Top 5 : Trajets

L'écologie, un truc de riches ? Pas une lubie de footeux multimillionnaire en tout cas. En témoigne ce mini-répertoire de pousses-ballon habitant en moyenne à plus de deux heures de route de leur lieu de travail, à savoir le camp d'entraînement. Exception faite à Bobo Vieri. Saviez-vous qu'à 34 ans, Bobogol se rendait en transport en commun au complexe de la Fio ?

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1/ Winston Bogarde, Chelsea, 1046 kilomètres aller-retour

Ajax-Milan AC-FC Barcelone-Chelsea. Ne pas se fier au C.V. de Winston Bogarde, il est trompeur. Pire transfert de l'année dans tous les clubs où il est passé, le Batave génération Kluivert, Davids, Seedorf&Co est un enfant de l'arrêt Bosman. Libéré par le Barça un an avant la fin de son contrat, le latéral gauche est à un porte-plume Mont Blanc d'en parapher un nouveau pour Newcastle quand Gianluca Vialli de Chelsea lui propose le double et l'engage pour quatre ans. 47 000 euros la semaine que multiplie 4 que multiplie 12, ça donne 2 millions et quelques brouettes à l'année. Sauf que le jour où il débarque à Stamford Brige, le néerlandais d'origine surinamienne découvre que celui qui l'a fait venir s'est fait congédier pour un autre Italien, Claudio Ranieri. Entre mésentente, méforme et vérité du terrain, l'entraîneur n'en veut plus. Les Blues tentent tout pour se débarrasser de lui et de sa fiche de paie à cinq zéros. Bogarde n'a pas de numéro de maillot et s'entraîne avec les jeunes. Mais rien n'y fera. Il respectera son contrat jusqu'au dernier alinéa et assumera sa vénalité dans sa biographie joliment intitulée ‘Ce nègre ne s'incline devant personne' : « Pourquoi devrais-je jeter 15 millions d'euros en l'air alors qu'ils m'appartiennent ? [...] Le monde du football n'est qu'argent, donc quand on vous offre ces millions, vous les prenez. Peu de gens gagneront autant que moi. Je suis l'un de ceux qui ont cette chance. Il se peut que je sois l'une des pires recrues de l'histoire de la Premier League, mais je m'en fous  » .Le meilleur dans cette affaire, c'est que pendant tout ce temps là, Bogarde vivait encore à Amsterdam. Deux à trois fois par semaine, il dormait à l'hôtel. Mais le reste du temps, il se réveillait à 6 heures du mat' pour prendre l'avion et être à l'heure à l'entraînement ; Harlington, l'ancien centre de Chelsea, étant à deux pâtés de maison de l'aéroport international de Heathrow. « Si je n'avais pas réussi à être joueur, je serais devenu un criminel, un grand  » , confesse-t-il dans son ouvrage. À 700 000 euros la prestation (il n'est apparu que 12 fois en 4 ans ndlr), il peut enlever le « si » et le conditionnel.

2/ Michael Owen, Newcastle, 622 kilomètres aller-retour

Fin août 2005. Le mercato d'été vit ses derniers jours. Barré au Real, Owen veut rentrer en Angleterre. Liverpool, plus précisément. Les Reds ne sont pas disposés à le racheter plus cher qu'ils ne l'avaient vendu, à savoir 12 millions d'euros. Le ballon d'Or 2001 signe finalement à Newcastle pour 3 M de plus. Dans sa tête pourtant, le Lutin fait une fixette sur Liverpool. L'Espagne mis à part, lui le rural, élevé dans le Nord du Pays de Galles à la frontière de la Merseyside, a toujours vécu dans le mythe de la grande ville du coin. De retour dans son manoir de Lower Soughton au Pays de Galles, l'avant-centre prend la décision d'y stationner. « On est riche merde ! J'ai un Eurocopter Dauphin à 2,3 millions d'euros dans le garage. Qu'en dis-tu chérie si nous nous faisions donc construire un héliport au fond du jardin ? » . Dans l'idée, Owen voulait même passer son brevet de pilote afin d'être indépendant dans ses déplacements. Mais pour des problèmes d'assurance, les Magpies l'en empêchèrent. A l'arrivée toutefois, le joueur a le beurre (le château et Liverpool à proximité) et l'argent du beurre (1 heure de trajet au lieu de 4 sur la route). Michael Owen, millionnaire 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, 365 jours par an et fier de l'être.

