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Toulouse en L2 ? Jamais !

Un coach en jogging, un stade à moitié vide, une ville de rugby, le TFC n'intéresserait personne et mériterait un aller simple en Ligue 2. Plaidoyer pour un club dont tout le monde se fout ou presque.

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Le Téfécé est premier non-relégable (17e), va peut-être descendre et on devrait s'en moquer ? Grave erreur : la Ligue 1 doit beaucoup au TFC. Oui, sans déconner. Parce qu'une belle histoire a toujours besoin d'anti-héros. La Ligue 1 est cette belle histoire, et le TFC cet anti-héros. Question : que peut avoir à revendiquer le TFC ? Un soutien populaire ? Non. Une ambiance dans son stade ? Non, ou une fois l'an quand les « Marseillais » annexent ses tribunes. Un président qui fait du bruit ? Non. Olivier Sadran préfère courir le marathon que les journalistes. Un coach avec une grande gueule un peu marrante ? Non. Alain Casanova. Une culture tactique ? Non. Laquelle ? Une belle histoire ? Naples 87, et puis c'est tout. Un beau maillot ? Pas terrible. Un coefficient de fun ? 2%. Un joueur charismatique ? Un ancien joueur de futsal qui sera ailleurs sous peu. Son autre joueur charismatique ? Un joueur, bouclettes dans le vent, qui galope dans le vide dix minutes en fin de match. Ses recrues ? Des espoirs d'Europe de l'Est, le Pacte de Varsovie version Ali Rachedi. Son plan de communication ? Du lol sur internet.

Vous l'aurez compris : le TFC n'a pas grand-chose pour lui, alors il faut évidemment le défendre. Il est une cause perdue d'avance, et donc une belle cause. Pour comprendre le TFC, il faut déjà percevoir la subtilité de Toulouse, une ville où le foot est un sport de ringards et les footballeurs une minorité moquée. Presque invisible en ville. Le monde à l'envers, donc. À la critique convenue : «  Toulouse n'est pas une ville de foot  » , les supporters peuvent donc répondre que vivre pour ce club tient du sacerdoce et non d'un effet de masse. Alors oui, le Stadium se remplit d'une cinquième colonne marseillaise ou parisienne, mais les autres sont une base militante fidèle qui ne fait que souffrir en silence dans un stade froid et devant une équipe moyenne.

Déjà condamné ?


Bon point : on ne peut pas reprocher à cette base militante de ne pas aimer le football. Le football au sens premier du terme, à savoir des nuls qui se battent pour survivre. De plus, elle ne quémande l'aide de personne, ni l'amour de personne, ce côté « personne ne nous aime, mais on s'en fout » . Autre bon point : quoi de plus beau qu'aimer un club dont on sait pertinemment qu'il ne gagnera jamais rien dans l'indifférence ? Une des règles de base de la NBA (et des ligues fermées) est de redistribuer les cartes en permanence et permettre ainsi à une franchise à la ramasse de connaître un jour son quart d'heure de gloire. Le fan ne doit pas vivre dans la résignation perpétuelle. Le supporter toulousain, lui, vit avec, elle fait même partie de son ADN.


Supporter une équipe dont le dernier titre remonte à la fin de la IVe République incite forcément au détachement. Le club a fini par l'assimiler et communique sur cette image, à tel point qu'il est devenu le premier à se foutre de sa propre gueule sur les réseaux sociaux. Maintenant, les autres suivent le mouvement, y compris Bordeaux, en moins bien... Mais il a aussi sa part d'ombre. Le TFC est un club qui a tellement peur de lui-même qu'il perd ses moyens dès qu'il joue en prime time. Le multiplex du samedi soir lui va mieux. En Ligue 2, en vrai, rien ne changera. Il vivra caché dans le multiplex du vendredi sans que personne ne s'en aperçoive. Le Stadium sera seulement un peu plus vide, les matchs encore un peu moins bon, le temps de jeu de Sirieix légèrement supérieur. En fait, rien ne changera, et personne ne s'en rendra compte. Sauf ceux qui aiment profondément ce club. Parce que oui, on peut aimer le Toulouse Football Club, et comme tout grand amour, cela ne s'explique pas.

Par Antoine Mestres
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