri trouvent sur leur route Parme. Une équipe qui est invaincue à domicile depuis le mois de mars dernier (série en cours de 14 matchs sans défaite), et qui, dans son histoire, s’est toujours dressée à un moment donné sur la route de la Juve.

Trois points de plus que l’an dernier

Malgré la défaite face à la Sampdoria, le bilan de la Juve lors de la phase aller est somme toute positif. Les Turinois ont perdu trois fois, certes, mais comptent 44 points au compteur, soit trois de plus que l’an dernier au même stade de la compétition. De plus, ils ont terminé en tête de leur groupe en Ligue des champions, alors que la saison dernière, ils ne disputaient pas la moindre compétition européenne. Néanmoins, le fait de s’incliner contre la formation génoise a, quelque part, rendu la Juventus plus humaine. Une Juve qui avait passé les fêtes avec huit points d’avance sur son premier poursuivant, et qui semblait donc intouchable. On ne peut pas franchement dire que le Calcio a été relancé par ce faux pas. Mais forcément, derrière, les rares équipes qui réussissent à tenir le rythme se disent que cette Juve n’était pas insubmersible et qu’elle pouvait, elle aussi, chuter. Or, si cinq points demeurent un matelas confortable, un deuxième accroc consécutif permettrait aux poursuivants de revenir à portée de tir. La Lazio, entre autres, reçoit l’Atalanta à la même heure, et espère évidemment une bonne nouvelle en provenance de Parme.

Un cas de figure qui n’est pas sans rappeler celui de la saison 1999-00, lorsque les Parmesans avaient égalisé face à la Juve à la dernière minute par Crespo, permettant à la Lazio, deuxième, de reprendre la tête du classement. Parme, la Juve. Une histoire qui dure depuis le milieu des années 90, lorsque les deux équipes se sont affrontées en finale de Coupe UEFA. Les confrontations entre les deux formations ont toujours eu une saveur particulière, ou une histoire à raconter. Comme ce 6 janvier 2011, lorsque les Parmesans sont venus s’imposer 4-1 à Turin, match caractérisé par la grave blessure de Quagliarella, ou le 11 septembre 2011, date de la toute première victoire de l’ère Conte, encore contre Parme, et sur le même score inversé de 4-1. Parme, après de nombreuses années à flirter avec la zone rouge, a aujourd’hui retrouvé une certaine sérénité avec Roberto Donadoni. L’occasion est belle de faire un gros coup face au leader du classement, pour prouver à tous que ses Gialloblù peuvent également venir se mêler à la lutte pour l’Europe.

Belfodil, le présent, Giovinco, le passé

En effet, cette équipe parmesane séduit, enfin. L’an passé, elle avait très mal débuté sa saison, mais avait fini l’année en trombe, avec sept victoires consécutives. Pas suffisant, toutefois, pour venir accrocher l’Europe (il lui a manqué deux points). Cette saison, Donadoni a donc repris les mêmes recettes, en ajoutant quelques joueurs. Et la recette fonctionne. Parme peut déjà se vanter d’avoir battu la Roma (3-2) et l’Inter (1-0), et d’avoir tenu en échec la Fiorentina (1-1) et le Milan AC (1-1), toujours au stadio Tardini. Des résultats satisfaisants qui permettent au club d’Émilie-Romagne d’être aujourd’hui 8e, à un point, seulement, du Milan AC, et à trois de la Roma. Une victoire de prestige contre la Juve ne relancerait donc pas seulement l’intérêt de la Serie A : il permettrait avant tout à Parme de se rapprocher sensiblement des places européennes, objectif « secret » du président Ghirardi. Pour ce, le coach compte sur son arme fatale du moment, l’ancien Lyonnais Belfodil. Contre Palerme, la semaine dernière, le joueur algérien a été décisif, avec un but (son sixième en championnat) et une passe décisive à la dernière seconde pour Amauri. L’attaquant est en pleine bourre, comme son pote français Biabiany, ou l’ailier gauche Sansone, bourreau de l’Inter il y a quelques semaines.

La Juve doit donc se méfier. D’autant qu’elle n’arrive pas à ce match dans les meilleures conditions. Certes, il y a la qualification en Coupe d’Italie, qui booste les troupes. Mais de l’autre côté, il y a la fatigue engendrée lors de cette longue confrontation, et les blessures. À la blessure de Chiellini est venue s’ajouter celle de Marchisio, touché au genou contre la Samp. Deux absences importantes, même si le champion d’Italie a sur son banc les ressources nécessaires pour y pallier. Antonio Conte devra également résoudre ses doutes en attaque. En attendant le buteur tant désiré, le coach doit composer avec son quatuor Giovinco (qui va fêter son retour au stadio Tardini), Quagliarella, Matri et Vučinić. Problème : ces quatre joueurs ont pris la fâcheuse habitude, cette saison, d’être décisifs surtout lorsqu’ils entrent en cours de jeu. C’est là tout l’art du mister : trouver la bonne paire face au bon adversaire. Attention à ne pas se planter. Un joker a déjà été utilisé.

Eric Maggiori
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declaubianco Niveau : CFA2
En espérant que Parme ne "gare" pas le bus !
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