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Top 5 : Jorge Jesus et la Ligue Europa

En mauvaise posture avant le déplacement du Sporting à Leverkusen, Jorge Jesus a du souci à se faire. Mais il peut aussi s’appuyer sur ses précédentes expériences en Ligue Europa, plus ou moins fructueuses, pour renverser la vapeur. Retour sur les moments qui ont aidé le Portugais à se faire une réputation en C3.

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En cette saison 2015-2016, sa première sur le banc du Sporting, Jorge Jesus essaye de faire illusion quant à ses intentions européennes. En déclarant la semaine dernière qu’une « finale en Ligue Europa était plus importante qu’un titre de champion du Portugal » , la plus belle tignasse du football lusitanien visait à apaiser ses détracteurs, qui le soupçonnent de se moquer de la C3 cette année au profit de la Liga Nos, que les Leões n’ont plus remportée depuis 2002. Peut-on vraiment lui reprocher cette attitude ? Non. Jesus n’a aucun compte à rendre à l’indice UEFA du Portugal et se fie à la politique sportive d’un club qui attend avec impatience sa 19e couronne nationale. Le technicien portugais sait à quel point la C3 est longue et éprouvante sur le plan physique et mental. Et puis s’il y a bien un homme à qui l’on ne peut reprocher un manque d’implication sur la seconde scène européenne, c’est bien lui. Que ce soit avec Braga ou Benfica, Jorge Jesus n’a jamais fait de la figuration en Coupe de l’UEFA/Ligue Europa. Mieux, ses équipes de 2013 et 2014 ont carrément marqué l’histoire récente de la compétition.

  • Prélude à Belenenses et première rencontre avec le PSG


    Si la première vraie expérience européenne de Boucles d’or en Coupe de l’UEFA date de sa saison à Braga en 2008-2009, son dépucelage se fait au tour préliminaire de la précédente édition. Malgré l’élimination, le Belenenses de Jorge Jesus réalise l’exploit de s’en sortir avec un score cumulé de 3-0 contre le Bayern Munich et notamment un bon 1-0 à l’Allianz Arena.


    L’entraîneur portugais remonte donc sur la scène continentale avec de nouvelles ambitions, cette fois au service du Sporting Braga, où il parvient à se hisser jusqu’en 8es de finale après s’être extirpé d’une poule comportant le Milan AC et après avoir maîtrisé le Standard de Liège sans la moindre difficulté en 16es. La marche suivante est en revanche un peu trop haute pour les guerriers. Le PSG de Paul Le Guen doit sa qualification in extremis (1-0 sur les deux rencontres) à un gros manque de réalisme des Portugais, dominateurs sur la double confrontation. Le beau jeu à la Jesus commence à prendre forme tout comme son manque de froideur au moment de conclure. L’histoire retiendra que la première élimination de Jorge Jesus en phase finale de C3 aura été scellée par une tête de Guillaume Hoarau. C’est laid.

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  • Jorge Jesus vs PSG, acte II


    La vengeance est un plat qui se mange froid. Armé jusqu’aux dents avec sa meute de Cardozo, Coentrão, Aimar et Saviola, avec laquelle il a remporté son premier titre de champion du Portugal au premier essai l’année précédente, Jorge Jesus est prêt à en découdre une nouvelle fois avec le PSG à l’occasion des 8es de finale de la Ligue Europa 2011. Le premier round se joue à Lisbonne et tourne à l’avantage des locaux malgré un début de match tonitruant des Parisiens, rapidement récompensé par un but de Luyindula. Le hic, c’est que les hommes de Le Guen ne parviennent pas à faire le break avant que le rouleau-compresseur de Jesus ne se mette en marche et écrase un Paris qui disparaît totalement du jeu et peut s’estimer heureux de quitter la Luz avec un 2-1 dans la musette.

    Le retour commence aussi mal qu’il avait terminé pour le PSG, puisque Gaitán ouvre le score sur une demi-cagade d’Apoula Edel (nul au retour, mais bon à l’aller, au point de faire croire aux commentateurs portugais qu’il était réellement compétent). La belle égalisation de l’immense Bodmer n’empêchera pas l’entraîneur benfiquista de savourer une revanche globalement méritée sur l’ensemble des deux matchs. Les Aigles s’arrêteront cette année-là en demies face à… Braga, après avoir marché sur le PSV (6-3 sur les deux matchs).

