Italie - Serie A - AS Roma - Billet
Par Eric Maggiori
Totti, mais quand va-t-il s’arrêter ?
Ce week-end, Francesco Totti a offert une victoire capitale à son équipe, en inscrivant le seul but du match face à la Juventus. Et quel but… Une frappe monumentale dans la lucarne de Gigi Buffon. Et s’il était vraiment éternel.
Pour une fois, il n'a pas mis son pouce dans la bouche
La blague a fait le tour du Web, samedi soir. Pendant le match entre la Roma et la Juventus, un séisme d’une magnitude de 4,8 frappe le centre de l’Italie, et plus particulièrement la région du Latium (Lazio, en italien). A Rome, les immeubles tremblent et la secousse est même ressentie au stade. Il n’en faut pas plus pour que les tifosi de la Roma se lâchent : « La Terre a tremblé, c’était le missile du Capitano ». Et on ne peut pas vraiment leur donner tort. A 22h02, Francesco Totti fait trembler le stadio Olimpico, avec un pétard calculé à 113 km/h. Gigi Buffon, pourtant pas le plus mauvais gardien en circulation, n’y voit que du feu. A peine une demi-seconde s’écoule entre l’impact et le moment où le ballon franchit la ligne et vient s’écraser dans la lucarne du portier de la Nazionale. 1-0 pour la Roma, le seul but du match, synonyme de première victoire en 2013 pour la Louve. Un pion qui porte le total de Totti à 224 buts en Serie A. Ils ne sont plus que deux, devant lui. Gunnar Nordahl, avec 225 unités, et Silvio Piola, loin devant avec ses 274 buts inscrits sous les maillots de Pro Vercelli, de la Lazio, de la Juve et de Novara. Bref, Totti est déjà dans la légende. Et nous avons la chance de voir cette légende, là, sous nos yeux. Profitons-en.
Je t’explique Rome
Totti et la Roma, c’est aussi l’histoire d’une folle histoire d’amour. Une histoire d’amour avec ses hauts, ses bas, ses crises, ses moments de passion, ses risques de séparation. Plusieurs fois, au cours de sa carrière, le numéro 10 a pensé à partir. Lorsqu’il était au sommet de son art, au début des années 2000, le Real Madrid lui faisait les yeux doux. Totti a eu l’occasion de quitter sa femme et d’aller gagner des trophées en Espagne. Il a finalement fait le choix du cœur, en restant dans sa ville de toujours. D’un côté, on peut que louer l’attitude d'un joueur fidèle parmi les fidèles. De l’autre, on peut regretter de ne pas l’avoir vu sous le maillot d’un immense club, ce qui aurait pu le propulser droit vers le Ballon d’Or. Sauf que Totti aime sa Roma, et Totti aime surtout Rome. Récemment, il a même sorti un guide de la Ville Éternelle, intitulé "E mo’ te spiego Roma" ("Et maintenant, je t’explique Rome"), avec un texte d’introduction incroyable : « Rien à faire, lorsqu’ils viennent à Rome, les joueurs étrangers ont la rage. Vous le comprendrez lors du prochain match de la Roma contre une équipe européenne. S’ils ont l’air énervés, c’est parce qu'ils sont jaloux de la beauté de nos monuments ». Complètement fou.
En fait, Totti a cela de touchant que, quelque part, il est le stéréotype de l’Italien typique, dans le bon sens du terme. L’Italien fier de sa ville, l’Italien qui a peur de quitter le cocon familial, l’Italien blagueur. Car c’est aussi une facette du joueur un peu moins connue à l’étranger : Totti est un déconneur. Pendant longtemps, les médias italiens lui ont collé l’image (à juste titre ?) du benêt, doué avec ses pieds mais pas franchement avec son cerveau. Mais Francesco a fait preuve d’autodérision, et a pris le contrepied en sortant des recueils de blagues sur lui-même. Quant à sa love story avec Ilary Blasi, elle anime les gazettes depuis leur rencontre, et les deux sont même devenus les acteurs principaux des spots publicitaires Vodafone. Bref, un personnage public apprécié par les uns, détesté par les autres, comme le joueur, d’ailleurs. A Rome, Totti est une idole, quasiment un dieu, mais en dehors de la capitale, il est régulièrement sifflé par les publics transalpins. La faute à un comportement qui a longtemps été irritant pour ses adversaires, mais qui, en contrepartie, n’a fait que le rendre encore plus aimé de ses propres supporters. Paradoxe à l’italienne.
