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Tragédie grecque

Douze ans après son sacre européen en terres portugaises, la Grèce a réussi un nouvel exploit en restant en dehors du premier Euro à 24 équipes. Une campagne de qualifications désastreuse, ponctuée par deux défaites face aux îles Féroé et trois changements d’entraîneurs. Ou comment passer du mont Olympe aux égouts de Paris.

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6 points en 10 matchs, et la dernière place du groupe F. C’est le triste bilan de l’équipe grecque dans les éliminatoires pour l’Euro français. Une performance d’autant plus risible que la formation hellène se trouvait dans un groupe composé de la Finlande, de l’Irlande du Nord, de la Hongrie, de la Roumanie et des îles Féroé, des équipes sur le papier largement à sa portée. La réalité du terrain en a décidé autrement : une seule victoire et, battue deux fois par les îles Féroé, la Grèce ne verra pas l’Hexagone.

Ruines antiques


Lorsque Claudio Ranieri débarque à Athènes, en juillet 2014, l’enthousiasme est de taille. Et pour cause, jamais un entraîneur aussi réputé n’a dirigé la sélection grecque. Au lendemain d’un Mondial brésilien encourageant, où la Grèce échoue aux portes des quarts de finale au terme d’une épique rencontre face au Costa Rica, la progression ne peut que se poursuivre sous la houlette du coach italien. Et pourtant. Quatorze mois plus tard, Ranieri a remporté son premier titre de champion avec Leicester, et la sélection joue sur un champs de ruines. Recruté pour donner à la Grèce une identité de jeu tournée vers l’offensive, et renouveler un effectif vieillissant, le coach italien n’aura dirigé la sélection grecque qu’à quatre reprises dans les éliminatoires, pour un piteux bilan de trois défaites et un nul.


Si la décision prise par la Fédération de le limoger s’entend par les mauvais résultats, le manque de patience interpelle et reflète la frilosité du football grec. Son remplaçant, l’Uruguayen Sergio Markarian, n’aura pas réussi à inverser la tendance au cours des éliminatoires, et quittera lui aussi ses fonctions après seulement cinq mois. Après un intérim de Kostas Tsanas, c’est désormais l’Allemand Michael Skibbe qui est en charge de reconstruire. La Grèce a donc connu plus d’entraîneurs en dix-huit mois qu’au cours des quatorze années précédentes, puisque seuls Otto Rehagel (2001-2010), puis Fernando Santos (2010-2014) s’étaient partagé le poste. Deux entraîneurs qui avaient su établir une cohérence et emmener la Grèce en phase finale de cinq compétitions internationales en une décennie.

La Renaissance n’a pas eu lieu


L’âge d’or de la sélection grecque, matérialisé par la participation à trois Euros consécutifs (2004, 2008, 2012) et deux Coupes du monde (2010, 2014), s’est appuyé sur des effectifs soudés autour de joueurs charismatiques, dont Giorgos Karagounis en est le plus grand symbole. Joueur le plus capé de l’histoire grecque (139 sélections entre 1999 et 2014), leader technique et véritable aboyeur, le milieu offensif n’a eu de cesse de tirer son équipe vers le haut. Son départ, combiné à celui de Katsouranis (116 sélections entre 2003 et 2015), a laissé un vide que la nouvelle génération peine à combler. Pourtant, l’effectif de la sélection grecque semble supérieur qualitativement aux années précédentes.


Karnezis est titulaire dans les buts de l’Udinese, et l’arrière-garde est composée de défenseurs évoluant dans les plus grands championnats européens. Les centraux Papastathopoulos et Papadopoulos sont titulaires en Allemagne, respectivement au Borussia Dortmund et au Bayer Leverkusen, Manolas est inamovible à la Roma, et Holebas est parti s'aguerrir en Premier League après avoir lui aussi passé une saison dans la capitale italienne. Au milieu, l’éclosion de Fortounis, meneur de jeu de l’Olympiakos et annoncé dans les plus grands clubs européens, ne s’est pas encore traduite en sélection malgré une présence dans le onze titulaire récurrente. Il devrait former un entrejeu solide et technique avec Andreas Samaris, qui sort d’une deuxième saison pleine sous les couleurs de Benfica, avec plus de trente rencontres disputées. C’est également dans la capitale portugaise que s’épanouit l’attaquant Kostas Mitroglou. Prêté par Fulham, l’avant-centre a inscrit plus de vingt buts cette saison, suffisant pour convaincre le club lisboète de lever l’option d’achat. Mais à l’instar de ses compatriotes, sa réussite en club ne se traduit pas sous le maillot bleu de l’Ethniki, avec lequel il n’a inscrit que 9 buts en 47 sélections.

