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Top 100 : Buts de légende (70 à 61)

Ils sont beaux (souvent), moches (parfois), émouvants (toujours), importants (quand même), futiles (donc utiles), impossibles (et pourtant), voire contre leur camp (Escobar RIP), et vont se découvrir au fur et à mesure de ce dernier mois de l'année. Ou s'il ne devait rester que 100 buts, pour autant d'histoires qui racontent la même chose : le football.

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70. Roberto Carlos : Tenerife – Real Madrid (Liga, 21 février 1998, 4-3)


Bien sûr, on connaît tous le coup franc de l'extérieur contre les Bleus lors du Tournoi de France 97. Franchement, le ballon est arrêté, et le mur mal placé. Rien de formidable si on le compare avec ce but impossible inscrit face à Tenerife quelques mois plus tard. Lancée sur son aile, la mobylette brésilienne place du poteau de corner une reprise de volée qui surprend le gardien. Certes, on en est en droit de se demander s'il l'a fait exprès... Il est en tout cas assez dingue pour ça.


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69. Sanon : Italie-Haïti (Coupe du monde, 15 juin 1974, 3-1)


Coupe du monde 1974. Qualifié on ne sait trop comment, Haïti fait groupe avec la Pologne, l'Argentine et l'Italie d'un certain Dino Zoff. Le gardien est invaincu depuis septembre 1972, soit 1097 minutes. C'est long. Et comme chambre Max Merkel, l'entraîneur du Munich 1860 (la rencontre a en effet lieu dans la capitale bavaroise), «  Haïti a à peu près autant de chances de marquer un but au cours du tournoi que moi d'atteindre la lune en tirant à l'arc  » . Commence le premier match de ce groupe 4, et en effet, Zoff a beaucoup moins de taf que son homologue Francillon. Mais le score demeure vierge. Et, en début de seconde mi-temps, Nazaire, qui joue alors en D2 à Valenciennes, repousse de la tête une louche de Facchetti en direction de Vorbe qui, d'une ouverture en forme de ligne droite vers le but, lance son attaquant, Sanon, qui grille une défense qu'il jugeait lui-même trop lente, se paye Zoff d'un crochet du gauche et met fin à la série de Dino. 1143 minutes. L'Italie gagnera finalement ce match 3-1, mais ne sortira pas des poules, devancée par l'Argentine… à la différence de buts.

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68. Emmanuel Adebayor : Manchester City - Arsenal (Premier League, 12 septembre 2009, 4-2)


La rage. Emmanuel Adebayor devait sûrement l'avoir, ce 12 septembre 2009. Après trois années passées chez les Gunners, le Togolais a signé à Manchester City, en début de saison. Hasard du calendrier, les deux équipes doivent croiser le fer, un mois seulement après ce transfert. Sur la pelouse, Manu est tendu, très tendu. Après avoir balancé une gifle à Song, le néo Citizen essuie ses crampons sur le visage de Van Persie. Plutôt musclées, comme retrouvailles. Et ce n'est pas fini. À la 80e, il envoie un coup de boule, dans le ballon cette fois : but. Adebayor, en transe, tape alors le sprint le plus rapide de sa carrière et traverse l'intégralité du terrain, avant de conclure par une glissade devant…les supporters d'Arsenal. La provocation à son paroxysme. Ce jour-là, clairement, le natif de Lomé ne jouait pas pour son équipe, mais contre son ancienne…


Un petit C José, pour la route

67. Delfi Geli : Liverpool - Alavés (Finale de la Coupe de l'UEFA, 16 mai 2001, 5-4)


Il y a des soirées, comme ça, inoubliables. Le 16 mai 2001, jour de duel divin entre Liverpool et Alavés, en finale de la Coupe de l'UEFA, figure incontestablement au Panthéon. Un match de tous les records : nombre de buts dans une finale de C3, palme du plus beau scénario, avec 4 buts partout à une poignée de minutes des tirs au but. Mais c'est un autre record qui vaut aux potes de Jordi Cruijff de figurer dans cette liste. À la 116e minute, l'Espagnol Delfi Geli marque un but de la tête et délivre une bonne partie du stade. Problème : le défenseur d'Alavés vient de tromper, d'un joli coup de tête, son propre gardien. Et détient désormais une perf inégalée : marquer un but en or contre son camp lors d'une finale européenne. Cruel. Sûr que Delfi Geli n'a toujours pas oublié cette soirée à Dortmund.

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66. Pascal Feindouno : PSG - Bordeaux (Championnat de France, 29 mai 1999, 2-3)


Ce soir-là, Pascal Feindouno, inconnu de 18 piges, alors en stage chez les Girondins, trompe Bernard Lama en toute fin de match et offre du même coup le titre à son équipe. L'OM, jusque-là virtuellement champion, prend un sale coup derrière la nuque. Depuis ce coup d'éclat adolescent, Feindouno a pas mal déçu. Intermittent du spectacle, le Guinéen a égrené son grand talent avec parcimonie. Mais il s'en fout, il peut dire qu'un jour il a été ovationné par tout un stade qui a passé son match à pousser les attaques girondines et à se demander comment célébrer les buts de Rodríguez et d'Adailton... Oui, il fut un temps où le Parc des Princes ne sifflait pas chaque match nul de son équipe. Mieux, ce 29 mai 1999, Auteuil et Boulogne ont conjointement applaudi la défaite.