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  • Leçon de football gratuite pour les Girondins de Bordeaux


    Avant de devenir la pire saison de sa vie, 2013 était l’année où Jorge Jesus a mis l’Europe à ses pieds à la faveur d’un jeu léché, presque trop beau pour la C3. Les Girondins de Bordeaux sont sans doute ceux qui ont eu le malheur d’observer ce Benfica à son apogée, le temps d’une demi-heure. Déjà vainqueurs à l’aller 1-0 grâce à une mine de Rodrigo, les Benfiquistas ont enfoncé le clou à Chaban Delmas en proposant un récital au public luso-bordelais. Positionnée très bas par Jesus, la ligne de récupération des Portugais permet aux locaux de s’installer dans le camp adverse, mais aussi de se découvrir en cas de contre.


    Inutile de dire que Gaitán, Salvio et même ce nul d’Ola John se sont régalés avec les caviars de Matić et Enzo Pérez, insatiables pourvoyeurs de ballons sur contre-attaque. Mais cette soirée était avant tout l’homme des grands attaquants. À l’égalisation (1-1) de Cheick Diabaté, Óscar Cardozo répond instantanément par un but précédé d’un enchaînement de classe et d’un service magique de Nico Gaitán. Football régalade. Et quand les Girondins pensent tenir un 2-2 honorifique après un CSC de Jardel (pas Mario), l’attaquant paraguayen endosse à nouveau son costume de Punisher pour achever Carrasso d’un insolent extérieur, à la coule. Non seulement l’équipe est au-dessus, mais elle le sait.

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  • Amsterdam ou la lose magnifique


    Si dominer était gagner, le Benfica de Jorge Jesus compterait deux C3 à son actif. Et s’il fallait retenir une finale sur les deux perdues consécutivement en 2013 et 2014, celle d’Amsterdam, contre Chelsea, serait l’élue. Plus dramatique, mais aussi plus belle en matière de jeu, elle a vu les Portugais prendre le dessus sur le champion d’Europe en titre d’un point de vue esthétique. Des passes par centaines, des appels dans les intervalles, des une-deux en veux-tu en voilà…


    Malgré quelques temps forts des Blues et notamment une frappe sourde de Lampard venue heurter la barre à trois minutes de la fin du match à 1-1, les coéquipiers d’Óscar Cardozo ont démontré ce soir-là qu’ils savaient tout faire mieux que leur adversaire du soir, sauf conclure. Oui, il y avait Petr Čech en face, c’est vrai. Oui, Branislav Ivanović a sorti une tête de mutant pour tuer Benfica à la 93e. Mais aussi beau fut-il, ce Benfica manquait de froideur lorsque les débats étaient serrés. Ce cru 2012-2014 était sans conteste le Brésil 82 des Encarnados et l’un des plus beaux perdants de la C3 depuis Alavés.

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  • La Juve privée de dessert


    La seule fois où Jorge Jesus a mis sa fierté de côté pour faire le dos rond, c’est quand son équipe a croisé le chemin de la Juventus en demies de l’édition suivante. Comme si, en quelque sorte, le technicien lusitanien prenait pour acquise la supériorité des Bianconeri. Face à Pirlo, Vidal, Pogba, Tévez et compagnie, c’était sans doute la meilleure posture à adopter. Après le 2-1 laborieusement obtenu à la Luz en guise de signal d’alarme, défendre à outrance s’est clairement imposé comme étant la seule solution pour Jesus de mettre Antonio Conte en échec. Le plan est simple, gêner les frappes lointaines de Pirlo et défendre bas, mais pas trop pour empêcher les Italiens d’entrer dans la surface. La stratégie fonctionne bien pendant la première partie du match.


    Lors du second acte, Jesus passe son temps à réajuster le bloc-équipe, clé de la rencontre bien que maintes fois bousculé par les locaux avant le coup de sifflet final. Peu sereins, les Lisboètes perdent Pérez et Marković, tous deux exclus, et doivent résister à neuf contre dix. Ils y parviendront grâce à Luisão et Júlio César, bons à en dégoûter le public de la Juve, venu au stade pour fêter la qualification pour sa finale de C3 au Juventus Stadium. Ils en repartiront les larmes aux yeux. Fou de joie au terme de la partie, Jorge Jesus court comme un gamin (ou Mourinho) sur la pelouse du stade. Ce soir-là, il a prouvé qu’il pouvait gagner un grand match en étant moche. Mais ne confirmera pas la tendance en finale face à Séville…

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    Par William Pereira
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