Préférence étrangère


Pour la sixième année consécutive, et pour la 43e fois de son histoire, l’Olympiakos est devenu champion de Grèce au terme d’une saison - une nouvelle fois - sans suspense. Seul au monde, le club du Pirée accumule les trophées nationaux, écrasant la concurrence que devraient incarner le Panathinaïkos, l’AEK ou le PAOK. Mais les équipes d’Athènes et de Salonique se font plus remarquer par la violence de leurs supporters et des luttes de pouvoir internes que par leur compétitivité, et leur choix de garnir leur effectif de joueurs étrangers interpelle. Quel est l'intérêt d’aller chercher des joueurs moyens aux quatre coins du monde s’ils empêchent l’éclosion de jeunes talents sans pour autant élever le niveau du championnat ? Et lorsqu’il s’agit de recruter des joueurs réputés en fin de carrière, peu nombreux sont ceux qui honorent leur réputation. Pour un Djibril Cissé, devenu dieu au pays des dieux, combien de Rivaldo tombés dans l’oubli ? Ce n’est pas un phénomène propre au championnat grec, mais force est de constater que l’exil toujours plus précoce de joueurs nationaux vers d’autres championnats, meilleurs soient-ils, ne favorise pas l’amélioration de la Super League et de la sélection.


Parmi les cinq premiers clubs du championnat cette saison, le PAOK compte treize joueurs étrangers, l’AEK quinze, le Panathinaïkos et l’Olympiakos vingt. Seul le Panionios accorde une large place aux joueurs nationaux, avec seulement deux joueurs non grecs dans l’effectif. Une politique de longue date instaurée par le plus vieux club du pays, permettant l'éclosion des meilleurs joueurs grecs de l’histoire (Mavros, Saravakos, Anastopoulos...), et accentuée depuis le début de la crise. Mais l’importance accordée à la formation par les Rouge et Bleu ne peut suffire à renouveler le vivier et à rendre la sélection compétitive. Le choix de placer Michael Skibbe à la tête de la sélection en octobre 2015, malgré une expérience relative et un palmarès limité, traduit là encore le manque de confiance accordé aux coachs locaux. Mais dans un pays qui a fait roi Otto Rehagel, sa nationalité joue pour lui. L’Allemand est désormais à la barre du Piratiko pour lui permettre de repartir en conquête. À moins qu’il ne le fasse couler un peu plus.

Par Alexandros Kottis
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Dans cet article

GalateaTêtenjoy Niveau : CFA
Quelle tristesse de ne pas voir la Grèce à cet Euro. Leur exploit de 2004 était formidable. Le match contre le Costa Rica il y a deux ans était aussi un des plus émouvants de la compétition. J'espère qu'ils se relèveront et qu'en effet une nouvelle génération pointe le bout de son nez.

Parce qu'avec une charnière aussi sûre (Manolas, Sokratis), il y a de quoi prétendre à mieux.

Bel article en tout cas, merci de s'intéresser à cette équipe tant décriée à cause de son titre de 2004.
Il y a une colonne vertébrale sympathique pour la Grèce avec Karnezis ou Kapino, Sokratis, Papadopoulos, Torosidis, Holebas, Samaris, Mitroglou... Mais mis à part ces noms, il n'y en a pas vraiment d'autres qui ressortent, seulement des bons joueurs de championnat avec une réputation honnête mais sans grand nom connu sur la scène internationale (notamment la nouvelle génération, avec des mecs comme Giannotas, Lazaros, Anasthasiades...)
Totti Chianti Niveau : CFA
Tu ne cites même pas Manolas?
Pour le voir jouer toutes les semaines, c'est un monstre.
Il rate 2/3 matchs cette année pas plus.
Le reste du temps, il est soit bon, soit excellent.
Totti Chianti Niveau : CFA
je voulais bien sûr dire 2 OU 3 matchs et pas les 2/3 des matchs!
Le Panionios, foyer d'"éclosion des meilleurs joueurs de l'Histoire (du football grec)", bof..

