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Toulouse et Rennes, du pareil au même ?

Toulouse – Rennes, le 6ème qui reçoit le 4ème, ou un duel de prétendants au Stadium. Les deux équipes ont connu la première place cette saison et n’ont jamais quitté les sept premières. Duel d’ambitieux ? Oui. Mais pas trop non plus.

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Etienne Didot a connu deux clubs durant sa carrière. Deux clubs dans lesquels il a toujours fait l’unanimité, Rennes et Toulouse. A un moment charnière, cet été, à 28 ans, il a décidé de prolonger pour trois années de plus avec le Téfécé. Interrogé alors sur sa resignature, il avait déclaré apprécier le projet toulousain cohérent dans la durée, le côté « famille » du club, et avait insisté sur le fait qu’il « s’y sentait bien » . Ce après avoir été longtemps l’enfant du pays à Rennes et le chouchou de la route de Lorient. Pas si anodin que ça. A y regarder de près, les clubs toulousains et rennais se ressemblent beaucoup. Et pas seulement pour les ambiances parfois un brin « buddha bar » de leurs stades respectifs. Lorsque les deux équipes s’apprêteront à débuter leur match à 17h, la ligne de milieu de terrain pourrait servir de miroir tant les similitudes sont nombreuses.


Realpolitik

En 2001, lorsqu’il est nommé président d’un TFC qui doit repartir de National, Olivier Sadran avoue s’inspirer du modèle lyonnais et se voit déjà dans la peau du Jean-Michel Aulas 2.0 de Haute-Garonne. L’été dernier, donc dix ans plus tard, il déclare concernant la sous-médiatisation du Tef’ et sa gestion sans risque, ni bruit : « Nous n'avons pas d'histoire.(…) Mais au fond, qu'est-ce qu'on est tranquille ! Je préfère largement notre image de club citoyen, même si elle n'est pas assez mise en avant, que faire la Une parce que je suis en conflit avec tel ou tel entraîneur » . Le discours a changé, plus mûr, plus réaliste. Pas de folie donc, mais beaucoup de patience, de sérieux et la régularité comme objectif long-termiste. Les résultats arriveront un jour. Le coup de la fameuse « bonne année » .

Du côté Rennais, la donne est la même. Le début des années 2000 était le temps des gros investissements brésiliens, folklores et peu rentables. Depuis que François Pinault a revu sa politique structurelle pour se focaliser sur une gestion plus saine quitte à lâcher parfois des poids lourds (Sow, Gyan, Bangoura), le club tourne mieux et la structure est pérenne, avec à la baguette un coach habitué à bosser, s’épanouir et construire dans un contexte financier limité. Là où Lille a voulu passer la vitesse supérieure et réussi son envol, Toulouse et Rennes sont encore sur le tarmac à travailler patiemment mais sûrement.

Deux gros blocs

Côté terrain, c’est sensiblement la même chose. Alain Casanova et Frédéric Antonetti sont surtout réputés pour leur pragmatisme. Leur onze de départ sont avant tout des gros blocs, épais au milieu, capables de vite exploser vers l’avant. Les apports extérieurs sont peu nombreux, réfléchis et ciblés, le centre de formation est un gros fournisseur (les deux centres squattent d’ailleurs souvent les premières places du classement établi par la DTN), le renouvellement passe donc surtout par les jeunes (Pajot et Devaux comme dernières hypes), les plaques tournantes Didot et M’Vila sont connues dans deux équipes qui marchent sans serial killer devant et où la gloire du buteur est donc un kiff partagé.

Concernant la conjoncture récente, Rennes sort d’un match oubliable en coupe de la ligue et une défaite contre Le Mans, pourtant au fond du trou en ligue 2. Antonetti tient donc ses troupes sous pression, surtout que le calendrier est chargé : « Je pense que nous avons une semaine charnière, avec ce match à Toulouse, celui au Celtic où nous devrons être performants et la réception de Valenciennes. Il y en aura d’autres dans la saison mais il faut essayer de la réussir au mieux  » . Alors qu’Alain Casanova craint lui le sosie de son équipe: « Rennes est une équipe très puissante, qui a du gabarit. Mais mon équipe est assez comparable sur ce plan. Les Rennais sont très dangereux à la transition. Ils vont très vite vers l’avant avec des joueurs rapides lorsqu’ils sont lancés. Il faudra bien les contenir » . Benoît Costil, le judicieux bon coup rennais de l’intersaison, a quant à lui déclaré envisager et se contenter tout à fait « d’un 0-0 » . A croire que ces deux équipes sont faites pour s’entendre…



Par Antoine Mestres
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