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  2. // 37e journée
  3. // Dijon/Toulouse

Toulouse cale

Le TFC aurait pu être la bonne surprise de cette fin de saison. Ou plutôt aurait dû. Après plusieurs années à se positionner dans le premier tiers, et une saison 2011-2012 à flirter avec le top 5, les Toulousains avaient un boulevard pour finir fort et choper l'Europe. Mais non, les hommes d'Alain Casanova ont bloqué dans le sprint final.

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Le 18 avril dernier, au Stadium, le TFC surprend son monde et démonte l'OL 3-0. Un récital pour une équipe à la réputation défensive. Un bloc serein, des balles ressorties rapidement, des contres éclair, des Lyonnais perdus et un match rondement mené pour une bonne synthèse de ce que Toulouse a pu montrer cette saison. Une saison réussie pour un club qui souhaitait avant tout se maintenir vite sans tracas. Après avoir pris 16 points sur 18 possibles entre mi-février et fin mars, la machine toulousaine bien huilée semblait définitivement lancée pour finir fort. D'ailleurs, avant de recevoir les Gones, le d'habitude très mesuré Alain Casanova se confiait et osait même se montrer ambitieux pour la première fois officiellement : "Nous, on est dans une position qui peut nous permettre d'aller chercher une place en Coupe d'Europe. Maintenant, ça devient l'objectif, je ne peux plus me cacher." Oui mais voilà, aux portes de l'Europe, au moment de conclure, la meilleure défense de ligue 1, plus jeune équipe du championnat, cale désormais et ne met plus un pied devant l'autre. Après avoir avancé masqués, les Toulousains ont craqué dans le money time une fois les objectifs annoncés.

La vie sans Didot

Au vrai, les raisons de la défaillance instantanée du TFC sont multiples. Pour une équipe qui tourne à plein régime à enquiller des petits scores et défendre son but mieux que personne, les marges de manoeuvre sont étroites, et une décompression est vite venue. Une panne offensive, quelques oublis défensifs, et tout est remis en cause. Si l'équipe marque toujours peu -une réalisation lors des quatre derniers matchs-, elle prend des buts cons. Et ça, c'est nouveau pour le bloc le plus athlétique de ligue 1. Contre Evian, les Haut-Garonnais ont tenu la balle (60% de possession), tenté beaucoup, vendangé surtout. Et pris deux buts sur phase arrêtée. Alain Casanova en avait d'ailleurs gros sur la patate à la sortie des vestiaires : "Je ne voulais pas réagir à chaud, j'en parlerai à Bulut demain. Et il n'est pas le seul visé. On aura l'occasion de faire le point avec d'autres. Braaten. Et Machado. Là, je me sens trahi... Lorsqu'on est international, on doit montrer autre chose. Je les relançais, j'attendais bien plus d'eux." Boum ! Contre Montpellier, une semaine plus tard, la défense avait tout bonnement regardé Belhanda se promener et tuer le match d'entrée. Devant, Toulouse manque évidemment toujours de poids. Rivière est sincère dans l'effort, multiplie les appels mais marque trop peu, et n'a pas encore, avec 5 réalisations en 25 rencontres, l'attirail du serial buteur nécessaire pour jouer le Top 5 tous les ans. Pendant ce temps, Bulut se cherche encore et toujours un mode opératoire sur les pelouses hexagonales. Peut-être le fameux coup de la "première saison d'acclimatation".

Enfin, et surtout, l'absence d'Etienne Didot dans le sprint final se fait terriblement sentir. Le relayeur-aboyeur, blessé mi-avril et absent jusqu'à la fin de saison, est la plaque tournante et Toulouse s'en rend compte aujourd'hui plus que jamais. "L'équipe montre un manque de caractère. Cette équipe manque d'un leader et en l'absence d'Etienne Didot, c'est encore plus flagrant. Certains garçons sont irréprochables mais ceux qui devraient tirer l'équipe vers le haut et mettre leur performance individuelle au service du collectif ne le font pas. Est-ce que c'est un manque de motivation ? Ou un problème physique ? On va essayer de trouver une solution pour les deux derniers matches", ajoute Alain Casanova. Après deux parties oubliables contre Brest et Nice achevées sur des scores sans but, Toulouse s'apprête donc à jouer Dijon et Ajaccio. Preuve que le calendrier était tout à fait abordable pour aller titiller le haut du panier. Preuve que l'occasion était belle de valider le travail long-termiste de Casanova, en place depuis quatre saisons, par une jolie qualification en Europa League. Le plus dur était fait. Manquait plus qu'à. Dommage.

Par Antoine Mestres
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