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Tous fous de Javi Martínez

Quelque part entre Vieira et Busquets, Javi Martínez est une des hypes de ce mercato. Et pourtant, il est encore sous contrat à l’Athletic Bilbao. Une anomalie qui ne devrait pas durer. Sous condition de trouver un repreneur prêt à claquer 40 millions d’euros. Pas plus, et surtout pas moins.

Barça, Real, Bayern, Manchester City, Liverpool… À peu de clubs près, le patronyme de Javi Martínez Aguinaga a déjà été envoyé aux quatre coins du Vieux Continent. En l’espace de deux saisons, le môme d’Estella-Lizarra, petit bourg du fin fond de l’Euskadi, a réussi à exciter tous les grands d’Europe. Alors forcément, Madrid et Barcelone tentent d’attirer le gamin dans leurs filets. Vainement. «  Si quelqu’un veut recruter Javi Martínez, il devra payer la clause de résiliation de son contrat, soit 40 millions d’euros » , a prévenu le boss de l’Athletic Bilbao, Josu Urrutia. Un montant avec beaucoup de zéros qui ne décourage pas les repreneurs potentiels. Et surtout pas les dirigeants blaugranas, les plus chauds sur le dossier, malgré leurs difficultés de trésorerie. Il faut bien avouer que du haut de ses 23 printemps, Javi a de quoi émoustiller son monde.

Il n’a d’ailleurs pas attendu la majorité pour attiser les convoitises. Formé à l’Osasuna de Pampelune, Javi Martínez, alors âgé de 17 ans, débarque à l’Athletic Bilbao durant l’été 2006. Un déménagement d’une centaine de kilomètres contre près de six millions d’euros. Une coquette somme pour un joueur qui n’a disputé qu’une petite saison chez les Gorritxoak. Et encore, ce n’était qu’avec l’équipe réserve… Bref, le gamin, qui a connu tous les échelons de la Roja depuis 2005, continue son apprentissage du haut niveau dans l’antre de San Mames. Dès sa première saison chez les Leones, il cumule la jolie bagatelle de 35 rencontres. Indéboulonnable au milieu de terrain, il atteint rapidement la barre des 100 matchs en Liga. Puis des 200, puis des 250… Oui, Javi Martínez est en avance sur son temps. C’est un homme pressé.

Un modèle nommé Vieira

Le vrai tournant de sa carrière arrive à l’été 2010. Un été durant lequel il troque un road-trip entre potes aux États-Unis contre un safari en Afrique du Sud. Aux côtés des Xavi, Iniesta, Xabi Alonso et consorts, le Basque apprend au milieu de ce qui se fait de mieux. Accessoirement, il devient champion du monde à seulement 21 piges. Mais a contrario de tous ces milieux made in España, Javi Martínez a un autre modèle, un iota plus physique que technique. « J’admirais Vieira parce qu’il était très complet. Il faisait tout. Il attaquait, défendait, passait, taclait… C’était un joueur total  » , déclarait-il à l’époque au journal El Pais. Au pays où le petit est roi et la maîtrise reine, Javi fait figure d’exception. Avec ses grands compas, il ratisse, joue des coudes. Et il le fait bien. Peut-être même trop bien pour le seul Athletic Bilbao.


Les deux mastodontes ibères se sont donc lancés à ses trousses dans une course à l’échalote. Le board du Real Madrid n’en fait pas forcément une priorité absolue, mais les socios ont tranché : selon un sondage estampillé Marca, 49 % des aficionados verraient en lui la recrue idéale. Pas sûr que l’interessé soit de cet avis. Pour rappel, lors du sacre du Real à San Mames, la grande tige s’était pris de désamour pour Cristiano en lui lançant un poétique : « Hijo de puta, va faire la fête à Madrid, pas ici. Moi, je suis champion du monde, pas toi !  » Pour le FC Barcelone, le problème est tout autre. Javi aime le Barça, le Barça aime Javi. Un amour réciproque qui se heurte à une brindille qui mesure 40 millions d'euros. Sandro Rosell et ses petits amis essayent en vain de vendre les Afellay ou Adriano pour dégager les fonds nécessaires afin de financer le transfert du joueur. Milieu défensif ou défenseur central, la polyvalence de Javi Martínez pourrait rendre bien des services au Barça, pour soulager Busquets, voire suppléer Puyol ou Piqué... Ah, au fait, en dehors du football, Javi Martínez a une passion : la magie.

Robin Delorme
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