Ils sont beaux (souvent), moches (parfois), émouvants (toujours), importants (quand même), futiles (donc utiles), impossibles (et pourtant), voire contre leur camp (une pensée pour Escobar), et vont se découvrir sur SoFoot.com au fil du mois de décembre. Ou s'il ne devait rester que 100 buts, pour autant d'histoires qui racontent la même chose : le football.

Modififié
647 52

90. Jean-François Larios : Bastia - Torino (Huitièmes de la Coupe de l'UEFA, 7 décembre 1977, 2-1)

Le supporter bastiais est bouillant, certes, mais du fait de l'insularité, plutôt casanier. Pourtant, le 7 décembre 1977, 15 000 Bastiais sautent dans un Ferry direction le Piémont. En 8e de finale de la Coupe de l'UEFA, le SECB affronte le grand Torino, invaincu depuis deux saisons au Stadio Communale. Pas impressionnés, les Turchini offrent une merveille de but collectif. Facile quand deux des protagonistes s'appellent Claude Papi et Johnny Rep. En plus du divin chauve porto-vecchiais et de la star néerlandaise, le casting se compose de Jean-Marie de Zerbi, adjoint taciturne de Frédéric Antonetti, du passeur Félix Lacuesta et du buteur Jean-François Larios, deux gamins prêtés par Saint-Étienne. Au bout du compte, Bastia tombera en finale et dans la boue face à Eindhoven, Papi décédera sur un court de tennis, et Johnny Rep deviendra une chanson de Mickey 3D. Moche.

Youtube

89. Neymar da Silva Santos Junior : Santos - Flamengo (Championnat du Brésil, 27 juillet 2011, 4-5)

Ronaldo Angelim a 36 piges lorsqu'il forme avec Welinton la charnière centrale du « Fla » lors de cette victoire de malade arrachée à Santos, en partie grâce à un triplé de Ronaldinho. Mais Angelim est pourtant ressorti traumatisé de ce match, à cause d'une attaque éclair subie à la 26e. Trop vieux, trop lent, le défenseur central voit débouler sur lui un avion de chasse lancé à toute berzingue depuis la ligne de touche, qu'il sait bien trop furtif pour ses guiboles usées. Tétanisé par le Mirage 2000 nommé Neymar, Ronaldo Angelim a déjà choisi sa posture, celle de la victime. En gros, on stoppe les machines, on ne bouge plus et on attend que le mal soit fait. Une fois dévasté par la nouvelle arme brevetée, le combo râteau-grand pont, Ronaldo Angelim ne sera plus jamais le même homme. Il joue aujourd'hui en D2 brésilienne, au Grêmio Barueri. Dur.

88. Robbie Fowler : Brann Bergen - Liverpool (Quart de finale aller de la Coupe des vainqueurs de Coupes, 6 mars 1997, 1-1)

Il y a évidemment un rebond de trop dans cette action mais le reste est parfait et illustre à quel point Robbie Fowler fut un temps le finisseur le plus « naturel » du monde. Tellement naturel que ce n'est pas une aile de pigeon qui lui permet d'éliminer ce pauvre défenseur norvégien. Non, c'est sa foulée qui rencontre le ballon au bon moment, par la grâce du Saint-Esprit. On ne le surnommait pas « God » pour rien.

Youtube

87. Archie Gemmill : Écosse - Pays-Bas (Coupe du monde, 11 juin 1978, 3-2)

« Je n'avais pas pris un tel pied depuis le but d'Archie Gemmill en 78 » . Le but vu comme une éjaculation. Danny Boyle pousse la métaphore jusqu'au bout avec cette réplique culte d'Ewan McGregor dans Trainspotting lors d'une baise de sortie de boîte. Le slalom de Gemmill, c'est aussi l'histoire du petit gros déjà chauve qui s'invite sous la couette de la plus belle fille du quartier. L'histoire d'un soir, mais une histoire qu'on n'oublie pas. Pendant quelques minutes, toute l'Écosse et une bonne partie du monde rêvent de qualification (il y a alors 3-1 et il leur faut trois buts d'écart), avant le but de Johnny Rep. Et la débandade.