Le chiffre du diable
Aujourd’hui, Totti a 36 ans. Pourtant, il semble avoir retrouvé ses jambes de 20 ans. Lorsque lui est au top, la Roma aussi, c’est un fait. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les deux matches les plus aboutis de la saison giallorossa, face à la Fiorentina (4-2) et la Juventus (1-0) coïncident avec les deux meilleurs matches de Totti. Deux rencontres où il a d’ailleurs inscrit trois buts, tous plus beaux les uns que les autres. Le Capitano est indispensable, tant par sa présence sur la pelouse que par sa vision de jeu. Certes, il ne galope plus sur la pelouse comme au temps de Capello, mais n’importe laquelle de ses inventions peut amener une situation dangereuse, voire un but. Cette saison, il en est déjà à neuf pions en Serie A, soit un de plus que l’année dernière à la fin du championnat. Une longévité impressionnante, qui n’est évidemment pas sans rappeler celle de Del Piero à la Juventus. Sauf que Pinturicchio a été gentiment mis de côté par les dirigeants turinois. Personne, à Rome, n’oserait en faire de même avec Totti.
Mais une question se pose alors : la Roma peut-elle fonctionner sans Totti ? Le joueur a beau être résistant, il devra bien se résigner à mettre un terme à sa carrière tôt ou tard. Totti dit vouloir jouer jusqu’à 40 ans. D’accord. Vraiment possible ? Pourquoi pas. Mais il est évident qu’une équipe qui veut construire un projet solide ne peut pas poser ses bases sur un joueur qui prendra sa retraite dans les prochaines années. Les dirigeants de la Roma se doivent de préparer l’avenir. Même si, avec Totti, chacun est tenté de faire la technique de l’autruche, et de se dire qu’il sera toujours là, d’une manière ou d’une autre. En attendant de le voir en costard, sur un banc de touche, ou dans les tribunes avec des cheveux blancs, Totti va continuer d'arborer fièrement le maillot rouge et jaune, le seul maillot de sa vie. La semaine prochaine, face à l’Atalanta, il sera suspendu. Il devra donc patienter 15 jours pour disputer son 666e match sous les couleurs giallorosse. Diabolique Totti. Éternel Totti.
Pour le plaisir :
Je t’explique Rome
Totti et la Roma, c’est aussi l’histoire d’une folle histoire d’amour. Une histoire d’amour avec ses hauts, ses bas, ses crises, ses moments de passion, ses risques de séparation. Plusieurs fois, au cours de sa carrière, le numéro 10 a pensé à partir. Lorsqu’il était au sommet de son art, au début des années 2000, le Real Madrid lui faisait les yeux doux. Totti a eu l’occasion de quitter sa femme et d’aller gagner des trophées en Espagne. Il a finalement fait le choix du cœur, en restant dans sa ville de toujours. D’un côté, on peut que louer l’attitude d'un joueur fidèle parmi les fidèles. De l’autre, on peut regretter de ne pas l’avoir vu sous le maillot d’un immense club, ce qui aurait pu le propulser droit vers le Ballon d’Or. Sauf que Totti aime sa Roma, et Totti aime surtout Rome. Récemment, il a même sorti un guide de la Ville Éternelle, intitulé "E mo’ te spiego Roma" ("Et maintenant, je t’explique Rome"), avec un texte d’introduction incroyable : « Rien à faire, lorsqu’ils viennent à Rome, les joueurs étrangers ont la rage. Vous le comprendrez lors du prochain match de la Roma contre une équipe européenne. S’ils ont l’air énervés, c’est parce qu'ils sont jaloux de la beauté de nos monuments ». Complètement fou.
