Top 5 : Sur le fil

Lille est en tête de la Ligue 1 depuis la 16e journée et pointe à dix journées de la fin avec 4 points d'avance sur son premier poursuivant, la meilleure différence de buts et la meilleure attaque du championnat. Autrement dit, les Dogues sont les grands favoris pour soulever l'Hexagoal fin mai. Sauf que l'histoire a déjà prouvé qu'il n'était pas si rare qu'une équipe promise au titre se fasse coiffer au poteau. Allez zou, Top 5 de ces clubs qui l'ont encore en travers de la gorge...

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1 - FC Nantes (1977-1978)

Au soir d'une victoire 1-0 face à Monaco, les Canaris et leur meilleur buteur Eric Pécout, champions en titre, se présentent en leaders à dix journées du terme du championnat, talonnés de près par l'ASM et l'OM. Les coéquipiers de Loïc Amisse et de Raynald Denoueix enchaînent alors 7 victoires en 10 matches, bousillent au passage les Marseillais et achèvent leur saison sur une victoire cinglante 6-1 face à Nice. Une branlée qui ne restera pas dans les annales, puisqu'elle ne suffit pas à offrir le titre aux Nantais. Parce que dans le même temps, les défiscalisés du Rocher, emmenés par Delio Onnis, se transforment en char d'assaut, écrasent tout sur leur passage et dépassent Nantes à deux journées de la fin du championnat, en terminant leur saison par six victoires consécutives. Après un succès final face à Bastia, l'ASM, qui venait de remonter en Division 1, peut fêter son troisième sacre face à un public venu en masse pour assister à l'événement, avec une affluence record de 8 825 spectateurs. Et la Beaujoire devra attendre deux ans de plus pour se goinfrer un cinquième titre. Putain de paradis fiscaux.

2 - AS Monaco (1983-1984)

Les Monégasques ont donc décidé de se faire une spécialité de chourrer des titres. Après les Nantais, les gars du Rocher s'en prennent à Bordeaux. Les Girondins ont déjà squatté la pole position pendant 22 journées avant de se faire taper par l'ASM, qui vole le trône et vers la victoire finale, à quatre journées de la fin de la saison. Autant dire une broutille... Bernard Genghini empile les buts (18), Claude Puel et Manu Amoros bétonnent, et Monaco prend 7 points sur les 8 derniers possibles. Pas mal, mais insuffisant, puisque les Bordelais, qui n'avaient pas dit leur dernier mot, font un sans-faute, et arrachent le titre à la différence de points. Claude Bez est en train de transformer son club en machine à gagner, qui s'attribuera trois titres en quatre ans. Et l'ASM dans tout ça ? Ils auraient pu se consoler en Coupe de France, s'ils ne s'étaient pas fait plier par Metz en finale (2-0). Terminer à la place du con dans toutes les compétitions, Joël Muller en avait rêvé, Monaco l'a fait. Claude Puel était déjà un loser en 1984. Le destin, sans doute.

3 - Paris SG (1988-1989)

Les Parisiens sont coachés par Tomislav Ivic, l'homme qui entraîna 20 équipes au cours de sa carrière (notamment Porto et Benfica, Galatasaray et Fenerbahçe, le Standard et Anderlecht, Paris et l'OM – ce mec serait-il le plus grand traître de l'histoire du foot ?). Le club de la capitale survole la saison et occupe la première place du classement durant 22 journées, avant de voir le titre s'envoler définitivement au soir de la 35e journée, après une défaite au Vélodrome, où les supporteurs parisiens furent interdits d'entée. Amara Simba se foire face à Gaëtan Huard, le PSG laisse passer sa chance de revendiquer le titre, et Franck Sauzée plante Joël Bats dans la foulée. 1-0, score final. L'Olympique de Marseille de Bernard Tapie peut fanfaronner, empoche trois autres titres consécutifs (presque quatre), la rivalité PSG-OM est née, et Paris, déjà, prouve que le championnat, c'est pas son truc. Ca ne tient à rien, une réputation...

4 - FC Metz (1997-1998)

Joël Muller, acte I. Attention, voici la genèse d'un immense loser. Il y a des types qui gagnent des titres quel que soit le club dans lequel ils évoluent. Joël Muller, lui, voit des titres lui passer sous le nez partout où il passe. Cruelle destinée. Metz pointait déjà en tête au soir de la première journée. Metz pointe encore en tête après la 29e journée (après une petite baisse de rythme entre temps). Il reste cinq journées à gérer, mais la bande à Kastendeuch et Pirès ne tient pas la distance. Le RC Lens prouve que la base d'un vol de titre en bonne et due forme, c'est la confrontation directe. Les Sang et Or violent Saint-Symphorien sans vergogne, 2 buts à 0, grâce à un doublé de Drobnjak, sur une tête plongeante puis grâce à une toile monumentale de Letizi. Comme quoi on ne peut pas être champion sans un bon gardien. Metz se démène pour remporter ses quatre derniers matches, mais c'est déjà trop tard, le mal est fait. La malédiction est en marche.

