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Toulouse en jouant bien

Bonne surprise du début de saison, le TFC, 6e, s’accroche au peloton de tête sans faire de bruit. Mieux, depuis deux matchs, le onze de coach Casanova, réputé rigoureux, se met à bien jouer au ballon. Une révolution culturelle ? Trop tôt pour le dire. Le fruit du hasard ? Pas si sûr.

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« Vous les considérez comme des spécialistes, mais ce ne sont peut-être pas des spécialistes. Quand ils ont des avis négatifs puis des avis positifs après avoir vu un match, je ne tiens pas compte de ça. On peut avoir une opinion, mais quand elle n'est pas objective et qu'elle ne me paraît pas saine, ça me frustre pour les joueurs et pour le club avant tout » dixit Alain Casanova, visant lesdits Spécialistes de Canal + qui font la pluie et le beau temps du commentaire footballistique hebdomadaire. Souvent moqué comme un club chiant à voir jouer, le Téfécé a vu les louanges à son égard se multiplier soudainement après le bon match contre Lyon. Et il a pris un malin plaisir à les accepter avec distance. Les chiffres ne semblaient pourtant pas contredire ce jugement de valeur. Depuis le début de l’année, le TFC gagnait certes, mais sans trop briller non plus, avec du solide, du massif comme fondation et raison d’être. Troisième défense, douzième attaque, le style est posé, assumé et revendiqué par la direction et son président Sadran tendance principe de réalité : « Ce qu'on fait est cohérent, ce n'est pas très sexy, mais il faut savoir qui on est  » .

En vrai, Alain Casanova, au poste depuis 2008, trop expérimenté, trop malin, n’a pas tenu à ce que son équipe, peu médiatisée, souvent prise à la légère, flattée du jour au lendemain, subisse les effets d’annonce, se relâche et tombe dans la facilité. Surtout que le club connaît le meilleur début de saison de son histoire. Sans jouer les Caliméros de service, il a donc tenu à recadrer les débats et rappeler que s’il s’est toujours appuyé sur une assise défensive, il a toujours essayé de faire jouer son équipe. Avec les moyens du bord. Dès le mois de juillet, en évoquant ses désirs pour cette nouvelle année, il précisait que «  la saison passée, on manquait de qualité, de réalisme pour conclure nos actions, pour déséquilibrer le dernier défenseur, pour adresser une passe créative, un centre dangereux. Et on péchait donc dans la finition. Si on avait joué beaucoup plus juste dans cette zone de finition, on aurait d'ailleurs gagné 2/3 places au final. C'est donc dans ce registre que Toulouse doit progresser  » . Comprendre, défendre, l’équipe sait faire, mais il faudrait jouer un peu maintenant. Étienne Didot complétait alors et se souvenait que sans serial killer en attaque depuis le départ (et la mort) de Dédé Gignac, il avait tout fallu revoir : «  On avait fait une grosse saison en 2009 mais on s'était beaucoup appuyés sur André-Pierre Gignac. Dans la construction, c'était plus simple puisqu'il était en pleine bourre. Après, il a donc fallu évoluer dans notre jeu. On s'est mis à plus jouer, plus remonter le ballon mais souvent les résultats ne suivaient pas, donc c'était un peu difficile  » .

Déclic en prime time ?

Le déclic, le TFC l’a peut-être eu contre Lyon il y a deux semaines, dans le match de gala du dimanche soir en prime time, fait rare pour le club haut-garonnais. Même perdants, les Violets avaient régalé l’assistance. Sans évoquer la gouache surnaturelle d’Umut Bulut, le TFC avait ce soir-là donné la leçon à des Lyonnais et avait joué en leader à Gerland. Capable de vite exploser à la récup’ avec sa touche technique et ses relayeurs – Didot-Machado-Devaux - aptes à jouer dans les petits espaces, le Tef’ avait enthousiasmé, surpris l’audience et montré qu’il n’était pas qu’une équipe ultra-athlétique qui ne fait que défendre et planter des pions sur coup de pied arrêtés. Après le match, Aulas savait pertinemment que son Lyon s’en était bien sorti « Il faut souligner la performance toulousaine. Ils ont livré une belle performance avec de bons joueurs. A 3-0, on se croyait invincibles. La qualité de l'équipe de Toulouse a fait qu'ils nous ont rattrapés  » . Casanova, qui construit son projet depuis trois saisons déjà, savait, lui, que si son équipe avait perdu, elle avait néanmoins prouvé à la France du foot qu’elle pouvait jouer au ballon. Et accessoirement sortir de grands matchs.

Contre Evian au Stadium une semaine plus tard, on aurait pu craindre une rechute contre une équipe moyenne qui aurait alors accrédité la thèse du « match d’un soir » . Mais non, le Tef’ a de nouveau livré une de ses plus belles partitions de l’année. Et il s’est même octroyé le plaisir de gagner à la 90e minute sur une merveille de coup-franc joué à trois dans la surface. En d’autres temps, Sissoko aurait tenté une Taye Taïwo, à savoir frapper très très fort n’importe où et prier. Là, le trident Didot-Capoue-Bulut s’est permis l’air de rien de combiner dans une surface surpeuplée et de gagner le match dans les arrêts de jeu. Contre Lille et Valenciennes, les Toulousains ont tiré treize fois au but, contre Lyon quinze fois et contre Evian à plus de vingt reprises. On peut faire dire tout et son contraire à des statistiques, mais pas à celles-là. «  L'équipe prend confiance, elle impose le tempo qu'elle a envie d'imposer, elle témoigne d'une grande force sur le plan athlétique  » ajoute un Casanova content de voir son fantasme d’équipe dure au mal capable de tâter un peu la gonfle et de régaler la chique de temps à autre enfin se réaliser quitte à déraper un peu en conférence de presse avec des métaphores douteuses (il avait comparé l'étiquette d'équipe défensive qui collait à la peau du club toulousain aux étoiles juives ndlr). L’euphorie peut-être, la joie d’enfin y arriver sans doute, l’envie de fermer des bouches surement. Peu importe, dans le peloton de tête, son TFC est peut-être l’équipe qui a le moins à perdre et donc le plus à gagner. Avec son maintien en très bonne voie, le club toulousain gagne, prend confiance, se lâche et joue de mieux en mieux. Une histoire de cercle vertueux.

Par Antoine Mestres
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sylvainsilver Niveau : Loisir
"Toulouse joue bien depuis deux matchs"... Le schéma de jeu est le même depuis quelques années... Ce qui me parait dingue c'est que vous ne vous n’avez sans doute jamais analysé un seul match du téfécé car les statistiques vous suffisent. Vous reprenez les vérités non argumentées, prétentieuses et populistes d'un certain P. Ménès "sot disant sachant du foot", en l’appuyant sur des statistiques de victoires/défaites. Ça vous dirait un stage à l'INSEE ?
Mais le foot ça ne s'analyse pas avec des tableaux de classement...
Depuis le début de la saison rien n'a changé, Toulouse crée du jeu en défense ou en milieu de terrain, parvient à faire circuler le ballon contre une majorité d'équipes de L1 qui jouent en contre face à elle (Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux, Evian, et j'en passe). Depuis le début de la saison la conclusion pêche par le manque de réalisme dans les 30 derniers mètres et le manque d'attaquants filous (cf. le premier but de l'équipe de Lyon marqué suite à une erreur d’arbitrage).
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