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Top 5 : les finales de Coupe du monde inoubliables

Il y a les finales de Coupe du monde dont on ne sait pas grand-chose (en gros avant-guerre), celles qui marquent surtout le pays vainqueur (1978, 1998), celles qui déçoivent (1990, 1994, 2010), celle qui auraient pu en être (1958, 1986) et celles qu'on décide de retenir. Forcément subjectif, forcément sublime.

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RFA-Hongrie (3-2) : le 4 juillet 1954 à Berne


Les Allemands en parlent comme du « miracle de Berne » , le reste de la planète foot comme d'un jour de pluie en Suisse et de la défaite de la plus belle des équipes. Du 14 mai 1950 au 4 juillet 1954 et cette finale de Coupe du monde, la Hongrie va rester invaincue 29 matchs. Jamais une sélection ne s'est avancée aussi sûre de sa force et de son génie que celle composée par Puskás, Czibor, Hidegkuti ou Kocsis. Un an plus tôt, le Major Galopant et son orchestre mettent une valse à l'Angleterre dans son jardin de Wembley et font comprendre à son géniteur que ce sport ne lui appartient plus. Avec son 4-2-4 et ses artistes multifonctions, cette équipe a deux décennies d'avance sur tout le monde et préfigure déjà le football total des Néerlandais. Ce Mondial 54 doit être sa consécration. On ne cherche pas à savoir s'il va s'imposer, mais comment et combien. Ridiculisée lors du premier tour (8-3), l'Allemagne s'avance en victime désignée malgré la pluie, malgré un Puskás sur une jambe, malgré les crampons vissés mis à disposition de la Mannschaft par Adi Dassler, malgré la fourberie d'un Sepp Herberger qui avait brouillé les cartes en alignant une équipe réserve lors du premier match. D'ailleurs, Puskás et cette tête brûlée de Czibor ont déjà plié l'affaire en huit minutes croit-on. La réduction du score de Morlock deux minutes plus tard tient de la péripétie. La Hongrie a trop de marge, mais la pluie redouble et la RFA commence à croire à son destin quand Rahn égalise à la 18e. La suite est un interminable siège de la défense ouest-allemande (deux poteaux, un but refusé à Puskás). Le ver est dans le fruit et Rahn trompe Grosics d'une frappe croisée à six minutes de la fin du match. La RFA naissante a trouvé un motif pour relever la tête, la Hongrie, elle, pleure son équipe jamais sacrée. Soixante ans de larmes, de regrets et de colère quand on apprendra plus tard que « les héros de Berne » carburaient à la méthamphétamine.

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Angleterre – RFA (4-2) : 30 juillet 1966 à Wembley


Oubliez Gary Lineker et sa sentence rageuse : « Le football est un sport simple : 22 hommes poursuivent un ballon pendant 90 minutes et à la fin, les Allemands gagnent. » Oubliez surtout toutes les caricatures sur ce foot teuton de « Kaisers » qui se vautre dans la victoire comme la Rome antique dans le stupre, et réduit ce beau sport à une simple et banale question d'efficacité. La plus belle finale jamais disputée par une Mannschaft, elle ne l'a pas gagnée. Pire, on (la FIFA, le juge de ligne soviétique à moustache ou encore Elisabeth II) lui a sûrement volée. Le retour au pays de Franz Beckenbauer ou Wolfgang Overath s'avéra d'ailleurs plus triomphal qu'en 1982 par exemple, quand personne outre-rhin ne vint pleurer sur l'épaule de Karl-Heinz Rummenigge. Le parcours de 1966, par contre, avait été un quasi-sans-faute, se payant même le luxe d'éliminer l'URSS de Yachine avec, en ultime consécration, de se retrouver face au pays hôte, en son temple londonien. Le trophée semblait déjà promis à la perfide Albion pour service démiurgique rendu au ballon rond, et les événements à venir sur le terrain s'annonçaient pliés d'avance, une formalité vite expédiée en attendant que sa Gracieuse Majesté ne remette leur trophée à ses sujets en crampon. L'équipe terrible emmenée par les deux géants de West Ham Georges Hurst et Bobby Moore n'avait donc aucune envie, ni aucun risque, d'imiter le destin funeste du Brésil en 1950. Pourtant les Allemands s'acharnèrent à gâcher la fête et forcèrent les Anglais à mériter cette étoile autrement que par la clémence des tirages au sort. Ils ouvrirent le score, et une fois rattrapés puis menés, ils égalisèrent 2 à 2 à la 90e minute, imposant une prolongation qui fait encore trembler un peuple. Il faudra un tir sur la barre de Hurst et la décision la plus litigieuse en 150 ans d'International Board, jamais tranchée par la technologie, pour que l'Allemagne finisse par capituler. Et en perdant de la sorte, tout en grandeur et talent, ils avaient enfin permis au foot allemand d'écrire une des belles pages, certes tragique, de l'histoire du football. Bref plutôt marcher dans les pas d'Heinrich Heine que de Wagner, pour une fois.

