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« Tout le monde savait »

Hier à Gênes, le match entre l'Italie et la Serbie a été annulé à la sixième minute de jeu à cause d'incidents. Des évènements prévisibles et prévus par tous. Sauf par les autorités italiennes.

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Cette année, l'Italie, par l'intermédiaire de son ministre de l'Intérieur Roberto Maroni, a fait de la lutte contre la violence dans les stades l'une de ses priorités. D'où l'introduction en début de saison de la tessera del tifoso, ou carte de supporter, un outil de contrôle officiellement censé identifier et fidéliser les supporters. Et faire disparaître les incidents des stades de la botte, de façon quasi-définitive. Les incidents d'hier, prévisibles et prévus par de nombreux observateurs, traduisent pourtant les insuffisances d'un tel système prévu comme une même réponse globale à des problèmes de natures extrêmement variées. Hier, le gouvernement a agi comme lors de n'importe quel match, alors que plusieurs indices laissaient craindre des débordements. La chose ne date pas d'hier.


1999. L'Italie –avec l'OTAN- participe au bombardement de Belgrade, sans obtenir le feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU. Massimo d'Alema, alors premier ministre, avait accordé l'usage des bases militaires italiennes aux avions de l'Alliance Atlantique effectuant des raids contre la Yougoslavie de Slobodan Milosevic. L'OTAN s'était rangé du côté des Albanais du Kosovo qui réclamaient l'indépendance de cette province serbe par rapport à Belgrade. Dix ans après, en mars 2009, d'Alema avait déclaré dans une interview à Il Riformista que l'on aurait pu se passer de ces bombardements, sans toutefois «  faire de mea culpa » .

Depuis, les nationalistes serbes expriment une certaine rancœur lors des matchs contre la Nazionale. Par ailleurs, chaque match ou presque entre l'Italie et des équipes slaves est l'occasion de débordements ultra nationalistes. Déjà, en 2002 à Trieste, des incidents avaient éclaté lors d'un Italie-Slovénie. Cinq ans plus tard à Palerme, rebelote. En 2008, des incidents s'étaient également produits à Sofia à l'occasion d'un Bulgarie-Italie, sans parler de la svastica - croix gammée - humaine réalisée à Livourne par des supporters croates. Par ailleurs, le 10 octobre 2010, des ultras nationalistes de l'Etoile Rouge et du Partizan avaient mis à feu et à sang la capitale serbe pendant la Gay Pride, se castagnant contre les forces de l'ordre et les manifestants. Avec de nombreuses arrestations et plusieurs blessés au final. Le tout sans qu'aucun responsable italien de l'ordre public ne fasse le lien avec le match à venir trois jours plus tard au stade Marassi de Gênes.


Ce matin, on annonçait l'arrestation de 17 personnes. Parmi elles, Ivan Bogdanov, l'homme à la cagoule dont la photo a fait le tour du monde. 35 autres personnes ont été dénoncées. L'ambassadrice serbe à Rome s'est exprimée : « Nous avons honte, et nous nous excusons » . Interviewé, par le site de la Gazzetta, Sasha Djordevic, ancien champion serbe de basket, a déclaré « C'était prémédité. À Belgrade, tout le monde savait ce qui allait se passer » . « Je me demande une chose : qui a laissé rentrer ces gens en Italie ?, s'interroge quant à elle Marta Vincenzi, la maire de Gênes. La situation doit être clarifiée : il n'est pas possible d'avoir été incapable de prévenir ces incidents » . Des responsables de l'Etat italien se sont pour leur part félicités : « Un autre Heysel a été évité » . C'est déjà ça.

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il n'y a aucun rapport avec les bombardements! C'est une affaire serbo-serbe. Si le match s'était déroulé en Allemagne, le résultat aurait été le même.
et puis c'est quoi le rapport entre les bombardements, les croates et les Bulgares, sans même parler des Slovènes??
Les problèmes à Trieste, c'est un conflit territorial historique entre la Slovénie et l'Italie qui dure depuis la fin de la 1e guerre mondiale, rien à voir avec le reste.

http://balkans.courriers.info/article16066.html

http://balkansports.wordpress.com/2010/ … ls-arrete/
SF, toujours à coté de la plaque...
Ces incidents ont été préméditer suite a la defaite a Belgrade de la Serbie face a l'Estonie,les ultras ont voulue "faire payer" ce mauvais resultat a la fédé serbe
Je ne vois pas non plus de rapport avec la gay pride, à moins de supposer que tous les Italiens sont gays et que les Serbes voulaient leur montrer ce qu'est un mâle viril.

