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Top 10 : retard à l'allumage

Annoncé comme le futur buteur de Monaco, Guido Carillo a vécu des premiers mois difficiles en Ligue 1. Aujourd'hui, l'Argentin progresse et laisse à penser qu'il pourrait prochainement être l'un des hommes forts en Principauté. Comme lui, de nombreux joueurs ont eu du mal à démarrer dans un nouveau club avant d'en devenir un pilier. Tour d'horizon avec dix cas d'école.

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  • Raï (Paris Saint-Germain)


    Un sondage du Parisien l'a placé meilleur joueur de l'histoire du PSG devant Pedro Miguel Pauleta. Pourtant, pour sa première saison à Paris, Raï ne donne pas l'impression d'être une future légende du Parc. Arrivé dans la capitale avec le statut d'international brésilien, il a déjà un palmarès rempli avec le Brasileiro, deux Copa Libertadores et une Coupe intercontinentale gagnés avec São Paulo. À Paris, il a beau réaliser un coup du foulard sur l'une de ses premières apparitions ou claquer six buts en championnat, il n'a pas l'apport escompté. Même en Seleção, sa place est progressivement remise en question jusqu'à la perte du statut de titulaire au Mondial 1994. Il est champion du monde mais sort des listes post Coupe du monde. Lien de cause à effet ou pas, il retrouve son meilleur niveau sous le maillot du PSG pendant les quatre saisons suivantes, avec à la clé une Coupe des coupes - plus une finale perdue contre le Barça - deux Coupes de France, deux Coupes de la Ligue, et une relation d'amour avec le public parisien.



  • Mezüt Özil (Arsenal)


    Fin du mercato d'été 2013, Arsène Wenger que ses supporters jugent trop frileux sur le marché des transferts, claque 50 millions d'euros et débauche Mesüt Özil au Real Madrid. À Londres, les supporters fêtent cette arrivée comme la promesse d'un titre, avant de rapidement déchanter. Après des débuts tonitruants, l'Allemand se liquefie, si bien que la presse anglaise se moque de lui régulièrement. Même en France, certains commentateurs de la Premier League s'agace de sa nonchalance. Quand ce ne sont pas les blessures qui le stoppent durant sa seconde saison londonienne. Mais 2015-2016 a vu le vrai Özil refaire surface. Déjà 18 passes décisives et cinq buts en Premier League, quelques actions d'éclats, l'Allemand est l'une des principales raisons de la présence d'Arsenal parmi les prétendants au titre au mois de mars. S'il permet à Arsène Wenger de griller la politesse à Tottenham et Leicester, il aura enfin justifié l'investissement initial de ce dernier.


  • André-Pierre Gignac (Olympique de Marseille)


    À l'été 2010, l'OM est champion de France en titre et se cherche une paire d'attaquants pour tenir la route en Ligue des champions. La direction marseillaise claque 18 millions hors bonus sur André-Pierre Gignac, qui sort d'une saison difficile avec Toulouse, mais a gardé une belle cote. Ses débuts olympiens sont compliqués, le joueur touchant régulièrement du bois sur ses premiers matchs, avant de connaître une irrégularité chronique. Moqué sur son poids par les Guignols de l'Infos, il termine sa première saison à 8 buts. Insuffisant mais pas indigeste comme une seconde saison où il est à deux doigts d'être expédié à Fulham par Didier Deschamps et termine la saison avec un seul pion. Une fois le capitaine de France 98 parti diriger l'équipe de France, APG renaît sous la houlette d'Élie Baup. Titulaire installé, il claque 13 buts et réalise sa première saison pleine. Et peut désormais communier avec un public du Vélodrome dont il partage l'affection de l'OM. 16 buts en 2013-2014, 21 la saison passée sous les ordres de Marcelo Bielsa, il a réussi à quitter son club de cœur par la grande porte tout en réintégrant l'équipe de France sous les ordres de Deschamps. Costaud.


  • Karim Benzema (Real Madrid)


    Ete 2009, Karim Benzema franchit le pas et signe au Real Madrid pour 35 millions d'euros plus bonus. Mais les choses ne se passent pas comme prévu sous les ordres de Manuel Pellegrini. Handicapé par la barrière de la langue, il perd rapidement son statut de titulaire au profit de Gonzalo Higuaín, plus régulier que lui, et ne joue que quand l'Argentin est blessé ou au repos. Au final, le Lyonnais termine sa première saison espagnole avec 8 petits buts, et au cours de la saison suivante, son nouvel entraîneur José Mourinho le compare à « un chat » pour justifier le recrutement d'Emmanuel Adebayor pour instaurer une concurrence. Le Français, piqué au vif, profite d'une blessure d'Higuaín pour se réinstaller à la pointe de l'attaque madrilène et finir sa première vraie bonne saison merengue avec 15 buts. Depuis, il met minimum 20 buts par saison toutes compétitions confondues et apparaît comme l'un des tauliers de la Maison Blanche aux côtés de CR7.


