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Top 10 : Sélectionneurs sans frontières

Sélectionneur, dur labeur. Courageux, téméraires ou carrément inconscients, certains ont décidé de se compliquer encore la tâche en entraînant une équipe nationale autre que celle de leur pays natal. Fernando Santos (Grèce), Fabio Capello (Angleterre) et les autres prétendants à l’Euro 2012 sont prévenus : l’audace paie rarement, comme le montre une revue de ces Erasmus du banc. Parce que l'Afrique et l'Asie n’ont pas le monopole des sorciers blancs.

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1 - Otto Rehhagel

En 2001, l’arrivée de l’expérimenté entraîneur de Bundesliga en Grèce ressemble fort à une arnaque : un Allemand de plus de soixante piges qui vient se poser au bord de la Méditerranée, ça pue la retraite anticipée. Trois ans plus tard, au Portugal, Nikopolidis, Zagorakis, Charisteas, Karagounis et companis sont sacrés champions d’Europe à la surprise générale. Avec un jeu qui fait rimer dégueulasse et efficace. L’air iodé réussit au roi Otto. Il assure neuf piges à Athènes, avant d’être doucement poussé vers la sortie après la Coupe du monde 2010. Et reste, à ce jour, le seul sélectionneur étranger à avoir remporté une grande compétition à la tête d’une équipe nationale.

2 - Jack Charlton

A 76 ans, le frère de Sir Bobby n’a toujours pas été anobli. Il n’a pas pour autant démérité. Plus jeune, ce défenseur central sévissait sur les terrains de Premier League avec Leeds United, où il enquilla plus de 700 matchs et presque 100 pions tout au long des fifties et des sixties. « Big Jack » - six pieds et trois pouces sous la toise – devient aussi champion du monde avec son frangin, en 1966. Bref, il a déjà beaucoup donné à sa Majesté lorsqu’il décide, en 1986, de se faire la malle en Irlande pour entraîner la sélection au trèfle. Sans oublier de prendre dans ses valises quelques joueurs anglais aux racines Irish. En neuf ans, il emmène les Men in green en quarts (1990) puis en huitièmes de finale de Coupe du monde (1994). A l’Euro 1988, son équipe, éliminée dès les phases de poules, se permet le luxe de battre les Anglais. What else ? Un exemple à suivre pour Giovanni Trapattoni.

3 - Luiz Felipe Scolari

Le Brésilien moustachu a des liens avec l’Europe, puisqu’il possède aussi la nationalité… italienne. En 2002, auréolé d’un titre de champion du monde conquis avec le Brésil, Luiz Felipe décide de rejoindre le Vieux Continent continent sans avoir à apprendre de nouvelle langue. Avec 42 victoires en 74 matchs, pour 14 défaites, Scolari présente l'un des meilleurs ratios de l’histoire de la Selecçao portugaise. Il est d’ailleurs celui qui en a dirigé le plus de matchs, de 2003 à 2008. Seule ombre majeure au tableau : la défaite en finale de son Euro, en 2004. La faute à Otto, pour ceux qui n’auraient pas suivi.

4 - Sven Goran Eriksson

DSK, SGE : il est des lettres qui sentent le soufre et la luxure. Premier sélectionneur étranger de l’équipe nationale d’Angleterre, de 2001 à 2006, le Suédois fait connaissance avec une spécialité locale, les tabloïds. Histoires croquignolettes à la clé, comme cette aventure avec une secrétaire de la Football Association. Mais plus que ses frasques sexuelles, les Anglais lui en voudront pour une histoire de sous : piégé par un journaliste se faisant passer pour un cheikh arabe souhaitant racheter Aston Villa, Sven Goran Eriksson laisse apparaître sa vénalité et daube sur les joueurs de sa sélection. De quoi ternir un bilan pourtant honorable outre-Manche – deux quarts en Coupe du monde (2002, 2006), et un à l’Euro (2004). Depuis Eriksson s’est obstiné à continuer dans le foot jusqu’à atterrir à Leicester City, après des échecs retentissants. Un exemple à ne pas suivre pour DSK ?

5 - Guus Hiddink

Adepte du cumul équipe nationale-club, l’actuel sélectionneur de la Turquie est un globe-trotter hors pair qui a d’abord réussi chez lui, à Eindhoven, qu’il conduit sur le toit de l’Europe en 1988. Après s’être occupé des Oranje, demi-finalistes de la Coupe du monde en 1998, il part goûter à l’exotisme avec la Corée du Sud puis l’Australie. Deux expériences réussies qui suscitent de nombreuses convoitises, même si les mauvaises langues s’étonnent des progrès physiques impressionnants des équipes qu’il prend en main. En 2008, il emmène la Russie en demies de l’Euro. Deux ans plus tard, il n’arrive pas à qualifier la Russie en Afrique du Sud. Pas de quatrième Coupe du monde avec autant de sélections différentes.