Mais en effet, un peu déçu par l'article, je m'attendais à du fond et il n'y a que du vent.
le rapport avec la gay pride, c'est que les 100 excités d'hier étaient probablement à Belgrade dimanche à lancer des pierres contre la police. C'est un défi lancé aux autorités. "Vous avez laissé défiler des pédés, regardez ce que nous pouvons faire à l'image de la Serbie". Et c'est réussi, aujourd'hui, tout le monde déteste la Serbie et réclame des sanctions exemplaires.

encore une fois, ça n'a rien à voir avec l'Italie. Ce match aurait pu avoir lieu n'importe où.


http://balkansports.wordpress.com/2010/ … ls-arrete/
Merci Luigi pour le lien de balkansports...cela regroupe en effet les infos les plus sérieuses entendues ces dernières heures...d'un autre, il me semble que la Fédé et les autorités italiennes ne me paraissent pas dénuées de toutes responsabilités quant aux carences concernant l'encadrement et la préparation d'une telle erncontre...une chose revient en effet systématiquement : c'était prémédité...donc il fallait prévoir en conséquence (filtre à la frontière, "parkage" avant match, quantités des carabinieri, lieu de la rencontre....)
Il est vrai que l'article n'est pas un article de fond loin de là mais nous ne sommes pas sur un site d'info il ne faut pas l'oublier. De plus, aurions nous fait mieux ? je ne sais pas.
La chose qui me pose le plus problème est le terme "svastica" auquel le journaliste prend bon d'ajouter pompeusement -croix gammée- pour nous montrer sa culture ... Premièrement ce terme s'écrit avec un "k" c'est à dire "svastika". On ne dit pas non plus une svastika mais une croix en forme de svastika. En outre et c'est ce qui me pose problème, la croix gammée même si elle en est une n'est jamais appelée "svastika" et une rotation y a été appliqué. En effet, ce symbole est notamment utilisé en Orient dans la symbolique jaïne, hindoue et bouddhique ainsi qu'en Chine pour symboliser l'éternité. Bref vouloir nous apprendre des mots savants c'est sympa mais faudrait d'abord faire son boulot de recherche avant ...
le journaliste ne voulait pas étaler sa haute culture, tout simplement étaler son italien. "svastica" veut dire, littéralement, croix gammée en italien ; en langue italienne, une "svastica" EST une croix gammée. cela dit, c'est très maladroit : les supporteurs avaienst fait une croix gammée, point barre, pas une croix gammée à l'italienne, ni une croix gammée en italien ; ils n'avaient pas formé le mot "svastica" en italien non plus, ni il était question de rapporter les impressions de la presse italienne sur la croix gammée en question. Le mot italien entre guillemets n'a donc aucun sens, sinon involontairement comique. Dans les IUFM c'est considéré comme une erreur typique et compréhensible chez les élèves de quatrième, car ils n'arrivent pas encore à distinguer les différents niveaux énonciatifs. chez les journalistes c'est par contre une faute grave, car les guillemets sont une armes : on met des choses dans la bouche de quelqu'un. faut faire gaffe. (bisous quand même, Lucas)