En fait, Totti a cela de touchant que, quelque part, il est le stéréotype de l’Italien typique, dans le bon sens du terme. L’Italien fier de sa ville, l’Italien qui a peur de quitter le cocon familial, l’Italien blagueur. Car c’est aussi une facette du joueur un peu moins connue à l’étranger : Totti est un déconneur. Pendant longtemps, les médias italiens lui ont collé l’image (à juste titre ?) du benêt, doué avec ses pieds mais pas franchement avec son cerveau. Mais Francesco a fait preuve d’autodérision, et a pris le contrepied en sortant des recueils de blagues sur lui-même. Quant à sa love story avec Ilary Blasi, elle anime les gazettes depuis leur rencontre, et les deux sont même devenus les acteurs principaux des spots publicitaires Vodafone. Bref, un personnage public apprécié par les uns, détesté par les autres, comme le joueur, d’ailleurs. A Rome, Totti est une idole, quasiment un dieu, mais en dehors de la capitale, il est régulièrement sifflé par les publics transalpins. La faute à un comportement qui a longtemps été irritant pour ses adversaires, mais qui, en contrepartie, n’a fait que le rendre encore plus aimé de ses propres supporters. Paradoxe à l’italienne.
Le chiffre du diable
Aujourd’hui, Totti a 36 ans. Pourtant, il semble avoir retrouvé ses jambes de 20 ans. Lorsque lui est au top, la Roma aussi, c’est un fait. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les deux matches les plus aboutis de la saison giallorossa, face à la Fiorentina (4-2) et la Juventus (1-0) coïncident avec les deux meilleurs matches de Totti. Deux rencontres où il a d’ailleurs inscrit trois buts, tous plus beaux les uns que les autres. Le Capitano est indispensable, tant par sa présence sur la pelouse que par sa vision de jeu. Certes, il ne galope plus sur la pelouse comme au temps de Capello, mais n’importe laquelle de ses inventions peut amener une situation dangereuse, voire un but. Cette saison, il en est déjà à neuf pions en Serie A, soit un de plus que l’année dernière à la fin du championnat. Une longévité impressionnante, qui n’est évidemment pas sans rappeler celle de Del Piero à la Juventus. Sauf que Pinturicchio a été gentiment mis de côté par les dirigeants turinois. Personne, à Rome, n’oserait en faire de même avec Totti.
Mais une question se pose alors : la Roma peut-elle fonctionner sans Totti ? Le joueur a beau être résistant, il devra bien se résigner à mettre un terme à sa carrière tôt ou tard. Totti dit vouloir jouer jusqu’à 40 ans. D’accord. Vraiment possible ? Pourquoi pas. Mais il est évident qu’une équipe qui veut construire un projet solide ne peut pas poser ses bases sur un joueur qui prendra sa retraite dans les prochaines années. Les dirigeants de la Roma se doivent de préparer l’avenir. Même si, avec Totti, chacun est tenté de faire la technique de l’autruche, et de se dire qu’il sera toujours là, d’une manière ou d’une autre. En attendant de le voir en costard, sur un banc de touche, ou dans les tribunes avec des cheveux blancs, Totti va continuer d'arborer fièrement le maillot rouge et jaune, le seul maillot de sa vie. La semaine prochaine, face à l’Atalanta, il sera suspendu. Il devra donc patienter 15 jours pour disputer son 666e match sous les couleurs giallorosse. Diabolique Totti. Éternel Totti.
Pour le plaisir :
Par Eric Maggiori
Le PSG chute, l'OM et l'OL relancés

















Lire les résumés de match ou les articles sur des joueurs est le p'tit plaisir du lundi.
La Serie A sur les chaînes hertziennes ou L'équipe, c'est vraiment nul.
+ -
Avec tout le respect que j'ai pour Giggs, ce n'est pas lui qui porte son équipe et il n'est pas titulaire indiscutable contrairement à Totti.
+ -
+ -
je vous laisse deviner qui c'était...
Quand on a vu ça de ses propres yeux, on imagine pas le pupone ailleurs que sous le colisée.
Sinon, j'ai croisé Jimmy Algerino une fois à venise... mais tout le monde s'en fout.
+ -
Signori meilleur que Totti ? J'avoue que je ne comprends pas.
Autrement Totti meilleur que Del Piero ? En sélection sans aucun doute, et même probablement en club. ADP était quasiment remplaçant en 2005/2006.
Totti meilleur que Baggio ? Surement pas.
Baggio a été très très fort dans tous les clubs où il a joué et en sélection. Baggio est dans le top 20 des joueurs de foot, à mon avis pas Totti.
J'ai compris que tu as failli t'étouffer sur le fait que je pense que Signori est plus fort que Totti. Je le pense toujours mais je peux comprendre que ça étonne. Pour son aura malgé les buts par dizaine, il manque un pti scudetto.
Pour tout t'avouer , j'ai une tendresse particuliere pour les gauchers et ça peut expliquer bcp de choses dans mon jugement.