Domazos et l'assez maradonesque Hatzipanagis émargeraient sans conteste possible à cette caste, et tous deux pourtant étaient en tout point étrangers au Panionios..

Et je garde moi aussi un excellent souvenir de la Grèce de Santos, que d'émotions.. A cet égard, leur match contre la Côte d'Ivoire n'a pas été cité, et pourtant..
pierrot92 Niveau : CFA2
C'est suffisant pour être à l'Euro à coté de l'Albanie, l'Islande ou l'Irlande du Nord quand même...
prtcl2x89 Niveau : DHR
je me demandais quand on allait parler de mes héros de 2004 (n'en déplaise aux franco-français). que d'émotions dans ce championnat d'europe au portugal, j'en ai encore des frissons. si ça c'était pas du football à la simeone avant simeone, je sais plus de quoi je parle
Ils se sont souvent fait tapés dessus pour leur style pourtant perso c'est une des équipes qui ma fait le plus kiffer à la coupe du monde. Une équipe avec des couilles énormes (les matchs qu'à sorti Karagounis à 38 piges !), consciente de ses limites et qui pour moi etait la définition même du sport d'équipe, du collectif..

J'espère qu'ils vont se relever, ils auraient pu mettre une belle ambiance dans nos stades
Message posté par prtcl2x89
je me demandais quand on allait parler de mes héros de 2004 (n'en déplaise aux franco-français). que d'émotions dans ce championnat d'europe au portugal, j'en ai encore des frissons. si ça c'était pas du football à la simeone avant simeone, je sais plus de quoi je parle


Ouais, j'ai jamais compris pourquoi, ils se ont taper dessus.
Alors oui ils ont éliminé l'equipe de France, mais ils font une super une compet.
Et puis cette finale ou ils éliminent le Portugal!
Cokeenstoke Niveau : Loisir
Il me semble que Rivaldo se place quand même très haut dans l'estime des joueurs de l'Olympiakos, étant donné les buts invraisemblables qu'il a marqués là-bas
bergkamp-laudrup Niveau : CFA2
On pourrait faire 2 belles poules de plus avec les absents:

Groupe G:
Pays-Bas
Norvège
Bosnie
Bulgarie

Groupe H:
Grèce
Serbie
Danemark
Ecosse

En plus ça nous ferait un euro à 32 non incompréhensible au niveau de la répartition des huitièmes !
Allez il reste encore quelques heures pour inviter tout ce beau monde !
Samaràs il joue encore avec l'équipe nationale?
bergkamp-laudrup Niveau : CFA2
et ouais la Grèce était l'une des équipe les pus bandantes de la dernière CDM, j'avais pas kiffé une équipe comme ça depuis l'Irlande en 2002 avec des joueurs morts de faim qui s'arrachent pour foutre leurs buts à la dernière minute.
Ce but de Sokratis cotre le Costa Rica = le but de Keane contre l'Allemagne en 2002, des buts d'abnégation et d'envie comme on en voit rarement.
Totti Chianti Niveau : CFA
Message posté par The Ant
Ouais, j'ai jamais compris pourquoi, ils se ont taper dessus.
Alors oui ils ont éliminé l'equipe de France, mais ils font une super une compet.
Et puis cette finale ou ils éliminent le Portugal!


Ils se font taper dessus pour plusieurs raisons:
- ils éliminent la France,
- ils n'avaient pas de star (pas de star marketing en tout cas),
- il jouaient la défense (tu comprends c'est mal de se battre avec ses propres armes et de jouer sur ses points forts plutôt que de tendre la joue aux puissances footballistiques...),
- c'est la Grèce quoi. Ça fait rêver personne.