pour le reste, les autorités serbes avaient dit aux italiens que seulement une centaine de supporteurs arriverait en italie et qu'il ne fallait pas s'inquiéter : c'est seulement dans la journée de mardi qu'ils ont rectifié et communiqué qu'ils devaient être 2000 à avoir (déjà) passé les frontières. L'absence de policiers serbes "d'encadrement", la position du stade marassi en centre ville et la volonté de la police d'éviter une guerrilla comme en 2001 ont fait le reste : supporteurs serbes "poussés" rapidement dans les cages du stade sans pouvoir les fouiller et hop...
antonio: c'est bien e faire la leçon mais dans le code typographique des journalistes, guillemets ne veulent pas forcément dire propos. Tu ne noteras que pour les différencier, les propos sont généralement en italique.
enfin dandy, je répondais au commentaire qui me précédait, et je défendais justement lucas coppola de l'injuste accusation de vouloir faire de l'étalage de haute philologie. voilà pour le sens de mon intervention. en ce qui concerne les détails, je dis justement -- relis moi stp -- que les guillemets peuvent vouloir dire beaucoup de choses, non seulement citer littéralement des propos : écrire svastica entre guillemets peut être interprété de plusieurs manières différentes (j'en fais une liste non exhaustive dans mon commentaire), mais aucune ne correspond à ce que le journaliste voulait exprimer, d'où les effets involontairement comiques -- ce qu'on appelle justement une erreur, souvent pardonnable comme dans ce cas, de style.

puisque tu m'y obliges, un petit rappel (ce n'est pas une leçon, c'est juste pour mettre les choses au clair) : les guillemets éloignent le locuteur de ce qu'il dit (le mot est mis sur le dos de quelqu'un d'autre, pas forcément spécifié, ça peut être un "on" générique), alors qu'avec les italiques le locuteur souligne ou emphatise quelque chose, et surtout assume tout ce qu'il dit (j'aurais bien aimé mettre cette dernière phrase en italique). dans le jeu d'un acteur, un mot entre guillemets exige du détachement ironique, alors qu'un mot en italique exige de l'emphase (hausse ou baisse du ton, petite pause, etc). du coup (ce ne sont que des règles élémentaires d'hygiène stylistique) utiliser les italiques pour rapporter un discours ou les guillemets pour souligner est une gaffe de style, donc une erreur, qu'on soit "journaliste", président de la république ou "dandy". Les italiques peuvent "faire parler" quelqu'un d'autre seulement dans une narration au style indirect libre (comme dans madame bovary), mais là aussi, justement, le but est de rester dans la narration : on souligne une partie de la narration comme venant "en prises directe" d'un des protagonistes. d'ailleurs, la seule option stylistique qui aurait permis à lucas d'écrire le mot "svastica" en italien dans son texte était, justement, de l'écrire en italiques.

exercice pour la maison : écrire pour la prochaine fois, sur un "cahier propre", la phrase "les guillemets le faisaient chier" dans toute ses possibles variantes, avec ou sans guillemets, avec ou sans italiques, et alternativement avec les deux, appliqués aux mots "guillemets" et "chier", et remarquer comment le sens change.

"bisous"
bravo lucas, je viens de m'apercevoir que la "svastica" est bel et bien en italiques maintenant. l'erreur est humaine : seuls savent écrire ceux qui se trompent mais savent se corriger.
de même, dandycool, de même... à remarques horribles, réponses horribles.

bizbisous et sans rancune
antonio, je suis impressionné, tu écris énormément mais pour dire beaucoup de conneries ... svastika un mot italien ? non c'est un terme sanskrit qui n'a rien à voir avec un mot italien pour dire croix gammée. Vu qu'il faut t'aider je vais te copier l'étymologie du mot ça t'évitera à l'avenir de te rendre ridicule en essayant de donner des leçons ...

Le nom svastika est un terme sanskrit apparaissant pour la première fois dans les épopées « Rāmāyana et « Mahâbhârata ».

On peut l'analyser comme un mot composé de svasti et du suffixe diminutif -ka. Le sens de svasti est « bonne santé, bonne fortune » (c'est aussi une interjection équivalent au français « vive... ! ») ; il est lui-même formé de su, « bon » (cf. grec ancien εὗ, indo-européen commun *h₁su-) et de asti, « existence » (radical indo-européen du verbe être, soit *h₁es-, que l'on retrouve tel quel en français, tu es). Svastika peut donc se traduire comme « ce qui apporte la bonne fortune, ce qui porte chance ». Une autre décomposition possible est su « bon » suivi du suffixe -tika « signe », soit « bon signe », lecture reprise par un homonyme indien moderne, « ṣubhtika ». En tout état de cause, le nom est celui d'un signe de bon augure.

amuses toi bien mec et sans rancunes ... :D
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