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Top 12 : Allemands d'Italie

L’Allemand aime voyager, il aime le soleil, il aime bien manger. Normal, donc, qu’il aille faire un tour de l’autre côté des Alpes. Surtout si la Serie A est considérée comme l’un des championnats les plus difficiles d’Europe. Car, avant tout, l’Allemand aime les défis.

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Ludwig Janda

Le premier Allemand à évoluer de l’autre côté des Alpes, c’est lui. En 1949, la Fiorentina vient taper à la porte de Munich 1860 et propose entre 30 000 et 50 000 deutschemarks pour s’attacher les services de son attaquant. Pour le club bavarois, l’opportunité est belle. Pour Ludwig Janda aussi. En Allemagne, le championnat n’est pas encore professionnel, et Janda ne touche que 320 DM le mois. Le club de Florence lui propose un contrat mirobolant de 80 000 lires, ainsi que des primes de match bien dotées. Le deal est fait, Janda jouera deux saisons pour la Fio, et ses 13 buts en 47 matchs aideront le club à finir deux fois cinquième. Par la suite, Janda s’engagera pour trois saisons avec le Novara Calcio, avant de mettre un terme à sa carrière.

Horst Buhtz

Tout comme Ludwig Janda, Horst Buhtz n’est pas le joueur teuton le plus connu à avoir évolué en Italie. Cependant, lui aussi fait partie de ces joueurs allemands qui ont marqué la Botte. En 1952, le Torino, qui ne s’est pas encore remis de la catastrophe de 1949, est en train de reconstruire son équipe. Elle va donc chercher Horst Buhtz, qui évolue alors au VfB Mühlburg (club qui fusionnera plus tard avec Karlsruhe) et boum, lui propose un contrat de 150 000 DM par an. « C’est un salaire pour lequel j’aurais dû bosser plusieurs décennies en Allemagne » , déclare l’intéressé. Forcément, Buhtz est ravi de toucher autant d’argent et, avec son premier salaire, il se paye un cabriolet à 6500 DM. Sur le terrain, les Turinois sont ravis. « Il Tedesco » (L’Allemand) fait des merveilles, à tel point qu’il devient le « Magicien du côté gauche » . Pendant cinq ans, il régalera les supporters du Torino, avant de s’en aller en Suisse, où il finira sa carrière. À plus de 80 ans aujourd’hui, Buhtz déplore le fait que les stades de Serie A soient aussi vides, alors qu’il s’agit pour lui du plus beau championnat du monde. Sans doute le plus italien des Allemands.

Karl-Heinz Rummenigge

Les dirigeants de l’Inter attendaient - légitimement - beaucoup de l’attaquant du Bayern Munich. Quand « Kalle » débarque à l’Inter en 1984, il a 29 ans, vient de passer dix ans au Bayern, pour lequel il a claqué 162 buts en 310 matchs. Costaud. Et suffisant pour que l’Inter claque pour lui 11 millions de DM (deuxième plus gros transfert de l’année, derrière Diego Maradona, qui passe du FC Barcelone à Naples pour 24 millions de DM). Malheureusement, Rummenigge sera miné par les blessures et ne donnera jamais la pleine mesure de son talent. Trois ans, 64 matchs, 24 buts, et puis s’en va. Dommage.



Karl-Heinz Schnellinger

Assurément l’un des défenseurs les plus forts de l’Europe des années 60. Karl-Heinz Schnellinger, c’est quatre participations en Coupe du monde avec la Mannschaft (58, 62, 66, 70) mais, surtout, un palmarès de feu avec le Milan AC, où il a évolué entrez 1965 et 1974 : un Championnat (68), trois Coupes d’Italie (67, 72, 73), une C1 (69), deux C2 (68, 73) et une Coupe Intercontinentale (69). Schnellinger a également joué pour Mantoue et l’AS Rome, mais ce n’est rien en comparaison de son aventure avec les Rossoneri. Après sa carrière, l’ancien coéquipier de Giovanni Trapattoni reviendra à Milan, pour vendre des cuisines intégrées dans un premier temps, pour profiter de sa retraite ensuite. Il habite toujours la région, d’ailleurs.