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Brésil - Italie (4-1) : 21 juin 1970 à Mexico


Si, pour tous, le jaune du Brésil symbolise la quintessence du football, c'est suite à ce match. Le Brésil avait alors deux Coupes du monde à son palmarès, l'Italie aussi. Le vainqueur de cette finale allait donc gagner plus qu'une simple « Jules Rimet » : le titre officieux de meilleure équipe de football du monde. Qui plus est s'il s'imposait d'une manière probante. Les Brésiliens ont fait mieux que ça. Une démonstration de football. Voire une révolution. Une tête de Pelé pour ouvrir le score. Une égalisation de l'Italie suite à une boulette de la défense brésilienne (histoire d'accentuer le mythe), puis la samba. D'abord Gerson d'une sacoche des 20 mètres, puis Jairzinho sur cet amour de remise de la tête de Pelé, et enfin cette passe. Cette passe du Roi pour Carlos Alberto. Et un but, l'un des plus beaux jamais inscrits, qui marquera les esprits comme peu d'autres. Il faut dire que la série de mouvements brésiliens qui l'a précédé constituait le plus bel alignement d'astres alors jamais vus sur un terrain.

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RFA – Pays-Bas (2-1) : 7 juillet 1974 à Munich


On connaît la blague : ce match a duré 88 minutes de trop pour les Hollandais (en 74 on disait la Hollande)… 1-0 au bout de deux minutes ! Un péno obtenu par Cruyff puis dynamité par Neeskens promet aux Oranje le titre de champion du monde. Alors pourquoi forcer son talent ? Une passe à dix devrait suffire. Sauf qu'ils oublient qu'en corrida, c'est souvent à terre que le taureau encorne le toréador. Dont acte : l'Allemagne se réveille ! Un péno imaginaire offre à Breitner d'égaliser en douceur, puis Gerd-la-toupie donne l'avantage à la Nationalmannschaft (2-1 à la mi-temps). Le score est acquis, le match est plié, mais ça, on ne le sait pas encore. Jean de la Fontaine prend le relai en deuxième période : le lièvre/cigale hollandais va tenter de rattraper la tortue/fourmi. En vain… C'est Franz qui gagnera son duel contre Johan au terme d'une attaque-défense dantesque digne du siège de la Rochelle. En pitbull, les crocs plantés dans les mollets princiers, Vogts neutralisera Cruyff, puis Maier dans les buts fera le reste. La défaite du football total des Hollandais magnifiera pour toujours l'équipe des Pays-Bas 74 : « Dans l'histoire des finales de la Coupe du monde, nous sommes à jamais la seule équipe dont les gens se souviennent du perdant » (Johan Cruyff). Bien dit ! Pareille défaite (après pareil parcours) peut être considéré comme un titre à son palmarès. Sublime.