Sauf que. je vous rejoins 100% sur la beauté de cet exploit.
David qui terrasse Goliath (et notamment une superbe Tchéquie).
Une dimension collective incroyable.
Une confiance et des cojones énormes.
Et cette impression que rien ne pouvait leur arriver.

Assurément un des plus grands exploits de foot.
Message posté par The Ant
Ouais, j'ai jamais compris pourquoi, ils se ont taper dessus.
Alors oui ils ont éliminé l'equipe de France, mais ils font une super une compet.
Et puis cette finale ou ils éliminent le Portugal!


Outre certaines réactions mesquines, que tu suggères, j'ajouterais :

Petit pays.. Petit marché.. Pas de figures icôniques..

En Europe et de longue date, ce sont les grands noms et le bling-bling qui priment et sont valorisés..
Jack Facial Niveau : CFA
Plus que la France et le Portugal, c'est la défaite de la flamboyante Tchéquie en demies qui m'a fait détester cette équipe de 2004, l'une des plus laides qu'il m'ait été donné de voir.
Message posté par Bota67
Le Panionios, foyer d'"éclosion des meilleurs joueurs de l'Histoire (du football grec)", bof..

Domazos et l'assez maradonesque Hatzipanagis émargeraient sans conteste possible à cette caste, et tous deux pourtant étaient en tout point étrangers au Panionios..

Et je garde moi aussi un excellent souvenir de la Grèce de Santos, que d'émotions.. A cet égard, leur match contre la Côte d'Ivoire n'a pas été cité, et pourtant..


@Bota67
Si si Panionios est l'équipe dont sont sortis parmi les meilleurs joueurs grecs de l'histoire du foot, pas tous les grands joueurs grecs!!! ( p ex Mavros, Saravakos, Anastopoulos, Fyssas, Maniatis, Samaris... et les très jeunes talents actuels Yannou, Bakasetas et quelques autres qui comme d'hab partiront chez L'AEK ou le Pana ou l'Olympiakos. Panionios continue à être 2 fois sur trois champion de Grèce chez les jeunes et les cadets...
@Bota67

Certes Domazos ou Delikaris n'étaient pas formés à Panionios mais cela ne change rien à l'apport de ce club dans le foot grec. Quant à Hatzipanayis, lui était formé au Pachtakor Tachkent et ayant joué pour l'équipe nationale soviétique des jeunes il n'a pas pu jouer pour l'équipe de Grèce (sauf un match amical)
Message posté par panionios
@Bota67

Certes Domazos ou Delikaris n'étaient pas formés à Panionios mais cela ne change rien à l'apport de ce club dans le foot grec. Quant à Hatzipanayis, lui était formé au Pachtakor Tachkent et ayant joué pour l'équipe nationale soviétique des jeunes il n'a pas pu jouer pour l'équipe de Grèce (sauf un match amical)


Je ne voulais pas réfuter l'importance du Panionios - vu ton patronyme je n'oserais pas -, simplement tempérer le ton absolu, et donc excessif, employé dans l'article.

Pour le Maradona grec : non pas un match, mais..deux matchs! ;) A dire vrai, je m'en rappelle exclusivement par le caractère guiness book des records de la chose - quelque 20 années écoulées entre ses deux sélections, probablement sans équivalent..
L Etat grec et le sport grec se sont mis dans la merde avec les JO 2004 et les dettes colossales que cela a engendré, si vos passez pres des stades á l heure actuelle, c est purement désertique, un gãchis aussi grand que certains stades d Afrique du Sud.

tout le monde sait que l Olympiakos influence politiquement et officieusement le championnat pour s assurer les 5 millions annuels de la ligue des champions.

Rajoutons á cela l éxode de la jeunesse non seulement footbalistique mais globale dans une certaine mesure pour trouvr des conditions de de vie plus proches du niveau moyen europeen, le manque d argent et d infrastructure renouvelée, le manque de ligne de conduite de la fédération pour la formation et suivi des jeunes... C est du pur gâchis. Il faut tout chambouler et se bouger le cul pour resortir une équipe grecque compétitive sur le long terme, ce que tout hellenophile soouhaite, mais la Grece a d autres chats á fouetter pour l instant. Pendant les qualifications, c etAIT LE PUR FOUTOIR
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