Andreas Brehme, Jürgen Klinsmann, Lothar Matthäus : le trio de l’Inter

Pas découragé pour un sou par l’expérience Rummenigge, l’Internazionale remet ça au début de la décennie suivante. Ce sont d’abord Andreas Brehme et Lothar Matthäus qui débarquent en 1988 du Bayern Munich. Bonne pioche : l’Inter remporte l’édition 88/89 du championnat italien, un titre après lequel elle courait depuis neuf ans. Ceci étant, comme le veut l’adage, jamais deux sans trois. Alors c’est Jürgen Klinsmann qui quitte Stuttgart et qui vient compléter le trio l’année suivante. Bon, l’Inter ne se mettra qu’une Supercoupe d’Italie (89) et une C2 (91) par la suite, mais les trois s’en foutent : ils seront sacrés champions du monde en 1990. En Italie, s’il vous plaît. Avant de tailler leur route en 1992.

Oliver Bierhoff, Jens Lehmann, Christian Ziege : la triplette du Milan

Bien entendu, en bon rival, le Milan avait lui aussi sa triplette à l’époque. Elle était néerlandaise et elle se composait de Frank Rijkaard, Marco van Basten et Ruud Gullit. Rien que ça. Mais le but d’avoir un rival, c’est de l’écraser. Et sur son propre terrain, de préférence. Alors le Milan AC s’est, lui aussi, livré à une expérience made in Germany et a fait venir Christian Ziege du Bayern Munich en 97, Oliver Bierhoff de l’Udinese et Jens Lehmann de Schalke 04, tous deux en 98. Barré par Sebastiano Rossi, l’aventure tournera court pour le portier allemand qui, après cinq matchs, s’en ira gagner son pain du côté de l’ennemi Dortmund. Pour les deux autres, ça passe bien : Milan remporte le championnat en 1999, et… voilà. Pour la petite histoire, Jens Lehmann, alors en Allemagne, recevra lui aussi une montre de la part de Galliani en souvenir du titre. Classe.



Matthias Sammer

Deuxième échec teuton pour l’Inter, après celui de Karl-Heinz Rummenigge. Après la chute du Mur et le dernier but de l’histoire de l’équipe d’ex-RDA pour sa pomme, Matthias Sammer est allé faire le beau du côté de Stuttgart, où il a notamment remporté le championnat en 1992. Suffisant (une fois de plus) pour convaincre l’Inter de l’enrôler. Malheureusement, le rouquin le plus swag d’Allemagne ne s’adapte pas. L’Italie est peut-être trop moderne, trop ouverte pour lui. 11 matchs et 4 buts plus tard, voilà qu’il prend la direction du Borussia Dortmund, où il deviendra un vrai patron.

Andreas Möller

1992. Andreas Möller joue alors à l’Eintracht Francfort. Comme il est bon, il se retrouve sollicité par plusieurs clubs étrangers. Andreas Möller hésite : il ne sait pas quoi faire. Alors, quand il est interrogé par un journaliste sur sa destination future, il sort cette réplique de génie : « Milan ou Madrid, l’essentiel [c’est que j’aille] en Italie !  » Une citation qui le fera entrer dans la légende. Finalement, il n’ira ni en Castille, ni en Lombardie, mais en Piémont. À la Juventus, il se fait plaisir, notamment en gagnant la C3 aux dépens de son ancien employeur, le Borussia Dortmund (88-90). La Juve bat le Borussia 3-1 et 3-0, et Möller inscrit l’ultime but de la double confrontation. Mais Andi aime faire les choses bien. Alors en 97, il participera à la victoire du Borussia Dortmund face à la Juventus sur le score de… 3-1. La boucle est bouclée.

Rudi Völler

Une dégaine, déjà : des cheveux longs, bouclés et une moustache. Un surnom, ensuite : Tante Käthe. Un style, enfin : celui du renard, plein de malice. Rudolf « Rudi » Völler en a fait son fonds de commerce. Après s’être fait les dents aux Kickers Offenbach, Tante Käthe va donner du plaisir aux supporters du Munich 1860 (70 matchs, 46 buts) avant de faire le bonheur des supporters du Werder pendant cinq ans (137 matchs, 97 buts). En 1987, ce bon Rudi signe à nouveau pour un quinquennat, mais à l'AS Roma, cette fois-ci. L’adaptation est difficile, mais Völler s’accroche et finira avec un bilan honorable de 44 buts en 142 rencontres et une Coupe d’Italie en 91. Mais le Stade Olympique de Rome, ça signifie surtout autre chose pour celui qui ira à l’OM par la suite : c’est là qu’il s’effondre un certain soir du 8 juillet 1990, à la 85e minute d’une finale de Coupe du monde. La suite, on la connaît. Pénalty transformé par Brehme, l’Allemagne est sacrée championne du monde pour la troisième fois de son histoire.