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Italie – France (1-1 ; 5 t.a.b à 3) : 9 juillet 2006 à Berlin


Peut-être pas la plus belle des finales en terme de jeu. Mais en terme d'intensité, de scénario, d'ingrédients et d'épilogue, ce France-Italie n'a pas déçu. Pourtant personne n'attendait vraiment ces deux sélections au bout du Mondial allemand. L'Italie avait une histoire de matchs truqués dans les valises alors que la France réapprenait tout juste à jouer avec Zidane, sorti de sa retraite internationale. La finale est épique. Les coups pleuvent en début de rencontre et, sur le plus petit des contacts, Malouda gagne un péno que Zizou transforme d'une Panenka, à la limite du raisonnable. Cela marque le point de départ d'une Squadra Azzurra dominatrice jusqu'à la pause. Materazzi égalise très vite, manque de peu le doublé alors que Toni touche la barre. Nouveau changement de décor en seconde période. Les Bleus dominent physiquement - même s'ils perdent sur blessure un Vieira jusque-là impérial -, mais n'arrivent pas à tromper un Buffon extraordinaire. Zidane, en se démettant l'épaule à la 80e, convoque même, malgré lui, les douloureuses heures acromio-claviculaires du Kaiser Beckenbauer. L'Italie souffre, Pirlo essaie de maîtriser un rythme que ses coéquipiers ne suivent plus. Dans la prolongation, les hommes de Lippi marchent sur leur langue, Buffon retarde une nouvelle fois l'échéance sur une tête de ZZ. La dernière de sa carrière. Enfin, la dernière sur un ballon puisque, quelques minutes plus tard, c'est le torse de Materazzi qui prend le crâne lisse d'un Zizou coup de sang. Même en supériorité numérique, les Transalpins attendent la séance de tirs au but. Aucun loupé côté rital pour un seul dans les rangs français, celui de Trezeguet, le Français le plus craint de Buffon sur l'exercice. La veille de la finale, Trézégol s'était essayé à un tir. « Allez, ça suffit. Mets-moi le même demain et tout ira bien » avait ordonné Ray Domenech.

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PS : Brésil-Uruguay en 1950 est un match inoubliable et mythique, mais il s'agissait du dernier match d'un tour principal avec quatre équipes.

par AP, NKM, SR, CG et RB
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Copa_Mundial Niveau : Loisir
Et dire que y en a encore qui pense que la France c'est faite volée en 2006...
leopold-saroyan Niveau : Ligue 1
Note : 6
Le footage de la finale '66 est en tous points sublime. Les couleurs, la simplicité et les attitudes des joueurs, l'ambiance, le tour d'honneur des allemands, l'anglais édenté, et le climax ou j'ai eu vraiment la chair de poule : la sortie des joueurs du tunnel bordel !
jean-registre Niveau : CFA2
*elle s'est fait (...) (putain)
aswinning_11 Niveau : Ligue 2
La dernière finale fait un peu tâche je trouve.
Me suis toujours pas remis de cette panenka en 2006 ...
volontaire82 Niveau : Loisir
Aswinning,
Pourquoi ? Je n'en vois aucune autre qui mériterait d'être à sa place.
Pour l'anecdote, en 1970 et en 2006, l'Italie avec une prolongation contre l'Allemagne en demi-finale dans les pattes.
Message posté par Copa_Mundial
Et dire que y en a encore qui pense que la France c'est faite volée en 2006...


Du tout, pour moi j'ai surtout en mémoire une équipe d'Italie dominatrice sur les 90 minutes et qui ensuite se fait elle même dominer en prolongations (faudrait que je revois le match un jour quand même ... 8 ans ça remonte).

Ce qui fait "polémique", c'est que c'est bien la première que la vidéo est utilisée ... car les arbitres n'avaient pas vus le coup de boule de Zidane ... pour le reste il fallait un vainqueur ... l'étoile est à l'Italie et c'est ce qu'on retiendra dans 50 ans.
Ha je connaissais pas cette dernière anecdote sur Raymond la science...
Encore une preuve s'il en fallait une du génie de cet homme.

Sinon ce qui me marque le plus dans ces vidéos old school, c'est le manque d'inventivité des mecs quand il s'agit de célébrer leur but : 2 bras en l'air avec le zgeg en avant.
Aujourd'hui on a le droit aux saltos foirés de Klose, à Totti qui prend son pouce pour un Mr Freeze, et aux cœurs avec les doigts dégueulasses de Di Maria et Bale.
Un autre standing.
rockin'squat Niveau : DHR
Message posté par tiflo


Du tout, pour moi j'ai surtout en mémoire une équipe d'Italie dominatrice sur les 90 minutes et qui ensuite se fait elle même dominer en prolongations (faudrait que je revois le match un jour quand même ... 8 ans ça remonte).