Totti meilleur que ADP en selection? ouais ça peut se défendre
Totti meilleur que ADP en club? Pas d'accord du tout. Au-delà des chiffres et du palmares, ADP En tant que 9, en tant que 9 1/2 ou en tant que 10, ADP a été en concurrence avec des mecs comme: Baggio, Zidane,Ibrahimovic et il a gardé sa place et ses stats
Baggio au dessu de Totti: on est d'accord!
+ -
Sinon, j'ai croisé Jimmy Algerino une fois à venise... mais tout le monde s'en fout.
T'as de la chance. J'ai croisé Medina dans le métro (en étant sur Paris 2,3 jours/an).
+ -
Comparer Totti à Del Piero ?? Mais c'est deux là ont seulement deux points en commun : le numéro 10 et les coup-francs !!
Del Piero est un attaquant, qui compte sur ces dribbles en vitesse et son intelligence que ce soit au niveau des passes ou des placements en plus de sa créativité (la passe en coup de ciseau contre Milan AC, le but du talon contre Bari et contre Dortmund etc etc) Totti est plus fixe, plus à l'arrière pour inspirer ses attaquants et aussi il a cette capacité à alterner les tirs très forts et la finesse des grands (le lob sur Julio Cesar ou la Panenka), ces deux-là sont des fuoriclasse, mais ça s'arrête là !
Del Piero est un ambassadeur de sportivité et d'exemple à suivre, il a durant toute sa carrière été parfait par son comportement malgré les remises en question ridicules par Capello et Ferrara, il a toujours su porter l'équipe (qui plus est, contrairement à la Roma, un des plus grand clubs au monde) la grande Juve, il a toujours su être décisif. En fait, Del Piero et Maldini sont dans le même sac, pas Totti.
En sélection nationale je ne vois pas comment ose-t-on dénigrer l'apport de Del Piero par rapport à celui de Totti ?? Totti a été très bon à l'Euro 2000 c'est vrai, mais en 2002 ? ah et 2004 ? parce que la coupe du monde 2006 c'est peut-être lui hein ? pas comme ces branleurs de Pirlo et Buffon..
Comment ? la demi-finale de l'euro 2000 qu'est ce qui se passe ? ah oui, Zambrotta se fait expulser, Toldo fait un match de dingue et Del Piero use les hollandais, chaque ballon qu'il touche, il y gagne un coup franc, il s'est fait massacrer.. non non je n'ai pas oublié la qualification à la coup du monde 2002 (si je ne m'abuse) avec les buts décisifs d'ADP..
PS: ADP a été meilleur buteur en 2007 en serie B, et l'année suivante capocannoniere en serie A.. ah et le standing ovation au Bernabeu.. vous avez oublié celui de Man United ? ouh là là..
+ -
Quand le deuxième est plus dans la percution, finition, décalage en une touche de balle.
Pour ma part, J'adore Il Pinturicchio, il est pour moi fabuleux, des buts de dingue, une justesse dans le jeu exceptionnel, un point d'appui remarquable, une créativité pas possible.
Il suffit de revoir, juste ses derniers matchs avec la juve pour s'en convaincre (cf: lucarne contre la roma en coupe d'Italie).
+ -
Exit les 120M€ pour un probable transfert à Chelsea.
Exit le Real pour lequel il aurait voulu jouer un jour ; Totti n'a qu'un coeur et il est à Rome.
Approche toi le plus possible du record de buts de Piola en attendant le nouveau Colisée qui portera sans doute ton nom un jour...
Grazie Capitano' !
+ -
C'est simple, contre la Juve samedi, il réalise à un moment donné une passe enroulée sur 40 mètres alliant à la fois puissance et précision, comme j'en ai rarement vu. Bref, grand joueur, j'aurai vraiment aimé voir ce que ce joueur aurait donné dans un club tel que le Real par exemple. Mais bon, sa fidélité fait partie intégrante de son histoire.
Nesta, Inzaghi, Cannavaro, Del Piero, Totti, Pirlo, Buffon, et j'en passe... Dans 2/3 ans tous ces mecs ne seront plus là, et on se demande encore, malgré l'armée de jeunes cracks en devenir qu'a l'Italie, quel joueur pourra bien avoir autant de classe et de talent que ces mecs là (Marchisiooooooooooo !!!!)
+ -