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Traoré : « Pas d'équipe au-dessus du lot »

Auteur du missile contre la Guinée (1-0), Bakaye Traoré (AS Nancy Lorraine) revient sur la bonne entrée en matière des Maliens dans cette CAN. Interview d’un homme confiant et heureux de son début de compétition. Avant de rencontrer le Ghana...

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Comment on se sent après une bonne entrée dans la compétition ?
On se sent vraiment très bien. On a bien débuté, on a gagné un match important qui nous donne de la confiance pour la suite. On est plus sereins désormais pour la suite, mais on ne va pas s’enflammer non plus hein !

T’as mis le but vainqueur, alors qu’à Nancy tu ne tentes jamais de frappes lointaines. Qu’est-ce qui t’es passé par la tete ?
A Nancy j’en ai moins la possibilité. En sélection, il y a beaucoup de préparation, donc lorsqu’un milieu reste en couverture, ça permet aux autres de créer le surnombre en attaque. A Nancy c’est plus direct donc pour les milieux défensifs c’est plus difficile de se créer des occasions.

Le Mali s’est fait sortir prématurément lors des deux dernières éditions. Il vous a dit quoi Giresse avant le match pour que vous n’ayez pas de blocage psychologique ?
Giresse nous a fait comprendre que nous étions la nouvelle génération du football malienne. Il nous a donné confiance en nous-mêmes. Il y a encore quelques anciens qui sont là encore. Lui ce qu’il veut c’est qu’on joue en équipe et qu’on évite de jouer chacun de notre coté. Il met vraiment l’accent sur le collectif et c’est bien parce que c’est comme ça qu’on va réussir une bonne CAN je pense. Les années précédentes il y avait peut-être de meilleures individualités mais c’était moins collectif. C’est peut-être ça la raison de nos échecs passés. Aujourd’hui, on sent qu’il y a un groupe, une bonne ambiance et ça se ressent sur le terrain.

Tu te sens mieux aujourd’hui avec le Mali que lors de la CAN en Angola ?
Franchement oui parce qu’on a presque tous grandi ensemble. On a quasiment tous joué ensemble en sélection espoir donc ça facilite les choses.

Avec les Kanouté, Sissoko, Diarra vous l’auriez gagné ce match contre la Guinée selon toi ?
On ne peut le savoir. La dernière CAN, contre l’Angola, on commence bien le match et on arrive quand même à égaliser à la fin d’un match fou. Après on perd contre l’Algérie à cause d’une erreur de marquage. Après le dernier match on le gagne mais on se fait éliminer à cause du goal average particulier…Moi je pense que l’ambiance qu’il y a aujourd’hui elle est meilleure que par le passé. C’est ça qui a surtout changé.

Qu’est-ce qu’il vous a dit Alain Giresse à la mi-temps ?
Il nous a dit de bien rester concentrés. On a concédé pas mal d’occasions à la Guinée donc il nous a demandé de rester vraiment très vigilant jusqu’au coup de sifflet final. En deuxième mi-temps ca a été difficile parce que physiquement on a eu du mal. A partir de la 65ème on a vraiment commencé à être fatigué, mais mentalement on a montré qu’on était solide. Avant, dans ce genre de match là, on aurait peut-être craqué. Là on a pas pedru, on a été solidaire, donc c’est une bonne chose pour la suite.

C’est quoi l’objectif du Mali dans cette compétition ?
Passer le premier tour d’abord. Une fois que ce sera fait on prendra les matchs les uns après les autres pour aller le plus loin possible. Quand une équipe fait une compétition, l’objectif c’est toujours la finale… On veut aller le plus loin possible, mais on évite de se mettre la pression.

« Ici c'est pas Las Vegas »

Qu’est-ce que vous faites au Gabon lorsque vous ne jouez pas au football ?
On est à 40 kilomètres de Franceville, donc on reste à l’hôtel…

C’est un peu la galère non ?
Pour le moment ça va. On discute entre nous, on discute entre nous, on s’entraine, on regarde les matchs des autres équipes. Ca va, ça passe vite. Ici, c’est pas Las Vegas et même si c’était le cas on est pas venu ici pour faire du tourisme. On a pas envie de se disperser. Nous la seule chose qu’on a en tête c’est de bien récupérer entre les matchs pour être le plus performant possible.

Pour ta première CAN en Angola il y avait eu des attentats à Kabinda. Pour le coup ça à l’air d’être un peu plus calme au Gabon…
Oui c’est largement mieux. On ne se pose la question de savoir ce qu’il va nous arriver ou des trucs dans le genre. Là on sent que la protection est mieux assurée qu’en Angola. Il n’y a pas photos.

Il y a une équipe qui t’as impressionnée et que tu préférais éviter ?
(Il réfléchit) Franchement on ne va pas se mentir, il n’y en a aucune. Jusqu’à présent je n’ai pas vu d’équipe au-dessus du lot.

Qu’est-ce que le Mali a de plus que les autres sélections de la CAN selon toi ?
Collectivement on est soudé mais on a aussi des joueurs capables de créer des différences en un contre un. Défensivement on est solides et puis on a un milieu capable de tenir le ballon et de développer du jeu. On est vraiment pas mal.

Depuis le début de la CAN on s’aperçoit que les équipes africaines ne jouent plus vraiment à l’africaine justement…
C’est tant mieux pour nous vu qu’on a beaucoup de joueurs évoluant en Europe. Avant, les matchs étaient hachés, tout le monde jouait les yeux fermés… Aujourd’hui tout le monde veut jouer au ballon, même les petites équipes. Le jeu est plus posé, c’est moins fou-fou… Donc pour nous, c’est un avantage.

Il y a moins de tacles à l’africaine aussi…
(Rires) Il y en a toujours !

Tu as grandi à Sevran (93) où il y a une forte communauté maghrébine et malienne qui suit la CAN. Ils t’on dit quoi tes potes après ton but ?
Tout le monde était content et fier de moi. Ma famille et tous ceux que je connais depuis je suis petit m’ont envoyé des messages d’encouragement. Ils sont tous derrière moi et derrière le Mali donc forcément ça fait plaisir.

Outre le football il y a une autre compétition dans cette CAN. La compétition de danse après les buts. Vous l’avez répété la vôtre ?
Non, c’est une danse qu’on a entre nous. Il y a une bonne ambiance donc on fait ça pour rigoler. A la fin du match contre la Guinée même Alain Giresse a fait une petite danse. C’était la première fois qu’il faisait ça donc c’était sympa.

Selon toi quelle est la meilleure danse de la CAN jusqu’à présent ?
La nôtre évidemment ! C’est la Edimbo danse. Ça vient du refrain d’une chanson d’un chanteur malien.

Il a regardé le Clasico cette semaine Seydou Keita ?
Pas vraiment. Il y a eu une coupure de courant dans l’hôtel donc a pas pu voir le match. Seydou il est concentré avec le Mali donc il ne pense qu’à la CAN, mais je pense qu’il doit être content de la qualification du Barça.

Vous avez réfléchi à un plan particulier pour votre match contre le Ghana ce soir ?
Non. On souhaite faire un meilleur match que contre la Guinée, et il le faudra pour battre le Ghana, mais on va continuer à jouer notre jeu. On a rien prévu de particulier pour les contrer ou quoi que ce soit… Que le meilleur gagne !

Propos recueillis par Javier Prieto-Santos
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