Ce qui fait "polémique", c'est que c'est bien la première que la vidéo est utilisée ... car les arbitres n'avaient pas vus le coup de boule de Zidane ... pour le reste il fallait un vainqueur ... l'étoile est à l'Italie et c'est ce qu'on retiendra dans 50 ans.


Ben perso je me souvient d'un match équilibré avec les meilleurs occaz pour la France, notamment en prolongation.

En restant objectif on aurait largement pu s'imposer avant les pénos mais ce soir là ça ne voulait vraiment pas.
rockin'squat Niveau : DHR
Message posté par tiflo


Du tout, pour moi j'ai surtout en mémoire une équipe d'Italie dominatrice sur les 90 minutes et qui ensuite se fait elle même dominer en prolongations (faudrait que je revois le match un jour quand même ... 8 ans ça remonte).

Ce qui fait "polémique", c'est que c'est bien la première que la vidéo est utilisée ... car les arbitres n'avaient pas vus le coup de boule de Zidane ... pour le reste il fallait un vainqueur ... l'étoile est à l'Italie et c'est ce qu'on retiendra dans 50 ans.


Après comme tu dis l'idéal serait de revoir le match
lepapierseulnesuffitpas Niveau : DHR
En 2006, l'Italie domine la première mi-tps puis après la France a le contrôle du match. Après c'est vrai qu'on aurait du gagner ce match, mais de là à penser qu'il y a un hold-up faut pas abuser.

Sinon sur la finale de 66, on parle svt du 2nd but de Hurst, mais le but qui amène les allemands en prolongation ne doit pas pas intervenir. Il intervient suite à un coup-franc, où celui qui subit la faute est sctné, puis ya une main juste avant que Weber n'égalise.
Knoow Your Role And Shut Your Mouth Niveau : Loisir
Le Brésil 70 envoie du rêve
Kachkar Reviens ! Niveau : DHR
Message posté par lepapierseulnesuffitpas
En 2006, l'Italie domine la première mi-tps puis après la France a le contrôle du match. Après c'est vrai qu'on aurait du gagner ce match, mais de là à penser qu'il y a un hold-up faut pas abuser.

Sinon sur la finale de 66, on parle svt du 2nd but de Hurst, mais le but qui amène les allemands en prolongation ne doit pas pas intervenir. Il intervient suite à un coup-franc, où celui qui subit la faute est sctné, puis ya une main juste avant que Weber n'égalise.


Exactement, Zidane se fait expulser à la 113è minute il me semble, donc même si son carton rouge a probablement été donné suite à l'intervention du 4è arbitre qui a vu les images, ça n'aurait rien changé en 7 minutes. Et pour la séance de pénos, Zidane aurait tiré à la place d'un des 4 premiers, et Trezeguet aurait tiré en dernier quand même (et on connait la suite :'( )
Rakamlerouge Niveau : National
Message posté par leopold-saroyan
Le footage de la finale '66 est en tous points sublime. Les couleurs, la simplicité et les attitudes des joueurs, l'ambiance, le tour d'honneur des allemands, l'anglais édenté, et le climax ou j'ai eu vraiment la chair de poule : la sortie des joueurs du tunnel bordel !


Sublime en effet!
L'anecdote sur Domenech qui dit "ça suffit", ça ressemble à de l'écharnement. Quand on veut crier au génie, on trouve toujours un coup de poker génial, une phrase qui ressemble à de la pré-science... et quand on veut enfoncer un gars on peut de la même manière toujours trouver une cagade, une erreur de jugement...
Avon Barksdale Niveau : Loisir
Ah ce Brésil 70 , la quintessence meme du football ! C'était autre chose que les 23 gogols de maintenant ...
On va pas recommencer avec 2006, c'est pas possible...

Eh bien si, pour rappel, l'Italie a eu une transversale et un but refusé de très peu.

Quant au pseudo pénalty de Malouda après une qualif contre le Portugal encore sur pénalty...
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