Près de vingt ans plus tard, un Gemmil définitivement chauve rejoue le but de sa vie sur le «  Lust for Life » d'Iggy Pop qui sert de BO à Trainspotting. Mythique.
Youtube

86. Jared Borgetti : Mexique - Italie (Coupe du monde, 13 juin 2002, 1-1)

La Coupe du monde 2002 aura sans doute été la Coupe du monde la plus étrange de l'histoire, si ce n'est la plus dégueu. Cette année-là, la Turquie se hisse en demi-finales, la Corée du Sud enfume l'Espagne et l'Italie grâce aux collaborations arbitrales et à la potion magique d'Hiddink et Jared Borghetti crucifie Buffon, le meilleur gardien du monde, sur un coup de casque incroyable qui sera élu plus beau but de la tête de l'histoire de la Coupe du monde. Quand même… Les Mayas se sont trompés, la fin du monde, c'était il y a dix ans.

85. Paolo Rossi : Italie - Brésil (Coupe du monde, 5 juillet 1982, 3-2)

Avant, il y avait déjà eu une tête décroisée au second poteau, ni vu, ni connu, et un face-à-face gagné suite à une interception sur une mauvaise passe de Cerezo. L'ordinaire d'un renard des surfaces affûté, en somme. Mais Paolo Rossi, lors de l'été 1982, était bien plus qu'un renard des surfaces affûté. C'était une charogne morte de faim d'avoir trop erré - deux ans sans pouvoir mettre de but, à cause d'une suspension pour son rôle joué dans l'affaire des matchs truqués du Totonero. Alors à la 74e minute d'Italie-Brésil, alors que la marque est de 2-2 et que la Seleção est qualifiée pour la demi-finale de la Coupe du monde, Paolo Rossi, redevenu sélectionnable quelques semaines plus tôt, sort son plus beau poignard. Suite à un corner et une reprise foirée de Tardelli, l'attaquant italien, qui traîne dans les six mètres comme on attend son train sur le quai de la gare, dévie la balle dans le but brésilien. Score final : 3-2. Parabole : Paolo Rossi, l'homme de la corruption et des buts moches, l'homme qui représente, à tort ou à raison, le « football pourri » , élimine ce qui est encore aujourd'hui considéré comme la plus belle équipe de tous les temps. Morale de l'histoire : comme tous les grands de l'histoire, Paolo Rossi, devenu Ballon d'or quelques mois après ce match, assume. Son autobiographie, un best-seller, s'appelle « J'ai fait pleurer le Brésil » . Et ça ne sonne pas comme un regret.

84. Lilian Laslandes : Dortmund-Auxerre (Quarts de finale de la Ligue des champions, 5 mars 1997, 3-1)

Lorsque Lilian Laslandes s'élève dans le ciel de Dortmund, c'est pour claquer ce qui aurait dû être le plus beau but de sa carrière. Problème, M. Garcia Aranda, l'arbitre de ce quart de finale aller de Ligue des champions, décide de siffler un jeu dangereux. Une sorte de poteaux carrés 2.0. Mais même s'il ne compte pas, au plus grand désarroi d'un Guy Roux qui pétera alors un câble sur le mythique plateau Ligue des champions de TF1 après le match, ce but a marqué son époque. Celle d'un foot français des années 90, à la nuque longue et aux clubs de campagne qui se font refouler à l'entrée de la boîte alors qu'il ont mis leurs plus belles pompes. Pour se consoler, Lilian Laslandes peut toujours se dire que, depuis, personne n'a fait claquer les filets du Westfalenstadion aussi fort.

83. José Luis Chilavert : Vélez Sársfield - River Plate (Championnat d'Argentine, 22 mars 1996, 5-1)

Comment marquer l'histoire en étant gardien de but ? Le 22 mars 1996, José Luis Chilavert tente d'apporter sa réponse. Quand une faute est sifflée à 60 mètres des cages adverses, le paraguayen se met à courir frénétiquement, les yeux fixés sur le ballon, hurlant à l'arbitre « baisse-toi » . Le gardien aux 62 buts envoie le ballon directement sous la transversale du but de River. En novembre 2000, Chilavert teste une autre entrée dans la légende : il signe au Racing Club de Strasbourg.


82. Alcides Ghiggia, Uruguay - Brésil (match décisif de la Coupe du monde, 16 juillet 1950, 2-1)

«  Seules trois personnes sont parvenues à faire taire 200 000 personnes au Maracanã d'un simple geste : Franck Sinatra, Jean Paul II et moi » . Alcides Ghiggia est modeste. L'Uruguayen oublie de préciser qu'il a été le premier. Son geste à lui : un centre tir mal jugé par le pauvre Barbosa, gardien condamné à une vie de paria par la suite. Le Brésil a peut-être cinq étoiles sur son maillot, il manquera toujours la première. Celle promise pour l'inauguration du Maracanã, celle qui va provoquer une vague de suicides selon la légende, celle qu'une frappe écrasée a fait disparaître à jamais dans un trou noir.