6 - Dick Advocaat

Qui n’a jamais confondu Dick Advocaat et Guus Hiddink, ou inversement ? Il faut dire que Guus et Dick, dix mois d’écart, se ressemblent comme des jumeaux. Les deux Néerlandais partagent un parcours de joueur limité avec comme seuls clubs étrangers des franchises US, une carrière d’entraîneur bien plus prestigieuse, un même goût pour les destinations exotiques et un physique de notable grassouillet. Niveau sélections nationales, c’est à demander s’ils ne le font pas exprès. En 1994, Guus succède à Dick à la tête des Oranje. En 2005, Dick entraîne la Corée du Sud, trois ans après le départ de Guus de la sélection asiatique. Depuis l’été 2010, Dick est le nouveau sélectionneur de la Russie. Son prédécesseur au poste ? Guus, évidemment.

7 - Sepp Piontek

Né en Pologne en 1940, à une époque où les frontières étaient à géographie variable, l’Allemand découvre les joies de la sélection haïtienne, à la fin des années 70. Mais c’est au Danemark qu’il s’épanouit vraiment, de 1979 à 1990. Bilan : une demi-finale à l’Euro 1984 et un huitième à la Coupe du monde suivante. En même temps, avec un mélange de vieux briscards comme Preben Larsen, Morten Olsen et des jeunes talents emmenés par Michael Laudrup, difficile de faire moins bien. A noter qu’après un passage par l’équipe nationale turque (1990-1993), Piontek a pris les rennes de la sélection groenlandaise (2000-2002).

8 - Karel Brückner

Une carrière de joueur passée entre Olomouc et Ostrava, trois décennies sur les bancs tchèques, entrecoupées de deux courtes escapades en Slovaquie : l’homme à la crinière blanche n’a jamais eu le profil d’un produit destiné à l’exportation. Plus de six années (2002-2008) à la tête d’une génération tchèque dorée lui assurent tout de même une solide réputation à l’étranger. En 2008, l’Autriche lui propose de tenter l’aventure. Après tout, Vienne n’est qu’à 150 bornes d’Olomouc, sa ville natale. Les débuts sont tonitruants : victoire 3-1 face à la France pour le premier match des éliminatoires de la Coupe du monde 2010. Oui, mais non. L’Autriche enchaîne les désillusions et termine 3e de son groupe. Karel, lui, rentre à la maison.

9 - Stefan Kovacs

Celui qu’on devrait connaître en France. Celui dont le nom ne dit pourtant peut-être pas grand-chose aux moins de 40 ans. A l’été 73, le Roumain est appelé par une fédération française à la dérive. Champion des Pays-Bas et vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions en 1972 et 73 avec l’Ajax, Kovacs ne reste que deux ans à la tête d’une équipe de France en construction. Avant d’être rappelé au pays par Ceaucescu. Resté trop peu pour installer un football total et obtenir des résultats probants – les Bleus ne se qualifient pas à l’Euro 76 -, Kovacs aura néanmoins participé à l’émergence de nouveaux talents. Michel Hidalgo, son successeur, saura bien en profiter.

10 - Berti Vogts

« Quiconque a survécu en Ecosse peut survivre au Nigeria. » Début 2007, voilà ce que Berti a instinctivement répondu aux journalistes lui demandant si coacher les imprévisibles Super eagles lui faisait peur. Champion d’Europe 1996 avec la Mannschaft, Vogts est, de 2002 à 2004, à la tête d’une équipe d’Ecosse consternante. Sensible à la virulence des critiques, le Terrier s’indigne dans son communiqué de démission des « honteuses insultes » à son égard et regrette que cela ait « dégénéré dans des actes de nature physique, particulièrement lors d’occasions récentes où l’on m’a craché dessus » . Depuis avril 2008, il entraîne l’Azerbaïdjan. Au moins là-bas, on ne risque pas de lui reprocher d’échouer en qualifications.

Yann Bouchez
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Au sujet de Rehagel : Et reste, à ce jour, le seul sélectionneur étranger à avoir remporté une grande compétition à la tête d’une équipe nationale.

Vous parlez en général là ou pour la Grèce spécifiquement ? Vous allez quand même pas me faire croire qu'aucun entraineur européen n'a fait gagner la CAN à une équipe africaine quand même, si ?
Au moins que la CAN ne soit pas une "grande compétition internationale"
ouais bon ok l'article ne parle que de l'europe, j'aurais du mieux lire l'intro...
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