5 - RC Lens (2001-2002)

Joël Muller, acte II. A l'époque, le championnat de France s'appelle pour la dernière fois la Division 1, ne compte que dix-huit équipes et trente-quatre journées. C'est pourtant une rencontre de trop pour les Sang et Or, qui s'emparent de la pôle au soir de la 11e journée et qui se promènent jusqu'au match final, face à leurs dauphins lyonnais. Daniel Moreira, El-Hadji Diouf et leurs coéquipiers ont un petit point d'avance sur les Gones. Un match nul à Gerland leur suffirait donc pour être sacrés champions. Sauf que l'entraîneur du RCL s'appelle Joël Muller, et que cet homme est définitivement maudit. Passé à l'ennemi depuis que les Lensois l'ont planté en 1998, Joël a pensé à emmener sa schkoumoune dans son balluchon. Lyon démarre la finale du championnat pied au plancher et mène déjà 2-0 après un quart d'heure de jeu, grâce à Govou et Violeau. Pierre Laigle crucifie son ancien club en seconde mi-temps alors que Jacek Bak avait redonné l'espoir aux Nordistes. Le match est haletant, et les Lyonnais de Santini dans un grand jour. Score final : 3-1. La formule 1 lyonnaise est lancée et squattera la plus haute place du podium sept années d'affilée. Pas sûr que Lens ait de nouveau l'opportunité d'ajouter une ligne à son palmarès de sitôt. L'ironie du sort, parait-il.



Par Julien Mahieu

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J'ai bien aime l'article.
Mais quid du titre des gigis en 99 apres certainement le plus beau championnat des 20 dernieres annees et un mano a mano haletant 38 journees durant.
Des stars de chaque cote (Laslandes, Wiltord, Benrabia, Micoud vs Penna Bianca, Blanc, Gallas, Duga, Maurice etc), un rythme effrene, un final controverse, bref une annee de feu.
J'aurais peut etre rajoute la victoire d'Auxerre en 1996 apres avoir remonte Paris qui comptait une dizaine de points d'avance a 10 journees de la fin.
Sympa ce petit come-back !
Lens 2002.
Jo la Loose est aux commandes.

17 mars. Le début de la fin. Défaite à Bordeaux.

23 mars. Match à Sedan qui joue pour ne pas descendre. Nul 1-1. Jo la Loose déclare que c'est un bon point de pris. Surtout pour Sedan, qui grâce à ce point se sauvera en fin de saison. Mais pas la suivante...

6 avril. Nul contre Troyes. Descendront aussi la saison suivante...

17 avril. Déplacement à Bastia. Jo la Loose déclare aller vouloir chercher le nul. Résultat : puni par Tony Vairelles, défaite 3-1. Les bastiais qui en avaient pris 7 à l'aller à Bollaert lavent l'affront.

27 avril. Réception de Guingamp. Victoire 4-1. Dernier soubresaut avant la bérésina lyonnaise.

4 mai. Ce qui devait arriver arriva. Jo la Loose, qui a tout de l'opossum neurasthénique, galvanise ses troupe. 2-0 au bout d'un quart d'heure. 3-1 score final (c'est Pierrot qui est content).

11 points d'avance sur Lyon en début d'année, 2 de retard au final.
Et on s'est mangé Jo la Loose encore 3 saisons supplémentaires.

Dans tout cela, il y a une forme de justice.
Claudio la Loose sévit déjà depuis 3 saisons à Lyon. Bah, plus qu'une...
je me permet d'indiquer également la saison 1961/1962.

Le Nîmes Olympique, adepte dans les années 50' 60' et 70' de l'éternelle place de second sans jamais gagner le moindre trophée mais en trustant toujours les podiums.

Cette saison là, Nîmes amené notamment par son mythique paraguayen José Parodi, domine toute la seconde partie de la saison en étant largement premier quelques journées avant la fin du championnat. Malheureusement, certains joueurs clef vont être blessés comme Michel Perchey brisé à Toulouse, et qui a l'époque était promis au plus bel avenir.

Petit à petit, les concurrents vont reprendre du terrain, et même si Nîmes est premier avant le dernier match, il perds son dernier match de championnat 1 à 0 sur la pelouse du Stade français, et se fait coiffer sur le poteau par le Stade de Reims et finit même 3ème.

Une sacrés déception, d'autant que le titre, au vu des performances du club depuis 1950, était largement mérité. Mais c'est le sport, et le business aussi parce qu'à Nîmes on a toujours été pauvres et on a jamais eu de bons remplaçants.
Et monaco 2004 ?! Qu'on me corrige si je me trompe, mais les monégasques de Deschamps ont compté dix points d'avance en janvier, après avoir démonté les Lyonnais 3-0 en championnat (avec en bonus un 4-1 en coupe à la même époque). Puis ils auront laissé trop de forces lors de matchs épiques en ligue des champions (Real, Chelsea), pour échouer à quatre points de Lyon et, comble de la lose, se faire passer devant par Paris.
Tout à fait d'accord avec DarelIMK on n'est pas obligé de remonter très loin! Monaco, dernière équipe de L1 à nous avoir vraiment rêver, démonte Lyon 3-0 en janvier 2004 et compte 10 points d'avance à 4 mois de la fin du championnat. Leurs parcours incroyable en LDC et une victoire en coupe de la ligue leur couteront le titre mais c t de très loin la meilleure équipe et ils méritaient le titre. Dommage ils n'avaient pas de banc mais c'est effectivement un gros retournement de situation car après les 2 claques consécutives 3-0 et 4-1 (triplé de Morientes) on voyait bien que Monaco etait supérieur et on ne voyait pas Lyon revenir...
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