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Totti, le chant de la Louve

Ce mercredi, la Roma reçoit le grand Real pour la première de ses deux confrontations face aux hommes de Zizou. Un match que Francesco Totti, de retour de blessure, débutera sur le banc. Plus de vingt ans après sa première apparition en Coupe de l'UEFA, Il Capitano pourrait bel et bien faire ses adieux à l'Europe si la Roma venait à tomber face aux Merengues.

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Tout pourrait bien s'arrêter ce mercredi soir. Ou peut-être dans trois semaines, au Santiago Bernabéu. Au terme d'une double confrontation maîtrisée de bout en bout par le Real, la Roma doit se résoudre à l'évidence : elle est éliminée. Fini. Terminé. Disparus les rêves de miracle et les espoirs de quarts de finale. Mais ce soir-là, dans l'euphorie de la nuit madrilène, un homme a perdu davantage que les autres. Esseulé au centre du terrain, le numéro 10 giallorosso s'avance vers le coach Zidane pour le féliciter. Sauf qu'en plus de lui dire « bravo » , Totti lui dira aussi « au revoir » . À lui, et à nous tous. Car ce soir-là, dans l'euphorie de la nuit madrilène, Il Capitano en a fini avec l'Europe.

Comme toutes les bonnes choses, l'histoire de Francesco Totti a une fin. Or si le joueur est loin d'avoir dit son dernier mot en Serie A, cette élimination face au Real vient clore un chapitre européen vieux de deux décennies. Deux décennies ponctuées de buts fantastiques, de déplacements mémorables, de soirées légendaires, de qualif' à l'arrachée, de coups de sang incessants et de profondes désillusions. Parce qu'en vingt ans et presque 90 matchs, Totti a ri, mais également beaucoup pleuré sur les pelouses du Vieux Continent.

Trans-Europe-Express


Évoquer la carrière de Totti, c'est aussi revenir sur un épisode – pas forcément le plus prolifique, mais néanmoins fondamental – qu'est l'Europe. Aujourd'hui aux portes de la retraite, Il Bimbo de Oro a fait le choix de consacrer l'intégralité de sa carrière au club de son cœur, quitte à faire l'impasse sur certains trophées réservés aux plus grands. Mais comme il l'a dit un jour : « Être champion avec la Roma, c'est comme gagner dix titres ailleurs. » Ainsi, en refusant de céder aux sirènes du Real et de Chelsea notamment, Totti a manqué l'occasion d'étoffer un palmarès vierge de toute récompense européenne. Pourtant, tout avait bien commencé.

En terminant cinquième du championnat 94/95, la Roma parvient à décrocher son billet pour la coupe de l'UEFA qu'elle désertait depuis le quart de finale 93 perdu face à Dortmund. Ses grands débuts sur la scène européenne, Francesco les fera donc en octobre 95, deux ans et demi après sa toute première entrée en jeu face au Brescia de Lucescu. Totti a 19 ans depuis trois semaines, la coupe au bol et déjà le sens du but. Lancé à l'heure de jeu alors que la Roma mène 2-0 face aux Belges d'Eendracht Aalst, le gamin n'a besoin que de dix-sept minutes pour inscrire le but du K.O. En trois crochets, Totti met dans le vent toute la défense et n'a plus qu'à ajuster le portier flamand. Il ne le sait pas encore, mais ce but n'est que le premier d'une longue série qui l'amènera à devenir, dix-neuf ans plus tard, le plus vieux buteur de la Ligue des champions.

Manchester, Madrid et les 7-1


Si Francesco totalise à ce jour 38 buts en 89 matchs européens, les déceptions, elles aussi, sont conséquentes. À commencer par cette confrontation face à l'immense Real Madrid de Zidane et Del Bosque, trois mois après le Scudetto de 2001. Alors au top de sa forme, la Roma de Fabio Capello se présente en Ligue des champions sûre de sa force et prête à se mesurer au gotha européen. Vaincue (1-2) à l'aller, la Louve doit impérativement faire un résultat à Madrid si elle souhaite se qualifier pour la deuxième phase de poules. Déjà buteur à Rome, Totti donne l'avantage aux Giallorossi dès la 36e minute sur un service de Vincent Candela. Malheureusement, Figo réduit la marque en seconde période, assurant de surcroît la première place aux Galactiques. Deuxième du groupe, la Roma se fera éliminer au tour suivant, tandis que Zinédine Zidane offrira, avec cette volée légendaire, sa neuvième Ligue des champions au Real quelques mois plus tard.

De la malchance, Totti en a aussi connu contre Manchester United. Alors qu'elle dispute son premier quart de C1 depuis de longues années, sa Louve se frotte aux Anglais de Sir Alex Ferguson le temps d'une semaine gravée dans les annales du club. Victorieux à l'aller (2-1), les partenaires du Capitano se font littéralement exploser six jours plus tard à Old Trafford (7-1). Blessé dans son ego, Francesco Totti déclarera, au moment de retrouver les Red Devils l'année suivante : « Cette fois, je veux gagner, sur le score de 7-0. » Sauf qu'une nouvelle fois, la Roma se fait rosser en quarts, et plutôt deux fois qu'une. Et puisque Totti est éternel, c'est aussi lui qui était là, ce 21 octobre 2014, pour relever et consoler ses partenaires après le terrible 1-7 concédé face au Bayern. Dans les bons comme dans les mauvais moments, Totti n'a jamais abandonné les siens ni renoncé à la tâche. Car oui, c'est aussi ça, une légende.

Arrivederci


Même s'il ne joue quasiment plus, la Roma d'aujourd'hui est encore un peu la sienne. D'ailleurs, elle le sera toujours. Alors si Spalletti décide de le faire entrer ce mercredi, même pour cinq minutes, chacun se rappellera le souvenir de l'homme qui fit exulter Carlo Zampa un soir d'octobre 2001 dans les travées du Bernabéu. Car même si la Roma de Totti n'a jamais rien gagné en Coupe d'Europe, chacune de ses épopées est gravée du sceau de son numéro 10. Le 3-0 contre le Barça en 2002, son doublé face au Valence de Benítez en 2003, le but de la qualif' à Gerland en 2007, le double 7-1 face à Gent et Košice en août 2008 et, bien sûr, toutes ces désillusions. À 39 ans et cinq mois, difficile de dire si Totti a encore les jambes pour se farcir un huitième de Ligue des champions face au Real Madrid. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que ce match aura une saveur particulière. Parce qu'il sera peut-être son dernier en Coupe d'Europe. Donc l'un des derniers, tout court.

Par Morgan Henry
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Zvonimir Savicevic Niveau : DHR
Rentre à la 70 éme, et but sur peno (score final 1-2).
Madridista joven Niveau : District
Vraiment le dernier joueur qui tient à l'amour du club, il y en a plus ailleurs, meme Messi lorsqu'on regarde comment ca se passe lorsqu'il renouvelle son contrat, on se rend compte que c'est plus du chantage qu'atre chose, mais lorsque il sera en declin, le Barca n'hesitera pas a donner un salire inferieur a celui de Neymar ou n'importe quelle joueur qui s'imposera comme star du club.

TOTTI CAPITANO ETERNO.
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