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Tottenham ou le fantasme du threesome

Malgré deux roustes contre les deux Manchester pour ouvrir leur saison, les Spurs paraissent être les seuls à pouvoir suivre le rythme des deux leaders. Contre City, Tottenham a enfin l’occasion de montrer que de challengers, ils peuvent passer au statut de prétendants.

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Pour ce qui est probablement la dernière année d’Harry Redknapp dans les couloirs de White Hart Lane - le poste de sélectionneur de l’Albion lui étant quasi-promis – Tottenham est en train de déjouer les pronostics. C'est la seule team à matcher au classement les deux Manchester. Pourtant les coups de grisou de fin de mercato estival de Modric et les nombreuses sirènes rôdant autour de Gareth Bale laissaient craindre le pire. Avec un 3-0 et un 5-1 dans les gencives pour démarrer la saison, Tottenham sentait la fin de cycle, alors même qu’aucun joueur majeur n’avait quitté le navire (Crouch mis à part). Pas de quoi alarmer Redknapp qui savait que ces recrues allaient faire la différence : « J’étais très déçu de perdre de cette façon contre City. Mais je n’en étais pas à me dire: ‘voilà, c’est ça mon équipe pour la saison, nous sommes dans la panade’. Je savais à ce moment-là que des recrues viendraient renforcer le groupe et que ça ferait la différence » . Un point pour Harry qui ne s’est pas trompé dans ses choix, et qui a laissé les finances du club plutôt tranquilles.

Le coach anglais a fait les choses dans l’ordre, en s’occupant d’abord de son poste le plus faible, celui de gardien de but. Le quadragénaire Brad Friedel, venu de Villa, vient terminer sa petite carrière anglaise dans les cages pour remplacer un Gomes trop coûteux en points en PL la saison dernière, trop coûteux aussi en C1 (remember la confrontation vs le Real). Pari réussi puisque, à la même époque l’an dernier, les Spurs avaient concédé 26 buts contre 21 aujourd’hui (1 but par journée). Avec Friedel en dernier rempart de confiance, une défense semble enfin se dessiner pour Tottenham. Ledley King est toujours sur son genou capricieux mais Dawson et Kaboul assurent parfaitement derrière, impériaux dans les airs, Kaboul s’autorisant même de plus en plus de sorties, à savoir apporter le surnombre depuis sa défense. Et sur les côtés, il semblerait bien qu’on tienne en Benoît Assou-Ekotto et Kyle Walker la meilleure doublette de latéraux du royaume. Avec une tactique à la Redknapp, qui demande inlassablement de retourner les couloirs dans tous les sens, il ne faut sans doute pas chercher trop loin la première explication du bon classement de Tottenham cette année.



D’une année sur l’autre, son fond de jeu s’est aussi amélioré. L’effectif quasi-inchangé n’y est évidemment pas étranger. Deux lames de fond sont surtout en train d’offrir une variété supplémentaire au jeu des Spurs. L’arrivée de Scott Parker a d’abord donné un visage encore plus joueur à l’axe du milieu de terrain londonien. Plus à l’aise techniquement qu’Huddlestone ou Livermore, plus physique qu’un Kranjcar, l’Anglais est en train d’emmerder au plus haut point Sandro, blessé en début de saison, et légitimement incapable de se faire une place au milieu de Modric, Van der Vaart et Parker. Ce dernier, capable de jouer dans les petits espaces ou d’aérer sur jeu long, est une alternative crédible à Modric dans la construction du jeu, tout en présentant l’avantage, par son abattage physique, d’effectuer un taf défensif considérable. Et quand tout se passe bien, il n’est pas rare de voir le triangle Van der Vaart – Modric – Parker permuter en plein match. Bref, un triangle tournant, selon les besoins, les humeurs, triangle casse-tête pour n’importe quelle ligne adverse.

Manu Adebayor meilleur que Crouch?