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65. Filippo Inzaghi : Milan - Liverpool (Finale de Ligue des champions, 23 mai 2007, 2-1)


Au commencement, il y a le renard. Mais avant le renard, il y a Inzaghi. Un joueur qui, contrairement à ce que Sir Alex peut en penser, n'a pas passé sa vie en position de hors-jeu. Non. Superpippo a juste passé sa vie au bon endroit. Toujours. Un tir repoussé par le gardien ? Il est là pour la foutre au fond. Un tir raté qui se transforme en centre ? Il est là pour la foutre au fond. Un cafouillage devant la ligne de but ? Il est là pour la foutre au fond. Et ainsi de suite. En ce soir de mai 2007, Inzaghi atteint le sommet de sa carrière. Le Milan AC affronte Liverpool en finale de Ligue des champions, pour la revanche de la folle édition 2005. Cette fois-ci, pas question de laisser les Anglais s'offrir une remuntada. Car Pippo est là. Sur un coup franc de Pirlo, qui est là, caché derrière le mur, pour dévier la trajectoire du tir ? Inzaghi, bien sûr. Et en seconde période, qui est encore là pour partir à la limite du hors-jeu, éliminer le gardien et marquer dans le but vide ? Maître Renard, en personne. Deux buts symboles d'une carrière. Deux buts pour l'éternité.


64. Rashidi Yekini : Nigeria - Bulgarie (Coupe du monde, 21 juin 1994, 3-0)


Personne n'a jamais décroché Rashid Yékini des filets du Cotown Ball de Dallas. Marginalisé par ses coéquipiers, Yékini célèbre seul le premier but (un banal plat du pied à deux mètres de la ligne) du Nigeria dans une phase finale de Coupe du monde. Seul mais au cœur du monde, l'attaquant de Sétubal prie autant qu'il pleure, enlacé dans les filets. Des secondes qui paraissent une éternité pour un homme déjà gagné par ses démons intérieurs et cette folie qui pointe. Dix-huit ans plus tard, le Nigérian passera définitivement de l'autre côté des filets. Seul encore une fois.


63. Roberto Mancini : Parme - Lazio (Serie A, 17 janvier 1999, 1-2)


Saison 98-99. Lors de ce dernier match de la phase aller de la Serie A, la Lazio, 3e, rend visite à Parme, leader. Les deux formations sont magnifiques, et à tous les postes, les duels sont dingues. Nesta contre Thuram, Mihajlović contre Cannavaro, Stanković contre Fuser, Mancini contre Veron, Salas contre Chiesa, Vieri contre Crespo. Bref, la folie. Au bout d'une heure de jeu, c'est en toute logique que les deux formations n'arrivent pas à se départager. Crespo a répondu à Salas. 1-1. On joue la 68e minute quand les Romains obtiennent un corner. Mihajlović, d'un pied gauche relativement précis, dépose une parabole au premier poteau. La suite n'est plus du football. C'est de la poésie. Roberto Mancini vient tutoyer les étoiles avec un geste de rare beauté, pur et instantané. Une talonnade qui se passe d'adjectifs, dos au but, et qui termine dans la lucarne d'un certain... Gianluigi Buffon. Pas un geste de taekwondo. Juste du génie. À l'image de l'extraordinaire joueur qu'a été Roberto Mancini. Ah, pour info, la Lazio s'impose finalement 3-1. Presque un détail.

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62. Steve Marlet, OL - RC Lens (Championnat de France, 9 septembre 2000, 3-0)


«  Si je n'avais pas été l'entraîneur adverse, je me serais levé et j'aurais applaudi. » Par ces simples mots, Rolland Courbis, alors coach du RC Lens, a bien illustré la destinée du ciseau de Steve Marlet, que le public de Gerland risque de garder en tête pour la postérité. Ce soir de septembre 2000, dans un stade vibrant pour la victoire deux à zéro qui se profile face au leader, Steve l'Audonien attend la 87e pour poser sa griffe à jamais. La transversale d'Éric Deflandre est parfaite et l'acrobate de claquer un truc impossible, monstre de coordination et de justesse technique. Le tout dans la lucarne opposé de Guillaume Warmuz, s'il vous plaît. Peut-être le point de départ de l'ultra-domination des Gones au début des années 2000


Sa version « Fugees » de No Woman no Cry

61. Francesco Totti : Inter Milan - AS Roma (Serie A, 26 octobre 2005, 2-3)


Demi-finale de l'Euro 2000. L'Italie a réalisé un match héroïque, à 9 contre 11, contre les Pays-Bas, et est parvenue à tenir le 0-0 jusqu'à la séance de tirs au but. Lors de cette séance, Francesco Toldo est infranchissable. Arrive Francesco Totti, 23 ans. « Mo' je faccio er cucchiaio » , dit-il en dialecte romain à son pote Di Biagio. En gros, « Je vais lui faire une panenka  » . Et il s'exécute, inscrivant ainsi l'une des plus belles panenkas de l'histoire. Le piqué devient alors son geste. Il le réalisera à plusieurs reprises avec le maillot de sa Roma bien-aimée. Ses deux les plus marquantes ? Un but exceptionnel lors du derby romain de 2001, remporté 5-1 par la Louve, puis, quelques années plus tard, lors d'un match au sommet face à l'Inter, à San Siro, alors que les deux équipes sont à la lutte pour le titre. Un geste de génie, face à un gardien qui répond au doux nom de... Francesco Toldo. Totti est aujourd'hui le troisième meilleur buteur de l'histoire de la Serie A, avec 221 pions. Mais celui-là compte double. Au moins.


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Retrouvez le top 100 des buts de légende


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