3/ Jens Lehmann, VfB Stuttgart, 496 kilomètres

« Plusieurs personnes se sont plaintes de ses atterrissages sur le stade local. J'espère vraiment que M. Lehmann n'atterrira plus à cet endroit à l'avenir, sinon je lui parlerai personnellement  » . Ces menaces, c'est Monsieur le Maire de Berg, petite commune de 8 200 âmes au Sud de Munich, qui les profère. Rupert Mann en a marre du bruit causé par son nouveau résident. A l'époque des faits, Jens Lehmann était encore joueur de foot. Tout juste transféré d'Arsenal à Stuttgart, l'ancien gardien de la Mannschaft se rendait en effet chaque matin en hélicoptère à l'entraînement du VfB. Moyen de locomotion pour le moins à propos lorsqu'on constate sur un calculateur d'itinéraire qu'à peu près 250 kilomètres séparent son domicile du centre d'entraînement de Stuttgart. Mais moyen onéreux. Coût d'un vol de ce type : 1000 euros par jour. En son temps, Michael Ballack, footeux aussi et autre ancien habitant de Berg, ne posait lui pas autant de problème. Normal, il pigeait pour le club du coin, le Bayern Munich. Quoiqu'à y regarder de plus près, le Maire se rappelle qu'il y avait peut-être un ennui « avec la longueur non réglementaire de son jardin » .

4/ Robert Pirès, Aston Villa, 320 kilomètres aller-retour

Après six années passées à Arsenal et au moment de rejoindre l'Espagne et Villareal, Robert Pirès décide de ne pas revendre son chez lui londonien, à Hampstead, quartier du Nord de la capitale anglaise. Du coup, lorsque Gérard Houllier l'appelle pour rempiler avec la Premier League sous le maillot grenat d'Aston Villa, club situé dans la ville de Birmingham, Bobby demande la permission de rester vivre à London. Permission accordée. Et même dédommagée. Interrogé par The Sun, l'ancien Gunner se satisfait beaucoup de cette faveur : « Cela montre qu'il y a une mentalité très ouverte ici et cela ne me dérange pas, au contraire. Chaque matin je pars de chez moi à 8 heures et j'arrive là-bas entre 9h30 et 9h45. Je suis au camp d'entraînement, j'ai le temps de me préparer, de m'entraîner, je suis dans les meilleures conditions possibles  » . Une heure et demie de trajet durant laquelle le Frenchie se fait un petit sieston à l'arrière de la Merco avec son oreiller pendant que Steve, son pote et maintenant chauffeur officiel, le conduit à Bodymoor Heath. L'histoire ne dit pas en revanche s'il fait la course avec John Carew, Ashley et Luke Young, eux aussi résidents londoniens.

5/ Bobo Vieri, Fiorentina, 74 kilomètres aller-retour pour 3€80

Christian Vieri commence sa carrière professionnelle en 1989 à Prato AC 1908 et la finit presque dans cette ville toscane. En tout cas, lorsqu'il s'engage avec la Fio en 2007, il n'hésite pas une seconde à partir s'installer dans cette petite commune médiévale située à une trentaine de kilomètres au Nord du berceau de la Renaissance, Florence. Un lieu chargé d'histoire qui invite l'attaquant rital à changer radicalement son mode de pensée. Basta le triangle de la mode milanaise, le McDo et la Porsche Cayenne, le nouveau Bobo vit en milieu rurbain, entouré d'animaux, se couche tôt et se rend au stade d'entraînement en TER. 1€90 et vingt minutes après avoir quitté la gare de Prato, le train dépose le Bison à la station Campo di Marte. Pile poil devant le complexe de la Viola. Nota Bene : Vieri achète les billets à l'unité car il sait qu'avec la carte d'abonnement, il a un hamburger offert au fastfood pour un menu acheté. Et Bobogol ne voulait certainement pas rechuter.

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C'est marrant de lire ça... Quand on voit après des joueurs venir nous expliquer en conférence de presse que s'ils ont perdu le match c'est parce qu'ils ont eu un long déplacement de quelques heures en avion...
La classe, la classe... Je dirais plutôt "encore un gaucho qui fait l'intéressant". Prolo !!!!!!
La classe Vieri, je confirme.
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