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« Traiter un Portugais d'Espagnol, c'est une insulte »

Après cinq saisons passées dans la cité-berceau portugaise de Guimarães, Yves Desmarets va connaitre la Liga espagnole la saison prochaine avec le Depor. Qui mieux que le gaucher français pour nous parler du ‘classico' entre l'Espagne et le Portugal ?

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Le 21 décembre 1921, la Selecção portugaise fêtait son dépucelage par une petite branlée maniée par son grand frère espagnol (1-3). Un match qui reste dans les annales. Quelques 450 matches plus tard, les deux nations se retrouvent en huitièmes-de-finale de Coupe du monde. Un classico de plus pour les Guesh qui sortent d'un 0-0 contre leurs cousins brésiliens. Et comme témoin d'avant-match, c'est le Français néo-milieu du Depor de la Corogne et ex du Vitoria Guimarães, Yves Desmarets, qui raconte...

Comment sens-tu ce duel entre l'Espagne et le Portugal ?


Pour moi ce sera un match spécial. J'ai joué quatre saisons à Guimarães, au Portugal et là je viens de signer en Espagne... Je pense que ce sera une rencontre difficile pour les deux. La Selecção de Queiroz n'était pas très bien vue avant le Mondial mais le sélectionneur a finalement prouvé que son équipe tournait bien. Il a réussi à sortir ses joueurs d'un groupe difficile. Ce qu'il a fait lui donne raison.

Il y a eu le curieux départ de Nani dont on a beaucoup parlé et polémiqué au début du Mondial...


Il s'est surement passé quelque chose avec Nani. Le joueur était opérationnel quelques jours après son départ. En tout cas, Queiroz a perdu un grand joueur pour cette Coupe du monde.

Quel est ton favori pour ce huitième-de-finale ?


Les deux pays ont des joueurs qui évoluent dans de grands clubs. Au Portugal il y en a un qui m'impressionne, c'est Fabio Coentrão au poste de latéral gauche. Mais n'oublions pas que la Roja possède les meilleurs footballeurs du monde : Villa, Xavi, Torres... C'est difficile de trouver un favori. Je dirais 60% pour le Portugal parce que c'est mon cœur qui parle. Je pense que la motivation sera très importante. Regardez le Ghana. On connait deux ou trois joueurs et pourtant ils sont encore là. C'est parce qu'ils ont l'envie.

Quelle pourrait être la clé du match, selon toi ?


Un grand Cristiano Ronaldo.

Sergio Ramos a annoncé qu'il connaissait toutes ses feintes pour l'avoir pratiqué à l'entraînement, au Real...


Les grands joueurs, tu as beau les voir jouer, tu ne sais jamais comment les arrêter. Messi par exemple ne fait pas énormément de feintes mais tu ne sais jamais ni quand ni où ça va partir. Avec ce genre de joueurs, c'est impossible de prévoir quoi que ce soit. Un Cristiano Ronaldo en forme est incontrôlable.

Et où doit jouer CR : en pointe ou sur le côté ?


Ronaldo n'est pas un joueur de pointe. Il faut le mettre à gauche et le laisser libre de s'exprimer, comme au Real. C'est comme le cas Nicolas Anelka. Ça me fait rire qu'on le taille en équipe de France alors qu'il ne joue pas à son poste. Il suffit d'allumer sa télé et de regarder Chelsea jouer pour comprendre qu'il n'est pas à sa place...


Toi qui as longtemps vécu à Guimarães, la cité-berceau (première capitale du Portugal), non loin de la frontière espagnole, peux-tu nous parler de la rivalité entre ces deux pays ?


Dans le Minho, la région la plus au Nord du Portugal, les gens sont très fiers d'être portugais. L'une des pires insultes qui tu puisses leur faire c'est les traiter d'Espagnols. Les Portugais ne supportent pas ça. Mais je ne sais pas si les joueurs vivent cette confrontation avec autant d'intensité que les supporters. Souvent, les socios se sentent plus concernés que les propres acteurs.

Après le Brésil, le Portugal va jouer un autre match riche en symboles...


Mais ce sera un match différent. Le Brésil ressort par ses individualités alors que l'Espagne brille par son ensemble. Elle peine parfois à marquer mais son jeu est extraordinaire.

Tu viens de signer au Depor. Pourquoi ce choix ?


Ce championnat m'a toujours attiré. Grégory Arnolin avec qui j'ai joué à Guimarães m'en dit le plus grand bien depuis qu'il joue au Sporting Gijon. J'avais des propositions de Turquie, de France, de Grèce et d'Angleterre mais la Liga c'est la classe ! Et puis, l'entraîneur me voulait absolument et ça, ça compte énormément aussi.

Par Nicolas Vilas

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Et traiter n'importe quel être humain de portugais est passible de la peine de mort tant cette l'idée me fait hérisser les poils. Aaaahhhhh !
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