Deuxièmement, le jeu des Spurs s’est enrichi par la simple émancipation de Gareth Bale qui a bien compris qu’il ne devait pas cantonner son rôle à celui de funambule sur le fil gauche du terrain. Harry Redknapp après le nul contre Swansea (1-1) : « Contre Norwich, il a créé beaucoup de dégâts en passant par le milieu. Vous n’avez juste qu’à lui donner la balle. Une fois qu’il a le ballon, qu’il est dans l’espace, qu’il commence à courir, il est injouable  » . Aidé aussi par un Assou-Ekotto on fire sur toutes ses initiatives offensives, le jeune Gallois s’amuse désormais à arpenter le carré vert en long, en large, et s’il y a une bonne course à faire, en travers. En bref, Tottenham n’a pas complexifié sa manière de jouer mais a passé sa première moitié de saison à développer des nouvelles facettes de sa puissance offensive, de sa capacité à prendre le jeu à son compte.

Devant, Manu Adebayor se régale et fait taire les sceptiques, ceux qui lui disaient en avril dernier, alors qu’il portait la tunique du Real, que son père « lave des éléphants » et sa « mère est une pute » . Sans perdre l’impact physique imposé par la feu-présence de Peter Crouch, la tige togolaise a parfaitement compris comment il pouvait ajouter sa pierre à l’édifice. Il arrive à se trouver à la chute de la foule de centres arrosés par les Bale, Lennon, Walker ou Assou-Ekotto, ne reste pas non plus planté, à camper dans les 18 mais participe assez tôt dans l’action, à la construction des attaques placées. Le résultat est positif puisque statistiquement, ce dont on pouvait se douter, Manu cale plus de bûchettes que Crouch. Redknapp devra malheureusement faire sans ce dimanche après-midi (condition du prêt entre City et les Spurs). Jermaine Defoe tentera de remplacer au mieux Ade – ce qui au passage indique vraiment la mise au placard de Pavlyuchenko – en apportant encore plus de profondeur, encore un peu plus de frappes lointaines et encore plus de vitesse à un jeu londonien qui n’en manquait déjà pas franchement.

Ce dimanche après-midi, ce sera donc l’occasion de voir s’il y a bien une classe d’écart entre les deux équipes, un retard impossible à rattraper en une seule saison pour les Spurs, ou si la danse reçue dans son White Hart Lane à l’aller (5-1) ne relevait vraiment que de l’accident, comme le pense fondamentalement Harry Redknapp. Du côté de l’autre rival de Manchester, Man United, on s’est déjà fait une raison par la voix de Sir Alex. La prétention au Big Four n’est plus la propriété de quatre seules équipes et les espoirs de titre, plus la seule propriété des deux Manchesters. Tottenham is still in, avec derrière eux des supporters gonflés à bloc, en attente du titre suprême depuis 1961.

Par Ronan Boscher
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Un tout grand match en perspective cette après-midi!!!!!

Come on you Spurs!!!!!!!
lad
ce sont vraiment des vedettes ces supporters Anglais! ;-) ça pète, ça rote, ça picole comme 10 et ça sort des blagues douteuses (mais qui me font quand même rire! ;-) sur les parents d'Adebayor... je sais ce n'est pas bien finot et pas bien tout court de faire des blagues racistes (hein Busquets? ;-)...
et tout ça sans savoir qu'ils vont non seulement se marrer quand il va venir chez eux mais qu'en plus ils vont l'adorer!
de vrais kings! ;-)
et espérons qu'on ait une belle après-midi de foot anglais aujourd'hui avant je l'espère une belle petite victoire de Bielsa ce soir! ;-)
MorganLiverBird Niveau : Loisir
Bel article, on est dans l'vrai :D
Mais je comprends toujours pas pourquoi personne ne les voyaient aussi haut. Sur le papier ils sont bien plus au dessus que Liverpool ou Arsenal
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