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Tout sauf l'Angola

Ce soir à 17h, l'Angola, pays organisateur, accueille l'Algérie sur fond de récupération politique.

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Il y a deux ans au Ghana, les médias rêvaient d'une finale entre le pays hôte et la Côte d'Ivoire. Un grand classique. Toujours la même montée d'hormone adolescente en phase préliminaire qui veut que les suiveurs placent tout leur argent sur un "all in" entre l'équipe jugée la plus "joga bonito" et le pays hôte. Encore faut-il que celui-ci sache se montrer à la hauteur, moins en termes de jeux que d'attitude. Et pour le coup, l'Angola a pour l'instant tout faux. Malgré les "bem venido" affichés dans les aéroports, le pays hôte n'arrive pas à se faire aimer. Trop parano, trop nationaliste, trop arrogant, trop "je te fais péter mes dollars". C'est le souci avec les nouveaux riches. Chine, Russie ou Angola, les ex cocos convertis aux joies du capitalisme croient que le reste du monde se laisse séduire par un gros 4x4 aux jantes chromées.

A Luanda flotte la désagréable impression que le tournoi a été kidnappé par le régime au nom de son propre agenda politique. Le visage de Eduardo Dos Santos, le président du pays, est partout. Dans les stades, sur les accréditations des milliers de volontaires du tournoi, le long des routes. Et côté accessoire de tribune, le drapeau du MPLA, son parti, est devenu aussi indispensable que les insupportables vuvuzelas distribuées par les sponsors officiels de la CAN. En Afrique, le foot est toujours politique. Mais cela faisait longtemps qu'un pays n'avait pas autant investi le terrain pour faire sa communication. A ce petit jeu, les Palancas Negras se doivent de briller. Et de gagner. Peu importe la manière.

A la veille d'affronter le pays hôte, la sélection du Malawi s'est vu refuser le droit de s'entraîner. Quand le bus de l'équipe d'Afrique australe est arrivé au stade de l'Inter Club de Luanda, la police angolaise a formé un cordon autour du bus. Malgré les gueulantes du sélectionneur du Malawi, les policiers n'ont rien voulu savoir. Tout cela a failli se terminer en baston générale avant que le Malawi ne se résigne à rentrer l'hôtel. Petite précision. L'Inter Clube de Luanda est le club de la police nationale angolaise. La CAF a fermé les yeux. Tous les deux ans, le cauchemard d'Hayatou et de sa blazer army de la Confédération porte un nom : l'élimination du pays hôte au premier tour. Les Algériens sont prévenus.


JB

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