Karl-Heinz Riedle

Avant Miro Klose, il y a déjà eu un attaquant allemand qui a fait chavirer les supporters de la Lazio. Avant Miro Klose, il y avait déjà eu un attaquant qui était surnommé « Air » . Malgré son mètre 79, Karl-Heinz Riedle mettait pas mal de monde à l’amende dès qu’il s’agissait de sauter. Si le champion du monde 1990 n’a rien gagné avec le club laziale, ses 30 buts en 84 matchs ont suffi à convaincre le public. En fait, le terrain était déjà tout préparé quand Miro Klose a franchi le Rubicon.

Stefan Effenberg

Stefan Effenberg, bien sûr. La plus grande des gueules des années 90 a choisi l’exil italien aussi, pour voir, et a décidé de ne pas faire comme tout le monde en optant pour la Fiorentina. Manque de bol, première année en Serie A, et c’est la descente pour le club de Florence, malgré la présence d’Effenberg, donc, mais aussi de Gabriel Batistuta et de Brian Laudrup. Le Danois se casse, laissant l’Argentin et l’Allemand se démerder pour remonter. Ce fut chose faite dès l’année suivante. Mais ce fut une année sûrement très éprouvante pour « Effe » . Sinon, comment expliquer son ras-le-bol et son doigt d’honneur envers le public allemand durant la Coupe du monde 1994 ?

Thomas Hässler

L’exception qui confirme la règle. À l’époque des grands et méchants Allemands, il y avait un petit et génial meneur de jeu. Du haut de ses cent soixante-six centimètres, Thomas Hässler dictait sa loi au milieu de terrain. Après avoir remporté le Mondial italien, « Icke » se dit qu’il a l’air assez cool, ce pays. Alors va pour la Juventus Turin. Mais comme la province, c’est pas trop son délire, lui, le mec de Berlin, il décide de descendre sur Rome. Là, avec la Roma, ça va tout de suite beaucoup mieux. Derrière, il y a Aldaïr et, devant, il y a Rudi Völler. Autrement dit, le top du top. Bon, il ne gagnera rien avec les Giallorossi, mais on retiendra de lui sa jolie patte droite qui lui a permis de marquer moults coups francs splendides.

Et aussi: Jürgen Kohler, Stefan Reuter (Juventus), Thomas Berthold (Hellas Vérone, AS Rome), Herbert Neumann (Udinese, Bologne), Horst Szymaniak (Catane, Inter, Varese), Karsten Hutwelker (Fiorentina), Hans-Peter Briegel (Hellas Vérone, Sampdoria), Hans-Peter « Hansi » Müller (Inter, Côme), Thomas Doll (Lazio), Carsten Jancker (Udinese), Albert Brülls (Modène, Brescia), Manfred « Manni » Binz (Brescia), Dietmar Beiersdorfer (Reggiana), Helmut Haller (Bologne, Juventus)…

Ali Farhat
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Je connaissais pas cette phrase d'Andreas Möller! Superbe !
Klinsmann n'a pas quitté Monaco pour l'Inter, c'est juste l'inverse : il est transféré de Milan à Monaco en 92.
Avant l'Inter, il était à Stuttgart si je ne me trompe pas.
Massimobor Niveau : CFA2
Un Top 10 avec 12 paragraphes pour 16 joueurs.
Merci pour les bonus Ali, tu as bien bossé !
@bing23

raaaaah, je le savais en plus, mais je me suis emmêlé les pinceaux... Je vais corriger ça. Désolé pour tes yeux.

@Massimobor

Merci. C'est la classe à l'américaine, un top 10 avec plein de surprises dedans.
@shevagoool :
J'ai la fâcheuse tendance de souligner les erreurs même minimes sans dire que pour le reste ton top 12 est excellent.
ouah, riedle et son putain* de doublé de la tête contre la juve en finale de champions'...

et schnellinger: sans lui on n'aurait jamais eu d'italie-allemagne 4-3 -- c'eût été un 1-0 tout pourri, et l'italie en finale, pas cramée, eût battu le brésil, qui sait
Je viens de me rendre compte: ce n'est pas un article d'EM !!!???? J'en reviens pas.

Chapeau Ali, tu m'as eu
Moi je veux bien que vous disiez que Matthias Sammer fut un echec pour l'Inter,mais 4 buts en 11 matchs pour un défenseur je trouve ça pas mal!!!
Vous avez oublié Hitzlsperger, mais c'est pas grave il a joué seulement 6 mois à la Lazio...
Titbebouses Niveau : Loisir
Finalement les produits allemands c'est pas si solide que ça.
Ils auraient mieux fait d'acheter des BMW ou des machines à laver.
Governor Odious Niveau : District
Ah les souvenirs... Hassler c'était quand même la grande classe!
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