  • Alexander Frei (Rennes)


    Il s'est longtemps plaint d'un manque de reconnaissance envers « le petit Suisse » qu'il était, parce que les acteurs du football français préféraient s'extasier sur les gestes techniques des joueurs brésiliens. Reconnu, il voulait être admiré pour ses deux saisons consécutives à 20 buts avec le Stade rennais entre 2004 et 2006. Mais avant de briller en Bretagne, Alexander Frei a connu des débuts mitigés lors de son arrivée au mercato d'hiver 2003. Treize matchs et un seul but en une demi-saison, il commence à enquiller les buts avec l'arrivée de Lazlo Bölöni sur le banc breton. Avec notamment quelques exploits comme son quadruplé contre l'OM en mars 2004. Après une saison 2005-2006 perturbée par les blessures, il signera au Borussia Dortmund en récompense d'état de services exceptionnels pour un attaquant rennais.


  • Hernán Crespo (Parme)


    Il a marqué 80 buts en quatre saisons, ouvert le score lors de la finale de Coupe de l'UEFA remportée devant Marseille, et marqué Parme comme l'un des meilleurs attaquants de son histoire. Mais avant d'en arriver là, Hernán Crespo a vécu un calvaire pour un attaquant : six mois sans planter le moindre petit but. Heureusement pour lui, Carlo Ancelotti a supporté les huées du public parmesan et continué de l'aligner. Si bien qu'il a fini sa première saison en Serie A avec 12 pions, et une seconde partie de saison annonciatrice de son épopée parmesane.


  • Geoffrey Kondogbia (Monaco)


    Quand il a débarqué à Monaco pour 20 millions d'euros, ce n'est pas encore le projet « cash machine » en Principauté. Et au milieu d'une équipe composée de nombreuses recrues onéreuses comme James Rodrigues ou Radamel Falcao, le joueur formé à Lens a mis du temps pour s'affirmer. Plus d'une saison en réalité. Avant de se mettre à briller en 2014-2015, notamment lors de la double confrontation contre Arsenal en Ligue des champions. Sa première année milanaise avec l'Inter tend à confirmer que Kondogbia est un diesel qui a besoin de temps pour se faire à un nouveau contexte.



  • Robert Lewandowski (Borussia Dortmund)


    Avant d'enfiler les buts comme des perles pour le Bayern Munich, Robert Lewandowski l'a fait pendant trois saisons au Borussia Dortmund, qui était venu le chercher à Lech Poznań. Trois saisons pleines seulement dans la Rühr car l'année de son arrivée, en 2010-2011, l'attaquant polonais s'est heurté à la concurrence de Lucas Barrios et a principalement oeuvré comme doublure. Avec huit pions seulement pour sa première saison en Bundesliga, seulement deux fois ce qu'il a mis au Real Madrid en un seul match de Ligue des champions au printemps 2013.


  • Vahid Halilhodžić (Nantes)


    Fin de saison passée, dans L'Équipe, Claude Suaudeau a expliqué comment il a transformé Vahid Halilhodžić à l'été 1982. « Il arrive dans mon bureau et m’explique : "Vous savez, je suis une statue à Mostar." Je lui réponds : "Tu as raison, tu es aussi une statue ici. Sauf qu’une statue, en match, elle ne m’intéresse pas du tout" » C’était ça Vahid, envoyez le ballon les mecs, ne vous tracassez pas. Sauf qu’il a fait ça toute une saison, et rien n’arrivait." Sur la saison 1981-1982, le Bosnien ne plante que 7 fois malgré une réputation de goleador. Son salut vient donc du changement d'entraîneur, avec le départ de Jean Vincent et la nomination du futur champion de France 1995. Dès sa seconde saison, Halilhodžić marque 27 fois et Nantes termine champion. Les trois saisons suivantes, il ne descendra jamais en dessous des 18 unités et reste l'un des meilleurs attaquants étrangers qu'aient connus les Canaris.


  • Michel Platini (Juventus)


    Trois Ballons d'or, une Coupe des clubs champions, une Coupe des coupes... La liste du palmarès que s'est construit Michel Platini sous les couleurs de la Vieille Dame est longue comme le bras. Pourtant, l'histoire d'amour entre le numéro 10 français et l'équipe italienne aurait pu tourner court, le joueur songeant à quitter l'Italie dès l'hiver 1983, la faute à un positionnement tactique qui le gêne et à une presse italienne qui lui envoie du bois. Mais Giovanelli Agnelli ne l'entend pas ainsi. Le propriétaire des Bianconeri est persuadé du potentiel de son milieu offensif et le soutien. Ce que le Français lui rend au centuple dès cette première saison italienne avec quelques buts décisifs en Coupe d'Europe des clubs champions, où la Juve n'échoue qu'en finale. Platini fera cinq saisons dans le Piémont, y finissant sa carrière de jouer.

    Par Nicolas Jucha
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