Youtube

81. Gheorghe Hagi, Galatasaray-Monaco (Ligue des champions, 12 septembre 2000, 3-2)

S'il n'a pas connu pareille destinée que Diego, Gheorghe Hagi n'a pas usurpé son surnom de Maradona des Carpates footballistiquement parlant. Qui d'autre qu'un clone du Pibe aurait pu claquer ce but, copie conforme d'un lob du génie argentin avec le Napoli face au Chiveo Vérone ? Contre le Monaco des Giuly, Simone ou Márquez, Hagi exécute Stéphane Porato dans un style bien à lui : le lob excentré à gauche des 40 mètres. Cette même spécialité qui lui avait permis de claquer l'un des plus beaux buts de la World Cup 1994 contre la Colombie. La ressemblance pique encore les yeux.


Retrouvez le top 100 des buts de légende


Pour les fous furieux, un forum spécial est ouvert, ici.
Modifié

LeParcCetaitMieuxAvant Niveau : Loisir
Enfaite la réalité c'est comme sur FIFA: le panache paye toujours ...
Note : 1
Super! Je n'avais jamais vu un seul de ces buts contrairement au premier top où je les connaissais quasiment tous. Et c'est bien écrit pour les profanes qui découvrent le contexte des buts
"En novembre 2000, Chilavert teste une autre entrée dans la légende : il signe au Racing Club de Strasbourg."

Ca m'a tué!
Note : 1
Merci pour les pépites, le but de Larios est juste dingue. Et mention spéciale pour Archie "choose life" Gemmill!
Abramovouiche Niveau : District
Note : 1
Le but de Ghiggia qui prive le Brésil de sa 1ère COupe du Monde, qui fait taire le Maracana en un instant, qui donne naissance à l'expression "Maracanazo", qui constitue une des finales de Coupe du Monde les plus mythiques de l'histoire, seulement 81e???

On sait que vous kiffez les argentins mais là bordel, quand même.
 //  Amoureux du FC Barcelone
C'est parce qu'il est en noir et blanc...
 //  Real Madrid
Note : 2
"La Coupe du monde 2002 aura sans doute été la Coupe du monde la plus étrange de l’histoire, si ce n’est la plus dégueu." Non non c'est la CDM 2010 la plus dégueu', y'a pas rien à sauver de cette coupe (à part une Espagne ultra solide et une Mannschaft impressionnante jusqu'aux demies, sinon rien de rien).
 //  Real Madrid
y'a rien*
Note : 1
Le but de Bastia (et le résumé du match) m'a enthousiasmé !

Sinon, mention spéciale pour le but de Fowler, vraiment somptueux.
Note : 1
Rep à partir de 2:50, qui pourrait se jeter à chaque contact, mais qui continue l'action jusqu'au bout...Un footballeur "moderne" se serait lancé en attendant la faute... Le but de Larios, somptueux, mais le doublé de De Zerbi face à Newcastle à l'extérieur, alors qu'il était juste lycéen... ça vaut tous les buts de Zlatan large!!
Le but de Ghiggia 82ème ? Foua, la suite envoie du lourd j'espère 0_o
Note : 1
Le but de Laslande est un de ceux qui m'a le plus marqué. C'était la belle époque, quand des clubs français, même modestes jouaient des quarts de demi de coupe d'Europe.
Sinon mythique la citation de trainspotting!
Le but d'Hagi est surtout similaire à celui qu'il marque 6 ans plus tôt contre la Colombie, en World cup. Hallucinant !

www.youtube.com/watch?v=SwNhX2lj1Wk
Pierre du Bayern Niveau : CFA2
Note : 1
Je me rappel encore du but de Lilian... bordel ! On essayais tous de le reproduire au club... grande époque !
Sinon celui de Neymar, c'était vraiment l'un des plus beaux, j'espere que les 80 autres sont des buts de malade parce que sinon... c'est pas la peine de nous mettre 50 pralines du milieu de terrain, le geste de de Neymar, avec l'action qu'il y a avant est juste énorme... comme dit plus haut, c'est comme sur FIFA, l'audace, toujours l'audace, et ça paye !

La saison passée, celui qui m'a le plus mis sur le derrière, c'est l'enchainement controle double talon joystick haut bas et frappe but de Kevin Prince Boateng contre le Barça, je me le suis maté presque 50 fois de suite...
Note : 1
quand on revoit les buts de italie-brésil on se dit que le foot a quand même beaucoup évolué au niveau de l'intensité et du positionnement défensif. c'est notamment flagrant sur le 1er but italien où les brésiliens se font éliminer sans même se donner la peine de se replacer, et cela en coupe du monde!!
donc quoi qu'on en dise, étant moi même un vieux de la vieille, je pense que c'est beaucoup plus dur de mettre un but aujourd’hui dans un match de haut niveau

Et merci pour le but de Laslandes putain* de souvenir. Maintenant j'attends le but de Debève à Highburry
@ Bestounet :

Je suis d'accord avec toi la CDM 2002 était meilleure du point de vue spectacle que celle de 2010 qui au niveau but par match est la pire avec la CDM en Italie en 1990..
la CDM 2002 ce n'est pas seulement les tricherie de la Corée c'est aussi le Brésil de Ronaldo-Rivaldo-Ronaldinho. Et puis une CDM ce n'est pas que pour les grandes nations du football faut bien des petits pays de temps en temps en finale ou en demi ! je rappelle qu'avant 2010 l'Espagne ne s'est qualifié en demi qu'une fois d'ailleurs... (en 1950)
Note : 1
Putain* j'espère que vous arriverez à dégoter la mine de Seedorf du milieu de terrain en bonne qualité.

Sinon je verrais bien le 1er but de Roger Milla contre la colombie en CdM 90. 38 ans une tronche à coucher dehors mais qd mm, il a la classe! et il signe son 2ème doublé en 2 matchs


Euh les gars beaucoup de vous vont être déçu. Car critiquez le fait que Neymar est 89ème n'est pas du tout problématique. Ce ne sont pas les 100 plus beaux buts mais les 100 buts de légende. Donc pour moi aucune anomalie de trouvez Neymar à la 89ème place.
Exclu limitée : 10€ offerts sans dépôt pour parier chez NetBet !France & Allemagne = 213€ à gagner
dimanche 26 juin
Revues de presse en Pologne et en SuisseCroke Park décale ses finales de foot gaëliqueFernando Santos : « il faut être pragmatique pour gagner »
samedi 25 juin
Le but de Quaresma en prolongationLes compos de Croatie-PortugalShaqiri est « très déçu » Le CSC de l'Irlande du NordLa Russie officialise le départ de son sélectionneur Lars Lagerbäck : « J'ai affronté six fois l'Angleterre, je n'ai jamais perdu »L'Irlande, le 4-4-2 et les 1-0L'Italie privée de CandrevaLes compositions de Galles/Irlande du Nord Le ciseau dingue de Shaqiri Le tacle assassin de Schär sur LewandowskiPoteau rentrant, le jeu de l’apéro de l’Euro L'ouverture du score de BłaszczykowskiLa danse des supporters suisses et polonaisLes compos de Suisse-Pologne La folie capillaire de Perišić Giorgio Chiellini et la culture espagnolePerquis : « La Pologne a une belle carte à jouer »Bale veut aller au boutFàbregas a hâte de bosser avec ConteWilmots répond aux critiquesGénésio : « L’Euro commence maintenant » Le podcast complètement fou d’Éric CantonaLa Croatie et le Portugal font monter la pression Quand Lucas Digne pète une caméra de la FFFMessi s’en prend de nouveau à sa FédérationŠkrtel : « Ce ne sera pas notre dernier match dans la compétition »L’Algérie dans le groupe de la mortČačić : « On a l’ambition d’aller très loin dans ce tournoi »Une rencontre entre le vainqueur de la Copa América et de l’Euro ? Santos : « On sera au rendez-vous »
vendredi 24 juin
Pronostic Croatie Portugal : jusqu'à 615€ à gagner sur la première affiche des 1/8es de l'Euro 2016Xavi : « L’Italie de Conte est un mélange de l’Atlético et du Barça »Marc Wilmots : « Oui, Radja Nainggolan fume »Coleman : « L’Irlande du Nord défend très bien »Le meilleur buteur de Serie B rejoint MilanExclu SoFoot : 5€ sans dépôt offerts chez France-Pari !Kane et les Anglais pas préoccupés par le BrexitNeuer ne se méfie pas que d'Hamšík Le retour triomphal des Albanais Nainggolan surpris avec un paquet de cigarettesMourinho veut des gros transferts à United cet étéChiellini craint la « bête noire » espagnoleRooney et la malédiction anglaise des tirs au butGénésio : « Garder une majorité des joueurs »
Partenaires
Le kit du supporter Trash Talk basket Vietnam Label
647 52